PRODUITS PHARMACEUTIQUES D'ORIGINE CHIMIQUE
ACÉTAÎNILIDE.
Angl. : Antifebrin. — Ail. : Antifebinn, Acetanilide.
Corps chimique, C"'H''AzO^ VAntifébrine des Allemands, obtenu en traitant l'aniline par l'a. acétique ; cristallisé en lamelles brillantes, inodores, incolores, d'une saveur amère ; soluble dans 200 parties d'eau froide, 18 d'eau bouillante, très soluble dans l'alcool.
Action physiologique. — Irritant local. Tue les animaux à forte dose. Ils succombent lentement dans le collapsus, insensibles et refroidis. Un cas de mort, chez l'homme, avec résolution complète et cyanose (Quast).
Les phénomènes les plus saillants de l'empoisonnement sont encore: accélération du cœur et augmentation de la pression intra-vasculaire, puis réaction inverse, ou diminution de cette pression, enfin dj spnée, cyanose, paralysie du cœur.
Fait saillant : l'Acétanihde est un poison du sang, transformant son j oxyhémoglobine enmétoxyhémoglobine, diminuant de moitié son oxygène. A doses non toxiques ou faibles même, H produit ce résultai. Le globule sanguin n'est toutefois que momentanément modifié, il récupère bientôt ses propriétés.
On ne retrouve pas l'Acétanilide dans l'urine. Ses eflets sur cette sécrétion sont variables, parfois l'urée augmente (Lépine et Bayrac).
Chez l'homme, aucun effet physiologique avec 4 grammes (Weill) ; quelquefois céphalalgie, somnolence, légers troubles gastriques ; mais l'usage prolongé des plus faibles doses amène la ajanose générale de la peau et des muqueuses, inofTensive d'ailleurs.
I ^'^^Pecte le cerveau et semble porter son action sur le centre
bulbo-méduUaire ; en outre U altère le sang ; d'où perte des réflexes, des mouvements volontaires et de la sensibilité, troubles du cœur.de la respiration, abaissement de la température et cyanose.
32 AGÉTONE-DIÉTHYLSULFONE.
Synergiques. — Tous les agents antithermiques, principalement laquinine, l'antipyrine, la thalline, la kairine, le salicylate de soude, etc., l'eau froide.
Usages. — Ce sont ses deux qualités capitales : antil/iermique, supérieur à l'antipyrine (Secretan, Goelz), et analgésique, qu'on a mises à profit en clinique. Elles ne se manifestent que dans la fièvre et contre la douleur pathologique. Il est possible que l'Antifébrine agisse contre l'élément thermique de la fièvre en raison de son action sur le saag, s'opposant aux échanges nutritifs, ou bien encore par suite d'un effet sur le centre thermique de l'encéphale, et grâce enfin (Anserow) à la dilatation des vaisseaux périphériques.
On a donc prescrit l'Antifébrine contre l'élément fièvre dans lespyrexies, la fièvre typhoïde surtout, où il se montre le meilleur des antipyrétiques (Bernheim) ; très utile et sans inconvénients (Kahn et Hepp, Faust, Gruneberg, Krieger). Puis il a été préconisé contre la fièvre des phtisiques (Goet'z), Tscherhacow), plutôt que comme médicament de la tuberculose qu'il n'attemt pas, et dans le rhumatisme articulaire aigu (Kahn et Hepp, Snyrs, Riese), où il agit comme tous les antithermiques analgésiques.
Ses effets analgésiques l'ont fait recommander par Lépme pour calmer les douleurs de l'ataxie locomotrice ; par Ott, Hayem, Dujardin-Beaumetz, Demie ville, contre les états névralgiques divers et la douleur de la névrite optique. Comme nervin et dépresseur de l'action du bulbe racludien, Dujardin-Beaumetz l'a administré dans l'épilepsie.
L'Acétanihde est peu usité malgré tout, comme antithermique et nervm, à cause de la cyanose qu'il détermine chez les malades qui en contmuent
* "modes D'ADMINISTRATION ET DOSES. - L'AcétaniUde se prescrit en cachet de 0 gr. 25, à la dose de 1 à 2 grammes, pro die, ou bien dans une potion alcoohque et dans l'éUxir de Garus.
