MENTHE POIVRÉE
plante indigène en Europe, en Asie et même en Amérique, dans les lieux humides.
Composition. — Ses principes constituants sont : une essence aromatique, une résine, une substance amère, de l'acide tannique et de la ceiiulose.
L'essence aromatique se compose d'une huile volatile et d'un stéaroptène ou camphre.
Action physiolosique. — La Menthe poivrée possède au plus haut degré les propriétés 'Organoleptiques des Labiées aromatiques : odeur pénétrante, saveur camphrée et comme poivrée, suivie d'une sensation de fraîcheur et même de refroidissement, plus marquée lorsqu'un courant d'air atmosphérique arrive au contact de la muqueuse buccale, ainsi que d'une anesthésie notable, mais momentanée, quand l'impression a été trop forte. Cette anesthésie locale dont je constatais l'existence dans la première édition de ce livre (1868) a été spécialement signalée en 1871 par un médecin américain A. Wright, qui en devait la connaissance aux Chinois.
La première partie de ces phénomènes est ressentie également dans l'estomac, et l'excitation qui en résulte, relentissant sur le reste de l'économie, donne lieu syœpathiquement à une stimulation très-généralisée, indépendamment de l'excitation diffuse qui pourra résulter plus tard de l'absorption de l'essence aromatique et de son passage à travers les parenchymes servant de voies d'élimination.
Dans ce trajet, l'huile volatile de Menthe poivrée se comporte comme ses congénères, et agit sur les formations épithéliales et sur les sécrétions, ainsi que nous l'avons dit k propos de l'Anis et des Ombellifères aromaliaues.
Au résumé, la Menthe poivrée stimule l'estomac, active la digestion, provoque la contraction du ventricule, l'expulsion des gaz par les voies iuférieures et supérieures ; excite le système nerveux par action réflexe ; accélère la circulation, élève la température; resserre néanmoins localement le réseau capillaire sanguin des émonctoires que baigne son essence ; diminue la sécrétion muqueuse et la genèse épithéliale, ainsi que la sécrétion lactée, accroît au contraire quelquefois la diurèse et la transpiration cutanée.
Usages. — De cett# action, physiologique, complexe, se déduisent logiquement les indications pour l'emploi de la Menthe poivrée. Aussi est-elle fréquemment usitée comme stomachique, carminative, cordiale et stimulante; plus rarement comme antispasmodique et emménagogue.
Chose remarquable, cette plante réellement et souverainement active n'est affectée qu'à des usages rationnels, tandis que tant d'autres remèdes douteux ou nuls sont dotés par l'imagination des guérisseurs de vertus mystérieuses ou extraordmaires. L'imagination se tait quand les faits parlent un langage clair, précis ^t authentique.
cata^ f ^""^'^^^ recommandée contre l'obstruction des viscères, les 1 "'"'I"^''^'^' ^^°si que contre les tremblements nerveux. Elle
<.Jr.r.A ^J?"^'^^ P^''=^ g'^'^l'e diminue l'hypérémie; dans le
second, en modérant l'exhalation du plasma particulier de l'épithélium, qui
230 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGILTAUX OU DES ANIMAUX, est le mucus, et la formalion trop rapide des néocyles (Gubler) ou leucocytes (Ch Robin), qu'on appelle globules de raucus, globules de pus, et qui ne sont autres, selon nous, que les premiers états des cellules épithéliales. Elle ne favorise donc pas l'expectoration, comme le répétaient sans cesse nos devanciers, mais elle supprime la matière à expectorer ou la diminue considérablement. Dans le tremblement asthénique, elle est utile par l'excitation sympathique qu'elle détermine dans le système nerveux, et par la lièvre artificielle qui en résulte. « Febris spasmos solvil. » ' , , .
La remarque de Linné, que la Menthe amoindrit ou supprime la sécrétion lactée chez les vaches, a eu son application dans la pratique médicale. L'usage de cette Labiée est conseillé aux nourrices pour laire passer leur lait Rappelons que le camphre est employé aux mêmes usages.
Modes D'ADMINISTRATION ET DOSES. - La Menthe poivrée s admmistre souvent en mfusion théiforme contre les indigestions , la colique et la diarrhée. Quelquefois on donne les sommités fleuries en poudre, a la dose
de 2 à 4 grammes. , i i „„.
^ On emploie l'eau ciislillée i la dose de 60 à 90 grammes dans la ptaparl des potions cordiales el slimalanles; le sircf à la dose de 30 grammes seulement On met 6 à 12 gouttes d'huile volatile dans une potion.
Vapril it Menti,, poivrée (solution d'huile .olatile dans 1 alcool) se pre^ cri. à k dose de 2 à 8 grammes, et l'e« * ta* d,t, (b-™ eue la meilleure soit fabriquée par L. Laroze auitenwons de Sen^) " «° diffère que par la pureté et le degré d'activité, se donne à la dose de 2 a 5
'°"J\T2i.s d'emploi les pins usités et les pins commodes c^ assurément la forme de pasaUes ou taileim qu'on latsse fondre dans la
"T" Itfte fc«rée sert aussi à l'extérieur en '^^'^ ^J^s
excitants surtout rubéfiants et presque vésicants, ainsi ,„ eulol.o«« sur des irrfaces qu^l s'agit d'animer et sur des ulcères ichoreux don. ou vent mo-
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traire sur l'œil une sensation de chaleur irritante.
UENTHE POULiOT, Mentha Pulegium, L. — Labiées . Ang. Penny-royal - Ail. Poley Mùnze .
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