CAOUTCHOUC
seillée dans la paralysie vésicale, dans le diabète sucré et le diabète albumineux, mais, malgré d'imposantes autorités et malgré l'action coercitive que nous assignons à l'albumine, nous ne pouvons nous défendre de croire que, si son action n'était point paralysée, elle serait plus redoutable qu'utile dans cette dernière affection. Elle est recherchée comme aphrodisiaque par les hommes blasés ou affectés de spermatorrhée, de tabès, et devenus impuissants; mais cette pratique n'est pas sans danger pour eux. Quant aux effets emménagogues ou antiherpétiques de la Gantharide , ils sont incertains, trompeurs et doublés d'inconvénients, si ce n'est d'accidents plus fâcheux. Enfin l'école italienne a cru trouver dans la Gantharide un moyen de contrestimulation. Par malheur, cette substance ne calme l'éréthisme vasculaire que d'une manière détournée, et l'orage qu'elle excite d'abord doit en faire redouter l'intervention.
En somme, la Gantharide, si héroïque dans la médication irritante ou révulsive externe,- n'est qu'un agent incertain ou périlleux de la médication interne.
Modes d'administration et doses. — On se sert de la poudre isolée ou incorporée dans des masses emplastiques, de solutions huileuses ou graisseuses, de teintures alcoolique, acétique et éthérée, de l'extrait alcoolique ou éthéré et de la cantharicline.
Lapouch^e se donne à l'intérieur depuis 25 milligrammes jusq;ii'à 10 centigrammes et davantage, en pilules ou pastilles ou dans un liquide doux et mucilagineux. D'après ce que nous avons dit de l'innocuité de la Cantharidine incorporée dans le sérum , un véhicule albumineux dissimulant parfaitement ce principe actif serait le meilleur pour l'usage interne.
La teinture alcoolique se prescrit à la dose de 5, 10 et 20 gouttes, en potion ou dans un véhicule approprié, une ou plusieurs fois par jour.
Les teintures acétique et éthèrée doivent se donner à doses beaucoup plus faibles. L'extrait n'est guère usité. Ges préparations convielinent aussi pour l'usage externe.
Formules, DIVERSES. — Il Emplâtre vésicatoire ou de Gantharides se compose de parties égales de : poix résine , axonge, cire jaune et poudre de Gantharides.
Le Vésicatoire anglais diffère surtout par la proportion plus forte (1/3 au lieu de 1/4) du principe actif.
La Pommade éptspasiique verte contient : Poudre de Gantharides, 1 p.; cire blanche, 4 p. ; et populéum, 28 p.
La Pommade dite de Dupuytren contre la calvitie renferme : Moelle de bœuf, 300 p.; acétate de plomb cristallisé, 5; baume noir du Pérou, 10; alcool à 21°, 50 p. ; teinture de Gantharides, 2; teinture de girofle et de cannelle, de chaque 20 gouttes.
C40LTC1I01IC. Suc concret du Siphonia elasiica , Pers. — Euphorbia- CÉES; et des Ficus elastica et F. indica. — Morées.
Ik SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.
Angl. Caoïttchouc, Jndian rubber , Gum elaslic. — AU. Kaoulchouc, elastichcs oder Feder-Harz.
Outre le Siphonia elaslicu {S. cahuchu, Schreb. et Wild.) et les deux Ficus, on cite le Jalropha elastica, L., eiVIkvea (juyanmsis, A\ihl, comme lournissant de la gomme élastique.
Composition. — Le Caoulchouc est un carbure d'hydrogène (C*H') solide, élastique , se durcissant par le froid et se ramollissant par la chaleur , mais qui, après avoir été soumis à l'action du soufre ou vulcanisé, conserve son élasticité aux basses températures et résiste k l'action dissolvante du pétrole et de l'essence de térébenthine. Son meilleur dissolvant est le sulfure de carbone.
Usages. — Les merveilleuses qualités physiques du Caoutchouc ont été utilisées pour la fabrication de quelques instruments de chirurgie et pour la prothèse des dents, des mâchoires , etc. On en fabrique des sondes, des drains ou tubes à drainage (Ghassaignac), des bouts de sein, des pessaires à réservoir d'air, des tissus élastiques pour bas et suspensoirs, serre-bras, bandes contentives. Toutefois la presque totalité des sondes et bougies dites de gomme élastique ne sont' autre chose que des mèches ou des moules de tissu recouverts de plusieurs couches d'huile de lin séchées à l'air. Le caoutchouc vulcanisé perd avec le temps une partie de son soufre et conséquemment de sa souplesse. Cette altération est accélérée par le contact des liquides organiques, en so.'te que les drains ou les sondes deviennent fragiles ou se fissurent. E. Derlon a vu quelquefois le calibre de ces tubes presque obstrué par du soufre libre qui aurait pu tomber dans les cavités organiques et occasionner des complications.
Le Caoutchouc est employé aussi dans le traitement par occlusion des plaies et des maladies de peau. On le dissout préalablement dans le chloroforme, puis, à l'aide d'un pinceau, on l'étalé sur la surface qu'il s'agit de protéger. Le suc laiteux de l'arbre dont on a retardé la coagulation par l'ammoniaque sert au même usage (Swediaur, Guibert). Hardy a introduit une modification dans l'emploi du caoutchouc conire les dermatoses eczémateuses. Il pratique l'enveloppement du membre à l'aide de bandes sous lesquelles la peau macère comme dans un bain et subit des changements qui accélèrent beaucoup la guérison.
Mille prépare un sparadrap au caoutchouc plus adhésif et moins facile à écailler que les emplâtres ordinaires.
Il faut arriver à 1846 pour voir le Caoutchouc s'introduire dans l'usage médical proprement dit. Le docteur Maurice Haller, instruit par hasard des effets extraordinaires du Caoutchouc chez deux phthisiques, l'administre dans la tuberculisation pulmonaire à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme et au delà et prétend en avoir obtenu de bons résultats. L'expérience a été répétée sans succès. Hanon (de Bruxelles), mieux inspiré, donne le Caoutchouc dissous dans l'essence de térébenthine, et obtient des améliorations que la térébenthine seule eût procurées.