SACCHARINE
des voies respiratoires, réi-ysipèle, la phtisie fébrile (Cesari, Burani\ le rhumatisme articulaire aigu(Gueorguievslvy, Guttmann, Rifat, MuUer, etc.). Il n'a aucune influence sur le cours de la maladie. Comme analgésique il a réussi contre la migraine, les névralgies, même avec névrite, les céphalées symptomatiques d'affection génitale féminine, de cardiopathie (Miiller) ou de neurasthénie, les gastralgies (Misraclii). La Phénacétine a été encore prescrite avec un certain succès aux enfants atteints de coqueluche, ils la supportent très bien; c'est d'ailleurs un bon médicament dans la médecine infantile (Hagenbach). On signale encore ses utiles effets dans la polyurie nerveuse, les vomissements des phtisiques, le mal de mer, l'influenza, les fièvres herpétiques et catarrhales (Jorissenne), l'insomnie nerveuse (Porcher).
Localement, sur les plaies, elle s'est montrée très bon calmant (Misrachi), ainsi que sur les articulations enflammées (G. Taylor).
Modes d'administration et doses. — Deux sortes commerciales : r allemande (Bayer), 2° française (Poirrier), sont à la disposition des médecins.
L'insolubihté excessive de la Phénacétine est un gros obstacle à sa facile administration. Elle est prescrite en cachets de 0 gr. 25, à la dose de 1 à 2 grammes, 4 grammes plus rarement (Lépine), aux adultes; 0 gr. 10 à 0 gr. 23 aux enfants. Pour les usages externes on emploie comme véhicules l'huile, la lanoUne ou l'alcool.
ACIDE ANHYDRO-ORTHOSULFAMIDE-BENZOÏQUE. - SACCIIARIINE.
Angl. : Saccharine. — Ail. : Saccharin.
La Saccharine, ou sucre de houille, de composition complexe, G 'H'O^.S^OSAzH, est une poudre cristalline, inodore, d'une saveur sucrée considérable; soluble dans 333 parties d'eau froide ^8 d'eau bouillante et 30 parties d'alcool. G'est un dérivé de l'a. benzoïque et découvert, en 1879, par Fahlberg.
Propriétés. - Elle est surtout remarquable par sa saveur sucrée, et telle qu eUe remplace 280 fois son poids de sucre de canne
Sur la muqueuse buccale elle détermine de l'irritation assez violente 1 outefois les ammaux la supportent à la dose de 8 grammes (chien) sani qu'û en résulte d'effet physiologique. L'éUminatioJ se fait pa7les ;eTns (ryîantT) ^^^'^^^ — 'es nouîr":
La Saccharine est douée de propriétés antiseptiques certaines. Une solution a 1 gr. pour 300 empêche le développement du SiaphToccu^
celle d 1/100 la culture du Baclerium iermo fMarfan et G. Paul)
'ù!umTZ7:^ ~ ou' paraphénétol carbonique, crislalbsée en
aiguilles, mcolore, soluble dans 80 parties d'eau, a une saveur sucrée
agréable et remplacerait avantageusement la Saccharine (l*etit) comme édulcorant. L'a. salicylique est son synergique antiseptique.
Usages. — Ils sont fondés sur ses propriétés édulcorantes et antiseptiques. Comme 1 gramme de Saccharine communique la saveur du sucre ordinaire à 1 kilogramme de glucose, des industriels l'ont employée pour remplacer le sucre de canne. Au point de vue hygiénique, cette pratique n'est pas dangereuse très vraisemblablement, aussi bien est-elle tolérée à la condition d'être avouée. SalkOAVski la trouve inoffensive dans l'alimentation.
C'est ainsi encore que la saccharine a été proposée aux diabétiques pour sucrer leurs aliments; mais elle leur est désagréable au goût au bout de peu de temps et nuisible (Worms). Enfin elle masque assez bien la saveur de la quinine.
