‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 32 sur 293 · CAMPHRE DU JAPON · texte numérisé non relu

CAMPHRE DU JAPON

litioD, et amène les symptômes ci-dessus énumérés. De même l'action sur le système vasculaire se partage en deux périodes. Une dose faible ou moyenne excite le centre circulatoire, donne un pouls fréquent et plein, élève la température, et provoque la sueur (Pereira). Des doses toxiques produisent, soit directement après leur pénétration dans le sang, soit indirectement par l'inflammation du tube digestif, des phénomènes de langueur, de collapsus, de paralysie, de refroidissement, avec pâleur de la face et dilatation des pupilles (F. Hoffmann, Pouteau, Cullen, Edwards, Schaaf, Stokes, Trousseau et Pidoux, etc.). Ces graves accidents ont pu être déterminés par 4 grammes de Camphre en lavement.

Du côté de l'appareil génital les phénomènes suivent la même loi. Un peu de Camphre excite les fondions génésiques, beaucoup abat la puissance génitale. Trousseau et Pidoux ont observé ce dernier effet avec 1 gramme 80 centigrammes de Camphre, La dysurib a été décrite par Heberden, Scudery, etc. Le Camphre oblitère pour ainsi dire le rein qu'ilne traverse pas.

En définitive, le Camphre est directement excitant, et ne devient qae secondairement contro-stimulant-stupéfiant et toxique. Il ne se sépare donc pas notablement des autres substances aromatiques.

Pour les animaux et, plus généralement, pour les organismes inférieurs, le Camphre est un poison plus actif encore que ne sont diverses substances aromatiques (Vétiver, Pyrèthre, etc.) bien connues pour leurs effets insectifuges. Par là il devient antizymotique et antiseptique au plus haut degré.

Le Camphre a été retrouvé dans le sang de la veine porte et de la mésentérique du cheval par Tiedemann et Gmelin, mais non dans le chyle ni l'urine. Il est éliminé principalement par les voies respiratoires. L'haleine exhale une forte odeur de Camphre chez les personnes et les animaux à qui on en a fait avaler de grandes quantités (Trousseau et Pidoux). Il en est à peu près de même pour la transpiration (Cullen, Moiroud). Notons que Cullen n'a jamais pu constater, non plus que Tiedemann et Gmelin, la présence du Camphre dans ia sécrétion urinaire.

Substances synergiques et auxiliaires. — Le Camphre du Japon a pour succédanés: celui de Bornéo (G"H'«0^), dont il est l'aldéhyde, les stéaroptènes des familles aromatiques et même les essences fluides mais oxydées de la famille des Myrlacées. Ses analogues sont les huiles volatiles et ses auxiliaires, tantôt les stimulants diflusibles, tantôt les antiseptiques, quelquefois les stupéfiants, selon le but que poursuit le praticien.

Substances antagonistes, contre-poisons. — Pour l'action topique ce sont les émollients. Pour l'action diffusée , ce sont les toniques-sédatifsou bien, quand les effets sont toxiques, les inhalations d'oxygène le café' 1 excitation galvanique. Pour l'anurie ses antagonistes sont les diurétiques.'

Usages. — Le Camphre est employé comme stimulant général à la fin des mflammations qui ont épuisé l'économie, et dans quelques circonstances analogues. Dans d'autres cas, on le dit antispasmodique et exhilarani, mais ces bénéfices ne sont obtenus que quand la mélancolie ou les convulsions

GuBLKR, 2" édition. g

66 SUBSTANCES 'URÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, dépendent d'une torpeur ou d'une asthénie du système nerveux. En ce cas, le Camphre est encore excitant.

Quand il provoque la diaphorèso, le Camphre agit de même par l'excitation cardio-vasculaire. C'est ainsi qu'il est utile dans le choléra, dans le rhumatisme ou la goutte alonique. Le Camphre est indiqué (Gubler) dans la polyurie. , Les bons effets du Camphre dans l'irritation des organes urinaires et sexuels, ainsi que dans certains empoisonnements, ne s'expliquent pas par la même procédé. On peut en partie s'en rendre compte, soit par les effets toxiques anesthésiques des hautes doses, soit en admettant que le Camphre, n'étant pas éliminé par l'urine, empêche la cantharide, la scille, le garou, de passer par les reins et d'irriter les canaux urinifères (Gubler).

A l'extérieur, on emploie le Camphre en fumigations, en solution alcoolique ou huileuse, contre les épanchements sanguins , les tuméfactions inflammatoires, les douleurs rhumatismales, etc. La solution de Camphre dans l'éther a été appliquée sur l'érysipèie(Malgaigne, Trousseau). La poudre de Camphre est conseillée pour préserver le visage des marques delà petite vérole.

Les pansements avec de la charpie imbibée d'eau-de-vie camphrée, sont employés dans le but de désinfecter les plaies et de prévenir les accidents graves de la résorption putride. Netter se loue beaucoup de ce moyen dans le traitement des ulcères phagédéniques gangréneux et de la pourriture d'hôpital, et Champouillon le recommande contre le chancre primitif. L'action toxique du Camphre , sur les êtres les plus bas-placés dans la série, cert de fondement à tout le système médical de Raspail. ^ Les contre-indications du Camphre sont: les états inflammatoires de l'estomac la fièvre intense, les formes sthéniques et irritatives des spasmes, convulsions et autres symptômes morbides pour lesquels il est conseillé

Modes DArMir^iSTBATioN et doses. - La dose pour l'usage mterne doit être de 50 centigr. a 1 gramme. On administre le Camphre en pilules et en émulsion L'émulsion 'est prise en potion ou en lavement. Elle se prépare avec un jaune d'œuf, ou bien avec un mélange de sucre, gomme arabique et un peu de myrrhe. C'est une forme désagréable et qu'il faut réserver pour l'administration par le rectum. j -,

On prépare une eau camphrée qui, d'après Jeannel, ne contiendrait pas T)lus de 0 75 cenligr. de Camphre par litre, une eau-de-vie, un alcool treschargé (100 p. iOOO) et un vinaigre camphrés. On a encore le limment de ramvhre le Uniment volatil camphré, etc.

Lanoudre de Camphre entre dans le cataplasme aromatique et narcoiioue de Trousseau. Raspail, en fait priser la poudre, le fait aspirer à travers des tuyaux de plume {cigarettes), l'applique topiquement, uni à lammomaqie sous le nom à'Eau sédative, laquelle est rubéfiante , vésicante et ne palme aue par action révulsive.

Enfin le Camphre entre dans le Vinaigre des quatre voleurs ou antiseptique, le 'Baume de Genièvre, le Baume Chiron, le Uniment hongrois et 1 Emplâtre de Minium ou de Nuremberg.

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