‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 90 sur 293 · MOUTARDE NOIRE · texte numérisé non relu

MOUTARDE NOIRE

SOD accompagnée de rougeur vive. Si le contact se prolonge, il en résulte un exsudai sous-épidermique qui peut, selon le degré de la phlogose artificielle, être simplement infiltré dans le tissu muqueux, et donner lieu à une élevure tout à fait semblable à celle de l'urticaire, ou bien être rassemblé en collection séreuse ou séro-fibrineuse sous des ampoules d'épiderme soulevé. Enfin, lorsque les cataplasmes de Moutarde restent à demeure sur les membres de sujets frappés d'immobilité ou plongés dans le coma, la mortification du derme et des tissus sous-jacents peut en être la conséquence. De tels désordres, avec l'inflamm^ion éliminatrice et les complications qui s'en suivent, ont parfois entraîné la mort (Trousseau et Pidoux) . Sur les sens spéciaux, la Moutarde, dans laquelle on a fait se développer l'essence, exerce également une action des plus énergiques. L'huile volatile qui s'en échappe irrite les yeux, les fait rougir subitement et provoque un flot de larmes. En même temps elle pénètre dans les narines où elle détermine une sensation de piqûre douloureuse .suivie d'un écoulement séreux comme au début du coryza, et de là dans les bronches, en donnant lieu à du malaise et à de l'étouffement. Le même picotement est ressenti sur la langue et dans la bouche au contact de la Moutarde, et les effluves qui viennent de l'arrière-gorge dans les narines y produisent un picotement insupportable avec larmoiement réflexe. Cette impression sur les sens de la vue, de l'odorat et du goût, est quelquefois suivie d' une-céphalalgie congestive plus ou moins intense ordinairement fugace. On peut prévenir l'action topique désagréable de l'essence de Moutarde qui revient par le nez, ou la supprimer instantanément, en plaçant à l'entrée des narines de la mie de pain fraîche.

Dans l'estomac, la Moutarde agit aussi comme irritant; son ingestion est suivie d'une sensation de chaleur plus ou moins cuisante et d'un accroissement marqué dans l'activité digestive. Mais l'abus peut donner lieu à de la phlogose de la muqueuse, caractérisée par de la pyrosis au contact des aliments chauds et stimulants, et bientôt par de l'inappétence et des signes d'irritation gastro- intestinale, tels que vomissements, diarrhée dysentériforme, etc.

L'huile essentielle, portée par la circulation dans les émonctoires, va les exciter, et manifester sa présence par l'augmentation des sécrétions tant de la peau que des reins. Elle se décompose probablement en grande partie dans ce trajet, et laisse dans l'économie une proportion plus ou moins notable de soufre combiné.

Substances synergiques et antagonistes. — Le Sinapis arvensis a des semeuses riches en principes capables de développer une huile essentielle semblable à celle de la Moutarde noire. Il peut donc être considéré comme le succédané du S. nigra qui trouve des analogues, comme condiment et comme médicament interne, dans les Crucifères chargées d'huiles essentielles sulfurées (rave, raifort, cresson alénois, etc.), et dans les épices (poivre, piment, gingembre, etc.).

En qualité de rubéfiant et d'agent de la médication révulsive, la Moutarde

240 SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES ANIMAUX, noire a pour synergiques, sans compter la chaleur, un grand nombre de substances : l'alcool concentré, les alcalis et les acides convenablement dilués (carbonates de soude et de potasse, ammoniaque, vinaigre, acides sulfarique et chlorhydrique) diflérenis sels et notamment le chlorure de sodium ; des essences, telles que celles de térébenthine, de Laurier, de Cajeput, etc.; des plantes âcres, comme la Clématite ou la Renoncule scélérate, le Tarton-raire, le Thapsia, la Noix d'Acajou; enfin les vésicants des deux règnes (garou,canlharides, etc.) et les insectes rubélianls qui s'en rapprochent, et dont la processionnaire ett le type.

L'action de l'essence de Moutarde est empêchée par les mucilages les absorbants mécaniques, les délayants. L'essence même est altérée ou détruite par les oxydes et les sels métalliques qui s'emparent du soufre mdis.

pensable à sa constitution. , i j n. , „

Usages. - L'usage diététique de la Moutarde est tres-répandu. G est un excellent condiment pour les estomacs froids et lorpides.

