CAFÉ
vis des organismes inférieurs. Ce sont ces différences d'action, selon que le café est cru ou torréfié, qui expliquent en partie les divergences des auteurs sur l'action physiologique de cet agent, les uns le considérant comme un slimulant (Voit, Falcl<, Stuhlmann, Leven, Th. Moreno-y-Maïz), les autres comme un tonique (Marchand, Méplain); ou même comme un stupéfiant (Stan. -Martin). Le véritable mode d'action reste encore à établir. Ce que nous pouvons dire aujourd'hui c'est que la première opinion répond bien aux effets du Café torréfié et la seconde aux effets du Café cru.
La Caféine se détruit ou s'altère en partie dans la circulation. Liebig pense qu'elle contribue à la formation de la taurine, l'un des éléments de la bile. D'après les expériences de Lehmann, confirmées par celles de plusieurs autres observateurs, la Caféine augmente effectivement la sécrétion de la bile et celle de l'urine; mais elle diminue l'excrétion de l'urée (Leven).
Le Café noir, à doses relativement faibles, occasionne du côté du système cardio-vasculaire des phénomènes d'excitation remarquables et détermine avec une exaltation considérable des fonctions intellectuelles une insomnie redoutée par beaucoup de personnes, et recherchée par ceux pour qui le travail de l'esprit doit se prolonger au delà des limites ordinaires. Ces remarques enlèvent nécessairement une partie de son intérêt pratique à l'emploi séparé du principe actif, ou plutôt de l'un des principes actifs du Café, puisque la Caféine ne représente qu'incomplètement les effets du médicament tout entier.
SuBSTANCKs SYNERGIQUES, AUXILIAIRES. — Le thé et la théine, le cacao et la théobromine, presque identiques de composition et d'effets, sont vraisemblablement synergiques du Café et de son alcaloïde. J'en rapprocherai la Coca et quelques autres substances. Ses auxiliaires sont certains stimulants diffusibles. Mais, à d'autres égards, le Café trouve des auxiliaires dans les astringents, les amers, le quinquina et la quinine. Les graines d'une Rubiacée, le Galium Aparine ont servi en guise de Café pendant le blocus continental et Prosini Merletta propose comme succédané les noyaux de Dattes torréfiés.
Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes. — L'opium et les narcotiques hyperémiants ; à d'autres égards, les acidulés, les émétocatharliques, les délayants, les réfrigérants, sont antagonistes du Café, et ne doivent pas être administrés concurremment. L'alcool, l'opium et les sels de morphine, etc., sont les antidotes du café, efréciproquement.
Usages. — Le Café ou la Caféine, et les combinaisons de celte base avec les acides, sont usités depuis longtemps dans la céphalalgie, la migrain (Formey, Rudolphi), la torpeur intellectuelle et nerveuse, la mélancolie et 1 hypochondrie; dans les fièvres continues, adynamiques, les fièvres intermittentes (Grindel, Rasori, Delioi^x, etc.); dansl'asthme essentiel (Musgrave, Pringle, Floyer, Laennec); comme emménagogue en Egypte, d'après Prosper Alpin; comme antidiarrhéique (Lanzoni). Plus récemment, on a vanté les bons effets du Café à haute dose pour la réduction des hernies. Il agirait
alors en diminuant le calibre des vaisseaux (Lamare-Picquot), en favorisant la liquéfaction des matières inclusespar l'accroissement de la sécrétion intestinale, ou en excitant la contraclilité de l'intestin hernié (Cellarier).
Si l'opium est l'antidote du Café, la réciproque est encore mieux démontrée par les recherches d'Orlila et l'expérience journalière des praticiens. L'infusion de Café noir sert à masquer la saveur de plusieurs médicaments amers ou nauséeux : de l'huile de ricin, du sulfate de quinine. Dans ce dernier cas, il se fait un trouble qui indique la formation du tannate de quinine, sel auquel on pourrait en conséquence s'adresser d'abord. En effet, le tannate de quinine est loin d'être inerte : il possède seulement, par rapport au sulfate de quinine, une activité très-inférieure, d'abord parce que le même poids de tannate renferme moins d'alcaloïde, ensuite parce que ce sel est encore moins soluble que le sulfate neutre, puisque 1 partie de tannate hydraté, plus soluble que l'anhydre, n'exige guère moins de 1000 p.. d'eau. Sur ce point mes observations concordent avec celles de Vulpian et de J. Regnauld. J'ajouterai que la solubilité doit varier encore selon les espèces de tannin en combinaison, et que le précipité dû au tannin du Café est probablement plus soluble que celui que donnerait l'acide quercitannique. Au reste, le tannate de quinine trouvera, soit dans les acides du suc gastrique soit dans les matières organiques du tube digestif, de quoi favoriser sa dissolution et son absorption consécutive.
