L. — EUPHORBIACÉES
Angl. Biuer Cassava. — Ail. Maniok.
Le Manihol utilissima, originaire du Brésil, offre deux variétés décrites par Pohl comme espèces distinctes, sous les noms de Manihot Aïpi et M. Janipha. Celles-ci fournissent la Cassave douce et blanche, tandis que l'espèce type donne la Cassave amère..
Composition. — La racine de Cassave amère, analysée par 0. Henry et Boutron-Chariard, a donné la composition suivante : acide hydrocyanique
libre , amidon , sucre en petite quantité, sel organique de magnésie, principe amer, matière grasse crislallisable, matière azotée, phosphate de chaux et ligneux.
h'acide cyanluj civique est, entre tous, le principe éminemment actif et toxique. On peut cependant soupçonner qu'il n'est pas le seul, en raison des vomissements, des purgations et des autres symptômes abdominaux produits par la Gassave amère, ce qui semble démontrer la présence d'un principe âcre et volatil analogue à celui des autres Euphorbiacées.
La Cassave douce se distingue par l'absence de l'acide cyanhydrique et du principe àcro.
Action physiologique. — La Cassave douce, comme la Gassave amère, quand celle-ci est dépouillée par le lavage ou la dessiccation de ses principes volatils et toxiques, n'est qu'une fécule alibile et parfaitement innocente. Au contraire, la racine fraîche du Manihot ulilissima est un violent poison, rapidement mortel. Les propriétés vénéneuses résident dans le suc qu'on en exprime, et sont à peu près celles de l'acide cyanhydrique (0. Henry et Boutron-Gharlard ), auxquelles se joignent sans doute celles de la matière âcre volatile, dont l'existence est rendue probable par les symptômes abdominaux, graves, observés par Barham. Les phénomènes décrits par ce médecin sont : la douleur et le gonflement du ventre, le vomissement, la purgation, l'obscurcissement de la vue, la syncope, l'anéantissement rapide des actions vitales, et la mort en quelques heures. 300 à 400 grammes de jus amènent la mort en une heure, et Ricord Madianna a tué des chiens en dix minutes.
Substances synergiques et antagonistes. — A part la substance âcre et volatile admise par hypothèse dans la racine de Manioc, celte racine a les mêmes auxiliaires ei les mêmes incompatibles que Yacide cyanhydrique (voy. ce mot), auquel elle doit ses propriétés toxiques.
Usages. — En Europe, la racine de Manioc n'a d'autre utihté que celle de fournir une substance alimentaire, connue sous des noms différents, suivant son mode de préparation. Un' en est pas de même en Amérique, où la râpure de cett?. racine fraîche et pleine de jus est appliquée avec succès sur des ulcères douloureux, de mauvais caractère ( Wright) , et sur les régions où nichent les Civiques {Pulex penelrans) (Hamilton.)
Modes d'emploi. — Le Manioc donne sa farine et sa fécule. La farine, provenant de la racine râpée, lavée et exprimée pour la déharasser de son jus, renferme nécessairement, outre l'amidon, des fibres végétales et des matières albuminoïdes. On en distingue deux sortes : la farine grossière ou Couaque, et la fleur de farine, farine de Manioc proprement dite. Le pain ou gaiet é de Cassave, qui n'est que de la farine comprimée et cuite sur le plat, est un aliment de première importance dans l'Amérique tropicale.
La fécule de Manioc ou Amidon de Cassave, porte aussi le nom à'Arrowrool du Brésil. Séchée à l'air, elle s'appelle Moussache ou Cipipa ; séchéo