‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 132 sur 384 · MÉLISSE OFFICINALE · texte numérisé non relu

MÉLISSE OFFICINALE

An-1 • DwarfMalluw. - AU. : RundOlàUrige Malvc, Runderpeppelkraul.

Cette espèce, également vulgaire, ne diffère de la précédente ni par ses qualités, ni par ses usages. Seulement ses petites fleurs pâles ne sont pas employées seules. D'un autre côté, ses fruits sont plus chargés de matière visqueuse, et les enfants les mangent avec plus de plaisir.

MÉLILOT OFFICINAL, Melilotus offîcinalis, Lamk. - Légumineuses -

Papilionacées.

AnM • Melilot Trefoil. — AU. : Steinklee, Mehlolenklee.

he^Mélilot officinal, commun dans les lieux secs et sur le bord des chemins, répand une agréable odeur analogue à celle de la Fève tonka, et qu'on attribuait à de l'acide benzoïque dont Vogel avait annoncé la présence dans cette Légumineuse, mais on la rapporte aujourd'hui à un prmcpe particulier, la Métilotine, que GuiUemette considère comme isomère avec îa Coumarine de la Fève tonka. Cet arôme, qui s'accroît par la dessiccation et dont s'empare l'eau bouillante, a valu au Mélilot plusieurs de ses usages

^Tr^rirLturlTpour exciter l'appétit des bestiaux, au tabac à

^1r;^^:^~sertcommed'unIégerantispasmodiquee^^^^ soit à l'intérieur, dans la colique flatulente, par exemple, soit i l extéueur, et plus habituellement dans l'érythème cutané et les inflammations légères

et superficielles des yeux. ,. . 4 ^ h grammes

Ce sont les sommités fleuries qu'on emploie à la dose de 15 à 30 grammes

en infusion ou en décoction, dans 750 grammes d'eau. Les Melilotus itaUca et M. c^rulea peuvent servir aux mêmes u.ages.

MÉLISSE OFFICINALE, Métissa offir.inalis, L. - Labiées. Angl : Common Balm. - AU. : Melissenkraut, Cilronenkraut L^félisseon ^«//e croît autour des habitations et dans le lieux

incultes, principalement dans les provinces méridionales. ^ est pami le

Labiées aromatiques, l'une de celles dont l'odeur qui rappelle 1 «P^^^J^j;

citron, est la plus suave et la plus délicate; aussi sa réputation comrne t

machique, cordiale, digestive, tonique et

très ancienne. Elle possède d'aUleurs toutes les qualités espè^e^J^^^ gées d'huile essentielle ; mais, pas plus que ces dernières elle ne guérit la mélancolie, l'hypochondrie, la paralysie, etc. Elle est utile dans ces affe - ^ons e d ns l'aménorrhée, pour stimuler l'estomac, réveiUer la circulation On peut l'employer aussi avec avantage dans les catarrhes des mu-

"^VhuUe essentielle de Mélisse se prend à la dose de quelques gouttes dan,

de la plante entière ; Veau distUléede MéUsse, sim^ 1 ln?on met 60 à90 grammes dans une potion. La Mélisse donne sou Ïom it trorra-use L de MéUsse des Cannes. On en faisait un s.oj.

MENTHE POIVRÉE. --^ Elle entrait dans plusieurs compositions officinales, la plupart inusitées, notamment dans le Sirop d'Armoise, la Poudre chalyhêe, etc.

MENTHE-COQ. — Voy. Balsamite odorante.

MENTHE POIVRÉE, Mentha piperita, L. — Labiées. Angl. : Peppermini. — Ail. : Pfeffer Mûnze.

La Menthe poivrée n'appartient pas seulement à la flore de la Grande- Bretagne, comme le feraient croire la dénomination de Menthe anglaise et les indications données par quelques auteurs de matière médicale; c est une plante indigène en Europe, en Asie et même en Amérique, dans les lieux humides.

Composition. — Ses principes constituants sont : une essence aromatique, une résine, une substance amère, de l'acide tannique et de la cellulose.