Comme antiseptique, elle combat l'état de putridité dans les voies digestives et, s'éUminant avec l'urine, elle peut rendre des services dans la pyélo-néphrite, le catarrhe vésical et les cystites (Aducco, Mosso); en applications locales, contre le muguet (Fournier). Enfin G. Paul en fait un dentifrice recommandable, antiseptique de la bouche.
Modes d'administration et doses. — On prépare des pastilles de 0 gr. 05, à l'usage des diabétiques, l'équivalent d'un morceau de sucre. La Saccharine forme avec les alcalis ou leurs carbonates des sels; on atténue donc ses propriétés un peu irritantes quand on l'associe aux alcaUns. Elle se combine également avec la quinine et masque. sa saveur amère.
Les doses thérapeutiques 'sont de 0 gr. 50 à 1 gramme comme antiseptique. , ,1.
Pour les soins de la bouche, une cuillerée à café d'une solution alcoohque
à 1/50 dans un demi-verre d'eau (M. Fournier).
ACIDE BORIQUE. — Voy. Commentaires, p. 452.
Le Supplément du Codex mcMque{Corrigendum) que l'A. borique normal est soluble dans 34 parties d'eau froide à 12°; 30 parties à 15°; et 16 foi* son poids d'alcool h 90 centièmes, à 20°.
En faisant un glycéré : glycérine neutre, 120 grammes; A. borique 80 grammes (Chéron),on augmente la solubiMté dans l'eau de cet excellent agent.
ACONITINE. - Le Codex de 1884 ne mentionnait pas les granules d'Aconitine cristalUsée. Le Supplément indique leur préparation.
Les granules officinaux sont colorés en rose et renferment chacun un dixième de milhgramme d'Aconitine cristalUsée.
la poudre officinale d'Aconitine entre dans la préparation des granules Pt se compose de : Aconitine cristalUsée, 1 gramme ; sucre de lait pulv.. 90 sr 50; carmin n° 40, 2gr.50. Un gramme de cette poudre renferme un centigramme d'Aconitine cristalUsée. Elle n'a bien entendu et ne pcul avoii" aucun emploi thérapeutique. Voy. Commentaves, p. 498.
ANALGÉSINE. — ANTIPYRINE. 37
ANALGÉSI]\E. — ANTIPYRINE.
Angl. : Antipyrin. — AU. : Antipijrin.
Chimiquement, c'estlàcHméthyloxyginnisine, C'-IP-Az-O-. Dans la pratique médicale on la désigne indifleremment sous les noms d'Antipyrine ou d'Analgcsine. Elle a été découverte par Knorr, qui a donné la formule ■de sa préparation en 1884, puis étudiée aussitôt par Filehne, d'Erlangen. comme médicament.
Elle est en cristaux incolores, inodores, à saveur un peu amôre, solubles dans moins d'une partie d'eau, 1,5 d'alcool, une partie de chloroforme, etc.
Action physiologique. — Sur les muqueuses et dans le tissu cellulaire sous-cutané, action irritante assez marquée, vaso-constrictive sur les capillaires, très fugace.
Ses propriétés toxiques sont faibles chez l'animal : 1 gr. 50 par kilogramme de lapin est une dose léthale. L'homme supporte facilement jusqu'à 12 grammes, à moins d'idiosyncrasie particulière ; on note dans les cas d'intolérance de la prostration et l'afTaibLissement du cœur; ou bien de l'excitation cérébrale et des bourdonnements d'oreille (Lépine); des troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée.
Chez les animaux les doses toxiques déterminent des troubles excitomoteurs: convulsions tétaniques généralisées, rigidité universelle (Bouchard) comme dans le strychnisme (Gley) ; parfois une sorte d'état cataleptique (Hénocque) avec conservation des mouvements volontaires. La sensibilité tactile est exaltée; puis perte des réflexes, paralysie musculaire complète, arrêt du cœur, après dépression circulatoire graduelle et abaissement de la température. Au début de l'empoisonnement la pression sangume s'élève, pour s'abaisser plus tard; resserrement constant des vaisseaux profonds (Morat et Casimir).
