‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 29 sur 293 · GADE OU OXYCÈDRE · texte numérisé non relu

GADE OU OXYCÈDRE

CACHOU Calechu .

Angl. Cashoo, Japan earlh. — Ail. Kaiechusoft, JapaniscJie Erde. Les Cachous du commerce sont fournis par le bois de l'Acacia Catechu, par les amandes de l'Areca Calechu et par les feuilles de VUiicaria Gembir. 1° Cachou de l'Acacia, angl. Cutch, or Calechu of the Acacia Calechu. 2» Cachou de l'Areca, angl. Belel nul, Calechu. 3" Cachou de Gambir, angl. Gambir Calechu.

Composition. — Ces trois sortes de Cachou ont des propriétés fort analogues. Elles contiennent une proportion considérable de tannin : de 36 à ôk pour 100; un principe particulier, nommé acide calôchulique ou cachoulique, lequel se compose de myriades de petits cristaux invisqués d'une sorte de tissu muqueux, et de l'acide cachoutannique {acide mimotannique), ou tannin de Cachou, lequel précipite en vert noirâtre les persels de fer.

Action physiologique. — Les Cachous doivent leurs propriétés médicales à l'énorme proportion de tannin qu'ils renferment. Quand ils sont de bonne qualité, leur puissance est supérieure à celle du Kino.

Substances synergiques. — Barbatimao, Monésia, etc.

Usages. — Le Cachou est employé en applications topiques sur les ulcères. On le donne comme stomachique, dans la dyspepsie avec hypérémie et irritation de la muqueuse gastrique ; comme resserrant ou constipant, associé à la craie dans les diarrhées et dysenteries chroniques; comme astringent dans les affections de la gorge et de la bouche, le relâchement du gosier et de la luette, dans les hémorrhagies utérines d'un caractère atonique.

Modes d'administration et doses. — On peut laisser fondre dans la bouche un morceau d'excellent Cachou, ou bien l'avaler sous forme de bols ou de pastilles. La dose est de 60 centigrammes à 4 grammes.

On l'emploie aussi en infusion composée, en teinture composée, en élecluaire et sous forme de poudre composée. Le Cachou, dans ces préparations, est ordinairement associé à la cannelle, quelquefois à la muscade et à l'opium, et au kino. Le Cachou dit de Bologne, aromatisé, est très-employé par les fumeurs pour corriger l'odeur du tabac.

Il entre dans la Thériaque, le Cachondé, et fait partie de presque toutes les formules astringentes.

CADE ou OXYCÈDRE, Juniperus Oxycedrus, L. — Conifères.

li' huile de Cade (Ali. Empireumatische Kadeôl) est une sorte de goudron liquide produit par la combustion du bois de Juniperus Oxycedrus, arbrisseau qui croît communément dans les provinces méridionales de la France. Mais, par extension, on confond sous cette dénomination des produits résineux empyreumatiques, liquides, de tout autre provenance. L'huile de Cade est pourvue d'une saveur acre et presque caustique. Les vétérinaires s'en servent pour guérir les ulcères des chevaux et la gale des moutons.

Les médecins emploient l'huile de Cade contre les affections squameuses rebelles de la peau, spécialement le psoriasis.?A l'aide de quelques frictions.

les écailles épidermiques s'enlèvent, et, après une bouffée d'irritation, le derme s'anémie aux endroits qui étaient le siège de la lésion ; en un mot, la peau se nettoie momentanément; seulement le mal reparaît, à moins que la diathèse ne se modifie par un traitement général approprié. J'ai employé aux mêmes usages l'huile de Laurier, plus irritante encore, et dont l'application doit être restreinte k de petites étendues de la surface cutanée.

CAFÉ. Semence du Coffea arabica, L. — Rubiagées-Cofféacées, Angl. Cofjce. — AU. Kafjee.

Le Gaféyer est originaire de l'Arabie Heureuse, aux environs de Eaffa. Composition. — Les semences, formées d'un embryon très-petit et d'un périsperme corné, contiennent, d'après Payen (outre des substances ternaires dérivées de la cellulose, des matières albuminoïdes et des principes minéraux), de la caféine, C"ff»Az''0"-t-2H 0, de l'acide caféique ou" chlorogénique] en combinaison avec de la caféine et de la potasse, une essence concrète et une huile volatile aromatique fluide, une matière grasse fixe; enfin un tannin particulier, Yacide café-tannique (Rochleder), qui ne précipite pas la gélatine et colore en vert les sels ferriques. La torréfaction modifie notablement cette composition. Elle exalte le parfum de cette graine, soit parceque la matière grasse, fixe, cesse de retenir l'huile essentielle, soit plutôt parce qu'il s'en développe de nouvelles quantités aux dépens d'une autre substance préexistante, probablement, selon nous, aux dépens de la caféine, qui disparaît partiellement dans le café brûlé, d'après les analyses comparatives de Schrader. D'ailleurs il se forme deux nouveaux principes, l'un brun et amer, l'autre huileux, volatil et brun, appelé caféone.

Personne a aussi démontré qu'en présence du tannin, la torréfaction donne naissance à de la Méthylamine G*H^Az\ principe auquel Béliier atltnbue le pouvoir d'accroître la tension artérielle sans modifier le pouls.

Action physiologique. - La Caféine étant le principe vraisemblablement le plus actif du Café vert ou cru, c'est-à-dire non torréfié, nous allons commencer par établir ses propriétés physiologiques connues. - Prise isolément à la dose de 10 centigrammes, la caféine produit d abord un léger assoupissement, suivi d'une stimulation circulatoire favorable a l'exercice des fonctions animales, et particulièrement au travail intellectuel, rieion Lehmann, des doses plus fortes, de30 à 50 centigrammes par exemple, causent une violente excitation des systèmes nerveux et vasculaire, des pal- ;rtions cardiaques, avec fréquence, irrégularité, intermittence du p^u^^^ oppression, douleur de tête, trouble des sens, bruissement d oreilles san tTations d;vant les yeux , priapisme et délire. A l'intensité près ces phénomènes représentent les effets du Gafe cru. ,,,k1pmpnt Le Café torréfié possède une puissance stimulante ^-^'"^^^^'^^^^^ sunérieure qu'il doit aux principes aromatiques développes par la cliaieur, ulû à la Caféone (Marchand, Méplain), laquelle posséderait en outre Rablau) le pouvoir toxique d'un grand nombre d'huiles essentielles vis-à-

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