L'essence aromatique se compose d'une huile volatile et d'un stéaroptène ou camphre, le menthol,

Action physiologique. — 1,2^. Menthe poivrée possède au plus haut degré les propriétés organoleptiques des Labiées aromatiques : odeur pénétrante, saveur camphrée et comme poivrée, suivie d'une sensation de fraîcheur et même de refroidissement, plus marquée lorsqu'un courant d'air atmosphérique ariive au contact de la muqueuse buccale, ainsi que d'une anesthésie notable, mais momentanée, quand l'impression a été trop forte. Cette anesthésie locale dont je constatais l'existence dans la première édition de ce livre (1868) a été spécialement signalée en 1871 par un médecin américain, A. Wright, qui en devait la connaissance aux Chinois. Delioux de Savignac va même plus loin ; il attribue à l'essence une action antalgique générale, utilisable contre un certain nombre d'états douloureux. Les anciens Romains (Voy. Pline) étaient parfaitement au courant de tous ces faits d'analgésie par la menthe.

La première partie de ces phénomènes est ressentie également dans l'estomac, et l'excitation qui en résulte, retentissant sur le reste de l'économie, donne lieu sympathiquement à une stimulation très généralisée, indépendamment de l'excitation diffuse qui pourra résulter plus tard de l'absorption de l'essence aromatique et de son passage à travers les parenchymes servant de voies d'élimination.

Dans ce trajet, l'huile volatile de Menthe poivrée se comporte comme ses congénères, et agit sur les formations épithéliales et sur les sécrétions, ainsi que nous l'avons dit à propos de l'Anis et des Ombellifères aromatiques.

Au résumé, la Menthe poivrée stimule l'estomac, active la digestion, provoque la contraction du ventricule, l'expulsion des gaz par les voies inférieures et supérieures ; excite le système nerveux par action réflexe ; accélère la circulation, élève la température ; resserre néanmoins localement le réseau capillaire sanguin des émonctoires que baigne son essence •

230 MRNTIIE POIVRÉE,

diminue la sécrétion muqueuse et la genèse épilhéliale, ainsi que la sécrétion lactée, accroît au contraire quelquefois la diurèse et la transpiration cutanée.

Usages. — De cette action physiologique, complexe, se déduisent logiquement les indications pour l'emploi de la Menthe poivrée. Aussi est-elle fréquemment usitée comme stomachique, carminative, cordiale et stimulante ; plus rarement comme antispasmodique et emménagogue. Et Delioux n'hésite pas à la déclarer propre à calmer les douleurs utérines, hépatiques ou rénales, ou plutôt h servir d'adjuvant aux agents de sédation plus énergiques.

Macdonald abonde aussi dans ce sens et dote l'essence de menthe de propriétés antinévralgiques. Cette essence est encore antiseptique.

La Menthe poivrée est recommandée contre l'obstruction des viscères, les catarrhes des muqueuses, ainsi que contre les tremblements nerveux. Elle n'agit dans le premier cas que parce qu'elle diminue l'hypérémie; dans le second, en modérant l'exhalation du plasma particulier de l'épithélium, qui est le mucus, et la formation trop rapide des néocytes (Gubler) ou teucocxites (Ch. Robin), qu'on appelle globules de mucus, globules de pus, et qui ne sont autres, selon nous, que les premiers états des cellules épithéliales. Elle ne favorise donc pas l'expectoration, comme le répétaient sans cesse nos devanciers, mais elle supprime la matière à expectorer ou la diminue considérablement. Dans le tremblement asthénique, elle est utile par l'excitation sympathique qu'elle détermine dans le système nerveux, et par la fièvre artificielle qui en résulte. « Fehris spasmos solvit. »

La remarque de Linné, que la Menthe amoindrit ou supprime la sécrétion lactée chez les vaches, a eu son application dans la pratique médicale. L'usage de cette Labiée est conseillé aux nourrices pour faire passer leur lait Rappelons que le camphre est employé aux mêmes usages.