ACÉTONE-DIÉTHYLSULFONE.
Angl.: Sulphonal. - A\\.: Sulfonal. - Découvert par Baumann^ Corps cristalhsé, incolore, inodore, soluble seulement dans 500 d eau froide, 15 d'eau houUlante, 65 d'alcool, 136 d'éther. Plus connu sous le
nom de Sulfonal. ,^ , . .
Action physiologique. ~ Le Sulfonal n'est toxique quà haute dose convulsions, résolution musculaire, narcose, coma, sans ahaissementde la pression sanguine; mort, par paralysie du cœur, chez l'animal. Mort dans
le coma, chez l'homme.
A dose non léthale mais forte, troubles d'incoordination des mouvements airaibUssement musculaire comme dans l'ivresse, sommeil analo£rue k celui des animaux hibernants, pression sanguine augmentée, chez le chien Les fonctions du cœur, de la respiration et des organes drgestifs, la température sont à peine modiliées : accélération du pouls et de la respiration, léger abaissement thermique (Lépme).
ACÉTONE-DIÉTHYLSL'LFONE. J"}.
Chez l'homme c'est l'action hypnotique que l'on observe surtout, ù dose faible, variable suivant l'idiosyncrasie des sujets, sans analgésie, sanstroubles de la circulation ou des organes digestifs. Réveil en général naturel, mais parfois accompagné de malaise et de légers troubles digestifs : torpeur intellectuelle, hallucinations, céphalalgie, nausées, vomissements,diarrhée, anorexie; ce qui n'arrive jamais avec les doses modérées. Aucune action sur la peau, la transpiration ou la température (John Gordon); l'excrétion de l'urée est plutôt augmentée.
Le Sulfonal disparait, transformé dans l'économie ; on retrouve dansl'urine un principe sulfuré qui en dérive.
Cet agent paraît atteindre dans son action les couches corticales grise&^ du cerveau (Kast) et peut-être le cervelet (Mairet).
Il y a dans le sang, lors de son usage, un excès d'oxyhémoglobine (Hénocque); donc il ralentit les échanges nutritifs.
On a observé quelques cas d'intoxication chronique, de sulfonalisme^ caractérisés par de l'incoordination motrice, des vertiges, de la céphalalgie ■(Matthes), du délire, des troubles gastro-intestinaux intenses (Lépine), des palpitations, de l'anurie, des éruptions cutanées, et assez souvent, une terminaison fatale: 3 cas, rapportés par Bresslauer et d'autres par Kast». L'apparition de l'hématoporphyrine dans l'urine signale le danger.
Synergiques. — Je ne citerai ici que les hypnotiques le plus récemment étudiés. Il existe, toute une classe de sulfonals; plusieurs d'entre eux ont été étudiés par Kast; ils sont inférieurs au Sulfonal officinal ou bien dangereux. Bardet mentionne avec éloge Vhypnal, dérivé de l'antipyrine et du chloral ; le méthylal, hypnotique d'une action rapide, agréable, maispouvanl devenir irritante.
On peut rapprocher du Sulfonal Vuréthane, le chloral et ses dérivés^ Vhypnone, la paraldéhyde, Vhydrate d'amylène.
Usages. — Kast a introduit le Sulfonal en thérapeutique comme hypnotique de premier ordre. Ses grandes indications sontles insomnies nerveuses,, neurasthéniques, hystériques, et principalement celles des grandes névroses, de l'aUénation mentale, en première Hgne.. En général H donne un sommeil calme, naturel, sans causer au réveU aucun malaise ; et ses effets sont constants sans qu'U se produise d'accoutumance. Il a été très prescrit aux aliénés par Kast, Rabbas, Saïga, Cramer, OEstreicher, Fraenkel, Conally Norman
FunrioH, Raimondo,Mairet,Mabon, Carlyle Johnstone, etc., avec des succès encourageants.
11 réussit peu ou mal quand l'insomnie est symptomatique d'une lésiondouloureuse, d'une cardiopathie, d'une pyrexie (Sée), de la suppression de la morphine chez les morphinomanes.
