MUSC
mfint pour ranimer les forces vitales, n'était autre que l'Eau distillée de Muguet.
nuRlER î\oiR, MoriùS nigra, L. — Morées. Angl. Mulberry-lree. — AIL Maidbeerhaum.
Le Mûrier noir, originaire de Perse, dit-on, est cultivé depuis un temps immémorial dans l'Europe méridionale et dans le midi de la France. Ce sont ses fruits noirs, Lacciformes, et non ceux de la Ronce, dont on fait le Sirop de Mûres, si fréquemment employé dans les maladies fébriles avec tendance putride ou forme bilieuse, et surtout dans les angines inflammatoires.
On l'emploie en gargarisme dans de la décoction de feuille de Ronce, on bien pour édulcorer des tisanes adoucissantes et rafraîchissantes. La dose est de 60 grammes pour 300 grammes de gargarisme ou pour 750 grammes de tisane. Ce sirop est légèrement astringent.
MUSC. Sécrétion du Chevrotain porte-musc (Moschus moschiferus, L.).— Mammifères Ruminants.
Angl. Musk. — Ail. Bisam.
Le Chevrotain porte-musc habite l'Himalaya et les régions montagneuses avoisinantes en Tartarie, Sibérie, Chine, Cochinchine et Tonquin. Une poche annexée aux organes génitaux du mâle sécrète le Musc. Cette substance précieuse , toujours plus ou moins sophistiquée, nous vient par la Russie [Musc Kabardin) et par la Chine {Musc Tonquin). Celui-ci est le meilleur.
Composition. — Les travaux de Guibourt et Blondeau, Geiger et Reinmarin, nous ont appris que le Musc est formé de : substance volatile spéciale, ammoniaque, acide particulier incristallisable, stéarine, oléine, cholestérine, résine amère, osmazôme, sels, etc.
Le principe volatil odoriférant n'a pu jusqu'ici être isolé, et diverses hypothèses ont été mises en avant pour expliquer la fragrance excessive, et constante du Musc sans perte notable de son poids, ainsi que d'autres particularités difficiles à comprendre avec les données actuelles.
Action physiologique. — Ingéré dans l'estomac , le Musc en trouble leo fonctions, détermine de la pesanteur épigastrique, des éructations, parfois des nausées et des vomissements, de la diminution d'appétit ou quelquefois l'effet inverse, la sécheresse de la gorge, la céphalalgie, le vertige. Les phénomènes céphaliques augmentent ensuite et se caractérisent surtout par de la somnolence. Il peut survenir aussi du tremblement et des convulsions. Enfin, le pouls s'accroît en force et en fréquence.
Plusieurs de ces symptômes font défaut dans certains cas et d'autres se présentent. Ainsi, on observe quelquefois une assez vive excitation des organes génitaux (Trousseau et Pidoux). Le Musc provoque l'éruption menstruelle chez les femmes, des épistaxis chez lés sujets prédisposés, la diaphorese ou la diurèse chez quelques-uns.
2kk SUBSTANCES TIRÉES DES VÉGÉTAUX OU DES AKIMÂUX.
Le principe odorant du Musc est absorbé et circule dans le sang. Tiederaann et Gmelin en ont reconnu l'odeur dans le sang de la veine porte, de la spléniqueetde la méfcntérique. Le principe est éliminé par la respiration, par la sueur et par l'urine, où sa fragrance particulière le fait reconnaître (Barbier, Trousseau et Pidoux). Il imprègne de même les tissus, car on le constate après la mort dans le cerveau et les viscères des autres cavités splanchniques.