Enfin, dans ces derniers temps, on a préconisé le Café non torréfié contre les douleurs de goutte ou de rhumatisme goutteux.
Modes d'administration et doses. — Le Café cru ou brûlé^ peul^se manger en grains ou se prendre en poudre. Le plus souvent le Café torréfié se prend en infusion aqueuse.
On commence aussi à faire usage de la Caféine par prises de 5 centigrammes réitérées plusieurs fois par jour. Van den Corput conseille l'emploi de plusieurs sels de Caféine, spécialement du citrate, dont il prescrit 15 à 20 centigrammes avec 30 centigrammes de sucre vanillé, en une dose, contre ' la migraine. Hannon donne des formules de pilules, de lavement, de sirop et de potion au citrate de Caféine.
On recommande aussi le citrate de fer et de Caféine, le lactate et le malale de Caféine. L'arséniate de la même base, obtenu par Gastinel, a donné des succès contre la fièvre intermittente entre les mains de Schnepp.
CiVÏLCÉDUA., Khaya senegalensis. — Cédrélacées.
Composition. — L'écorce de Khaya senegalensis. Acajou du Sénégal, contient d'après l'analyse d'E. Caventou, un principe amer, le caïlcédrin; de la matière grasse verte, de la matière colorante rouge en abondance et de la matière colorante jaune; de la gomme, de l'amidon et du ligneux; du chlorure de potassium et une essence aromatique,
Action physiologique et usages. - Mâché, le Caïlcédra développe une amertume bien marquée, quoique peu intense, due au principe amer dont
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la proportion est minime. Malgré son défaut d'action sur l'organe du goût, E. Gaventou pense que la matière colorante rouge jouit de propriétés actives. Toujours est-il que le Gaïlcédra, d'après les observations de Buland, Duvau et Moutard-Martin, possède une certaine valeur fébrifuge à la dose de 1 gramme ou 1 50 par jour.
L'extrait aqueux doit être préféré. E. Gaventou propose d'introduire le Gaïlcédra dans un vin et un sirop toniques et fortifiants.
CAILLE-LAIT BLAXC, Galium Mollugo, L. — Rubiacées-Stëllées. Angl. Lady's Bedslraio, Cheese Rmnet. — Ail. Weisse Labkraul Ge Galium, l'un des plus vulgaires, vanté autrefois par Jourdan, directeur de l'hôpital de Tain, est devenu, depuis quelques années, entre les mains de certains religieux du pays, un prétendu spécifique contre l'épilepsie. Le suc de la plante fraîche se donne à la dose d'environ 200 grammes après vingtquatre heures de jeûne.
CAILLE-LAIT JAUj\E, Galium luteum, L. — Rubiacées-Stelléks.
Angl. Yelloio lady's Bedstraw. — Ail. Gelbes Labkraut.
Le Galium verum passait pour avoir la faculté de cailler le lait, ce qu'aucune expérience ne justifie (Young, Parmentier). L'erreur populaire vient, ■je le présume, du nom de caille-lail obtenu par corruption de celui de Galiet, qui est le mot Galium francisé , lequel nom a fini par abuser ceux qui l'employaient sur les vertus absentes de la plante.
Le Galium verum était usité en Catalogne contre l'épilepsie, lorsque Bonafous le préconisa en France. Son efficacité n'est pas mieux établie que celle du précédent. En définitive, cette espèce, qui se distingue par une odeur de miel assez fade, pourrait bien être un peu antispasmodique etsudorifique, à la manière du tilleul et du sureau. Une autre espèce du genre, le Galium Aparine, passe pour antiscorbutique et antiherpétique; ses semences ont été proposées pendant le blocus continental pour remplacer le café.