Esson a signalé ses bons effets dans l'épilepsio ; JefMes, dans la choréo:: Andrews, contre les crampes nocturnes des jambes; GasarclU, dans le «liabote, et Bottrich, pour modérer les sueurs des phtisiques
Modes D'ADMINISTRATION ET DOSES. - En raison de sa grande insolubiUté, .1 faut admmistrerle Sulfonal en poudre flne, dans un cachet ou dans un GuBLEii et Labdée, Supplément, 1895. 3
34 ACET-PBÉNÉTIDINE. — PHÉNACÉTINE.
véhicule quelconque, dans les aUments des aUénés, bouillon ou lait, car il est insipide. Il se dissout avec une grande lenteur dans le suc gasti ique iKast), c'est pourquoi son action est tardive et prolongée. Les doses sont de 2 à 3 grammes pour les hommes, de 1 gramme pour les femmes, et 0 gr. 25 pour les enfauts. On peut l'associer à la codéine. Il est bon de suspendi-e de temps en temps le médicament et de le donner aux repas ^Kast). Aucune accoutumance (Rosin).
ACET-PHÉNÉTIDINE. — PHÉNACÉTINE.
Angl. : Phenacetin. — Ml. : Phenacelin.
Des trois variétés de Phénacétines, c'est la Para-acétophénétidine, C2"H'3AzOS que l'on prescrit. Elle est en lames brillantes, incolores, inodores ; soluble à froid dans 1500 parUes d'eau, à 100° dans 80 parties; soluble dans 18 d'alcool. C'est Hinsberg qui a découvert la phénacétme, en 1887 ; Kast et Kobler l'ont préconisée peu après comme médicament.
Action physiologique. — Cette substance est fort peu toxique: 3 et 4oTammes par kilogramme sont nécessaires pour tuer un animal (lapm, cMen) Elle paralyse alors complètement la moelle épinière, d'où la paralysie jnotrice, la paralysie de la sensibilité et des réflexes. Les animaux meurent par asphyxie et refroidis. La respiration s'arrête avant que le cœur naît cessé ses mouvements (Masius).
On a pu constater avec les doses normales cbez l'homme sam, de la paresie musculaire, somnolence, vertiges, frissons, nausées, mais assez rarement, car son innocuité est le plus souvent parfaite. Elle s'élimine par les reins après s'être dédoublée dans l'organisme (Mûller) et l'urine réduit la hqueur
cupro-potassique. , .
Synergiques. - Tous les antithermiques-analgésiques sont des synergiques de la Phénacétine Elle se rapproche beaucoup de l'antifébrme et de Vantipyrine; 1 gramme équivaudrait à 0 gr. 50 de 1^ Premiere et a 2 grammes de la deuxième (Heusner). La pyrodtne ou hy drace tme Im est comparable comme antithermique, mais c'est un destructeur des globules sanguins, très dangereux. Son meUleur synergique est \ orthoacet-phene-
tidine, qui agit à doses plus élevées. . n •^„;f
Usages - La Phénacétine abaisse la température fébrile et elle jouit de propriétés analgésiques très remarquables, c'est un de nos meil eurs anti- Ihermiques-analgésiques et, de plus, elle est un peu hypnotique Elle a donc été recommandée dans les pyrexies et les états névralgiques. Aussi actif quel'antifébrine, mais plus inoffensif; aussi puissant que 1 ^^^^^^l^'. mais moins cher et plus longtempstoléré, ce médicament combat uti ement rhyperlhermie sans causer aux malades de désagréments ou d ^^t^"denis cyanose, exanthèmes, troubles digestifs ou circulatoires, et son action, qu est rapide, dure 8 heures. Assez souvent, toutefois, U provoque des sueurs abondantes et restreint la diurèse. r-.,^, Soremploi a paru utile dans la flè^^e typhoïde (Masms) les ficM-e. érupt'veT,t lièvr'e intermittente (Misrachi et Rifat) ; les affections aigu.s
ACIDlî ANHYDRO-ORTIIOSULFAMIDE-BENZOÏQUE.