‹ Commentaires thérapeutiques du Codex medicamentarius, ou, Histoire de l'action physiologique et des effets thérapeutiques des médicaments inscrits dans la Pharmacopée française [electronic resource]Chapitre 92 sur 293 · NARCISSE DES PRÉS · texte numérisé non relu

NARCISSE DES PRÉS

Le Balsamodendron Myrrha a été trouvé aux environs de Gison, dans l'Arabie Heureuse.

.Composition. — La gomme-résine qui en découle se compose, d'après les recherches de Pelletier, de Braconnot et de Brandes, de : huile volatile, deux résines, une gomme soluble et une insoluble, benzoates, malates, sulfates, phosphates et acétates de potasse et de chaux.

Action physiologique. — La Myrrhe possède les propriétés communes des toniques stimulants ou toniques balsamiques. A faible dose, elle active les fonctions digestives; à doses plus fortes, elle excite un mouvement fébriie pendant lequel et à la faveur duquel l'éruption menstruelle peut se décider. •C'est aussi un anticatarrhal et un constipant. Dans tout cela rien de spécial. Mais on lui attribue la faculté d'accroître les fonctions assimilatrices et l'activité musculaire, de communiquer aux solides une remarquable fermeté. Ces assertions réclament une vérification ou un contrôle.

Usages. — Les indications et contre-indications de la Myrrhe sont celles des autres balsamiques non fétides, tels que le Mastic, les Baumes du Pérou * et de Tolu, la Cannelle, etc.

Modes d'administration et doses. — La Myrrhe en substance se donne k la dcse de 50 centigrammes à 4 grammes. On emploie aussi Vin fusion. La teinture de Myrrhe se prescrit à la dose de 4 à 8 grammes en potion.

La Myrrhe entre dans plusieurs préparations officinales : la Thériaque,. les Pilules de Cynoglosse, le Baume de Fioravanti, les Pilules de fer composées, les Pilules d'Alo'es et de Myrrhe, les Pilules de Rhubarbe et celles de Galbanum composées, YÉHxir de Garus.

NAPEL. — Voy. Aconit.

NARCISSE DES PRÉS, Narcîssus pseudo-Narcissus, L. — Amarylli"

DÉES,

Angl. Baffodïl. — AU. Gemeine Narcisse.

Composition. — Cette belle plante, commune dans nos prairies tourbeuses, n'a pas encore livré aux chimistes le secret de sa composition. Qu'on y ait trouvé de la matière grasse ou de la résine, un principe colorant jaune on de l'extractif, de la gomme ou de l'acide gallique et du tannin, rien de tout cela n'explique les propriétés réellement actives et même toxiques qu'elle possède, et qui paraissent résider dans un principe déliquescent encore indéterminé.

Action physiologique. — Les fleurs de Narcisse des près à la dose de de l6--,5o déterminent des vomissements répétés (Armet et Waltecamps). Il en est de même de Vextrail (Dufresnoy, Weillechèze) à la dose de 10 à

15 cenLigrammes seulement. L'ébullilion dans 1 eau semble développer celle propriété émétique dans les bulbes et les feuilles (L. Deslongchamps) . D'ailleurs, l'extrait dont on a l'ait prendre 4 à 8 grammes à des chiens a causé promplement la mort de ces animaux, en laissant quelques signes d'inflammation sur la muqueuse digestive.

Usages. — Tous les usages jusqu'ici connus du Narcisse des prés me paraissent se rattacher à sa vertu émétique. D'abord c'est pour remplacer l'ipéca que les premiers expérimentateurs l'ont prescrit. Ensuite ses succès contre la toux férine, la coqueluche, ou contre la diarrhée et même la fièvre, s'expliquent par les effets secondaires de l'action vomitive qui calme la toux, résout les spasmes, supprime la supersécrétion intestinale par un balancement fonctionnel bien connu, et coupe la fièvre lorsque celle-ci ne s'est allumée qu'à l'occasion d'un embarras gastrique, ou n'est entretenue que par le mauvais état des organes digestifs.