Modes d'administration et doses. - La Menthe poivrée s'administre souvent en infusion théiforme contre les indigestions, la colique et la diarrhée. Quelquefois on donne les sommités Qeuries en poudre, dose de

2 à 4 grammes. ^ , i ,

On emploie l'eau distillée à la dose de 60 à 90 grammes dans la plupart des potions cordiales et stimulantes; le sirop à la dose de 30 grammes seulement. On met 6 à 12 gouttes d'huile volatile dans une potion.

h'esprit de Menthe poivrée (solution d'huile volatile dans l'alcool) se prescrit à la dose de 2 à 8 grammes, et l'essence de Menthe dite aiiglaise (bien qu'une sorte excellente soit fabriquée par L. Laroze aux environs de Sens) qui n'en diffère que par la pureté et le degré d'activité, se donne ;\ la dose de 2 à 5 gouttes sur du sucre. Ces deux préparations entrent dans les eaux ou poudres dentifrices les plus usitées.

Mais l'un des modes d'emploi les plus fréquents et les plus commodes est assurément la forme de pastilles ou tablettes qu'on laisse fondre dans la

^""if Menthe poivrée sert aussi à l'extérieur en cataplasmes résolutifs très

MliNTIlE VEUTIi. "^'^^ excitants, surtout rubéfiants et presque vésicants, ainsi qu'en lotions sur des surfaces qu'il s'agit d'animer et sur des ulcères icboreux dont on veut modifier la sécrétion.

En Chine et au Japon on vend contre la migraine et les névralgies une préparation de consistance demi-solide comme le baume Opodeldoch, mais tout à fait hyaline, dont l'odeur pénétrante et aromatique rappelle un mélange d'essence de Menthe et d'ammoniaque. J'en ai fait usage sur moimême et sur d'autres et j'ai pu m'assurer que ce produit étalé sur la tempe détermine localement une sensation de fraîcheur intense et durable, suivie d'un apaisement très marqué de la douleur. Les effluves qui s'en échappent produisent au contraire sur l'œil une sensation de chaleur irritante.

On imite ce topique japonais en incorporant à de la parafine de l'essence de Menthe rendue plus volatile avec un peu d'alcool, puis moulant le tout en cônes ou crayons.

MENTHE POULIOT, Mentha Pulegium, h. — LabiiÎes. Angl. : PenuTj -royal. — AU. : Poley Mû'nze.

Le Pouliot commun, très répandu autour des mares et des fossés qui bordent les routes, doit son nom à ce qu'il a le don de chasser les puces [Pulex), propriété que, du reste, il partage avec les autres plantes fortement aromatiques.

Sa composition est pour ainsi dire identique avec celle de sa congénère, la Menthe poivrée, et son action physiologique n'en diffère que par une moindre intensité. Cependant on lui attribue sans raison des vertus héroïques comme emménagogue, antispasmodique et antigoutteuse (J/e?i<^apodograria). Nous ne lui reconnaissons pas cette spécialité ni cette supériorité d'action, et nous pensons que le fer, auquel Haller l'associai!, entrait pour une bonne part dans les effets emménagogues observés chez déjeunes chlorotiques.

Le Pouliot entrait dans le Sirop (VArmoise, VEau hystérique, \Si Poudre chalybée. On en prépare encore une huile essentielle, un esprit et une essence, ainsi qu'une eau distillée comme pour la Menthe poivrée. Ces préparations et la plante entière s'emploient de môme que la Menthe poivrée et à peu près aux mômes doses.

Le liquide connu en Angleterre sous le nom à'Eau antikystérique de Penny-royal est composé d'eau distillée de Pouliot, additionnée de teinture de Bryone composée.

MENTHE VERTE, Mcnlha viridis, L. - Labuces. Angl. : Spearmint, Grcen mint.

Comme les précédentes cette variété de menthe renferme une huile essentielle, à laquelle il faut attribuer ses propriétés médicales, qui sont surtout celles de sa congénère, la menthe poivrée. On y trouve encore du tannin, un principe amer et peut-être une résine.