CAiiN'ÇA, Chiococca angiuifuga^ Mart. — Rubiacées-Cofféacées. Le Gaïnça est une Rubiacée du Brésil.
GoMPOsiTiON. — Brandes a trouvé dans le Chiococca racemosa un principe voisin des alcaloïdes végétaux et analogue à l'émétine, lequel doit exister également dans la racine du C. anguifuga, puisque celui-ci partage les propriétés médicinales du premier, qui présente une saveur aromatique amère nauséeuse, avec une odeur désagréable rappelant celle de la valériane. Cependant Pelletier et Gaventou n'ont trouvé dans le Gaïnça que V acide, caïnciqiiç cristallisable, très-amer, soluble surtout dans l'alcool.
Action physiologique et usages. — Le Gaïnça, pris en petite quantité, purge; à plus forte dose, il est à la fois drastique et émétique. Indirectement, il devient diaphorélicfue, sialagogue, diurétique. Les propriétés cathartiques
58 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, du Caïnça en font un dépuratif, un désobstruant et un résolutif. On peut l'employer avec avanlage contre les hydropisies , les afl'ections cérébrales congestives et irritatives, et toutes les fois qu'il s'agit de révulser ou de dériver vers le tube digestif.
La racine se donne en poudre à la dose de 1 gramme k 1^^ 50, ou bien en infusion (8 à 16 grammes .dans un litre d'eau). iL'extraif est une mauvaise préparation.
CA.JEPUT, Melaleuca minor. — Myrtacées.
Angl. Lesser Melaleuca. — AU. Cajeput.
Cet arbuste des Moluques fournit une huile essentielle épaisse, visqueuse, verdâtre, d'une odeur très-forte, rappelant celle du camphre, du cardamome ou du rJmarin. Cette huile, rectifiée par une seconde et une troisième distillation, devient limpide, ténue, d'un vert clair et même incolore, et d'une odeur si pénétrante, qu'elle peut occasionner la lipothymie. Sa saveur est piquante, fraîche et amère.
L'huile de Gajeput est un irritant local et un puissant excitant. On 1 emploie en frictions contre les douleurs rhumatismales et goutteuses; à l'mterieur dans la paralysie et les névroses convulsives, les coliques, la pneumatose intestinale, les affections vermineuses. Une ou deux gouttes dans une tasse d'infusion suffisent pour constituer un breuvage stimulant.
L'intérêt de cette substance, si justement appréciée dans l'extrême Orient, s'accroît maintenant, pour nous, de tout celui que nous inspire une plante de la même famille, dont l'usage médical se vulgarise depuis quelque temps en Europe et en Algérie et dont nous allons brièvement tracer l'histoire. Eucalyptus globulus, Labillardière. — Myrtacées. Angl. Blue gum tree.
Composition. - Toutes les parties de cet arbre magnifique, surtout les feuilles, sont pénétrées d'une essence aromatique que Cloez^considere comme formée de deux principes : un hydrure de carbone G H , I Luca- Ivviène, et une sorte de camphre liquide : YEucalyptol qui a pour formule ^2*H^»0^ Cette dernière substance, qui est la plus importante, a son point d'ébullition supérieur à celui de l'essence de térébenthine et s'oxyde tres-difhcilemeot (Gloëz, Gubler). Elle est miscible à l'eau, soluble dans 1 alcool ' her les huiks fixes et volatiles. Dans les feuilles et l'écorce Tessence es ac omiagnée de tannin en quantité considérable (Miergues), de matier s Sfs et extractives (Cloè. Sicard) et d'un P-n^pe
(Vauquelin et Luciaui) non retrouvé par Debray, dont 1 étude n estpa. assez avancée pour que nous sachions si c'est un alcaloïde ou un glucoside.
Action PHYSIOLOGIQUE. - Les effets locaux imputables à l'essence n s'étiînent pas beaucoup de ceux de l'essence de térébenthine : sensation de h S dlrie tube d'Igestif, renvois odoriférants,^ trouble, dyspep^^^^^^ auand la dose est forte. Quelquefois, en pareille circonstance , il survient rn-seuLment de l'excitalion îéflexe , mais encore consécutivement à 1 ab-
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sorption une stimulation générale, une sorte de fébricule artificielle accompagnée de modifications sphygniographiques indiquant une diminution de tension vasculaire.
