OLIVE (HUILE D
' Il en existe d'innombrables variétés dépendant de deux espèces : Vune rouri'aùte blanche. Cette dernière est la seule us.t e en médecme, rouge, 1 autre D .-enferme peu d'huile essentielle,
parce qu elle est très dou ^^^^ ^,,^,é dans le bulbe de
C0M^°^T;p7olatrâcrI sucre incristallisable, gomme, fibre ligneuse, 2!Zê!:^::^ phosphon^ue, phosphate et citrate de chaux.
^^"^■.u -, lotiiP â^Oionon est sulfurée et analogue à celle de l'ail, qui est ™t;ut à: poss.de aussi des ,uaUtés physio,og-,<,ues
'Tr™"'pHTS,OLOG,o«E. - L'aotion physiologique de l'Oignon est plus
Action phtsioiog ohe assemble d'ailleurs beaucoup.
Xsir. - B 1 1.™ dlr '"sLce pana coetion P^'o-B^e « Revient un aÛmenl fort recherché par tontes les classes de la socété. Cru, le bulbe
chique ou comme expectorant; moms " Tonletois,
plasmes maluratifs, -/'^^^^^^"J.'^^r^.^TsnonTcom.e une panacée depuis quelques années, ™ jij „„ diabète albumineux. contre les albuminunes y -^1^ ^r g^ o^__^^^^^^
ra:fé,~uU que' Te: mSsTe la cure doivent être an moins partages quand cette méthode réussit.
OLIBAN. — Voy. Encens.
OLIVE (HUILE D'), Olea europœa h. - Oléacées. , , : Ol.e.a^ France et de l'Europe,
h'Olioier croit à 1 état sauvage nan ^ , paiesUne on de
aussi bien qu'en Orient. Mais ,1 '""l'^^^' .oe p„ur ses drupes l'Asie Mineure. Il est cultivé en Provence et f" Lansuedoc P .^^ chargées d'une huile excellente et dont on PaUnne grand^^^ ^.^^.^^ dans tous les pays civilisés. On a s gnalê oans ^ ,^
l'Mvérine, dont Thibon et Pabry ont voulu faire un succeu
nmc contre les fièvres. -«nrerme ■J2 parties d'o-
CoMPOSiTiON. - L'Huile d'OUve, selon Braconnol roûsidrable de matière léine et 28 parties de margarine. C^tte propo. t on conside grasse cristallisable fait qu'elle se l™,"We paHa SçUe ^^J^ „,j„„,. flocons de margarine. Cette analyse s est mod.tt e depn^J
d'hui que l'Huile renferme de la trio éine, '^^ » P»'™ '"/."ïolestérine. de l'acide palmitique, de l'acide arachique des t aces de ^^ ^^^^^^
,„,o» ™s,o.oo^.. us.o^ - ,es autres
parler, qu'un aliment respira o ^. ^ ,e beurre. Ingérée
la moindre colique. On l'emploie, quoique rarement, dans ce but chez les sujets atteints d'inflammation des voies digestives et uro-génitales. Sous forme d'émulsion avec de la gomme, de l'albumine, du jaune d'œuf ou de l'ammoniaque, elle sert à calmer la toux spasmodique. De même que les autres huiles douces et les graines oléagineuses, l'Huile d'Olive a été administrée contre les vers. Unie aux substances âcres et irritantes, elle en empêche les effets fâcheux sur l'estomac, parce qu'elle enduit sa muqueuse d'une couche protectrice en même temps qu'elle recouvre et isole les molécules de la matière active. C'est de la même manière qu'elle agit lorsqu'elle est administrée comme contre-poison. Elle s'oppose ainsi au contact du poison avec l'organisme vivant et en prévient l'absorption, à moins que, comme la cantharidine ou le phosphore, le principe toxique ne soit soluble dans les huiles, auquel cas, loin de s'opposer aux effets funestes de la substance nuisible, elle ne fait qu'en favoriser et en assurer l'action. Par exemple, rien ne serait plus dangereux que de faire boire de l'huile à un sujet empoisonné par des allumettes chimiques.
A l'extérieur, l'Huile d'Olive était employée dans l'antiquité en onctions pour adoucir la peau et assouplir les membres. On s'en sert encore quelquefois pour cet usage et pour préserver la surface du corps de l'absorption des principes nuisibles; mais plus souvent elle constitue. le véhicule des substances actives employées en linimenls. Elle entre aussi dans les ceVa^s et les emplâtres, et sert aux chirurgiens à enduire leurs instruments pour en faciliter le glissement. Le Baume de la Samaritaine était composé d'Huile d'Olive et de vin rouge.