Il se peut cependant qu'on démontre dans le Narcisse une action spéciale en rapport avec l'existence d'un principe particulier encore inconnu, mais cette démonstration reste tout entière à fournir.

Modes d'administration et doses. — On a donné les fleurs en poudre à la dose de 1 à 2 grammes; en infusion, à dose double, et sous forme de sirop.

Les bulbes^ d'un usage plus restreint, se donneraient k doses plus fortes

i\ARD CELTIQUE, Valeriana cellica, L. — ValérianéEs. Angl. Spikenard. — Ail. Nardenbarlgras.

La Valériane -celtique est ainsi nommée parce qu'elle croît dans les Alpes méridionales du côté de la Provence et du Piémont, appelées par les anciens Alpes celtiques.

La racine, plus petite, moins amère, moins acre et d'une odeur moins forte que celle de la Valériane officinale, est plus aromatique que cette dernière, dont elle partage les propriétés. Elle est souvent associée au Valeriana saliunca, et constitue l'un des ingrédients de la Thèriaqm et du Milhridate.

Cette racine est recherchée pour son odeur par les Orientaux et les Africains, qui s'en servent pour adoucir la peau et parfumer les bains.

NÉNUPHAR BUAKC, Nymphéa alba, L. — Nymphéacées.

Angl. White water Lily, water Rose. — AU. Weisse Wasscrlilie.

Ce magnifique Nénuphar, qu'il répugne de qualifier d'officinal et qu'on nomme à bon droit le Lis des étangs, a été accusé par les poètes de détruire l'aptitude aux plaisirs de l'amour, sans doute à cause de la frigidité de son élément et du calme des eaux sur lesquelles H se complaît. Le vulgaire et les médecins ont partagé cette illusion, et pendant des siècle le Nénuphar a été employé comme anti-aphrodisiaque. Aujourd'hui encore son nom rappelle des propriétés sédatives et calmantes par excellence. Erreur : la racme de- Nénuphar sert à la nourriture des Tarlares, qui n'en sont pas moins proh-

NERPRUN PURGATlt'. 2Çi9

iiques pour cela (Pallas), el sa composition montre qu'à côté de la fécule alimentaire, elle renferme des subtances plutôt toniques et stimulantes : ainsi du tannin, de l'acide gallique, une résine (Morin). La présence de ces principes explique l'utilité du Nénuphar dans la leucorrhée, la blennorrhagie et même la dysenterie (Mérat et de Lens). Quant à ses vertus anaphrodisiaques et hypnotiques, elle sont encore à démontrer. Elles ne sont pas mieux établies pour les semences. Disons, [en terminant et seulement pour mémoire, que la dose de racine de Nénuphar en décoction était de 8 à 16

grammes.

L'eau distillée des fleurs est usitée en Turquie comme cosmétique.

MÉivuPiiAR JAUNE, Nuphar lutea, DG. — Nymphéacées.

Angl. Yelloiv ivater Lily. — Ail. Gelbe Wasserlihe.

Ce que nous venons de dire du Nénuphar blanc s'applique de tous points au petit Nénuphar ou Nénuphar jaune. Il paraît même, d'après les auteurs du Codex, que les rhizomes vendus actuellement par les herboristes appartiennent au Nuphar lutea ^ tandis que ceux du Nymphœa alba sont inusités.

NÉROU ou ESSEixCE DE ]\ÉROLi. Huile Volatile du Bigaradier {Citrus Bigaradia, Duh.). — Aurantiacées.

Angl. Néroli oléum. — Ail. Pomeranzen Essenz.