Substances synergiques, auxiliaires. - Succédanés.- Les matières odoriférantes sécrétées par le Castor, la Civette, l'Hyrax du Cap se comportent exactement comme le Musc, à l'intensité près. Il en est de même de l'Ambre gris Les senteurs de l'Abelmosch, du Mimulus musqué , de \ Erodiim de la Mauve et de la Centaurée à odeur de Musc, doivent, selon D0u<='agir aussi bien que les produits animaux doués du même parfum. Comme succédané du Musc, Btan. Martin propose la fiente des Gaze) es d'Afrique, laquelle fournit un alcoolé d'une odeur plus agréable que celui
du Musc officinal. . • i,„ •
Les substances auxiliaires sont par-dessus tout 1 Ammomaque, qui exalte singulièrement l'odeur du Musc et qui en multiplie la puissance d action, : l'éther les stimulants diflusibles, les diaphorétiques.
Substances antagonistes, incompatibles. - le sont les astringents, les acides, les nauséeux, les vomitifs et les purgatifs, les espèces, réputées froides, k quoi il faut ajouter une basse température, les émissions sangumes et toutes les spoliations. Il ne convient donc pas de continuer le Tartre ÎÎibié, quand on prescrit le Musc contre le délire dit nerveux , dans la peri-
nCcr-Les effets stimulants du Musc sur les organes de la circulation et de l'innervation indiquent son emploi dans les cas oii le système nerveux uècbe par défaut, et où les troubles sensitivo-moteurs, quelle qu en soit la forme nt au ond de nature asthénique. La surexcitation et l'ataxie des onTt ins c rébro-spinales et nerveuses reconnaissent effectivement pour con- Sîuonrochle rfbsence de force radicale ou le défaut de stmulus, aussi bien que la surcharge dynamique et l'excitation du système.
Le Musc sera donc prescrit, en premier lieu, contre les affecfons franchement aslhéniques, dans l'adynamie des fièvres de mauvais caractère la débmté consécutive aux spoliations de force et de substance; en second lieu dans les fausses hypersthénies, dans les violences désordonnées des sujets épSsés ul, dais ce dernier cas, il importe de bien établir auparavant le
Le Musc convient dans les spasmes et les convulsions anémiques, ou par insuffisance de l'excitation sanguine sur le système, comme cela se voit chez renflnt au moment de la dentition, chez certains choréiques, chez beaucoup d'hystériques et quelques épileptiques. Il s'adresse également bien au d'ire asJhénique développé sympathiquement dans le cours de la pneumo Bie ou bien par altération de la crase sanguine, dans la fièvre tjpho.de
MUSCADIER CULTIVÉ. 2kt
d'autres affections malignes. Il devient alors un auxiliaire puissant de l'opium, qui est hypérémiant, ainsi que des stimulants diffusibles : ammoniaque, éther, etc.
Modes d'administration et doses. — Le Musc se donne en substance sous forme de poudre mêlée à du sucre, ou Lien en pilules, en suspension dans un julep, en lavement, à la dose de 30 ou 60 centigrammes à 1 gramme, en plusieurs prises dan? la journée. L'émulsionnement du Musc est favorisé par l'addition de quelques gouttes d'huile et l'intervention consécutive du sucre et de la poudre de gomme arabique (Derlon).
L'eau distillée se prend à la dose de 30 k 60 graràmes.
La teinture alcoolique et la teinture éthérée, à celle de 10 à 20 gouttes seulement dans une potion.
Le Musc est presque toujours uni dans les formules à divers antispasmodiques- mais l'association la plus utile, et que nous recommandons expressément, est celle de l'ammoniaque, dont la présence dans la potion musquée tient lieu d'une quantité peut-être décuple de la substance fondamentale.
L'essence de Musc, préparée par digestion dans l'eau avec addition d'alcool rectifié et de carbonate de potasse, est usitée comme parfum.
MUSCADIER CULTIVÉ, Myristica moschata, Thunb.; Myrislica of^cinalis, L. — Myristicacées.
Ang. True Nutmey-tree. — Ail. Muscatnussbaum.
Cet arbre, originaire des Moluques, est cultivé à Java, Singapore, à la Réunion, à Madagascar et ailleurs.
L'amande du fruit constitue la Muscade ou Noix muscade; le faux arille qui l'enveloppe s'appelle Macis (angl. Mace).