L'usage médicinal n'en est pas moins habituel. On s'en sert rarement k ce titre par les voies gastriques, car il ne faut compter que sur ses effets stimulants, et nullement sur son action émétique, diurétique ou fébrifuge. En revanche c'est le rubéfiant le plus communément employé, et conséquem- . ment l'agent le plus habituel de la médication révulsive. Mais pour en tirer le meilleur parti et pour éviter tous les inconvénients, les accidents même qni y sont attachés, il importe de suivre les conseils donnes par Trousseau et Pidoux, relativement au mode de préparation des cataplasmes de farine de Moutarde et aux précautions à prendre lorsqu ils sont en place.

Modes d'emploi. - On se sert de la farine et de l'essence de Moutarde. La farine de semences de Moutarde noire sert quelquefois à saupoudrer l'intérieur des bas, ou des appareils d'ouate et de taffetas ciré dont on entoure es ex" émités inférieuies des sujets atteints de céphalée, de ménmgite, etc.; "0 n'est elficace qu'à la condition d'être ^"-ctée par a sueur et se montre au contraire inerte quand la peau reste absolument sèche. A part ce e drcon tance, la Moutarde est employée sous (orme de cataplasmes appelés Z: l . L'addition de l'eau à la poudre de Moutarde a pour objet nonseulemlnt d'en faire une pâte de consistance molle et d'une appl cation facile, ma sTussi et surtout, de rendre possible la métamorphose du Myronate de pTass^ ^n Issence de' Moutarde. Or, de même que -te ferme.a^^^^^^^^ nhénomène est favorisé par une température moyenne de 25 a 40 degrés cen toîes tandis qu'il est ïetardé par une basse température et annihile par une Zlé^r'Jdép...e 75 degrés D'un autre côté, il est e^P^f, comme le^ a^tr s fermentations, par la présence en propor.ion considérable d un acide nerique, de l'alcool, du sel marin, etc. D'où il suit que pour faire un acide energiq , d'employer de l'eau bouillante, s'abstenir dy

norviUlt aXe te LL...n. .e. ,.r.e....de. . se ee™r ■ 1 rl'pan rhaude que la main puisse aisément supporter. TàTuLt on ne «"1- >-er uo'tal s,nepis- - place plus de

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h vingt minutes, sous peine de voir se produire les lésions locales décrites plus haut. On peut laisser agir un sinapisme pendant un temps beaucoup plus long, mais à la condition de le promener sur de nouvelles régions et de le déplacer à temps.

Pour mitiger la cuisson et se mettre à l'abri des effets escharotiques des sinapismes, on se contente de saupoudrer de farine de Moutarde un cataplasme émollient tel que celui de graine de lin, ce qui constitue le cataplasme sinapîsc. L'huile volatile ou essence de Moutarde est elle-même exempte d'inconvénients quand on l'applique toute formée et en quantité définie, bien qu'elle jouisse au suprême degré de tous les avantages de la farine de Moutarde. Malgré son prix élevé, elle peut être d'un usage économique en raison de la petite quantité qu'il en faut pour représenter des masses considérables de farine, dont la majeure partie est perdue dans un sinapisme qui n'agit sur la peau que par la surface de contact.

J'ai employé avec beaucoup d'avantages, et sur une grande échelle Yessence de Moutarde dans l'épidémie de choléra (1 866), pour obtenir la rubéfaction et répondre par là à l'indication de stimuler la périphérie et de calmer les crampes. Çette huile volatile était dissoute, soit dans l'alcool, soit dans l'huile d'amandes douces, dans la proportion de 1 gramme pour 10, 12 ou 15 grammes de véhicule. L'huile a sur l'alcool l'avantage de mieux retenir l'essence, ce qui en rend le maniement plus facile. Les deux solutions agissent, d'ailleurs, avec une égale énergie : en trois ou quatre minutes, la rubéfaction est obtenue. Le procédé est d'ailleurs fort simple.

On applique rapidement la solution à l'aide d'un pinceau de charpie sur la partie qu'il s'agit de rubéfier, et immédiatement on recouvre la région d'un morceau de taSetas ciré pour empêcher l'évaporation. On peut se servir, pour ce dernier usage, d'un papier quelconque, imprimé ou non, qu'on a trempé dans de l'huile à manger ou à brûler. Ce procédé de sinapisation est à la fois le plus facile, le plus rapide, le plus sûr et le plus exempt d'inconvénients.

