‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 246 sur 293 · TARTRA.TE DE POTASSE ET D'ANTIMOINE, TARTRE STIBIÉ · texte numérisé non relu

TARTRA.TE DE POTASSE ET D'ANTIMOINE, TARTRE STIBIÉ

toujours identique au fond bien que multiple dans ses conséquences. Ce qui justifie les distinctions établies précédemment, c'est moins la prédominance réelle de l'un des effets du sel antimonial sur l'économie troublée que l'importance majeure que chacun d'eux acquiert tour à tour, aux yeux du physiologiste, dans l'explication du résultat observé. S'agij-il, par exemple, d'une angine couenneuse, on explique les bons effets de i'Êmétique par l'élimination des fausses membranes, tandis que l'hypercrinie muqueuse, la sédation nerveuse et circulatoire, la spoliation du sang, ont aussi leur part dans les résultats thérapeutiques. De même, dans une phlegmasie rhumatismale des séreuses cardiaques, l'action hypocinétique n'est qu'un élément de curation auquel se joignent efficacement les effets toniques vaso-moteurs, réfrigérants, révulsifs ou dérivatifs, diaphorétiques, etc., et ainsi des autres cas pathologiques.

Pas plus que les autres agents de la matière médicale le Tartre stibié n'est l'antagoniste spécial de certaines formes, encore moins dû certaines entités morbides; il ne s'adresse pas à la convulsion en général, ni à la pneumonie ou bien au rhumatisme envisagés comme espèces nosologiques, mais il combat diverses modifications pathologiques qui se retrouvent comme éléments générateurs ou comme complication dans les nombreuses maladies où l'expérience a démontré l'efficacité du traitement par le Tartrate antimonié de Potasse.

Les désordres anatomiques et fonctionnels sur lesquels I'Êmétique a le plus de prise sont ceux qui se traduisent par les mots fluxion sanguine et fièvre : celle-là représentant la fièvre locale, celle-ci l'inflammation généralisée. Puis viennent les phlegmasies plus avancées, les poussées hémorrhagiques, les phénomènes d'excitation sensitive et motrice, les sécrétions défectueuses, et secondairement, les collections liquides ou les épanchements plastiques. J'ai vu dans plusieurs circonstances, où l'opération de la thoracentèse était repoussée, le Tartre stibié en lavage déterminer à la faveur d'une entérorrhée séreuse très-abondante, la résorption d'hydrothorax énormes qui avaient résisté aux diurétiques, aux drastiques et aux vésicatoires volants.

Si l'action nauséante enraye les hémorrhagies cérébrales et les hémoptysies, si les effets éméto-cathartiques provoquent la résorption de vastes épanchements séreux, ces troubles artificiels de l'économie agissent plus sûrement encore pour éteindre le feu de la fièvre ou des inflammations localisées. Dans ces conditions seulement, le succès peut être instantané et durable ; partout ailleurs, la médication stibiée ne donne que des résultats aléatoires et momentanés : elle agit en qualité de palliatif plutôt que comme réellement curative.

Dans le rhumatisme, par exemple, I'Êmétique produit d'excellents résultats quand les localisations sont peu stables et la fièvre intense. Dans la pneumonie, c'est le premier degré qui cède rapidement et s'évanouit parfois sans retour par une sorte de délitescence, selon l'expression consacrée.

Mais pour mieux réussir, faut-il donc chercher à obtenir la tolérance y En aucune façon.

Dans mon opinion, .qui je le répète, est celle de Rivière, de Macartney, de Rayer, de Dance et de Ghomel, le Tartre stibié ne jouit do propriétés thérapeutiques qu'à la condition de produire ses effets physiologiques ordinaires, c'est-à-dire la nausée, le vomissement et les phénomènes généraux connexes; il ne possède aucun effet altérant démontrable en dehors de ce» modifications, fonctionnelles qui se rattachent, k l'action éméto-cathartique par voie de sympathie ou par d'autres liens connus du physiologiste. En conséquence, il serait absurde de vouloir supprimer les effets nauséeux et vomipurgatifs d'où tout le. reste dérive ; car si l'on y parvenait complètement, on se priverait par cela même de toute influence favorable sur la marche ultérieure delà maladie. Loin de se proposer un tel but, on doit avoir pour objectif constant, sinon l'actioniéméto-cathartique, du moins l'action nauséante du Tartre stibié. Les doses de sel antimonial doivent être, pesées, fractionnées et rapprochées, ou éloignées de telle sorte que le résultat désiré soit maintenu dans de sages limites tout le temps jugé nécessaire pour se rendra maître des accidents. Presque jamais il n'est indispensable d'éviter les éva-r^ ouations stomacales et alvines dans la première phase du. traitement; souvent,, au contraire, la dépression, profonde qui en résulte, et qui s'augmente, de la spoliation séreuse de l'organisme, exerce une influence décisive sur l'issue du mal. Mais, une fois acquis ce premier résultat, il suffit généralement de soutenir l'action nauséante, à moins que, par exception, il ne semrble préférable deirépéter une ou deux fois par jour les secousses de vomissements.

Les contre-indications du Tartre stibié se tirent principalement de l'étal des voies digestives et de .celui des forces organiques, à quoi il faut joindre la .composition du nùlieu ambiant dans ses rapports avec la pathogénie, en d'autres termes, la constitution, médicale régnante. On évitera soigneusement l'emploi deTÉmétique chez les sujets exposés au dévoiement, au vomissement,, .et qui souffrent d'une lésion de l'estomac ou des intestins; chez ceux qui sont dans la débilité, la prostration, et à plus forte raison dans la période adynamique des affections maligAes. On s'en abstiendra encore. dans les temps et les lieux où régnent épidémiquement des maladies dangereuses qui, telles que la dysenterie ou le choléra, portent leurs principales. violeur ces .sur le tube digestif et les viscères abdominaux.

Outre ses usages internes, le Tartre stibié est encore un agent extérieur da la médication irritante, escharotique, et partant révulsive* L'intensité et la durée de ses effets topiques l'ont, fait préférernon-seulement aux rubéfiants mais même aux vésicants, dans le traitement des inflammations chroniques et rebelles du larynx, des bronches et des autres organes thoraciqiies et. parfois dans celui des hydarthroses, des arthrocaces et de diverses affections, chirurgicales. On s'en, servait aussi pour ranimer les dermatoses chroniques,, telles que l'acné rosacée, le psoriasis, etc<

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