0PIU3I. Suc épaissi du Papaver somniferum, L. — Papavéracées. Angl. : Opium. — Ail. : Op mm.
Nous parlerons ailleurs de la plante (Voy. Pavot blanc, P. koir, P. œillette). Dans cet article, il ne sera question que du produit qu'elle fournit à la matière médicale.
n existe dans le commerce plusieurs sortes d'Opium distinguées par leur provenance : l'Opium de Smyrne, de Turquie ou du Levant, ÏOpium dit de Constanlmople, VOpium d'Egypte, celui de Trébizonde ou de Perse et enfin celui de Hnde ou du Bengale, auxquels il faut ajouter VOpium indigène de l'rance, le seul qui soit récolté en grand
GoMPOsmoN. - Nulle substance n'a élé l'objet d'un plus grand nombre
Fr2t^ r^V^' P'"^ recommandables de la
IZ Z' ' principales découvertes appartiennent à
7,rnZT \ ""'-^^'"^^ Vacidrméconique en
même temps que Serlurner (1804); Dublanc jeune, la méconine (1826^ re- ^ouvée p us tard (1830) par Gouerbe, qui revendiqué en "rveu de l^iboumery la découverte de la thé/jninp <,;L.m^ 4 ci eu laveur ae iniDou
paramorphine dès 1833. En 832 Pe ftl h/'' f ' "^"^ annonce l'existence de laV^l/n ' t T
ontét<5 knUc v^;.; , ^oae«ne. Depuis lors, plusieurs autres principes ont aé isolés. Voie, quelle était naguère, d'après les analyses de Mulder, de
Schinler et de Bilz, la composition de l'Opium : morphine combinée avec Yacide méconique, narcotine, codéine, narcéine, méconine, thébaine, paramoiyhine, opianine, papavérine, porphyroxine , extraclif, acide brun, acide sulfuriqne, résine, huile grasse, matière gommeuse, cire, caoutchouc, albumine, principe odorant (huile volatile) et ligneux. Une autre base, la pseudomorphine, n'avait été rencontrée qu'accidentellement par Pelletier.
Dans ces derniers temps, la composition de l'Opium s'est compliquée d'un grand nombre de principes immédiats, jouant le rôle de bases et dont je ne puis que citer les noms.
En voici la liste, qui est loin d'être complète : méconidine, laudanine, laudanosine, codamine, lanthopine, cryplopine, prolopine, hydrocotarnine, cotarnine et chlorocodide.
Je me bornerai à signaler ici les propriétés des plus importants de ces
alcaloïdes.
La Cryptopine, découverte en Angleterre, par les frères T. et H. bmitn, pure est incolore, et cristallise en prismes à six pans. Soluble dansle chloroforme, elle se dissout bien dans l'alcool, moins dans l'éther et dans 1 eau. Elle se combine avec les acides chlorhydrique et acétique pour former des sels, se dissout dans les acides sulfurique et nitrique, en donnant une couleur pourpre et splendide avec le premier, et une coloration orangée avec le second.
Des expériences de John Harley, il résulte : 1° que la cryptopine possède, comme la morphine, deux actions distinctes : hypnotique et excitante, celle-ci consistant à produire, d'une part, des illusions visuelles et, d'autre part, des phénomènes convulsifs; et que certains sujets sont uniquement excités, tandis que d'autres sont simplement hypnotisés ; 2 que ses effets somnifères sont plus considérables et plus prolongés que ceux du principal alcaloïde de l'Opium, et que la cryptopine d'un quart Pl"^ P^^J" sanle que la morphine, est deux fois plus forte que la mécomne et la narcéine ;V que des expériences ultérieures apprendront si elle présente des avantages sur la morphine; 4» que son action sur l'appareil ^-esp^ratou ' d'abord stimulante, devient dépressive au point de pouvoir causer directement la mort; 3» que les troubles cardiaques sont subordonnés aux changements respiratoires; 6° qu'à doses élevées, la cryptopine amène la dilatation pupillaire. ^:xr,,o nartie I a morphine et la codéine seront décrites dans la deuxième partie. Le bon Opium doit contenir au moins de 10 à 12 p. 100 de la première.