^ Chez l'homme sain les doses non toxiques n'ont aucun effet important - noter parfois un peu d'ébriété, du vertige, des nausées. Mais dans les e ats fébriles on a signalé des accidents ou des résultats dignes d'intérêt et qu il nous faut relater ici.
Fait capital, la température fébrUe baisse au bout d'un quart d'heure le pouls perd son dicrotisme et se ralentit (von Hofl-er), la fièvre cède en somme, pour un temps variable, de plusieurs heures souvent, et le
nk nt dp'fT" Z ^ abondammen et se
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38 ANALGÉSINE. — ANTIPYRINE.
L'Analgésinc n'altère pas les globules sanguins (Hénocque). C'est cependant le poison du protosplasma (Demme).
Elle s'élimine par les reins, assez rapidement. Le perchlorure de fer, l'acide nitrique, décèlent sa présence dans l'urine très sûrement: coloration rouge, teinte verte.
Chez les fébricitants l'urine est très modifiée : sa quantité diminue de 40 p. 100, les matériaux soUdes y sont moindres (10 p. 100) et, parmi eux, l'urée (21 à 33 p. 100) surtout, les chlorures, l'a. phosphorique, l'a. sulfurique des sulfates, enfin l'azote total y est aussi en moindre proportion (13 p. 100, Lahousse); par contre l'a. urique augmente (A.. Robm;. Tout porte à croire à un abaissement des oxydations organiques, àun ralentissement dans les échanges organiques (Brouardel), car, je le répète, l'excrétion de l'urine, ceUe de l'urée et de l'a. carbonique ont diminue. . Plus rarement l'urine n'est pas modifiée.
L'Analgésine s'éUmine encore par la muqueuse intestinale et la peau, par les glandes saUvaires (PavUnotT). , . -u
Enfin il est probable qu'eUe s'accumule dans le foie, où elle empêche (Lépine et Porteret) la transformation du glycogène en sucre.
L'Analgésine parait porter avant tout son action sur les centres nerveux, sur le myélencéphale, atteignant particulièrement le bulbe et la moeUe épinière. Comme antilhermique elle agit principalement sur les centres thermogènes encéphaUques, mais sans doute encore en facihtant la perte de«la chaleur par la peau, grâce à son action vaso-dilatatrice, et de plus en diminuant les combustions organiques. Ses effets analgésiques, excitomoteurs, paralytiques pour les muscles, le cœur elles nerfs vaso-moteurs démontrent que le bulbe, la moelle épinière, le grand sympathique sont touchés par l'Antipyrine. .
Cette substance est douée de quelques propriétés antiseptiques : elle est antifermentescible, antigerminative, antiputrescible, en solution deo p^lOt^ h 10 p 100 (Vishecq, Karst, Yerneuil, A. Robin, Brouardel et Loye). A lanna affirme qu'elle agit sur le bacille de Lœffler et sur sa toxme.
Synergiques. -L'Antipyrine a pour synergiques les nombreux médicaments antithermiques-analgésiques. Je me borne à ^f^^'''^^';-?^J,' ceux qui ont été l'objet d'une étude récente : la thalhne, la kainne (Fûehne.,, le phLcoUe (llerzog), très vanté par Cerna et S. Carter, dérivé de la phenacétine, la résorcine, etc. Les deux premières sont dangereuses par leu action dépressive sur le cœur (Beyer) et destructive des hématies 1 ai contre la iohfpyrine et son saUcylate ou Tolysal ont des propriété, absolument analogues h ceUes de l'Antipyrine, aux mêmes doses, et leur prix de re^^ent est moindre (Guttmann). .
Usages. - Les thérapeutes ont mis h profil l'action antilherm.que-analo-ésiaue et les effets antispasmodiques de l'Antipyrine. ° Gommo antUhermiciue elle a ses indications dans toutes les pyre. (OuZann) ; elle ne modir.e pas le eoufs de la malad.e, mais eUe modè.e ' U disp raitre la nève. A ee titre on l'a employée avec des avantages
OU
ANALGÉSINE. — ÂNTIPYRINE.
discutés dans la fièvre typhoïde, où elle donnerait les résultats des bains froids (Clément, Senator), combattrait l'hyperthermie (Huchard) et soulagerait le patient.
