ASCLÉPIADE OU DOMPTE- VKNIN
Le GoNDURANGO OU Cunduranço [Cundur-Angu , liane du Condor) appartient au genre Gonolobus, de la famille des Asclépiadées, et Triana en a fait le G. Cunclurango. Cette espèce habite la Colombie , l'Equateur et la Nouvelle-Grenade, mais la meilleure sorte est, dit-on, fournie par la province de Loja.
C'est la racine dont l'écorce d'un gris-cendré, plus ou moins épaisse ou roulée, facile à rompre, est employée à l'intérieur et à l'extérieur pour guérir les ulcères de mauvaise nature , les tumeurs de toutes sortes et même les cancers. Plusieurs analyses en ont été déjà faites, l'une par Anlisell, l'autre par J. Mabru.
Voici les résultats de la dernière , très-incomplète encore. Sur 100 p. il n'y en a que 5,55 qui représentent une matière, probablement active, c'est une résine soluble dans l'alcool et l'éther; il y a près de i9 p. de ma tières extractives y compris du tannin, 1,64 de substances albuminoïdes, environ 14 de cendres et plus de 60 p. de cellulose avec de l'eau d'hydratation. Tout cela ne fait guère entrevoir la possibilité d'une puissante action physiologique ni thérapeutique. La substance de choix mise à ma disposition par Petit, de la pharmacie Mialhe , et avec laquelle j'ai fait préparer des teintures alcooliques à différents titres, m'a permis de confirmer la plupart des observations du D"" Buisson , sur l'action physiologique du Gondurango.
L'écorce de la racine du Condurango a une saveur amère très-prononcée, dénuée d'âcreté notable , mais donnant lieu cependant à une salivation réflexe plus prononcée qu'avec les amers habituels et rappelant de loin l'effet de la pyrèthre. Une impression semblable se répète dans l'estomac où l'on ressent une légère chaleur. Il en résulte le réveil de l'appétit et je pense l'accroissement des facultés digestives. Le Condurango serait donc apéritif.
A haute dose, il occasionne du malaise, un état nauséeux et peut provoquer des vomissements. Mais ce sont là des phénomènes aléatoires qui ne sauraient désigner cet agent, ni comme nauséant ou émétique, ni comme sédatif ou antiphlogistique indirect.
Administré dans un véhicule aqueux, le Condurango augmente la sécrétion urinaire : il ne deviendrait diaphorétique (Buisson) qu'à la faveur de la température élevée du liquide.
L'action diffusée du Condurango se présenterait selon les circonstances, d'après Buisson , sous des aspects bien différents : certains malades éprouveraient une surexcitation pareille à celle du café, de l'insomnie, des rêves pénibles ; les autres tomberaient dans un état de malaise, de faiblesse musculaire et de prostration générale. Il ne m'a pas encore été donné de constater des phénomènes aussi considérables, indiqués d'ailleurs comme fugaces.
Quant à la circulation, nous n'avons encore aucun renseignement précis à fournir. Mais il est probable que, suivant la dose et les conditions d'administration, on observera des modifications différentes.
Nous sommes encore moins avancés sur les effets thérapeutiques, mais ce que nous pouvons affirmer d'avance, c'est qu'ils ne répondront pas aux espérances de ceux qui croient trouver dans le Gondurango une panacée contre les tumeurs malignes de nature cancéreuse.
ASPERGE, Asparagus officinalîs, L. — Aspabaginées. Angl. Common Asparagus. — AU. Spargel.
Les jeunes pousses ou turions d'asperges, qui sont un des meilleurs légumes, contiennent, parmi un grand nombre de matières sans importance, deux principes : Vasparagine C«tP?Az^O», laquelle se trouve aussi dans la racine de guimauve, et un' extrait aqueux particulier, qui lui donnent ses propriétés les plus apparentes. C'est la matière extractive qui, d'après Plisson et Ossian Henry, communique à l'urine l'odeur repoussante que tout le monde connaît et qu'on peut faire disparaître au moyen du vinaigre. De son côté, Vasparagine paraît être le principe immédiat qui agit le plus sur la circulation et la diurèse. Elle se trouve d'ailleurs en plus forte proportion dans la plante sauvage, ce qui fait que le sirop préparé avec les pointes d'asperges spontanées, à Cannes, Nice et dans le midi de la France, est bien supérieur à celui de nos officines.
La racine d'Asperge, privée de ces deux principes, agit cependant encore comme diurétique. Elle fait partie des cinq racines apérilives, majeures. On en boit Vinfusion ou la décoction aux repas. On en fait de même avec .a décoction des turions. Ceux-ci entrent dans la préparation d'un strop qm a ioui d'une certaine vogue comme diurétique et sédatif du cœur Ces propriétés sont réelles, seuleme£t il faut savoir que l'Asperge est un diurétique excitant capable parfois d'irriter les reins et les voies urmaire* au pomt de produire l'effet inverse.
AUi\ÉE OFFlcii«Ai>E OU AUNÉE, Inula Helenium, L. — Composées ou Synanthérées-Astéroidées.
Angl. mecampane — Ail. Alant, Helenenkraut. ■ Composition. - L'Inula Helenium est une de nos plantes indigènes les T)lus actives, et cependant les plus abandonnées, parce qu'elle est suppléée Lr un grand nombre d'autres végétaux de même valeur et plus abondants. Sa racine outre une matière amylacée particulière, Yinuline, du tannin, colorant en vert les persels de fer, et d'autres substances peu importantes, renferme des traces d'huile volatile, une résine, un principe cristallisable voisin du camphre, appelé hélénine, et un extr actif amer : composés auxnnels se rapportent ses principales propriétés. . KZ: Z..o.oJ.. - La racine ^ Année, d'un goût amer et chau
d'une odeur aromatique et camphrée f'^fTJs v^^
organes digestifs, de ceux de la circulation et consécutivement des prmc pales sécrétions. En plus forte quantité, elle occasionne des nausées et des vomissements.