232 MliU';UllI\l.E ANNUlîLLti.

On l'administre en infusion (sommités fleuries), ou bien on prescrit son (au distillée, son huile essentielle, etc. Elle s'administre en somme dans les mômes conditions et sous les mêmes formes que la Menthe anglaise qu'elle peut remplacer dans toutes ses applications.

MÉNYANTHE OU TRÈFLE D'EAU, Mcnyanlhes trifoUala, L. — Gen-

TIANÉES.

Angl. : Common Buckbean, marsh Trefoil. — Ali. : Vasserldee, Fieberklee.

Cotte Gentianée anomale habile les lieux aquatiques et marécageux. Elle passe pour servir de nourriture auxBièvres ou Castors (C«s/o?' fibcr), d'où lui viennent un de ses noms allemands et son appellation latine Trifolium fibrinum.

Composition. — Le Trèfle d'eau, analysé par Trommsdorff, a donné 25 pour 100 de matières solides, à savoir : extractif amer, albumine végétale, résine verte (chlorophylle), matière particulière, précipitable par le tannin mais soluble dans l'eau et l'alcool affaibli, gomme brune, fécule [inuline ou ményanthine), acide malique et acétate de potasse.

Vextraciif amer, soluble dans l'eau, est le principe actif de la plante.

Action physiologique. — Le Ményanihe est d'une amertume extraordinaire qui devient nauséeuse; son odeur est peu marquée. Il agit comme tonique non styptique, à la manière des autres amers dépourvus de tannin, et se rapproche ainsi de la Gentiane et de la petite Centaurée, plantes de la même famille.

Usages. — En Sibérie, on le substitue au Houblon ; en Laponie, on ajoute la poudre de sa racine au pain grossier dont se nourrissent les habitants.

La médecine en tire parti dans les fièvres intermittentes, les affections herpétiques, le scorbut, l'anémie, les cachexies, et dans tous les cas où les toniques amers sont indiqués. Autrefois on lui attribuait des propriétés emménagogues, comme l'indiquerait son nom grec : [AvivuavOiç.

Modes d'administration et doses. — On donne la poudre de feuilles îi la dose de 60 centigrammes à 1 gramme. On en prescrit le double en infusion. Le suc se prend à la dose de 30 grammes ; Vexlrait à celle de 30 à 60 centigrammes.

Le Trèfle d'eau est souvent associé à des amers-aromatiques. Sa racine et ses feuilles entrent dans VEau générale, VEau et le Sirop antiscorbutigues.

MERCURIALE AN^UELLE, Mercurialis annua, L. — EurnORBiACÉES. Angl. : Annual Mercury. — Ail. : Jahriges Bingelkraut. La Mercuriale ou Foirole est l'une des mauvaises herbesles plus répandues dans les jardins.

Composition. — Elle renferme, d'après Feneulle, un principe amer purgatif, du muqueux, de la chlorophylle, de l'albumine végétale, une substance grassp.une huile volatile, de l'acide pectigue, du ligneux, des sels et

MÉZÉRÉON OU BOIS- GENTIL. 233 de l'ammoniaque. Le principe amer purgatif est soluble dans l'eau. La Mercuriale, au dire de Reichardt, renfermerait un alcaloïde liquide, la Mercuri'iline, d'une odeur nauséabonde et très vénéneuse.

Action physiologique et usages. — La Mercuriale doit son nom vulgaire à ses effets cathartiques prononcés. Cependant, débarrassée de son principe actif par l'ébullition dans l'eau, elle devient comestible et se mange comme épinards dans quelques pays de l'Allemagne. Son suc a un goût salé.

Sans parler des pratiques surannées dont cette plante a été l'objet, on peut dire que de notre temps la Mercuriale ne s'administre plus que sous forme de Mellite et pour l'usage externe. On prescrit le Miel mer curicU, ou mieux le Miel de Mercuriale, en lavement, à la dose de 15 à 30 grammes pour les enfants, et de 30 à 60 pour les adultes, comme laxatif.