L'huile volatile qui surnage l'eau distillée de fleur d'Oranger, et qui trouble la transparence de VEau de (leur d'Oranger de Paris, est ce qu'on appelle le Néroli ou Essence de Néroli. Cette essence est formée de deux principes, l'un liquide, l'autre solide. Elle n'a pas tout à fait l'odeur suave de la fleur' d'Oranger ; cependant elle constitue un aromate fort agréable qui se prend à la dose de 2 à 6 gouttes sur du sucre, comme antispasmodique, dans la gastralgie et d'autres états nerveux.

Soubeiran considère le Néroli comme une altération de l'huile essentielle de fleur d'Oranger, moins soluble dans l'eau que cette dernière.

iVERPRuiv PURGATIF, Rhamnus cartharlicus, L. — Rhamnées. Angl. Common Buckthorn. — Ail. Kreuzdorn.

Le Nerprun purgatif est un arbuste commun dans les bois et les taillis.

Composition. — Le suc de ses baies, analysé par Hubert, a donné la composition suivante : matière colorante verte, acides acétique et malique, matière gommeuse, sucre et substance amère (Cathartine?).

La Rhamnicine, découverte par Fleury dans les baies non mûres, est, selon Winckler, un glycoside qui se change en Cathartine et sucre de raisin.

Action physiologique et usages. — Les baies de Nerprun sont un puissant purgatif hydragogue, qui a seulement l'inconvénient de causer des cohques et du mal de cœur, et d'occasionner une soif intense. Aussi est-il beaucoup moms usité dans la médecine humaine que dans la vétérinaire.

Un gramme de baies récentes suffit k produire une bonne purgalion, mais il faut 4 grammes de baies sèches.

Les paysans des Vosges en font un fréquent usage ; les médecins, au contraire, ne conseillent que le sirop de Nerprun, qu'ils associent souvent, k la dose de 15 k 30 grammes, k d'autres substances carlhartiques, pour obtenir une purgation énergique dans les paralysies et les hydropisies.

WICOTIAXE. — Voy. Tabac

NicoTiAîVE RUSTIQUE, Nicoliatia rustica, L. — Solanacées. — Voy. Tabac.

KIGELLE DES CHABiPS, Nigclla arvensis, L., et kigelle cultivée, Nigella saliva, L. — Renonculacées.

Angl. Devil va a bush, small garden Fennel flower. — Ml. Schwarzer

R-UTH/iTtCl/

La Nigelle des champs est une plante indigène dont les graines, douées d'une saveur chaude et piquante, lui ont valu le nom de Potureîte, et peuvent être utilisées comme condiment.

On les dit sternutatoires.

La Nigelle cultivée est originaire de l'Orient. Ses semences aromatiques et chaudes servent en Egypte, en Perse et dans l'Inde, à parsemer le pam et les gâteaux, pour les rendre plus appétissants, pour faciliter la digestion et faire engraisser. L'usage s'en est répandu dans le Hanovre, où 1 on en met ^ dans les ragoûts, ce qui l'a fait surnommer Toute-épice. ^

MOISETIER ou COUDRIER, Conjlus Avellana, L. - Amentacées-Cu- |

PULIFÈRES. ^

Ansl Hazel-tree. — A}1. Gemeiner Haselstrauch. ■ Le Noisetier est un arbrisseau abondant dans les taillis. Les amandes de ^ ses fruits, d'un goût irès-fin et très-bonnes à manger, fourmssent environ la i moitié de leur poids d'une huile qui est alimentaire et peut servir aux usages j pharmaceutiques auxquels on emploie l'huile d'Amandes douces

Avec les amandes fraîches, on fait aussi une émulsion- Wes agréable, adou cissante et rafraîchissante.

NOIX D-iVCAJOU. — Voy. Acajou (Noix d'). Tsors. D'AREC. ~ Voy. Arec (Noix d').

i\i>oix DE BEN. — Voy. Ben.

NOIX DE CYPRÈS. — Voy. Cyprès.

NOIX DE GALLE. — Voy. Galle de Chêne.

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