L'inhalation des vapeurs d'essence d'Eucalyptus donne lieu à des migraines (Sicard) et à d'autres phénomènes rappelant les effets stupéfiants des fleurs très-parfumées ou de l'essence de Téréhenlhine.
Gomme cette dernière, l'Eucalyptol s'élimine par les reins, les poumons et probablement par la peau. Seulement mes observations cliniques établissent que tandis que l'essence de térébenthine passe en majeure partie par l'appareil urinaire après avoir été résinifiée, l'essence d'Eucalyptus, relativement peu oxydable, suit principalement la voie ouverte aux substances volatiles ou gazeuses. En effet, l'haleine en est parfois embaumée, tandis que les urines n'exhalent souvent qu'une faible odeur rappelant celle de la violette. Je dois reconnaître pourtant qu'il existe à cet égard des variations individuelles, inexpliquées et d'autres dont on peut essayer l'interprétation. Avec des doses faibles et des sujets dont le champ respiratoire est libre, presque tout s'exhale par la respiration, et les urines sont peu odorantes; avec des doses fortes et un obstacle à l'exhalation pulmonaire on obtient une fragrance prononcée des urines.
Ces influences ne sont pas les seules et j'ai lieu de penser que les essences rectifiées d'Eucalyptus globulus qui sont maintenant dans les officines, communiquent à l'urine plus d'odeur que ne le fait le produit vierge teinté de jaune que je tenais de M. Ramel, et qui a servi à mes premières expériences. Celui-ci se comporte donc à peu près comme le camphre.
Ingérées en nature, les feuilles et l'écorce d'Eucalyptus produisent des effets astringents, toniques névrosthéniques et, à l'occasion, fébrifuges, qu'on ne doit pas attendre de l'essence isolée, et qui sont dus au tannin ou même au principe cristallisable encore mal défini.
En regard de ces notions importantes acquises par l'observation clinique, l'expérimentation de laboratoire ne nous apporte encore que des résultats incertains et des formules contradictoires. Le docteur Gimbert, qui s'est lancé avec ardeur dans cette voie souvent féconde, s'efforce d'établir que l'Eucalyptol calme, tandis que le térébenthène excite; et, néanmoins, il admet Videntilc de leurs effets sur les combustions organiques. Il parle d'hyposthénie nerveuse, de ralentissement vital, de réfrigération et de resserrement des capillaires avec grande excitation du système nerveux sympathique, ce qui ne l'empêche pas d'écrire un peu plus loin que l'essence d'Eucalyptus est un stimulant diffusible comme l'Ammoniaque, la Menthe, etc. Notre confrère admet le ralentissement du pouls en même temps que la diminution de tension, bien qu'il avoue n'avoir pas obtenu de résultats sphygraographiques concluants. Il signale l'accroissement considérable de la proportion d'urée dans la sécrétion rénale et en lire la preuve que l'Eucalyptol favorise Vèlinmiation de ce principe azoté, mais il oublie de nous dire si la masse quotidienne des urines était diminuée. Enfin, cherchant le mécanisme de la
,60 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, mort par l'essence d'Eucalyptus, le docteur Gimbert fait des injections dans le dos des grenouilles et croit prouver que cette essence exerce une action élective sur la moelle dont elle paralyse le pouvoir réCexe, On le voit, malgré de louables efforts, l'expérimentation sur les animaux n'a encore apporté à la clinique l'appoint d'aucune donnée positive.
Usages. — L'Eucahjplus rjlobulus, récemment propagé en Europe (1858), grâce à l'activité de M. Ramel, est déjà très-usité comme fébrifuge, nonseulement en France, mais en Espagne, en Algérie et en Corse, en Italie et jusque sur les bords du Danube.