Son action antipyrétique est certaine contre la fièvre des tuberculeux. (Huchard, Dareniberg, Lépine, Clément), mais sans grand profit; et plus utile dans les congestions et inflammations de l'appareil respiratoire (Huchard), surtout de nature grippale (E. Labbée). On prescrira l'Antipyrine dans les cas d'hyperthermie, chez les sujets atteints de pyrexie, avec prudence et sans rechercher la défervescence intégrale. Elle échoue évidemment dans la fièvre intermittente, car elle n'est pas antipériodique.
Comme analgésique elle triomphe dans le rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, à l'égal, a-t-on dit, du saUcylate de soude, sans être un dépresseur du coeur comme celui-ci (Sée, Clément) ; dans le rhumatisme musculaire, la goutte articulaire (Masius, Bernheim, Dujardin-Beaumetz, Snyrs, etc).
L'Analgésine, mieux désignée par ce nom que par celui (Filehne) d'Antipyrine, est un puissant calmant, en effet, journellement employée depuis Ungard (1887), contre les migraiaes, avec le succès que tout le monde connaît, les céphalées en général, les névralgies simples et les viscéralgies,les douleurs causées par les diverses ophtalmies, celles de la dysménorrhée, ou de l'accouchement même (Laget, Imbert de la Touche, Queirel, Touin, contredits par Pinzani, Auvard).
A titre d'antispasmodique l'Analgésine a bien réussi contre la chorée (Legroux, J. Simon, Dupré, Moncorvo, Laurencin), la coqueluche (Genser, Oubousquet-Laborderie), l'mcontinence nocturne d'urine (Perret et Devic ; ■ mais elle échoue contre les tremblements.
Quelques médecins ont enfui prescrit ce remarquable médicament contre le mal de mer, en injection sous-cutanée ; la polyurie et le diabète (Huchard, Opitz, SéeetGley, Dujardin-Beaumetz), le coup de soleil(Harris), la lactorrhée, les épanchements pleuraux (Clément), la névrite optique (Valude).
Comme topique c'est un hémostatique fort utile (Moncorvo, Hénocque et Ardum , un décongestionnant des muqueuses, que j'emploie constamment contre la rhimte, et que les ophtalmologistes utiUsent dans bien des cas d ophtalmies superficielles. Résultats du même ordre dans les catarrhes des voies urmaires. La poudre d'Antypirine ou sa solution concentrée arrêtent les epistaxis et les hémorragies utérines. A l'intérieur elle ne semble pas agir pour produire l'hémostase, sauf peut-être contre l'hémoptysie (Byvalkevitsch).
En résumé, l'Antipyrine est une des meilleures acquisitions de la Thérapeutique dans ces dernières années ; ses ser^dces sont tels qu'elle est devenue une sorte de remède populaire, et prescrite aussi par les médecins à I t-'gal de la quinine.
PI r'Jh''n'' médecine infantile, à la suite des travau.x de Moncorvo, Laure et Orolti, Dusch, Demme, Penzoldt et Sartorius, etc., a mis profil avec les
40 BENZOATE BASIQUE DE BISMUTH.
plus utiles résultais ses propriétés antitliermiques, antiphlogistiques et analgésiques dans un grand nombre d'affections fébriles et douloureuses ; <lans bon nombre d'étals inflammatoires du nez, de la gorge et des voies pulmonaires.
Modes d'administration et doses. —11 estprudentde prescrire l'Analgésine -à doses faibles, fractionnées, car elle peut être mal supportée. On la fait iprendi-e en poudre, dans des cachets de 0 gr. 25 à 0 gr. 50, plusieurs fois -répétés, jusqu'à concurrence de 2 à 4 grammes; ou bien en solution, avec un correctif pour masquer sa saveur un peu désagréable (éUxir de Garus, ■solution alcoolique aromatique).
