PEPTONE MÉDICINALE
Angl. : Pepton. — AU. : Peplon. , u -, a
On désigne sous ce nom un mélange de composés solubles résultant de l'action de la pepsine ou de la pancréatine sur les diverses ^^'^^^'^f^minoïdes [Codex). La pepsine extractive, par exemple, transforme en Pentone 40 fois son poids de fibrine.
La préparation du Codex donne un produit soUde, spongieux ou gv^nul , blanc jaunâtre, d'une saveur un peu amère, entièrement soluble dans l'eau froide, insoluble dans l'alcool fort.
Un pareil produit et ses similaires, car il y a bien des marques commerciales; se rapprochent des peptones de la digestion naturelle et .asent h les remnlacer pour les besoins de l'économie.
Z,ZT.LZ,m. - On peut tuer ui animal par de hautes doses de Pep one injectées dans les veines on le plonger dans un état coma eux grave (Bouchard). Toutefois Denoeyer affirme que la Peptone sans ptomaïnes ou microbes est inoftensive. .•««imiter et
Les Peptones sout-eUes des nutriments, P^^^'^.f "^f '^^^''^ „^ nourrir? Plotz, GatiUon, Daremherg, Detresue, «J'^Y 'n»? Va fZaUve leurs expériences que cette question doit f tet^^eTle aulenl a La Pepline entretient la vie comme la ™ude digeree ^ eUe au meute a
proportion de l'urée dans l'urine P"P°'-''»""<'''™''"',^"^f, ^ ^t" ' son îrées. tOO grammes de Peptone CatiUon, correspondant i tiois foi, son noids de viande, constituent une ration d'entreUen. "^TaU sLn her, c'est à la condition d'être administrée eu lavement ou en inieTt on sous à pean que cette substance devient surtout un nu rmeu . peu par 'estomac : elle s'absorbe et passe par les rours ^XVasse,-
ToîL^etlir^ ^J^^^X^^^ - la peptone nourri,
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r^^oS:;^^ crSt^ est identique . celle des album,r:d::^:iK;tlXrnÎon suppnme plusieurs temps de la
STROPHANTUS.
digestion des matières albuminoïdes, c'est-à-dire la formation d'acidalbumines, de syntonines et de propeplones.
Usages. — Les Peptones servent à soutenir les forces des sujets qui ne peuvent digérer les albuminoïdes, ou bien elles interviennent quand la voie stomacale est fermée aux aliments (rétrécissement de l'œsophage, cancer de l'estomac), pour assurer l'alimentation.
Elles servent encore h préparer des combinaisons mercurielles, ferrugigineuses, usitées en thérapeutique. Martineau a beaucoup vanté la Peptone mercurique, dans le traitement delà syphilis, en injection sous-cutanée. Je citerai encore lesp^pionates de fer, utiles agents dans la médication martiale.
Modes d'administration et doses. — Il y a de nombreuses variétés de Peptones: albumipeptones, fibripeptones, caséipeptones, etc. (Henninger), toutes lévogyres, mais à des degrés différents. On ne prescrit guère que la Peptone de viande. Le Codex désigne comme préparation officinale, la poudre ou Peptone sèche, mais la pharmacie nous offre encore des solutions de Peptone sous forme de Uquide sirupeux, obtenues soit par la digestion pepsique, soit à l'aide de la pancréatine, identiques d'ailleurs (Gautier). Raynaud a proposé la Peptone de l'albumine du sang, et Pentzold la Peptone d'albumine végétale (?) préparée avec la farine de pois.
Les bonnes Peptones du commerce correspondent, en général, à une fois et demie leur poids de \-iande (Catillon), et renferment la moitié de leur poids de Peptone soUde.
On peut prescrire la Peptone solide en cachets; la Peptone Uquide dans du bouUlon ou sous forme de sirop, de vin (blanc); mais l'estomac les tolère mal; mieux vaut le lavement de Peptone: eau tiède, 120 grammes; Peptone Uquide, 2 à 3 cuUlerées à soupe; laudanum, IV à V gouttes; glycérine, 15 grammes. Débarrasser le rectum, au préalable, des matières fécales. On peut substituer à la Peptone Uqmde la P. sèche à la dose de deux cuillerées.