TnaLine (C*41-AzO-), blanche, inodore, cristallisable en prisme , n'affecte Is les couleurs végétales, est insoluble ^-s l'eau froide so uble dans 400 parties d'eau bouillante, dans 100 parties d'alcool f oïd ou 24 pa lies d'alcool bouillant. Elle se dissout dans l'éther, le chloroforme (Fordo Ues huiles essentielles. Aprèsla morphine, c'est l'alcalo^^ l'Onium Ma-endie la supposait le principe stimulant et la consiûciai In^r éminemrnent toxique, tandis qu'Orfila et Bally la disaient merte LeTeUes exprnces de Cl. Bernard montrent qu'en effet la narcotine est
un agent convulsivanl, ce qui justifie l'hypothèse de son illustre maître, mais elles confirment aussi les observations de ses contradicteurs sur l'innocuité relative de la narcotine. L'homme n'est nullement affecté par une dose de 0,40 centigr. Chez les animaux, elle paraît agir sur les fibres striées à la façon de la vératrine, c'est-à-dire qu'elle ralentit et affaiblit leurs contractions, comme aussi elle paralyse le cœur en affectant sa fibre musculaire.
La narcéine (C*6H2«AzOi8), également blanche et inodore, possède un goût légèrement amer et comme métallique. Elle cristallise en longues aiguilles, insolubles dans l'éther et le chloroforme, ainsi que dans l'eau froide, solubles dans 230 parties d'eau bouillante, ou 375 parties d'eau à 60 degrés. L'alcool en dissout encore moins, mais la glycérine est un meilleur dissolvant que l'eau. Son affinité pour les acides est peu marquée, et elle ne ramène pas au bleu le papier de tournesol rougi. L'Opium n'en contient guère que 0,02 p. 100.
Elle est certainement très peu active, eu égard à la morphine; cependant Cl. Bernard et les cliniciens à sa suite (Béhier, Liné, Delpech, Gubler, etc.) ont démontré la réalité des effets hypnotiques de la narcéine, à doses trois ou cinq fois plus fortes. De plus. Cl. Bernard établit qu'elle est un peu supérieure à la morphine en puissance toxique, et Harley constate qu'elle tue par son action dépressive, puis finalement paralysante des mouvements respiratoires.
Plus que les autres alcaloïdes, la narcéine a le pouvoir de diminuer ou de supprimer la sécrétion uriiiaire. Le D"" Liné, qui, le premier, a observé et signalé cette particularité, a même cru pouvoir en déduire l'indication de combattre par la narcéine la diurèse exagérée; mais l'observation de Harley, qui a trouvé les tubuli du rein remplis de cristaux de narcéine chez une souris empoisonnée par cet alcaloïde, et qui pense que l'anurie pourrait bien être due à cette cause mécanique, me porte à recommander à cet égard une prudente réserve, et me paraît de nature à détourner les praticiens de l'emploi prolongé des hautes doses de narcéine chez les sujets atteints d'altérations rénales organiques.
D'ailleurs, le prix excessivement élevé de cet alcaloïde, et son action assez inconstante, le font le plus souvent aujourd'hui bannir des formules, bien que Rabuteau l'ait recommandé comme analgésique et anexosmotique.
On ne comptera pas sur ses propriétés hypnotiques, certaines peut-être chez le chien, mais beaucoup moins évidentes chez l'homme
La méconine ou opianyle (C^ORiOQS) est remarquable par l'absence d'azote. Berlhelot l'envisage comme un alcool polyatomique, cependant des chimistes étrangers Im assignent la composition CiOHiOAzO* Son goût d'abord peu marqué, devient ensuite sensiblement âcre. Elle est jusqu'ici sans importance thérapeutique. Toutefois, J. Harley, qui lui reconnaît, bien qu à un faible degré, les qualités calmantes et soporifiques delà morphine, la croit appelée à rendre des services chez les sujets à qui la morphine déplaît, ou qui témoignent d'une susceptibilité excessive à l'égard de ce
médicament, et notamment chez les enfants du premier âge. L'expérimentateur anglais convient cependant que la Méconine serait d'un emploi peu commode^^parce que, n'étant que peu ou point absorbée par l'estomac, elle ne pourrait être administrée qu'en injections sous-cutanées.
Chez les animaux elle est narcotique et produit l'hyperesthésie, la paralysie des mouvements volontaires, puis elle modifie les contractions musculaires à la manière de la vératrine (Isaac Ott).
La thébaîne ou paramorphine {C^m^^AzO^), est blanche, cristalline, d'une saveur styptique et âcre, très soluble dans l'alcool et l'éther, à peine soluble dans l'eau. Elle est franchement alcaline, et n'est pas isomérique avec la Morphine, comme le croyait d'abord Pelletier. Magendie avait vu que 5 centigrammes de cette substance, injectés dans la jugulaire ou déposés dans la plèvre, agissent comme la strychnine ou la brucine, causent le tétanos et la mort en quelques minutes.