Le lavement d'Analgésine réussit très bien; mKi%V injection som-cutanée .l'emporte sur tous les autres modes d'administration ; malheureusement ^lle est douloureuse. On fait la solution à chaud : 1 gramme pour 5 centi- ' imôlres cubes d'eau, elle ne se trouble pas par refroidissement.
On prépare encore des pommades, des suppositoires, de Vouate à Vantipyrine, h titres variables.
Les alcalins faciUtent sa tolérance par l'estomac ; l'agaricine et l'atropme empêchent ou modèrent son action sudorale (Riegel).
Les médecins l'associent volontiers k la quinine; plus rarement, à la kai-
-i-ine (Mingazzine). .
Quant aux sels qu'elle forme avec les acides chlorhydrique, sulfurique, azotique. Us n'ont pas d'appUcations. Mais Duroy préconise les protoiodureet biiodare d'Antipyrine, se\s bien définis et inaltérables, participant des propriétés des composants, et comme succédanés des lodures
Spica a étudié, d'autre part, la combinaison salicylate d'Aniipyrine ou salipyrine, dont les propriétés sont analogues à celles de l'Antipyrme. Mômes doses et modes d'administration.
Le chioral-antipyrine (Hypnal) est soporifique et calmant, à la dose d un
gramme.
BENZOATE BASIQUE DE BISMUTH. — Sub benzoas bismuthicus.
Angl. : Benzoate of bismuth. — AU. : Wismutbenzoat.
Ce'sel de bismuth est en poudre blanche, sans saveur, à peu près insoluble dans l'eau, soluble dans l'acide chlorhydrique. Il renferme de 64 a 4)0 p. 100 d'oxyde de bismulh. w j
11 a été proposé par P. Yigier, en 1892, pour remplacer le sahcylate de bismuth, rarement pur et renfermant souvent de 3 a 50 p. 100 d'acide saUcvUque hbre. Dans l'estomac, d'aUleurs, ce médicament se décompose .en acide saUcyhque et oxyde de bismulh sous rinQuence de 1 acide chlorhydrique libre. De teUe sorte que, même quand U est pur, son ingestion se traduit encore par l'apport d'acide saUcyUque en nature dans les voies digestives. Or cet acide a des effets topiques irritants, c'est pourquoi P Vicier a proposé de remplacer le saUcylate de bismuth par le Benzoate <le ce mêlai. Cet agent, décomposé dans les voies digestives, est moffensif,
BROMllYDRATE DE CAFÉINE.
puisque l'acide benzoïque n'est pas irritant. Celui-ci est d'ailleurs à peu près l'égal de l'acide salicylique comme antiseptique.
Ses propruHés thérapeutiques sont celles du magistère de bismuth d'une pari et, de l'autre, de l'acide benzoïque : c'est un absorbant, un astringent et un véritable antiseplique, utile surtout dans les irritations de la muqueuse gastro-intestinale et, comme topique, dans certaines dermatoses superûcielles (Voy. Commentaires, p. -451 et 531).
Le Benzoate basique de bismuth se prescrit aux doses de 2 à 6 grammes pour assurer l'antisepsie intestinale, en cachets de Ogr. oO.
BENZOATE DE NAPHTOL p. — Benzoas naphtoUcus p.
Désigné encore sous les noms de Benzo-naphtol (Yvon et Berlioz), de Benzoate de naphlyle, de Benzijle-naphlol (Maikopar), ce produit cliimique, C'-°H°(C''*H'^0''), est cristalUsé, inodore, sans saveur, presque insoluble dans l'eau, fort peu soluble dans l'alcool.
Il a ét£! proposé, en -1892, par BerHoz et Yvon, pour produire l'antisepsie intestinale. C'est, en effet, un antiseptique précieux, facilement accepté par les malades parce qu'il n'a ni odeur ni saveur. Sa toxicité existe à peine, car les cobayes le supportent à la dose de 4 à 5 grammes par kilogramme d'animal.