Un pharmacien de Lyon a perfectionné mon procédé en enfermant la solution rubéfiante dans un flacon à large embouchure dont le bouchon se termine inférieurement par un gros pinceau de blaireau, ce qui permet d'enduire rapidement des carrés de papier-buvard ou de flanelle préparés d'avance. De plus, Schaffner est parvenu à abaisser encore considérablement le prix de ce mode de sinapisation en faisant usage d'essence de Moutarde artificielle. Les solutions sinapisiques ont sur les sinapismes ordinaires l'avantacre de la célérité et de la propreté; elles ont sur tous les autres moyens l'avantage de 1 économie ; elles ont encore le mérite de permettre de doser l'action médicamenteuse et de pouvoir s'adapter par des variations de titre à toutes les catégories de cas et de sujets.

Dans les proportions indiquées ci-dessus, la solution sinapisique donne certainement, et en quelques instants, tous les effets irritants qu'on prétend omemr, et 1 on n'a jamais à craindre que, dépassant le but, elle proamse la vesication, ni, à plus forte raison, des eschares. Pour obtenir à GuELEn, 2'^ édition.

coup sûr un vésicaloire, il suffit d'employer l'essence sous une forme plus concentrée, par exemple 1 gramme dans 5 grammes seulement de véhicule. Ce moyen de vésicalion, s'il n'était douloureux, serait préférable k la canlharide toutes les fois que l'irritabilité ou la lésion inflammatoire des reins fait redouter pour ces glandes les efi'els du cantharidisme. Néanmoins, la multiplicité des temps de l'opération, la nécessité d'employer un liquide, dont l'incarcération est difficile, tout cela fait que ce procédé ne se généralise pas. Il sera toujours plus commode de tremper simplement dans l'eau un morceau de papier ou d'étoffe chargé de la substance qui doit fournir l'agent de rubéfaction. C'est ce que réalisent les préparations fort bien conçues et exécutées de Boggio, de Rigollot et de Lebaigue.

Les Sinapismes-RigoUot ont acquis une vogue immense depuis quelques années. Ils sont constitués par un carré de papier chargé d'une couche de farine de Moutarde , débarrassée de son huile grasse et fixée à l'aide d'un enduit de caoutchouc. Leur puissance est très-grande et quelques personnes la redoutent. On trouverait un moyen plus doux, applicable surtout aux enfants, dans les Sinapismes-Lebaigue , dont la savante structure mérite une mention particulière. Deux carrés de gaze superposés et soutenus par une doublure de papier sont comme empesés d'un mucilage desséché qui, dans l'une de ces gazes, contient l'acide myronique, ou matière fermentescible, et, dans l'autre, la myrosine, c'est-k-dire le ferment. Ces substances demeurent inertes aussi longtemps que le petit appareil reste sec; mais dès qu'on le mouille la réaction commence, et l'huile essentielle se développe progressivement en donnant Ueu à une irritation graduellement croissante. Cette disposition est éminemment ingénieuse, mais le prix de revient est un peu

Pour l'usage diététique et pour l'usage médical interne, la Moutarde s'emploie en farine délayée dans de l'eau aromatisée ou non. On pourrait également substituer à cette préparation l'essence de Moutarde à doses excessivement faibles.

MUGUET, Convallaria maialis, L. — Asparaginées. And. Lily of the valley. — AU. Maiblume.

Les fleurs de cette; charmante espèce de nos bois exhalent un parfum suave, mais un peu fort, qu'on a comparé à celui du Musc. Elles étaient estimées céphaliques , c'est-à-dire propres k fortifier l'action cérébrale en même temps que celle du reste du système nerveux. Leur fâcheuse influence sm- l'économie, lorsqu'eUes sont réunies en gros bouquets dans une chambre fermée, est encore mieux établie. Aussi les fleurs de Muguet ne sont-elles nlnq emolovées que comme sternutatoire.

' OnTnprise il poudre manière de celle du tabac, dont elles surpassent sous ce rapport, les propriétés, sans en avoir les inconvénien s. Gomme ou 'les er Lus! les keurs de' Muguet font couler les larmes en même tem s que du mucus plus ou moins fluide. VEau d'or, qui passa, ancienne-

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