Neuf cuillerées à soupe de la Peptone de CatUlon correspondent h 300 grammes de viande, 40 grammes d'éléments hydrocarbonés, c'est-à-dire à une ration d'entretien.
STROPHANTUS. — Slrophantus Kombe Oliver (Strophanlus /nspidus, D.C., var.) : Apocynées.
AngL : Strophanlus. — AIL : Slrophantus.
Les Strophanlus sont des Uanes de l'Afrique équatoriale. Le 5. hispidus et le S. Kombé, deux variétés d'une même espèce (Blondel), nous fournissent par leur semence un remarquable médicament.
Composition. — D'après W. Elborne, on trouve dans cette semence une huile fixe, de la chlorophylle et une huile, un glucoside amer, des matières albumineuses et un résidu insoluble.
Catillon indique : matières grasses et résineuses, 32 ; extrait sec soluble dans l'alcool à 70, 13; matières gommeuscs et albumineuses, 11; résidu insoluble, Vi ; eau et pertes, 8.
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On extrait des semences de ces Strophantus un principe, la Strophaniine (Voy. ce mol), cristalUsée pour le Kombé, amorphe pour le S\ hispidus (Gatillon).
Action physiologique. — Elle a été très diversement présentée, sans doute parce que les produits expérimentés ont été impurs, mal préparés ou d'origines différentes, car il existe un grand nombre de Strophantus; et puis les effets sont variables suivant l'espèce animale en expérience.
Voici les faits les plus généralement observés. Avec les hautes doses Vaction sur le cœur est très violente : la systole ventriculaire augmente d'énergie, la pression artérielle s'élève, les battements du cœur se ralentissent; puis troubles arythmiques, accélération des contractions, enfin ralentissement des mouvements cardiaques, abaissement de la pression sanguine, arrêt du cœur, le plus souvent en systole ventriculaire.
Les animaux ainsi empoisonnés ont de la paralysie nervo-motrice et musculaire, graduelle et successive, allant des centres nerveux aux terminaisons des nerfs et aux muscles (Lépine).
Le cœur, les nerfs et les muscles ont perdu la faculté de réagir sous le
courant électrique.
On observe encore des accidents gastro-intestinaux: vomissements, diarrhée (Traversa, etc.^ et un abaissement de la température.
Les petites doses renforcent la systole ventriculaire, ralentissent le cœur et n'influencent guère la pression sanguine, suivant le plus grand nombre des expérimentateurs (Lépine, Langgaard, etc.); elles n'ont pas d'action vaso-constrictive sur les petits vaisseaux. Nous verrons qu'en cela le Strophantus diffère de la Strophantine, douée d'effets stimulants sur les vaso-moteurs.
Aucune modification de la température et action diurétique discutable, chez l'homme sain. Par contre, h dose toxique, anurie (Mairet, Combemale,
Grognier). , j n •
Le Strophantus paraît agir sur le centre nerveux bulbo-medullaire, sur le nerf pneumogastrique, sur les centres vaso-moteurs et peut-être aussi sur les libres lisses et les fibres striées (Gley et Lapicque), tous organes qu'U stimule ou paralyse suivant les doses, faibles ou fortes.
Il s'élimine sans doute par les reins, qu'on a trouvés très hyperémies lors des empoisonnements (Cazaux). L'hématurie slrophantique, constatée par Dujardin-Beaumetz, viendrait à l'appui de cette opinion.
Localement, sur la conjonctive, l'extrait de Strophantus produit une anesthésie locale comparable à celle de la cocaïne (Venluri et Gasperini,
Synergiques et auxiliaires. - Le Strophantus a pour synergiques les nombreux toniques du cœur dont dispose notre matière médicale. A coté de la digitale, hors rang, U faut citer le Convallaria mcnalis, ou muguet, V Adonis vernalis, le Sparliuvi scoparium ou genêt, et leurs principes convallamarine, adonine, spartéino, dont la cUnique a montre la grande vaîeur • puis VAnlic-u ioxifera, VHelleborus niger, \^ Erylrophlœum Cnunense, le Neriurn oleander, le Tanghinia venenifera (Apocynéesj ou leurs principes,
STROPHANTUS.
antiurine, elléborine, éryihrop/tléine, oléandrine, tanghinine, moins éludiés et fort peu prescrits.
