‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 71 sur 293 · HUÎTRE COMMUNE · texte numérisé non relu

HUÎTRE COMMUNE

L'acidité normale de l'Huile de foie de Morue a e'té utilisée par Derlon pour charger ce médicament de principes toniques, tels que les alcaloïdes du quinquina, dont l'association avec un agent de reconstitution peut être avantageuse. Ce chimiste a fait en même temps la remarque que la présence des substances amères, comme le quinium, l'extrait de quinquina et les préparalions qui en sont très-riches atténuent considérablement les mauvaises qualités organoleptiques de l'Huile de foie de Morue et la rendent trèstolérable pour les palais les plus rebelles. On fait dissoudre également dans l'Huile de foie, outre l'iode (Personne), des benzoates de fer et autres (Godin), ou de l'oxyde de fer (Vézu et Jeannel, Blondeau, etc.), de l'iodure de fer (Frosini-Merletta).

La combinaison de l'Huile de foie de Morue avec la chaux vive, constituant le Savon jécoro-calcaire de Van den Corput, mérite une mention spéciale, en raison des propriétés reconstituantes, et j'ajoute histogéniques, qu'oa s'accorde à reconnaître au carbonate et au phosphate calcaires.

Pour l'usage externe, on emploie l'huile pure ou additionnée d'iode ; c'est alors l'iode qui agit seul. On a proposé un savon d'Huile de foie de Morue et diverses préparations dérivées (Deschamps). L'Huile de foie n'y remplit pas d'autre office que celui de véhicule pour d'autres substances altérantes, telles que l'iodure de potassium.

HUÎTRE COMMUNE, Oslrea edulis, L. — Mollusques Acéphales.

Angl. Common edible Oyster. — AU. Gemeine Auster.

Ce mollusque, très-recherché sur nos tables, prospère sur les côtes ro- . cheuses de l'Océan et de la Manche. Cependant la production spontanée devenant inférieure à la consommation, Coste a tracé, pour l'ostréiculture, des règles qu'on commence à pratiquer et dont il est permis d'espérer de bons résultats.

Composition. — La science attend une analyse bien faite de l'Huître, qui, comme tout orgauisme irès-complexe, renferme nécessairement une foule de principes diflerents. Tout ce que nous savons, c'est que la chair de ce mollusque contient de l'albumine, de la fibrine, du mucus, de la gélatine, de l'osmazôme et une matière animale phosphorée, et que les cendres fournissent de l'iodure de sodium, des phosphates de fer et de chaux, et généralement les sels en dissolution dans l'eau de mer. Une recherche plus minutieuse y ferait découvrir les substances qui'caractérisent l'appareil hépatique, et beaucoup d'autres encore.

Dans l'écaillé, on a constaté, outre une matière albuminoïde, du carbonate et du phosphate de chaux, ainsi que de l'alumine, de la magnésie, du fer, ûes traces de manganèse, et même (Chevallier) de la matière grasse.

ACTION PHYSIOLOGIQUE ET USAGES. — Les Huîtres mangées crues sont un aument a la fois sain et agréable. Les meilleures sont celles de Cancale, ainsi que les Huilres vertes de Marennes et les petites Huîtres d'Ostende. Ces der-

188 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, nières. excessivement délicates, conviennent spécialement aux malades dont 1 appétit est peu éveillé ou les facultés digeslives presque nulles.

L'eau qui baigne les Huîires est apéritive : elle stimule l'estomac et facilite les fonctions de l'jntestin, La chair de l'animal représente d'ailleurs un aliment complet, à la manière de l'œuf ou du lait.

L'Huîlre est, de plus, très-facile à digérer, parce qu'elle est tendre, et qu'étant mangée crue, elle renferme intacts les produits de sécrétion de ses organes digestifs : bile et suc gastrique, et peut aider ainsi à sa propre dissolution.

Telles sont les qualités qui valent aux Huîtres une certaine importance médicale.

