‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 83 sur 293 · MARRUBE BLANC · texte numérisé non relu

MARRUBE BLANC

Les Marrons d'Inde contiennent une énorme proportion de fécule et de la cellulose, avec quelques autres substances. Canzoneri y a signalé l'existence d'une matière non azotée et cependant alcaline, susceptible de se combiner avec l'acide sulfurique et donnant un sel cristallisé en aiguilles soyeuses, k laquelle il a donné le nom (lEsculine.

L'Esculine (C" H" 0") n'est pas un alcaloïde ; Wurtz la range parmi les glycosides. La solution aqueuse, se rapprochant en cela de celle du sulfate de quinine, montre à un haut degré les phénomènes du dichroïsme. Elle est bleue par réflexion, incolore par transmission (Trommsdorff).

Action physiologique et usages. — On n'a pas fait une étude méthodique des eflels physiologiques du Marronnier d'Inde ; tout ce que nous savons, c'est que les cotylédons de la semence présentent un goût austère et nauséeux, et que la poudre d'écorce pèse quelquefois sur l'estomac et produit la constipation ou la diarrhée. C'est une lacune regrettable. Il ne serait pas impossible que le fruit, particulièrement, qui renferme un glycoside jouissant comme- le sulfate de Quinine de la singulière propriété du dichroïsme, produisît des effets marqués sur l'économie. Certes, nous n'espérons pas que l'Esculine vienne jaiçais à remplacer la Quinine, mais il ne nous semble pas inadmissible qu'elle montre des vertus fébrifuges, au moins égales à celles de tant d'autres prétendus succédanés de l'écorce du Pérou.

Nous désignerions par conséquent de préférence le principe actif des Marrons d'Inde à l'attention des praticiens, tandis que les recherches se sont presque toujours concentrées sur l'écorce de l'arbre dont les propriétés fébrifuges, signalées par Bon dès !720, confirmées par Cusson, Bucholz, Hufeland, Banques et nombre d'autres expérimentateurs, ont été niées par des médecins non moins autorisés.

On a donné Vécorce du Marronnier d'Inde à la dose de 12 à 15 gràmmes par jour en poudre. La décoction de cette écorce a été également employée.

Il faudra dorénavant revenir à l'Esculine, comme un principe réellement actif, et aussi dansle but d'éviter les inconvénients qui résultent pour l'estomac des masses considérables de matière brute qu'il serait nécessaire d'ingérer. UEsculine de Mouchon se donne aisément à la dose quotidienne de 1 à 2 grammes. J'en ai obtenu des effets toniques et fébrifuges.

Genevoix extrait en grand Vhuile grasse du Marron d'Inde, vantée contre les douleurs et les rhumatismes.

niARRL'BE BLANC, Marrubium vulgare, L. — Labiées. Angl. White Horehound. — AU. Marienwurzel.

Le Marrube, très-commun au bord des chemins, exhale une odeur forte et déplaisante. Sa saveur est amère, nauséeuse, un peu acre. Il possède des vertus toniques, stimulantes et même antispasmodiques en rapport avec ses qualités amères, aromatiques et fétides.

On l'a beaucoup employé dans l'hystérie, la chlorose et les affections nerveuses, dans les catarrhes, dans la dyspepsie, le scorbut, l'anasarque et les

cachexies. Il était aussi administré comme diurétique, sudorifique et aslrmgent.

C'est réellement une plante énergique, dont la poudre se donne à la dose de 4 à 8 grammes. On en met une quantité double dans une infusion. Tj'extr'ait, qui est fort ac'il, se prescrit à la dose de 15 à 25 cent-grammes. 11 entre dans la Thériaque d'Andromaque, le Sirop de Marrube de Mésué, etc.

MASTIC. — Voy. Lentisque.

MATÉ ou THÉ mi PARAGUAY, Ilex paraguariensis, Lamb.; Ilex Maté, 'Aug. S.-H. — Ilicinées.

Angl. Paraguay or soulh-sea Tea. — Ail. Jesuiten Thee.