Les auxiliaires sont d'abord les purgatifs, qui préparent souvent fort bien l'action thérapeutique, les sels neutres diurétiques et (Evans) la noix vomi que.
Usages. — C'est comme tonique du cœur que le Strophantus est ordonné dans les maladies de cet organe. Pour Hucliard ce serait surtout l'opium ou le calmant du cœur malade. Puis, ses propriétés diurétiques, assez douteuses, l'ont fait prescrire contre les néphrites. Telles sont les grandes indications du médicament. Enfin il a donné, empiriquement, quelques effets thérapeutiques dans plusieurs affections que j'énumérerai.
Le Strophantus agit rapidement sur le cœur, donî; il fortifie l'action et régularise le travail (Rosenbusch); il est même le plus souvent admirablement toléré par l'organisme; il est longtemps toléré et n'a pas d'effets accumulatifs : telles sont les principales propriétés qui en font un excellent médicament dans les cardiopathies, le plus parfait succédané de la digitale, à mon avis.
Toutes les affections cardiaques à la période d'asystohe sont justiciables des préparations de Strophantus, à de rares exceptions près : dégénérescence du mj'ocarde, artério-sclérose du cœur ; toutefois il réussit mieux dans le cas de lésions de l'orifice auriculo-ventriculaire, mitral surtout, et de l'orifice aortique (Bucquoy), à la période d'asystoUe, lorsque le cœur est fatigué.
Très rapidement le pouls se ralentit, se régularise, se « démitralise », comme le montrent les tracés sphygmographiques d'une façon nette ; la diurèse augmente, les œdèmes et les épanchements séreux disparaissent (C. Paul), la dyspnée cède; les malades éprouvent un soulagement considérable. C'est le meilleur des cardiaques, a pu dire Fraser, qui le premier a mis le Strophantus en honneur; un cardiaque de premier ordre (Bucquoy, Lépine); un tonique du cœur, qu'il repose et reconforte (Stokvis); un agent supérieur à la digitale, parce qu'il n'a pas d'action vaso-constrictive et d'effets cumulatifs (Masius) ; la digitale de demain (Deniau) ; le tonique du cœur, sans vaso-constriction comme avec la digitale (Cazeaux, Pins. Bowditch).
Toutefois, plusieurs cUniciens autorisés n'accordent pas au Strophantus une confiance aussi grande.
Fiirbringer le déclare infidèle souvent, quoique très actif, opinion partagée par Huchard et Eloy, Lemoine, Guttmann, Hochhaus, Lan-gaard Mayeur, llaas, etc. Quelques auteurs redoutent la paralysie du cœur et ont cité plusieurs cas de mort pendant son usage. Spillmann ne lui trouve pas une action soutenue. Fraenkel se borne à dire qu'il est inférieur t\ la digitale.
On a conseillé le Strophantus dans les pyrexies, en raison de ses propriétés stimulantes sur le myocarde, comme soutien du cœur déprimé par la lièvre (1< raser, Ruvighi, Pins), et aussi dans ïast/wie cardiaque: dans les
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néphrites, l'une des grandes indications du médicament, dit Poulet, parce qu'il n'a pas d'action constriclive sur les vaisseaux du rein; dans la maladie de Basedoiv (Zerner et Loew), la colique néphrétique (HutcMnson). C'est toujours l'action cardiaque ou diurétique qu'on recherche dans ces cas.
Modes d'administration et doses. — La teinture, Vextrait alcoolique sont les deux préparations de choix. La première, au cinquième, se prescrit aux doses de V à XXX gouttes par jour; l'extrait, de 1 à 4 milUgrammes. Un mnUgramme d'extrait ou V gouttes de teinture correspondent à 1/10 de milligramme de Strophantine. On fait avec l'extrait des granules de 0,001 (Catmon) : 2 à 4 par jour peuvent être d'un usage prolongé. Je n'ai eu qu'à me louer de cette préparation de CatUlon, très sûre.Dujardin-Beaumetz associe très heureusement la spartéine au Strophanlus quand il y a insuffisance du rein dans les cardiopathies.