L'honneur des premiers résultats publiés revient à un de nos confrères espagnols, le docteur Tristany (1865) et k un de nos compatriotes, le docteur Régulus Garlotti, d'Ajaccio (1869). La même année je signalais les principaux traits de l'action physiologique et thérapeutique de l'Eucalyptus dans une communication à la Société de thérapeutique {Bulletins, 1869). Depuis lors les travaux se sont succédé (Gubler, Brunet, Gimbert, etc.) et les preuves accumulées en faveur de l'efficacité du nouvel agent soit comme fébrifuge, soit comme anticatarrhal, stimulant topique et diffusible ou bien comme antiputride.
A ce dernier titre on peut l'employer en lotions, en inject ons, pour modifier la suppuration fétide, ichoreuse ou simplement acide des plaies, des cavités purulentes accidentelles ou normales t l'entérite ulcéreuse, la blennorrhee, la leucorrhée, ou bien pour animer des ulcères blafards, fongueux, saignants.
Comme stimulant diffusible et diaphorétique il se prête aux mêmes usage! que les autres médicaments de même sorte. En qualité de fébrifuge il est appelé à prendre place, je ne dis pas k cote mais au-dessous du Quinquina, dont il pourrait être sinon le rival, du moin l'adiuvant habituel et quelquefois le succédané.
Sans parler de l'influence hygiénique exercée dans les pays marécageu par les plantations d'Eucalyptus, je signalerai l'utilité des effets tonique et stimulants de ses organes chargés d'essence, de tannin et d autres pnn cipes chez des sujets soumis à l'impaludisme et^plus ou moins débilites ie rappellerai l'influence favorable des stimulants diffusibles pour diminua la longueur et l'intensité du stade de froid. Enfin, dans quelques cas, Eu calvptus (feuilles ou écorce) partagerait avec l'antipériodique par excellenc le privilège de couper les accès, il réussirait même plus complètement la o 1 Qu nine se serait montrée impuissante (Garlotti. Casian) ; mais ici m expérience personnelle est insuffisante et je ne puis que me f-e éch d opinions d'hommes compétents exerçant la médecine dans des contrées
fièvres intermittentes. • m j u- T„rr,i->ûr
Citons en témoignage les docteurs Tristany, Garlotti, Tedeschi, Lamber
Lodnser, Brunet,^Ca?tan, etc., sans compter un grand nombre de personn
distinguées, mais étrangères k notre prolession.
Les observations des cliniciens trouveraient un appui sohde dans le exp
.ienrréceBtes de Mosler, s'il était démontré que le physiologiste allema,
CALAMBNT. • 61
s'est mis à l'abri de toutes les causes d'erreur si nombreuses en pareille circonstance. Voici, d'après R. Lépine, le résumé des expériences de Mosler. La rate d'un chien, mise à découvert par une incision de la paroi abdominale, est mesurée, puis replacée dans la cavité péritonéale. Quelques grammes de teinture d'Eucalyptus sont alors injectés sous la peau, et deux heures environ plus tard, la rate extraite à nouveau de l'abdomen, montre une réduction de 1 centimètre sur tous ses diamètres. Tel est le résultat obtenu par Mosler. Le sulfate de quinine n'eût pas mieux réussi et c'est pour cela que je doute.
Au reste, c'est la médication anticatarrhale qui réclamera le plus souvent parmi nous l'emploi de l'Eucalyptus, dont les indications spéciales se rencontreront dans les affections chroniques de la muqueuse respiratoire vers laquelle l'essence trouve sa principale issue. L'Eucalyptus offrira dans ces circonstances une double supériorité sur l'essence de Térébenthine et sur d'autres balsamiques, celle d'agir plus sûrement et à plus faible dose puisque les reins en détournent une moindre proportion.
Préparations et doses. — L'une des meilleures est la poudre de feuilles que j'administre dans du pain azyme à la dose de 2 à 4 gr. par jour comme tonique anticatarrhal ; de 4 à 8 et 12 grammes contre la fièvre intermittente.
L'extrait aqueux et surtout Vextrait alcoolique (Garlotti) rendraient les mêmes services à la dose de 1 à 4 grammes par jour.
IS'alcoolot d'Eucalyptus a les qualités toniques stimulantes de la plante accrues de celles de l'alcool.
liHnfusion prolongée et l'infusion décoction sont d'un emploi commode pour lotions et injections. Une infusion théiforme légère est fort agréable et sera souvent conseillée aux sujets atteints de bronchite chronique simple ou compliquée. On peut l'édulcorer avec le sirop d'Eucalyptus.
