CAMOMILLE ROMAINE
CAMOMILLE PUAMTE OU MAROLTE , Maruia Cotula , DC, Anlhemis Cotula, L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées. Angl. Stinking Chamomile. — Ali. Hunds-Kamille.
La Marouie, abondante autour des villages, exhale une odeur fétide dont l'intensité s'accroît encore par le frottement. Elle est antispasmodique et réussit contre l'hystérie ; elle est aussi emménagogue dans l'aménorrhée torpide. Ses qualités stimulantes et toniques l'ont fait administrer avec avantage dans les fièvres intermittentes rebelles et la scrofule.
En présence de sa fragrance extraordinaire, je me suis demandé si elle ne pourrait, comme insectifuge, remplacer la Pyrèthre du Caucase. Derlon a fait récemment quelques expériences en partie confirmatives de cette induction. Il en résulterait seulement que les vertus insectifuges des Camomilles, seraient inférieures à celles des Pyrèthres.
La Camomille puante se donne en infusion (une pincée de fleurs dans 1 50 grammes d'eau), et en lavement, à la dose d'une poignée.
CAMOMILLE ROMAii\E, Anlliemis nobilis^ L. — Composées ou Synanthérées-Sénécionidées.
Angl. Roman Chamomile. — AU. Rômische Kamille.
La Camomille noble est fréquente dans les lieux secs et pierreux! Ses capitules exhalent un arôme très-puissant qui tire un peu sur celui du Coing. Leur saveur est amère, chaude et même brûlante, quand on en mâche pendant quelques instants.
La plante cultivée, à fleurs doubles, offre des qualités semblables, mais moins énergiques.
Composition. — Les fleurs de Camomille romaine, analysées par Wys, ont donné la composition suivante: Matière grasse, chlorophylle, acide tannique (traces), huile volatile, plusieurs substances amères, de l'albumine et des sels.
L'huile volatile, qui est nuancée de vert, ressemble donc à celle de la Camomille commune, à laquelle elle se trouve probablement toujours mêlée. Le principe amer se distingue par son égale solubilité dans l'eau et l'alcool.
Action physiologique. — La Camomille romaine mâchée provoque la salivation ; ingérée dans l'estomac, elle stimule sa muqueuse, éveille l'appétit et favorise le travail digestif. En trop grande quantité, elle va jusqu'à produire des vomissements. Après cette action locale, la Camomille agit comme stimulant diffusible ; mais , quoiqu'elle soit d'un usage journalier, ses effets dynamiques généraux n'ont pas été étudiés avec tout le soin désirable.
Usages. — La Camomille est employée comme stomachique et carminative contre les crampes d'estomac et la colique ; pour remédier à la constipation atonique, provoquer le flux menstruel, guérir la fièvre, donner du ton à. l'économie. De plus, les Anglais et les Suédois donnent l'infusion de Camomille en abondance pour faire vomir.
Modes d'administration et doses. — On administre la plante en nature, Vinfusion, la décociion, VexLrail et l'huile esscnlidle.
La poudre de fleurs, dont on donnait depuis 60 centigrammes jusqu'à 4 grammes, est presque abandonnée. Plus souvent on se sert de l'infusion (5 calalhides de fleurs pour 100 grammes d'eau) pour l'usage interne, et de la décoction en lavements ou en bains. L'cxtrail, dépourvu d'huile volatile, conserve la valeur d'un tonique amer à la dose de 60 centigrammes à 2 grammes.
L'essence isolée est employée fréquemment en Angleterre, soit dans une infusion, soit en pilules, pour remplacer les préparations dans lesquelles entre la fleur. Elle se donne k la dose d'une ou deux gouttes.
La Camomille sert à faire des fomentations. Enfermée dans des sachets qu'on a trempés dans l'eau bouillante, elle est appliquée sur le corps pour déterminer la caléfaction.
CAMPHRE DU JAPOM. Stéaroptèns du Camphora offidnarum , Nées, Laurus Camphora, L. — Lauracées.
Angl. Japan Camphor. — AU. Japanischcs Kampfer. .
Le Camphre, essence oxydée (G"H"0'), est un stéaroptène ou huile volatile concrèle dont les analogues se rencontrent dans une foule de plantes de la famille des Laurinées, de celles des Labiées, des Composées, des Amomées, etc. Le stéaroptène du Laurus Camphora est Ja sorte commerciale la plus importante. Il est légèrement soluble (miscible) dans l'eau, très-solubledans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles grasses et volatiles et des acides. Outre le Camphre, on trouve dans le Laurier camphrier une essence liquide que Pelouze et Fremy ont décrite sous le nom d'huile de Camphre.
Action physiologique. — Le Camphre possède une odeur d'une fragrance particulière. Dans la bouche, il produit un goût aromatique avec une sensation de fraîcheur lorsque l'air y pénètre. A la longue il détermme de la rougeur, de la chaleur et de l'enflure de la muqueuse. Il iie comporte aussi comme les acres au contact des surfaces dénudées et des plaies. Dans l'estomac, il détermine une sensation de chaleur, de l'irritation inflammatoire et même des ulcérations, quand il est ingéré en quantité excessive. De cette irritation résultent des nausées, des vomissements et des phénomènes réflexes ou sympathiques qui se confondent avec les accidents provenant de la diffusion du médicament dans toute l'économie. Après absorption, le Camphre am-ène la précipitation du pouls, et, à dose toxique, des spasmes, des convulsions, le délire, l'éclampsie, l'insensibilité et la mort (Menghini, Alexandre, Carminati, Moiroud, Orfila, etc ). Ces phénomènes peuvent être attribués soit au ralentissement ou à l'arrêt des fonctions des hématies, soit a l'action stupéfiante exercée sur le système nerveux.
A dose modérée (un demi à 1 gramme), le Camphre est exhilarant et anodyn ; à dose excessive, il trouble les sens, les facultés intellectuelles et la vo-