Le Malè est un tonique stimulant dont les Hispano-Américains font une immense consommation en infusion théiforme, Lien qu'elle ne soit pas trèsagréable, pour fortifier l'estomac et relever les forces générales. Cet usage populaire me porte à croire que les feuilles de l'Ilex paraguariensis jouissent de propriétés semblables à celles du Thé, du Café, de la Coca, et appartiennent par conséquent k cette classe d'aliments que je nomme dynamophores pour exprimer qu'ils réparent les forces, non les tissus. Le docteur Comibert qui a fréquenté les rives de la Plata, partage cette conviction et assigne au Maté le rang le plus élevé parmi les agents de cette classe.

M ATico, Piper angustifolium, R. et P.; Artanthe elongata, Miq. — Pipé-

RA.CÉES.

Angl. Matico plant.

Le Matico appartient à la flore dû Pérou. Ce sont les feuilles que l'on emploie. Gaudichaud indique aussi, comme fournissant le Matico, le Steffensonia elongata (Kunth) figuré dans l'Atlas du voyage de la Bonite.

Composition. — Hodges a trouvé dans le Matico : huile volatile, principe amer, résine molle d'un vert foncé, matière colorante brune, matière colorante jaune, chlorophylle, gomme, nitrate de potasse, sels et ligneux. La présence d'une petite proportion de tannin est mal démontrée.

V essence de Matico, de couleur verte, et d'abord fluide, devient épaisse et cristallise avec le temps.

Le principe amer, appelé Maticine, est soluble dans l'eau, l'alcool et non dans l'éther. Depuis l'analyse de Hodges, la composition chimique du Matico a été mieux établie par Jules Marcotte. D'après cet auteur les feuilles de Y Artanlhe elongata renferment avec les éléments communs de tout organe végétale! quelques sels parmi lesquels du nitrate de potasse et du phosphate de fer, une huile volatile, une résine, du tannin précipitant en vert les persels de fer, et un principe spécial l'acide artanlhique, combiné avec la chaux et la magnésie. Cet acide en proportion éminemment variable peut être évalué en moyenne à 5 ou 10 grammes par kilo. Il est solide, incolore.

MATIGO.

cilement cristallisable en lamelles ou en gros cristaux dérivés du prisme à base carrée, très-soluble dans l'eau, l'alcool ainsi que dans l'éther. Le Matico ne contient ni amidon, ni pipérine.

A.CTION PHYSIOLOGIQUE. — Le Malico possède les propriétés communes aux substances aromatiques et balsamiques. 11 se rapproche particulièrement du Poivre noir et du Gubèbe, ainsi que de la Térébenthine duGopahu. Son action tonique, stimulante, se fait sentir d'abord sur la muqueuse des premières voies, depuis l'estomac jusqu'au rectum ; elle devient irritante quand les doses sont excessives, et se traduit alors par de la diairhée. Après absorption et sécrétion, l'huile volatile, la résine et le principe amer agissent sur les émonctoires comme ils ont fait primitivement sur la muqueuse gastro-inleslinale : resserrent les capillaires, diminuent la phlogose et la formation du mucus ou du muco-pus, augmentent la diurèse et modèrent l'exhalation sanguine lorsqu'elle existe. Gomme les autres médicaments auxquels on le compare, le Matico peut déterminer, outre les troubles digestifs, une excitation circulatoire et des exanthèmes sudoraux.

Usages. — A l'extérieur, le Matico est employé par les habitants de l'Amérique du Sud à- la manière delà charpie ou de la toile d'araignée, pour étancher le sang, fermer les piqûres de sangsues, tt agglutiner les plaies des gencives et du nez. Il a sur ces hémostatiques mécaniques l'avantage d'agir par ses qualité styptiques, d'où le nom de Yerba del soldado qu'il porte au Pérou et ailleurs.

A l'intérieur, le Matico est le succédané du Gubèbe et du Copahu, dans la blennorrhagie uréthrale, et même la leucorrhée où ces agents rendent cependant moins de ser vices. Il est utile dans les affections de la muqueuse rectale, et les Indiens s'en servent comme aphrodisiaque.

