‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 66 sur 293 · GOUDRON VÉGÉTAL · texte numérisé non relu

GOUDRON VÉGÉTAL

pure pour l'usage interne, lui sont parfois préférables pour combattre la leucorrhée acide. L'émulsion de Lebeuf préparée à l'aide de la teinture de Quillaija saponaria, représente sans altération et sans perte tous ies principes et conséqueinment toutes les qualités du Goudron en nature. E. Derlon, qui s'est assuré de la présence normale du carbonate de soude dans le Goudron, propose de faire d'abord une solution alcaline concentrée, puis de la neutraliser par l'acide acétique. Roussin émulsionne le goudron dans l'eau avec du sucre et de la gomme. La^ pommade et le glycéré contiennent, ordinairement, environ le huitième, le quart ou la moitié de leur poids de substance active.

En Angleterre, on se sert quelquefois, en applications topiques, contre la teigne, de l'huile essentielle complexe (angl. tar OU, franç. hvile de poix), obtenue par la distillation du Goudron. Péraire et Guibert recommandent spécialement la résinéone, qui possède, sous une grande puissance, toutes les qualités du Goudron.

Les fumigations goudronnées se font à froid : 1° en plaçant dans la chambre du malade une assiette couverte de Goudron liquide ou bien un appareil spécial d'évaporation connu' sous le nom de Goudronnière. 2° à chaud, en maintenant en ébullition un mélange indéterminé d'eau et de substance balsamique. Mais pour éviter l'action irritante de l'acide pyroligneux, Grichlon conseille d'ajouter 60 à 70 grammes de sous-carbonate de potasse par kilogramme de Goudron.

A côté du Goudron végétal se place naturellement le Coaltar, ou Goudron minéral, obtenu pendant la distillation de la bouille, et qui a fait avec éclat son entrée dans la matière médicale, en 1859, comme antiputride et désinfectant. La composition du Coaltar est fort différente de celle du Goudron végétal. On y trouve, d'après Runge, les acides phénique, rosalique, brunoliqm; des substances alcalines : ammoniaque, aniline, picoline, quinoUine, ou leucol elpyrol; des corps neutres: toluène, cumène, benzine, naphtaline, paranaphlaline.

Les trois principes d'une imporlance majeure à différents titres sont: la Renzine, l'Aniline et l'Acide phénique. Celui-ci, cristallisé en aiguilles, est assez soluble dans l'eau, soluble en toutes proportions dans l'alcool, l'éther et l'acide acétique concentré. C'est un astringent d'une puissance supérieure même à celle de la Créosote, et par conséquent un caustique. Il jouit par là de propriétés antiputrides extrêmement énergiques. On en fait une solution de 1 gramme dans 40 grammes, ou même 7 grammes seulement d'eau chaude pour lotions désinfectantes; une pommade, à 4 grammes pour 56 grammes de corps gras, contre le lupus. Réveil préfère le phénaîe de soude.

ISaniline, fort peu essayéejusqu'ici, est une substance très-active qui nous semble avoir quelque analogie d'eSets avec l'atropine.

D'après ce qui précède, on voit que l'usage interne du Goudron minéral est autrement dangereux que celui du Goudron végétal, et que, s'il possède

des propriétés antiseptiques incomparablement plus énergiques, en revanche il ne jouit pas de qualités balsamiques aussi prononcées. Le Coaltar doit en conséquence être réservé pour les applications externes, sauf à reprendre isolément avec prudence, pour la thérapeutique interne, les principes actifs que la chimie parvient à en extraire.

On emploie une émulsion k parties égales de Coaltar, de savon et d'alcool (Demeaux) ; un mélange de 1 à 3 parties de Coaltar pour 100 de poudre inerte, plâtre ou autre chose ; ou bien le CoaUar saponiné de Lèbeuf, obtenu en prenant une teinture composée de 100 grammes de Goudron dans 2k grammes de solution alcoolique de saponine, qu'on ajoute k une quantité cinq à vingt fois égale d'eau pure. Réveil préfère le phénate de soude neutre, ou phénol sadique de Bobœuf .

GRAI1\E D'AMBUETTE. — Voy. AbELMOSCH.

GRAIKES DE PARADI.S, — Voy. MaNIGUETTE.

GRAI]\ES DE TIELY. — Voy. CrOTON-TiGLIUM.

GRAISSE DE PORC, AXONGE OU SAIKDOUX. Graisse extraite de la panne (épiploon) du Porc {Sus Scrofa, L.). - Mammifères-Pachydermes.

Angl. Hog's lard, Axungc. — kll. Schioeineschmalz.

h'Axonge est un corps gras, neutre, formé d'oléine, de stéarine et de margarine. Elle est rarement employée seule en onctions adoucissantes sur les surfaces érythémateuses, érysipélateuses, prurigineuses, excoriées, gercées ou affectées d'eczéma et d'autres éruptions. Habituellement cette graisse entre dans la confection des pommades, des onguents, des emplâtres et de certains liniments. On l'aromatise souvent avec du Benjoin, l'acide benzoïque jouissant comme la vanille du privilège d'empêcher le rancissement de la graisse et l'oxydation des substances qu'on y incorpore. L'axonge benzoïnée (Deschamps) est particulièrement utile pour rendre stable la pommade d'iodure de potassium et prévenir la mise en liberté de l'iode.

GRATiOLE. Gratiola officinalîs, L. Scrofulariacées. AU. Gnadenkraut, Gollesgnade.

La Gratiole est une herbe indigène qui vient dans les prairies humides et

les lieux aquatiques. ■

Composition. - Vauquelin y a trouvé une matière gommeuse brune, une matière résineuse très-amère, soluble dans l'alcool et dans 1 eau a la faveu des autres principes; de l'acide maliqae, un autre acide mdetermine, du ligneux, de la chaux et de la silice. . -e a u

La substance amère, ou Gratioline (Alibert), est le principe actif de la

ACTION PHYSIOLOGIQUE. - La Gratiole possède une saveur amère et nau-

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