Cependant V extrait aqueux (Lemolt) purge aussi par l'estomac, à la dose de 4 à 8 grammes. Il en serait de même de sa décoction, mais cette préparation repoussante n'est usitée que par les indigents dans quelques campagnes.

En même temps qu'elle purge, la Mercuriale agit aussi comme diurétique ; elle peut donc rendre des services non seulement dans la constipation et dans les aCfections qui réclament les purgatifs, mais encore dans les hydropisies. Linné lui accorde des vertus hypnotiques prédominantes.

La Mercuriale' est employée comme laxalive, hydragogue, diurétique, emménagogue. Elle devient émoUiente après la coction, et peut servir à préparer des cataplasmes adoucissants.

Elle entrait dans la composition du Sii^op de longue vie ou de Calabre (de Zwinger).

MÉZÉRÉON ou BOIS-GENTIL, Daphne Mczereum, L. — Damnacées. Angl. : Common Mezereon or spwge Olive. — Ail. : Kellevhals, Seidelbast.

Le Bois-gentil ou Lauréole femelle, est un arbrisseau indigène dans nos bois montueux.

Nous en avons donné ailleurs la composition chimique (voy. Garou). Il fournit sans doute une partie des écorces de Garou du commerce, ce qui est sans inconvénient, puisqu'il possède exactement les mômes propriétés que le Daphne Gnidium.

Action physiologique. - Analogue au Garou dont il possède tout à fait les propriétés irritantes locales, pouvant aller jusqu'à la vésication et l'escharification, on comprend que le Bois-gentil puisse devenir à dose élevée un drastique violent, irritant le tube digestif et produisant avec des douleurs atroces de 1 estomac et de l'intestin des superpurgations et de Tcntérorrhagie.

Toutefois à dose faible c'est un simple diurétique, un sudorifique incertain et un laxatif doux. On dit qu'à la longue il agit sur les reins et les irrite a la laçon des cantharides.

Je n'insiste pas sur les effets généraux du D. Mé?créon, dérivé? vraisem-

234 MlliL.

blablement de son action topique irritante sur l'intestin : le collapsus, l'affaiblissement des membres inférieurs, etc.

Usages. — Le Mézéréon a été doté de propriétés dépuratives et conseillé contre la goutte, le rbumatisme, la scrofule, la sypbilis, les dermatoses. On l'a encore conseillé à titre de masticatoire contre les névralgies dentaires. Ses usages actuels sont plutôt externes; et analogues à ceux du

Garou. , j

Modes d'administration et doses. — On prescrit surtout la décoction de

1 à 8 gr. de Mézéréon pour 1000 à 1500 gr. d'eau.

La poudre d'ccorce, la pulpe de haie, Vextrait alcoolique, qui se donnent aux doses de 0,05 à 10 centigr., sont fort peu usités. Biett et Cazenave ont surtout conseillé le sirop, préparé avec 0,20 d'extrait pour 1000 grammes de véhicule.

Le Mézéréon entre dans la Tisane lusitanienne et accompagne souvent la Salsepareille dans ses diverses préparations.

MIEL. Sécrétion de VAbeille domestique [Apis mellifica, h.) ~ Insectes- Hyménoptères.

Angl. :Hutiey, Hive bee, Honey bee. — Ail. : Honig.

Composition. - Le Miel peut être considéré comme une solution concentrée de sucre, mêlée à de la cire et à des matières colorante, odorante et ^ommeuse (Proust), à des acides végétaux et même à du ferment ou couvam ° Le sucre est de deux sortes : l'une cristallisable, analogue à du sucre de raisin l'autre incristallisable, comme la Mélasse ou résidu sirupeux brun du sucre de betterave. Guibourt y a constaté en outre de la Mannite.