Composition. — La Muscade et le Macis ont la même composition. Sans parler de l'amidon, du ligneux et d'autres principes indifférents, on y trouve une matière fixe, de consistance butyreuse, et une huile volatile d'une odeur spéciale qui en est le principe actif.
Action physiologique- — Les effets de l'huile essentielle de Muscade ne diffèrent pas sensiblement de ceux du- gingembre, des cardamomes, des épices et généralement des autres huiles volatiles.
Au premier degré, c'est-à-dire à une dose modérée, on observe une période d'excitation d'abord locale et gastrique, bientôt généraHsée sympathiquement ou par action réfiexe. ensuite diffusée par l'intermédiaire de la circulation.
Dans un second degré, succédant à l'ingestion de quantités excessives de substance, il survient des phénomènes de narcotisme précédés de délire, et consistant en somnolence, stupeur et insensibilité. Huit grammes de poudre de Muscade ont suffi à produire de pareils désordres, que nous rapprochons, non pas des symptômes toxiques des alcaloïdes, mais bien des effets des uneslhesiques, lesquels sont tous fortement hydrocarbonés, ainsi que les huiles essentielles.
Usages. — La Muscade et le Macis sont des toniques d'une extrême énergie souvent employés comnae condiment dans les pays chauds et même dans nos contrées tempérées, pour stimuler les fonctions digestives et relever des mets fades ou composés de substancas indigestes et peu nutritives.
En médecine, on n'emploie guère la Muscade isolément; elle est ordinairement associée à d'autres aromates, et prescrite comme tonique ou comme stimulant et cordial dans la débilité des organes digestifs, la diarrhée chronique, la chlorose, le labes, la cachexie palustre, et d'autres étals morbides caractérisés par l'épuisement et l'atonie.
Elle est conseillée comme masticatoire dans la paralysie de la langue.
On doit l'éviter, ainsi que les autres stimulants diffueibles, dans toutes les phlegmasies du tube digestif et dans les affections aiguës fébriles.
Le stéaroptène, ou beurre de Muscade, a servi en frictions à guérir la gale.
Modes d'administration et poses. — La Muscade en poudre se prend à la dose de 30 à 60 centigrammes, et jusqu'à 2 à 4 grammes, en plusieurs fois, dans les vingt-quatre heures. Cette quantité doit être nécessairement réduite quand on ajoute dans la formule d'autres substances actives.
Vhuik volaille ou essence de Muscade se donne par gouttes (de 2 à 10) dans une potion à prendre par cuillerées.
Il en est de même de V huile' volatile de Macis.
Le beurre de Muscade, qui renferme toujours une proportion notable d'essence, est réservé pour l'usage externe, et s'emploie ad libitum en frictions contre le rhumatisme chronique et la paralysie. Il fait partie de ï Emplâtre de poix et du Baume Nerval.
Les teintures alcooliques de Muscade se donnent à la dose de 8 grammes comme cordial et carminatif, ou comme correctif des narcotiques et des
purgatifs. . ,
. Le Macis et la Muscade entrent dans une multitude de confections, dont les plus connues sont le Diaphœnix, V Orviétan, le Sirop d'Absinthe, VElixir de Garus, VEau de Mélisse, le Vinaigre des quatre voleurs et la Thénaque.
MYROBALAN CITRIN, Èlyrobalanus citrina, Gârtn. — Gombrétacées. Ang. Hog Plum-tree. — AU. Monbinbaum.
Cette espèce de l'Inde fournissait à la matière médicale, ainsi que plusieurs de ses congénères, ses drupes inodores d'une saveur acide et astringente, employées autrefois contre l'embarras gastrique, la jaunisse, la diarrhée bilieuse et maintenant tombées en désuétude.
L'action des Myrobalans se rapproche de celle des fruits de l'Epine-Vinetle, des Cynorrhodons et des astringents tanniques acidulés.
MYRRHE, Gomme-résine du Balsamodendron Myrrha, Ehren. et Hemp.j
— TÉRÉBINTHACÉES. '
Angl. Myrrh. — Ail. Myrrhe.