On se sert plus habituellement de l'essence emprisonnée dans des capsules. Chaque capsule d'Eucalyptol (d'Allouin) contient environ 20 centigrammes de substance active. Il n'est pas nécessaire d'en donner plus de 4 à 6 par jour au début des repas contre le catarrhe pulmonaire. La dose devrait être plus forte si l'on voulait obtenir des effets perturbateurs comme dans certaines affections nerveuses.
On a aas,si conseillé des cigarettes d'écorce mince (Miergues) et des cigares de feuilles (Ramel). Je ne les recommande pas à ceux dont la muqueuse respiratoire est irritable.
CALAMEXT, Calamintha officinalis, Mœnch, Melissa Calamintha, L. — Labiées.
Angl. Calamint, viountain Balm. — Ail. Kalamenth, Bergmunze.
Le Calament est une Labiée aromatique amère qui croît dans les lieux boisés, secs et élevés d'une partie de la France et de toute l'Europe méridionale. A son huile essentielle il doit ses qualités excitantes, et à son principe amer son action tonique.
Le Galatnent entre dans le Sirop d'Armoise, la Théridque, la Poudre clialybée, le Sirop de Slœchas, etc.
CALUBASSE d'eijuofi:, goukde OU COUGOLHBE, Lagcnaria vulgaris, Ser. — Gucurbitacées.
Angl. Calabash, BoUle gourd. — Ail. Flaschenkurbis.
La chair du Lagcnaria vulgaris^ Ser., est amère et purgative. Ses graines sont au nombre des Quatre semences froides majeures, avec celle du Melon, du Concombre et de la Pastèque. Celles du Potiron, qui sont les plus grosses et les plus faciles à se procurer fraîches presque toute l'année, n'en font point partie.
Les semences du Potiron {Cucurbita maxima, Duch.), et du Giraumon {Cucurbila Pepo), sont recommandées depuis quelque temps contre le ténia, mais il y a longtemps qu'au rapport de Hourau, cité par Mérat et De Lens, on donnait à l'île de France les semences d'une variété de notre Potiron pour chasser le ver solitaire. On faisait prendre 60 grammes d'amandes, réduites en pulpe dans 500 grammes d'eau en une seule fois; après quoi on administrait de l'huile de ricin. Actuellement on suit à peu près la même pratique ou bien on fait manger les amandes broyées avec du sucre.
Uémulsion des amandes de Cucurbitacées se prescrit comme tempérante ou rafraîchissante dans les phlegmasies des bronches, la fièvre gastrique, les affections aiguës des organes génito-urinaires.
CAMOMILLE COMMUNE, CAMOMILLE D ALLEMACIVE , Matricaria
Chamomilla, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées.
Angl. Common wild Chamomile. — AU. Gemeine Kamille.
La Malricaire Camomille est indigène et vient dans les lieux cultivés.
Composition. — Parmi les substances qui entrent dans la composition de ses fleurs, nous citerons, d'après Freudenthal, le bitartrate de potasse et le phosphate de chaux, de l'albumine soluble, un extractif amer, de la résine et une huile volatile d'une belle couleur bleue, anciennement connue. Quand elle est fraîche, cette essence possède une odeur spéciale très-forte, un goût piquant et nauséeux. Camboulives y a trouvé de plus un acide particulier, mais rien d'analogue à l'alcaloïde que Pattone a signalé dans Y Anthémis ar-
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Action physiologique et usages. — La Matricaire Camomille est tonique, stimulante et antispasmodique. On emploie moins l'infusion de ses calathides que celle de la Camomille romaine; mais, en revanche, c'est elle qui fournit l'huile de Camomille usitée en médecine pour le traitement externe. • L'huile de Camomille possède au plus haut degré les qualités de la fleur, et sert en frictions, en embrocations, soît pure, soit additionnée de camphre et de narcotiques , pour calmer les douleurs rhumatismales et autres, ainsi que pour résoudre les engorgements sanguins ou inflammatoires consécuUff aux contusions, aux entorses, etc.