Enfin certains Miels provenant du butin fait par les Abeilles sur des fleurs malsaines, contiennent des principes désagréables, nuisibles et même vené-

"'IcTioN PHYSIOLOGIQUE. - Le Miel est généralement un aliment sain et agréable au goût, bien que, pris en quantité un peu considérable, il laisse dans l'arrière gorge une sensation d'âcreté ordinairement légère mais p rfois assez forte, surtout chez les personnes dont la muqueuse est irri able. Par exception, le Miel de Trébizonde, récolté sur l'Aza^ea pon^ca et certains miels de l'Amérique signalés par Auguste Saint-Hilaire, Humboldt et P Bonpland, possèdent des propriétés nocives ou délétères, selon la dose, et déterminent un violent mal de tête, des vomissements, la perte des sens, de la motricité, et finalement la mort, à la manière des poisons narco inues Mais le Miel de nos contrées n'a aucun de ces inconvénients, il relâche seulement un peu le ventre, ce qui est souvent avantageux. D ailleurs il offre des qualités variables de couleur, d'odeur et de gout, selon les niantes qui le fournissent. Les deux sortes les plus estimées sont : .e Miel blanc du Gâtinais et le Miel blanc du Languedoc, dit miel de Narbonne.

TT^.PPS Le Miel entre pour une proportion importante dans la nourritue de certains peuples; il est également fort usité dans nos campagnes, et sert à la préparation du Pain d'épice et de diverses friandises.

MILLEPEUTUIS. 235 On en retire pnv la fermentation une liqueur spiritueuse, VHydromel vineuse, qui remplace le vin ou la bière.

En médecine, on s'en sert pour édulcorer les tisanes, ou bien on en dissout 60 grammes dans 750 grammes d'eau pour former V H ijclromel simple. Employé comme excipient de différentes substances médicamenteuses, il constitue les J/e/ZiVes, et s'il est associé au -vinaigre, les Oxymeh. Les pharmaciens l'emploient aussi pour enrober ou emmielle?' plusieurs agents de la matière médicale.

Le Miel en nature sert quelquefois comme laxatif chez les enfants, à qui il faut en faire avaler 60 à 90 grammes. Plus souvent on se contente de sa solution dans l'eau ou dans la décoction d'Orge et d'autres tisanes, comme rafraîchissant et délayant, dans les maladies aiguës, fébriles, notamment dans les maux de gorge ; mais c'est une substance dont les malades se dégoûtent promptement et qui d'ailleurs a l'inconvénient d'entretenir par sa fermentation le mauvais état de la bouche chez les malades dont les produits buccaux renferment des spores de mucédinées.

3IÏLLEFEUILLE, Acldllea Mille folium, L. — COMPOSÉES ou Synanthérées- Sénécionidées.

Angl. : Common Milfoil. — AH. : Schaafgarbe.

La Millefeuille, espèce indigène très vulgaire, a la réputation d'un excellent vulnéraire. On l'emploie surtout contre les coupures, d'oîi l'appellation d'Herbe au charpentier. Les anciens médecins l'ont recommandée comme antispasmodique, carminative, antipériodique, etc. Ces diverses propriétés auraient besoin d'être établies sur de nouvelles observations. Tout ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que la plante, étant douée d'un certain arôme et d'une faible astringence, peut servir dans les cas où ces qualités seront requises : dans les hémorrhagies et les divers flux, surtout le flux hémorrhoïdal (Teissier), la leucorrhée (Lvoff), etc. ; contre la dysménorrhée et l'aménorrhée, etc.

On emploie encore quelquefois Veau distillée des sommités fleuries de la Millefeuille, ainsi que son huile essentielle, celle-ci à la dose de 20 à 30 gouttes.

La Millefeuille entre dans VEau vulnéraire et quelques autres préparations.

VAchilléine, principe amer (Zanoni), a été essayée contre la fièvre intermittente par Puppi.

MILLEPERTUIS, Hypericum pi»/om<Mm, L. - HypÉnicmÉES.

Angl. : Saint John's Wort. ~ Ail. : Johannis Kraut

LeMilleperlms,lvès commun dans les lieux herbeux des bois, contient une huile essentie le, une résine, une matière colorante rouge et une autre jaune, enf.n beaucoup de tannin, principes solubles dans l'alcool. Il possède une saveur amère, astringente, résineuse et une odeur aromatique assez forte quand on les froisse entre les doigts. C'est peut-être le vulné-

Page 1