Chez l'homme il est bien toléré par l'estomac, produit la diurèse et constitue notre meilleur antiseptique intestinal (Gilbert).
Ingéré par l'estomac, il se décompose en acide benzoïque et naphtol dans les voies intestinales. 11 agit donc dans l'intestin comme le naphtol (voy. ce mot), et son acide benzoïque absorbé se transforme en acide hippurique qui passe dans l'urine. C'est pourquoi le coefricient urotoxique de celle-ci est très diminué pendant l'usage du Benzoate de naphtol.
Ce médicament est mieux toléré par les malades que le naphtol p et que le bélol ou saUcylate de naphtol p.
Son usage est indiqué dans tous les cas où l'on recherche l'antisepsie intestinale ; dans les entérites et la lithiase biliaire, quand il y a danger d'infection; dans la dysenterie chronique (Laveran), la tuberculose intestinale. Mais il est nécessaire de l'associer aux astringents dans certains cas de diarrhée.
Bruck le prescrit beaucoup dans la médecine infantile, à des doses variables, suivant l'âge, de Ogr. 20 à 2 grammes. Aux adultes on administre ce médicament en cachet, de Ogr. 50, aux doses de 2 à i grammes.
BROMllYDRATE DE CAFÉINE. - Bromhydras cafeinus.
Sel en beaux cristaux tubulaires, s'altérant à l'air, décomposables par eau et l'alcool. Sa formule est C'«H'"Az'*0SlIBr+2IP(P. lia les propriétés, les usages et les modes d'administration de la caféine et s'emploie aux mêmes doses, mais il est peu prescrit.
BROMURE DE STRONTIUM.
BROMIIYDRATE D'IIOMATUOPINE. — Bromhydras homatropineus.
Aussi nommé bromhydrate de phényl-glycolyl-tropéine, ce produit, C32H-'AzO^HBr, est en poudre blanche cristalline, incolore, inodore, d'une saveur amère, très soluble dans Teau (Voy. Homalrofinp).
BROMURE DE STRONTIUM. -■ Bromurelum sironlicum.
— Angl : Bromide of strontium. — AU. : Strontium bromide.
Ce sel, SrBr + 3H20^ cristallise en aiguilles solubles dans l'alcool et dans une partie d'eau, à 20°.
La strontiane et ses sels étaient presque inusités avant les travaux de Laborde, en 1891.
Action pnYSiOLOGiQUE. — Théoriquement on pouvait supposer une action toxique aux sels de strontiane, si voisins des sels de baryte, composés éminemment redoutables. Il n'en est rien. L'homme supporte facilement l'usage quotidien de doses de 2 grammes de carbonate ou de laclate de strontiane pendant plusieurs semaines, et le Bromure de strontiane est souvent mieux toléré que celui de potassium.
En injection hypodermique le Bromure de strontium est irritant pour le tissu cellulaire.
Les effets généraux sont ceux du bromure de potassium: réflexes atténués ou supprimés, somnolence, hébétude, stupeur, et retour à l'état normal quand la dose n'est pas trop forte. Chez l'homme, le Bromure de strontium agit exactement comme le bromure de potassium, donnant aussi parfois des accidents de bromisme ; mais il est mieux toléré par l'estomac Sée lui attribue une véjritable propriété eupeptique. Il s'élimine avec l'urine.
Usages. — Le Bromure de strontium peut remplacer, souvent avantageusement, le bromure de potassium dans toutes ses applications. Sée l'a prescrit avec succès aux dyspeptiques hyperchlorhydriques ; Coronedi, contre le symptôme vomissement; Féré, aux épileptiques ; Dujardin-Beaumetz, aux gastralgiques.
En définitive le Bromure de strontium agit surtout par son brome, comme Viodure de strontium agit par son iode, le laclate de strontium et la fjhosphaie de strontium agissent par leurs acides.
Le phosphate est certainement reconstituant par son acide phosphorique.
