‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 182 sur 293 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ACIDE SLLFURiQUE, Acidum sulfuricum.' Angl. Sulphuric Acid. — Ail. Schwefelsaure.

L'Acide sulfurique existe à l'état de sulfate d'ammoniaque dans la pluie qui tombe sur les grandes villes, et dans la terre, en combinaison dans vingtdeux sulfates naturels. De plus, il se rencontre en liberté dans les eaux qui proviennent des volcans : celui du mont Ida, de Java; ce'ui du Puracé, de Colombie, d'où descend le Rio Vinagre; enfin, dans les Aigres sources (Sour- Siprings) de Byron, près du canal Érié. Ce sont là de véritables eaux minérales acides.

Action physiologique. — U Acide sulfurique monohydraté (SO'+HO), ou concentré, se distingue par sa puissante affinité pour l'albumine, qu'il coagule, et pour l'eau, dont il prend les éléments partout où il les trouve, réduisant à l'état de cbarbon les substances ternaires hydrocarbonées. Telle est la raison de son énergique causticité.

Appliqué sur les tissus viva;nts, il les pénètre d'abord et coagule sur place les matières albuminoïdes et le sang ; puis il les escharifie et les détruit ultérieurement en vertu de son action chimique spéciale. La partie mortifiée est premièrement blanchâtre avec des stries noirâtres formées par le sang coagulé dans ses canaux; elle forme ensuite une eschare noire et dure, fortement charbonneuse, qui comprend une épaisseur de tissu variable de quelques millimètres à 2 ou 3 centimètres.

Ingéré dans l'estomac sous forme massive et concentrée, l'acide sulfurique produit, au passage dans la bouche, le pharynx, l'œsophage, quelquefois au pourtour du larynx, et surtout dans l'estomac, des désordres comparables à ceux qui viennent d'être décrits pour les parties extérieures du corps. Il en résulte des troubles fonctionnels de ces différents organes et l'ensemble des phénomènes généraux qui caractérisent les lésions graves des viscères enveloppés par le péritoine : à savoir, ceux de la péritonite proprement dite et des affections cholériformes. Signalons seulement les vomissements, la tympanite, la fréquence et l'affaiblissement graduel du pouls, l'abaissement de la température, la sueur froide et la suppression des urines, tout cela coïncidant avec l'intégrité des fonctions intellectuelles.

A l'autopsie, on constate, outre les eschares, les ulcérations et le travail inflammatoire dont ces lésions traumatiques ont été le point de départ, des altérations des organes parenchymateux, et notamment l'état graisseux du foie et des principaux viscères (Gubler). Cette stéatose viscérale s'est montrée aussi considérable qu'à la suite de l'empoisonnement par le phosphore,

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