^ On les prescrit dans la dyspepsie torpide, la lientérie, les affections chroniques des voies digestives ; dans la convalescence des maladies aiguës et les états de débilité, de langueur et de cachexie ; dans ia scrofule et l'ostéomalacie. On les donne aussi avec avantage aux vieillards, aux personnes constipées, aux ictériques, aux hypochondriaques. Ueau d'Huître à la dose de quelques cuillerées par jour a été conseillée dans les. mêmes circonstances.

Les coquilles d'HuUre et leurs excroissances, connues autrefois sous le nom de perles de Lorraine, après avoir joui d'une réputation imméritée comme médicament apéritif, stomachique, résolutif, diurétique, voire antilyssique, etc., sont descendues à l'humble emploi d'absorbants et d'antiacides. Réduites en poudre, elles remplacent le sous-nifrate de bismuth, le carbonate calcaire, la poudre d'yeux d'écrevisse, lorsqu'il s'agit d'absorber les acides de l'estomac, de diminuer la sécrétion muqueuse de l'intestin, ou même de fournir aux rachitiques les principes nécessaires à la consolidation de leur système osseux.

HYPERICUM. — Voy. MILLEPERTUIS.

HYSOPE, Hyssopus officinalis, L. — Labiées. Angl. Hyssop. — Ail. Eisop, Isop.

C'est l'Ezob de Salomon; cependant quelques auteurs croient que la plante biblique est le Thymbra spicata, L.

Composition. — UHysope ou Hyssope est une Labiée aromatique amère des provinces méridionales de la France, dans laquelle on constate une huile volatile fluide, très-brûlante au goût, un stéaroptène identique av.^ le camphre, une matière résineuse et du soufre (Planche). Herberger a cru y trouver un alcali qu'il a nommé hyssopine.

Action physiologique et usages. — Celte plante possède à un trèshaut degré les propriétés stimulantes et autres des espèces aromatiques. On en fait un usage assez fréquent dans les catarrhes bronchiques et dans la période hypercrinique de la bronchite aiguë. C'est un bon stomachique et carminatif, un sudorifique utile dans le rhumatisme apyrétiqpie et les exanthèmes arrêtés ou rétrocédés, un emménagogue indiqué dans l'aménorrhée

IMPÉRATOIRE. 1 89

torpide. On l'a administrée quelquefois avec succès contre les vers lombriooïdes. On s'en est également servi en gargarism»' da.ns les angines simples ou compliquées de diphihérite ou de gangrène : « et hysopo mundabor, » a dit l'Écriture ; en collyre dans les ophthalmies catarrhales, en fomentations sur les contusions, les entorses et les blessures.

La 'dose est d'environ 4 grammes pour 500 grammes d'eau bouillante. '

L'Hysope entre dans l'Eau de Mélisse, le Baume tranquille et le Sirop d'Armoise composé .

ICHTHYOCOLLE OU COLLE DE poissoi\. Fournie par le grand Esturgeon (Acipenser Huso, L.). — Poissons-Ghondropt^rygiens-Stu-

RIONIENS.

Angl. Fishglue, Isinglass. — k\\. Fischleim, Hausenblase.

La Colle de poisson est la vessie natatoire ou aérienne de plusieurs Esturgeons, et de nombreuses espèces appartenant aux genres Silurus, Ololithus, I Lota et Polynemus, sans compter les Morues, qui en donnent une détestable. L'animal producteur varie selon les pays où se fait la pêche.

Soumises à l'ébullition, ces vessies natatoires, préalablement desséchées, se transforment pour la majeure partie en gélatine pure, et servent à tous les usages auxquels s'applique cette dernière substance. On préfère même à bon droit cette gélatine 'incolore, inodore et exempte de souillures à toutes celles que le commerce extrait des os ou des rognures de peaux (voy. Gélatine ANIMALE), et on la réserve pour les préparations culinaires ou pharmaceutiques.