Le Matico convient dans certaines dyspepsies accompagnées de symptômes de gastrite, notamment dans l'ulcère simple de l'estomac et même dans le cancer de cet organe (G-ubler) pour diminuer l'hypérémie, favoriser la reproduction de l'épiihélium, calmer la pyrosis et prévenir les hémorrhagies. G'est d'ailleurs un hémostatique efficace dans un grand nombre de cas d'hémorrhagies capillaires, surtout lorsque l'exhalation sanguine a pour siège les voies d'élimination de la résine et de l'huile essentielle. On le prescrit dans l'hématurie, l'hémoptysie, l'hématémèse, le mélœna et même la métrorrhagie (Gazentre).

Le Malico peut encore (G-ubler) modifier certains états nerveux mal définis, d'un caractère asihénique ou torpide, ainsi que les sécrétions m-ocopurulentes de la bronchite chronique simple ou compliquée de tubercules.

Modes d'administration et doses. — Le Matico se donne en poudre, en infusion, en décoction, en extrait, en teinture et -en sirop. '

La poudre, à la dose de 4 à 8 grammes, se prescrit isolément ou incorporée dans une masse pilulaire ou bien sous forme d'élecluaire. bouUlanTe^ fait avec 30 grammes de feuilles pour 750 grammes d'eau GuBLEH, 2* édition. j5

La décoction devrait, pour être efficace, se préparer avec des doses égales.

L'extrait se prend k la dose de 20 à 30 centigrammes; la teinture alcoolique, à celle de 4 à 8 grammes. Enfin, on prescrit 30 grammes de sirop.

Dorvault fabriquait autrefois des Capsules de Malice, mais l'essence de cette Pipéracée n'est plus employée seule, et les Capsules de Grimault nous l'offrent associée au Gopahu. VèUctuaire de Debout contient en outre du

Gubèbe et du Gopahu.

On ferait bien de prescrire, à la dose d'au moins 10 à 30 gouttes par iour, l'essence de Matico pure ou associée k des substances macUves afin d'en constater les effets particuliers. Nous ignorons encore 1 action spéciale de l'acide artanthique.

MATiuCAmE, Pyrelhrum Parthenium, Sm.; Matricaria Parlhenium, L. — GoMPOsÉES ou Synanthérées-Sénécionidées. Kael Common Feverfew. — An. Multerkraul. LMicaire, naturelle dans le centre et le midi de la France, est douée d'une odeur forte, résineuse fétide, nauséeuse, analogue a celle de .a lanaisie, et d'une saveur acre très-amère. Elle renferme de la résme, une substance amère et une huile volatile bleuâtre qu'on obtient par distillation. La Matricaire jouit des propriétés toniques, stimulantes et dans une certaine mesure, antispasmodiques des plantes aromatiques et fétides.

Son odeur spéciale lui a valu une réputation de spécificité contre les trou, bles des fonctions utérines. On l'emploie pour déterminer l'erup , on menstruelle ou la rappeler, provoquer l'accouchement et activer lecoulemen ochial. Elle est aussi en usage dans l'hystérie, les affections nerveuses e vermtuses. Frédéric Hoffmann, Morton, Pringle, etc., l'admimstraient rnntre la fièvre intermittente, comme la Gamomille.

ordonne les fleurs de Matricaire à la dose de I à 2 grammes; les som- Jus Lries À infusion théiforme à dose double. Pour un avement , on Tr ld une demi-poignée de la plante en décoction. Le suc se donnaitaut er = à iTLse de 30 à 60 grammes contre la fièvre intermittente dans les in- . l:illls desai^^^^^^^^^ ,Ar..oise^VE.^plâtre de Vigo.

MAUVE, Malva sylvestris, L., et Malva glabra, Desrous. - Malvacées. Anal Common Mallow . - AIL Wilde Malve, Peppelkraut. L:tu.e sauvage, très-commune autour des ^abUations, r^^^^^^^^^^^^ toutes ses parties une matière mucilagineuse a laquelle elle doit ses qualités

un u.aee habituel de la décoction de la plante entière comme adoucissant lubrln^^ limant et rafraîchissant; en tisane, lacements, la^ns,

les so. généra.-

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