‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 82 sur 293 · MANNE · texte numérisé non relu

MANNE

au feu, elle devient le Tapioka, si universellement employé en France. Celui de Rio-Janeiro est plus blanc et d'une plus belle qualité que celui qui vient de Bahia. Le Tapioka sert à composer des potages délicats, d'une digestion facile , et qui conviennent aux estomacs faibles des valétudinaires et des convalescents.

MAî\lVE. Suc concret des Fraxinus Ornus, L,, et F. rotundifolia, Lamk. — Oléacées.

• Angl. Manna. — AU. Manna.

Les deux arbres d'où l'on extrait la Manne, par l'incision des troncs, appartiennent à l'Orient ainsi qu'à la Calabre et k la Sicile. Ce même nom de Manne est appliqué du reste à huit espèces diflérentes dé sucs propres, fournis par des végétaux de familles diverses parmi lesquels l'Eucalyptus dumosa, sans compter la Manne des Hébreux du Sinaï ou du Kurdistan, qui n'était vraisemblablement que le Lecanora esculenta, sorte de Lichen dont il se développe parfois, du jour au lendemain, de prodigieuses quantités sur le sable^ en Perse, en Arabie et jusqu'en Algérie.

Composition.— D'après Leuchlweiss, la Manne contient : mannite, sucre, mucilage avec un peu de mannite, de matière résineuse et acide, plus une petite quantité de substance azotée; matière insoluble, eau et cendres.

Une analyse ingénieuse et précise de Buignet vient de nous révéler sur cette composition chimique des particularités curieuses et intéressantes. C'est en premier lieu la présence d'une proportion considérable de dextrine ; 1/5 en poids dans la manne en larmes qui lui doit un pouvoir dextrogyre très-énergique. De plus la matière sucrée plus ou moins abondante suivant les espèces de mannes commerciales, est constituée par du sucre de canne et du sucre interverti en proportion relative invariable (un équivalent du premier pour deux équivalents du second) et telle qu'ils neutralisent mutuellement leurs pouvoirs rotatoires inverses.

La Mannil&, qui est le principe le plus abondant de la Manne, est un sucre non fermentescible, sans action sur la lumière polarisée, blanc, cristallin, soluble dans 5 parties d'eau froide, dans beaucoup moins d'eau bouillante, très-soluble dans l'alcool. La Mannite, qu'on importe d'Italie en magnifiques masses cristallines, n'exerce à peu près aucune action purgative (Pereira), et ne paraît pas être le principe actif de la Manne (Thénard). L^résine, au contraire, douée "d'une odeur désagréable, d'une goût repoussant et nauséeux, semble, malgré sa faible proportion, représenter l'activité du suc propre des Fraxinus Ornus et rotundifolia. Elle se développe. à l'air et avec le temps aux dépens d'un acide qui l'accompagne (Fourcroy) ce qui explique l'accroissement progressif des qualités laxatives de la Manne qui s'altère.

Action physiologique. -A petite dose, la Manne est simplement nutritive, et les vipères en sont, dit-on, très-friandes. Prise en plus grande quantité, elle ne peut être digérée, et produit des effets laxatifs sans irri-

222 SUBSTANCES TIRÉES DES VKGl'lTAUX OU DES ANIMAUX

talion musculaire, mais non toujours sans coliques et sans flatulence. La Manne, qui a vieilli dans le droguier, est d'un goût plus désagréable et plus active que celle qui est récente.

Usages. — La Manne est un laxatif doux et fréquemment usité chez les enfants, qui le prennent sans répugnance dans du lait ou même en dissolution dans l'eau. La dose, pour les jeunes sujets, est de 15 à 30 grammes; elle est de 30 à 60 grammes pour un adulte.

Selon le degré de pureté, on distingue la Manne en larmes, la Manne en sortes, et la Manne grasse. Celle-ci , qui est la plus impure, est aussi la plus active, mais, à cause de son goût déplaisant, elle est rejetée du Codex. La seconde est réservée pour les lavements.

La Manne'entre dans la Marmelade de Tronchin. On en préparait jadis des tablettes, des pastilles et un sirop; elle entrait aussi dans VElecluaire diacarthame.

MAUJOLAil\E VULGAIRE, Origanum Majoraua, L., et marjolaike VIVACE, Origanum majoranoïdes, Willd. — Labiées.

Angl. Sweet Marjoram.^ AU. Majoran, Sommermajoran.

La Marjolaine vulgaire, originaire du Levant, est cultivée dans les jardins. Elle est'amère, aromatique, et, comme la plupart des Labiées, k la fois tonique et stimulante, anticatarrhale, parfois diurétique et antispasmodique. On lui croyait même des vertus toutes spéciales contre les affections du cerveau et du système nerveux, ce qui la faisait administrer contre les étourdissements, les spasmes, les phénomènes précurseurs de l'apoplexie cérébrale et contre la paralysie. On la prescrivait aussi dans le catarrhe pulmonaire, la chlorose et l'aménorrhée. ,

C'est un condiment stomachique, assez souvent usité dans le midi de la France. Les propriétés de la Marjolaine vivace sont absolument identiques.

La Marjolaine donne une teinture et une eau distillée. Elle entre dans la Poudre sternutatoire, le Sirop d'Armoise, le Baume tranquille, etc. Toutes ces préparations, à l'exception de la dernière, sont très-peu usitées.

MAROUTE. — Voy. Camomille puante.

MARRONNIER D'INDE, JEsCUluS Hippochstanum, L. — HiPPOCASTA-

nées.

Angl. Horse Chesnut-tree. — AU. Wilder Kastanienbaum.

Cet arbre splendide nous est venu d'Orient en 1625.

Il est maintenant cultivé jusqu'en Suède. Son écorce et ses fruits intéres-

sent la médecine. ^

CoMPOSiTJON. — Pelletier et Caventou ont trouvé dans Vécorce du Marronnier d'Inde : matière astringente rougeâtre, huile verdâtre, matière colorante jaune, acide, gomme et ligneux.

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