Vichthy ocelle sert à faire des gelées et des solutions nutritives diversement aromatisées pour les valétudinaires et les convalescents. Sa solution se donne en lavements et en injections contre les inflammations de l'intestin et de la vessie. V la

t«r!?rr '"7!"'' ^^Plàtres agglutinatifs, des capsules destinées à con- TL tlT TT^'T "^"^ '''' '""''^ ' du café, du vin

d'AndeteJ l^P^ P°^^^°°' ^PP^'^ en France W^a.

d Angl terre, et, chez nos voisins, emplâtre français, le Taf/etas Duboi qui n en e t qu une variété, le Sparadrap de Liston et la Perçai ne agglulinative doivent à une couche d'IchthyocoUe leurs propriétés adhésives. '

KoT^oZ'r' /'"^'era.om Oslruthium, L.; Peucedanum Ostruthium, Aocn . — Ombelliferes-Peucédanées.

Angl. Maslerwort.- Ail Meislerwurzel, Kaiserwurzel. géLrraf TT'""'' '''' d'Amérique, est analogue à l'An-

f aUu ité" iadfs" ^' ? '''' P^'^"^^ dernière.'sa racine

usitée jadis comme sudonfique et alexipharmaque. Elle offre,''en effet.

190 SUDSTAiNCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX.

une saveur chaude, un peu piquante et amère, qui excite la salivation, stimule l'estomac et les inleslins, active la circulation, excite la calorification, pousse à la peau, et peut déterminer des flux vers diverses issues. L'Impératoire est donc une plante active qui peut, à l'occasion, remplacer les meilleures Ombellil'ères aromatiques.

INDIGO. Matière colorante bleue fournie principalement par les Indigofera Anil et Indigofera lincLoria, L. — Légumineuses-Papilionacées.

Angl. Indigo. — AU. Inding oder Indigo. <

Composition. — La matière colorante appelée Indigo est essentiellement formée à'Indigoline ayant pour formule (Dumas) C^H^AzO^; elle renferme aussi, selon Ghevreul, une résine rouge et une matière rouge verdâtre unies à du sous-carbonate de chaux, de l'albumine, de la silice, de l'oxyde de fer et quelques sels. Elle fait partie d'une série de matières bleues azotées dont les principales sont le tournesol, le pastel, l'orseille, la pyocyanine et la substance bleue des urines dont j'ai démontré la présence habituelle dans une foule de maladies graves, substance qu'on croit à tort identique avec l'Indigo (Schunck, Kletzin^ky, Méhu), mais qui me paraît plus voisine du bleu d'Aniline, et que j'ai nommée provisoirement Indigose urinaire.

Action physiologique et usages. — Longtemps l'Indigo n'a été employé que comme matière tinctoriale; mais depuis trente-cinq ans environ on l'a préconisé contre les affections spasmodiques : l'épilepsie, les convulsions des enfants, la chorée et l'hystérie.

Roth lui assigne pour effets physiologiques la constriction de la gorge, un goût métallique sur la langue, des nausées, des vomissements, et plus tard la diarrhée; symptômes accompagnés de cardialgie et de coliques. Après quoi surviennent des étourdissements et de la dyspepsie. Les premiers expérimentateurs, guidés sans doute par l'usage populaire dans l'Inde de l'Indigofera tinctoria contre l'épilepsie, obtinrent des résultats en apparence très-favorables dans cette effroyable maladie et dans les autres névroses congénères. Mais les succès de l'Indigo furent de courte durée, et Pereira, qui l'a prescrit sur une grande échelle et à doses massives (de 2 à 30 grammes par jour), est obligé de déclarer qu'il n'en a jamais retiré le moindre bénéfice.

En pharmacie, l'Indigo, mêlé au Gurcuma, sert quelquefois à colorer en vert les corps gras. Il entre dans l'absinthe suisse.

IPÉCACUAIMHA ANiVELÉ OU OFFlcii\AL. Racine du Cephxlis Ipecacuanha, Rich. — Bubiacées.

Angl. True Ipecacuanha, Ipecacuan. — Ail. Brechwurzel.

Le Cephœlis Ipecacuanha {Callicocca Ipecacuanha) habite les provinces chaudes et humides du Brésil. Ses racines, un peu variables selon les localités, donnent trois sortes commerciales à'Ipécacuanha annelé: le brun, le

rouge et le gris. . '.• -

Composition. - Pelletier a trouvé dans l'Ipécacuanha annelé : emeline,

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