‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 203 sur 293 · DEUTOGHLORURE DE MERCURE, SUBLIMÉ CORROSIF, BICHLORURE · texte numérisé non relu

DEUTOGHLORURE DE MERCURE, SUBLIMÉ CORROSIF, BICHLORURE

tenir en suspension dans un liquide fortement mucilagineux. On en peut mettre 2 à 4 grammes dans 300 grammes de véhicule.

Le Galomel sert à composer un Collyre sec avec une égale quantité de sucre pulvérisé, pour faire se dissoudre les albugos de la cornée.

La Pommade au Précipité blanc renferme généralement 4 grammes de principe actif pour 30 grammes d'axonge. Enfin, on fait avec le Galomel des fumigations destinées à remplacer celles de cinabre dans le traitement des éruptions syphilitiques.

DEUTOCHLORURE DE MERCURE, SUBLIIIIÉ CORROSIF, BICHLO- RURE DE MERCURE, Chloruretum hydrargyricum.

ADgl. Perchloride of Mercury, corrosive Sublimate. — AU. Aetzender Quecksilber Sublimât.

Action physiologique. — Le Deutochlorure de Mercure (HgGl) est, à haute dose, ainsi que l'un de ses noms vulgaires l'indique, un véritable poison corrosif. A plus faible dose, ce n'est qu'un irritant local et un altérant de l'économie entière. Il possède une saveur métallique accompagnée d'âcreté, et lorsqu'il est introduit dans l'estomac en masse un peu forte, il occasionne une sensation de chaleur à l'épigastre, des nausées, des coliques et de la diarrhée. Des phénomènes d'excitation générale peuvent s'ensuivre : la peau devient plus chaude, la transpiration plus abondante, quelquefois la sécrétion urinaire plus active, et, si la dose est répétée, il survient exceptionnellement de la salivation.

Un long usage de doses un peu exagérées amène des troubles digestifs : anorexie, nausées, vomissements, coliques et diarrhée, et parfois des désordres des organes respiratoires caractérisés par de la douleur thoracique, de la toux et des crachements de sang. Mais ces derniers symptômes dérivent sans doute de cette altération profonde du sang et des tissus, consécutive à l'empoisonnement chronique par des préparations mercurielles quelconques.

Par suite de son affinité pour l'albumine et la fibrine, avec lesquelles il forme des combinaisons insolubles dans certaines conditions, le Sublimé corrosif, appliqué en masse considérable sur la peau ou sur une muqueuse, produit plus ou moins rapidement une escharification accompagnée d'une vive douleur. S'il est pris par la bouche, il occasionne de la brûlure dans toute la partie supérieure des voies digestives, y compris l'estomac, et donne heu à l'ensemble des symptômes graves engendrés par l'action des poisons corrosifs les plus violents, tels que l'acide sulfurique ou l'arsenic (voy. ces mots), avec une plus grande irritation du gosier et des voies urinaires, des vomissements de sang et du mélaena, plus fréquents que dans l'intoxication arsenicale.

Ces premiers effets peuvent être suivis d'une violente poussée d'hypercrmie et de phlogose du côté de la bouche et des glandes salivaires, avec leurs conséquences extrêmes : ulcérations, gangrène, fétidité de l'haleine.

Directement soluble, le Bichlorure de Mercure pénètre facilement par ab-

sorption dans le système sanguin. Bien qu'il soit administré en très- minime quantité, pour éviter son action irritante on l'associe à des substances mucilagineuses qui l'invisquent, h des substances protéiques qui le précipitent d'abord, le dissolvent ensuite, et finalement le dissimulent.

Le lait est souvent employé dans ce but ; on pourrait le remplacer par toute autre solution de matière albuminoïde. Chez la plupart des sujets, contrairement à ce qui se passe avec le Calomel et la plupart des sels de mercure, l'usage du Sublimé peut être continué presque indéfiniment sans déterminer ni stomatite, ni salivation, ce qui le rend très-précieux dans les formes rebelles de syphilis, et prouve encore une fois que le Calomel, qui se comporte si différemment, ne pénètre pas dans la circulation uniquement ni même principalement, à l'état de Deutochlorure.

Le Bichlorure hydrargyrique est un altérant par excellence, non-seulement parce qu'il modifie la crase sanguine, mais aussi parce que le métal se fixe dans le plasma, et consécutivement dans les tissus ou les organes que celui-ci est appelé à réparer, de manière k en changer la composition et le mode de fonctionnement. Il est difficile jusqu'ici de pénétrer dans l'intimité des effets que détermine sur l'organisme la préparation mercurielle qui nous occupe ; cependant la lumière commence à se répandre sur quelques points de l'histoire pharmacodynamique du Mercure (voy. ce mot).

Essayons de préciser encore davantage la nature de l'hydrargyrisme, à propos des études particulières dont le sublimé corrosif a été l'objet, et d'abord reproduisons à grands traits le tableau symptomatique.

A part les effets locaux : irritation, phlogose, escbarification, dont l'interprétation n'offre aucune difficulté; à part la fièvre primaire et quelques autres phénomènes négligeables parce qu'ils sont aléatoires ou sans importance, l'action pharmacodynamique du Bichlorure de Mercure se traduit par une sédation et une débilitation progressives, par de la dyscrasie sanguine : déliquescence de la plasmine, hypoglobulie; enfin par de la dystrophie, et occasionnellement par la résorption des néoplasies récentes.

Tel est le syndrome de l'affection artificielle. Il s'agit maintenant de savoir dans quel ordre ces différents phénomènes s'enchaînent et se subordonnent réciproquement. Les expériences de Polotebnow nous faciliteront peut-être cette recherche.

Cet observateur s'est procuré d'abord une solution limpide a'une petite proportion de Subhmé dans du sérum alcalin. Puis, ayant ajouté de cette solution aqueuse d'albuminate de bichlorure hydrargyrique à du sang défibriné, il a vu la couleur rouge des globules s'éclaircir, devenir presque artérielle' et persister. En même temps les globules se sont gonflés, en devenant sphéroïdes, ont laissé extravaser leur hémoglobine, et se sont assez rapidement détruits.

Sans doute, les effets sur le sang ne sauraient être m aussi prompts m aussi intenses, à beaucoup près, quand des préparations mercurielles sont introduites dans l'économie à doses thérapeutiques ; mais, pour se prodmre

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