Le lactatede strontium est diurétique, il a été préconisé contre certaines néphrites, exception faite surtout pour la néphrite interstitielle; il a fait manifestement baisser ou disparaître l'albumine dans quelques cas. aux doses de 1 à 4 grammes par jour.
Yulpian avait autrefois essayé l'azotate de strontiane dans les arthrites rhumatismales sans grand succès.
On administre le Bromure de strontium sous les mêmes formes et aux mêmes doses que le bromure de potassium, le plus souvent associé au sirop d'écorces d'oranges amères ou bien eh solution aqueuse, à 20 grammes pour.iOO grammes d'eau distillée. Doses -.lui grammes et plus par jour.
CANTHÂRIDATE DE POTASSE. 43
CAFÉINE. — {Corrige)îdim).La Caféine omcinale, C"'H'°Az''0'-, H^0^ c'està-dire hydi-atée, se dissout dans 72 parties d'eau à IS", 40 parties d'alcool à 85 centièmes à 15°.
Cet excellent tonique du cœur, stimulant du système nerveux moteur, excitant de l'activité cérébrale, cet incomparable diurétique est toujours l'un de nos médicaments les plus employés ; et ses nombreuses indications ont conduit les médecins à hâter son absorption enl'injectant sous la peau. Je donne donc ici deux formules d'injection sous-cutanée de Caféine, d'une pratique commode : saUcylate de soude, 3 gr. 10 ; caféine, A grammes ; eau distillée stériUsée, Q. S. pour obtenir 10. ce. (6 grammes). Chaque seringue d'un centimètre cube, renferme 0gr.40 de caféine (Tanret). La formule deDujardin-Beaumetz est plus simple : Benzoate de soude,! gramme ; caféine, 1 gramme; eau distillée stérilisée, 3 gr. 50.
La Caféine entre dans une composition trop vantée récemment, la Migrainine, qui renferme par gramme : Ogr. 09 de caféine; Ogr.So d'antipyrine ; 0 gr. 06 d'à. citrique.
CANTHARIDATE DE POTASSE. — Cantharidas potassicus.
Angl. : Cantharidale of Potassium. — Ail. : Cantharidinsaûre Kuli.
Ce composé, C^^H'^R^O'^H^OS est cristalhsé en aiguilles solubles dans 25 parties d'eau froide, 12 d'eau bouLllante,peu solubles dans l'alcool, insolubles dans l'élher et le chloroforme {Codex).
Son ACTION PHYSIOLOGIQUE est ccUe des cantharides et de la cantharidine. Comme ces substances il est doué de propriétés irritantes, qu'U manifeste aussi bien lors de son passage à travers ses émonctoires, le rein et les voies urinaires, le poumon et les bronches, qu'en applications sur la peau.
En 1891, Liebreich a songé à mettre à profit son action spéciale sur le poumon, l'exsudation séreuse, sorte de vésication de l'organe, dans le traitement de la tuberculose.
Usages. — Depuis bien longtemps on a constaté l'heureux effet des applications répétées de vésicatoires sur lapoitrine des phtisiques ; or ces révulsifs ajoutent vraisemblablement l'effet de la cantharidine absorbée à leur action topique. Liebreich a pensé d'autre part qu'en injectant le Cantharidate dépotasse sous la peau on arriverait à produire une sérumlhérapie locale, pulmonaire, une auto-sérothérapie bactéricide. La clinique a enregistré des résultats divers de cette pratique. CornU la désapprouve comme dangereuse et inutile. FornaUni compare l'action du Cantharidate de potasse h celle de la tubercuUae de Koch. 11 détermine, en effet, une véritable réaction fébrile (Rosenbach). Kahn vante beaucoup le cantharidate de soude contre la laryngite sèche; Demme, contre la laryngite tuberculeuse.
On a tUt que le Cantharidate de potasse, mieux toléré par l'estomac, avait une réeUe efficacité, administré par la bouche, contre la toux des tuberculeux, en même temps qu'il améUorait leur état général. Les accidents sur les voies urinaires seraient aussi moins fréquents.