‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 24 sur 293 · BILE DE BŒUF · texte numérisé non relu

BILE DE BŒUF

vient de Provence ou du midi de l'Europe. On prend l'une et l'autre par cuillerées à café, dans une petite quantité d'eau sucrée, à la dose de 20 k 30 grammes dans un julep. On prépare aussi un Sirop de fleur d'Oranger, qui se donne en potion, à la dose de 30 grammes,

Feuilles d'Oranger. — Leur composition est analogue k celle des fleurs ; elles fournissent une huile volatile, du tannin et une matière extractive. Par la distillation avec de l'eau, elles donnent également une eau aromatique, mais d'une odeur beaucoup moins agréable que celle des fleurs, et qui sert à la falsifier. On reconnaît aisément la fraude k ce que l'acide nitrique n'en altère pas ïincoloréilé, tandis qu'avec l'eau de fleur d'Oranger il donne une teinte rose de Chine plus ou moins prononcée. Je ne connais que l'urine normale, le sulfate d'aniline et certains dérivés de l'acide phénique, qui donnent cette coloration spéciale.

Malgré son infériorité par rapport à la fleur, la feuille d'Oranger agit dans le même sens et sert aux mêmes usages. C'est elle qu'on prescrit le plus ordinairement en infusion, associée au tilleul, k la camomille, etc.

Égorge d'Orange amère. — Le zeste de la Bigarade est chargé d'une huile volatile semblable k celle de l'Orange douce, mais d'une saveur plus forte, poivrée et amère, ce qui la fait préférer comme stomachique, tonique et stimulant diffusible, ainsi que comme correctif des médicaments désagréables ou repoussants. L'amertume l'emporte dans les très-jeunes oranges ou petits grains, aux dépens du principe aromatique. Une variété de Bigaradier fournit de petites oranges qui, confites dans le sucre, prennent le nom de chinois et sont un excellent stomachique.

L'écorce d'orange est non-seulement tonique et stimulante, mais encore vermifuge et fébrifuge. On la donne k la dose de 3 k 8 grammes. La préparation officinale la plus usitée est le Sirop d'écorce d'Orange amère. On emploie aussi la Teinture d'écor ce d'Orange et la Confection d'Orange. En outre, l'écorce d'Orange amère entre dans le Sirop antiscorhutique, l'Esprit carminatif de Sylvius, la. Teinture stomachique.

BILE DE BŒEF, Bos tauTus, L. — Mammifères-Ruminants. Angl. Oxgall. — AU. Ochsengalle^ Rindsgalle.

La bile est une des sécrétions les plus complexes de l'organisme, et les principes qu'elle renferme sont d'une telle instabilité, qu'ils varient et se multiplient avec les menstrues dont la chimie se sert pour les séparer et les mettre en évidence. Cependant, k part la taurine , la cholestérine et quelques autres composés d'importance secondaire, on peut dire que la Bile est un savon, et se résume dans le Choîale et le Choléate 'de soude. Ainsi la science moderne confirme les vues des anciens sur les propriétés alcalines, savonneuses et fondantes de la bile.

Action physiologique. — En qualité d'amer, la bile peut agir comme apéritif. Le fiel d'un petit oiseau nous a paru avoir cet effet et n'a risn de désagréable. Cependant la bile en trop grande quantité produit la nausée et

déterminerait des vomissements; une fois parvenue dans l'intestiu, elle contribuerait Il la l'oDClion digestive et activerait la sécrétion de la membrane muqueuse ainsi que la contractililé de la tunique musculaire.

Parvenue dans le système vasculaire, la bile déterminerait des phénomènes très-'Jivers selon les circûn£tances. Bouillaud ayant remarqué le premier un ralentissement extraordinaire du pouls dans le cours de l'ictère simple, a cru devoir l'attribuer k l'action de la bile qu'il appelle une digilaline animale. Dans les ictères graves les choses se passent tout autrement, et la cholémie engendre un ensemble de symptômes assez analogues h ceux de l'urémie, avec une disposition marquée aux hémorrhagies multiples, laquelle semble devoir être rapportée à l'état aplastique de la librine et à l'altération des globules eux-mêmes. Quelques observateurs ont noté, en effet, que de la bile ajoutée à une gouttelette de sang dans une préparation microscopique amène la dissolution des- hématies à la manière de l'ammoniaque. J'ai essayé à plusieurs reprises, sans beaucoup de succès, de répéter cette expérience qui ne me paraît devoir réussir que lorsque la bile est très-alcaline ou qu'elle a subi des altérations chimiques soit pendant la vie soit surtout après la mort. Avec de la bile prise dans d'autres conditions, les globules sanguins s'altèrent mais résistent à la dissolution. Grollmund a fait dans ces derniers temps d'intéressantes expériences de laboratoire sur ce sujet. Il a vu des injections de bile déterminerune activité exagérée des organes sécrétoires, rendre les urines et les selles sanglantes, donner lieu à du tremblement et des convulsions, au ralentissement du pouls, au refroidissement et à la mort en peu de jours. L'examen microscopique lui a démontré la diminution du nombre des globules rouges, des granulations graisseuses et la présence constante de cristaux d'hémoglobine. D'après notre confrère de Strasbourg, la bile privée de graisse et de matière colorante agit peu, le tauro-cholate de soude produit de vives souffrances et des accidents convulsifs tandis que le glycocholate est relativement inolï'ensif.

Usages. — 11 s'en faut bien que ce liquide animal soit aussi fréquemment employé que par le passé , et les applications qu'il reçoit sont, ou purement empiriques, ou peu rationnelles.

On a eu l'idée d'administrer la Bile pour suppléer au défaut de la sécrétion hépatique ; seulement on a oublié que l'estomac, qui la reçoit d'abord, devait se révolter au contact d'un composé qui lui est étranger et qu'il ne tolère jamais lorsque celui-ci reflue du duodénum par un mouvement antipéristaltique. Pour faire réussir celle idée, bonne en soi, il faudrait emprisonner la bile dans une capsule insoluble dans les liquides gastriques, non fusible à une température 37°, 50 cenligrades, et qui ne se romprait que dans l'inteslin grêle, comme pourrait faire une enveloppe de cire et de résine, soluble seulement dans les sucs alcalins,

Dulbeau propose d'injecler de la Bile dans les Kystes hydatiques du foie, au lieu de Teinture d'Iode ou d'autres liquides irritants.

La Bile de bœuf a été préconisée récemment encore contre celte singulière

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