Gl. Bernard, W. Mùller, Falck, Yulpian, etc., ont vérifié cette action convulsivante de la thébaîne, qui tient le premier rang, sous ce rapport, parmi les alcaloïdes de l'Opium, de même qu'elle en est le plus délétère. Il serait important de classer les Opiums du commerce d'après les proportions de thébaîne qu'ils renferment, puisque ce principe est à la fois le plus excitant et le plus dangereux. Tout ce que je peux dire là-dessus, c'est que Merck en a trouvé un centième dans l'Opium du Bengale, et que Pelletier n'en a pas constaté du tout dans l'Opium français.
Malgré ses effets tétanisants, qui n'ont été en réalité démontrés que chez les animaux, la thébaîne est devenue dans ces derniers temps l'objet de quelques tentatives d'applications thérapeutiques, exposées dans la thèse de M. Mihran Arzerouny (1872). Le sulfate et le chlorhydrate de thébaîne ont été administrés en injections hypodermiques à la dose de 1 à 2 centigrammes à la fois, répétée ordinairement deux fois par jour, contre diverses affections douloureuses. Quelques malades semblent en avoir éprouvé du soulagement. ^
Rabuteau la dit, en effet, analgésique et propre à faciliter 1 action anesthésique du chloroforme, d'après ses expériences personnelles.
Vopianine {C<^^R^^kz^O^^) est une base qui ne se trouve que dans 1 Opium d'Egypte. D'après Kugler, qui l'a découverte, elle possède des propriétés narcotiques aussi énergiques que celles de la morphine.
La papavérine (C^oipiAzO») est faiblement basique, insoluble dans 1 eau, difficilement soluble dans l'alcool et l'éther froids. Elle se dissout mieux dans ces liquides à chaud. Merck, qui l'a fait connaître, la croyait indifférente. Cl. Bernard a prouvé qu'elle produit des effets convulsivants, presque aussi prononcés que ceux de la thébaîne.
Au contraire, d'après Leidesdorf et Breslauer, soutenus par Baxt et Stark, la papavérine, dépourvue de tout pouvoir excitant, serait purement sédative et ne produirait que le rétrécissement de la pupille et le sommeil avec le ralentissement du pouls et la dépression des forces musculaires sans vertiges ni troubles cérébraux d'aucune sorte. Et, comme ces effets de nar-
cose du centre cérébro-spinal, lents à paraître (4 à 7 heures après l'administration), ne seraient pas encore épuisés après 24 ou même 48 heures, il s'ensuivrait que la papavérine serait préférable à l'Opium et à la morphine comme palliatif de l'insomnie et de l'excitation mentale dans la manie et les autres formes d'aliénation. Malheureusement, les résultats de K.-B. Hoffman sont loin d'être aussi satisfaisants. Cet expérimentateur a pris pendant trois jours successivement 12, 24 et jusqu'à 36 centigrammes de chlorhydrate de papavérine sans obtenir l'hypnotisme, ni la résolution musculaire, ni aucun effet sur la respiration, le pouls, la température et la sécrétion urinaire. En revanche, il a souffert de céphalalgie frontale, de gêne épigastrique et d'un hoquet fatigant.
J'ajoute que chez les animaux la Papavérine détermine des convulsions, partie d'origine médullaire, partie d'origine musculaire (Isaac Ott), car ce poison affecte les muscles à la façon de la vératrine.
La pseudomorphine (C^^Hi^AzO**) ne paraît pas toxique, d'après une expérience où un lapin en a pris 40 centigrammes sans inconvénient. Pelletier pense que c'est une forme de la morphine, dans laquelle cette dernière a perdu sa propriété vénéneuse.
La laudanosine et la laudanine sont tétanisantes. Falck place celle-ci au-dessous de la thébaïne comme toxicité, et suppose qu'elle agit sur le centre respiratoire particulièrement, bien qu'elle atteigne tout le système nerveux.
La cotaymine est soporifique et paraît agir sur les nerfs moteurs à la façon du curare.
Hhydrocotarnine est narcotique et convulsivante, à la façon de la codéine.
L'acide mécanique anhydre (C^^HO^^) renferme 9 équivalents d'eau quand il est cristallisé. Il est inerte et n'intéresse le thérapeutiste que parce qu'il se trouve naturellement combiné avec le principal alcaloïde de l'Opium à l'état de méconate de morphine.
Terminons cette exposition en plaçant sous les yeux du lecteur un tableau emprunté au beau travail de Cl. Bernard, et dans lequel les six alcaloïdes principaux de l'Opium sont rangés suivant l'ordre de leur plus grande activité, au triple point de vue des effets soporifiques, convulsivants et toxiques. On n'oubliera pas que les conclusions de notre grand physiologiste dérivent d'expériences sur les animaux.
Pouvoir hypnotique. — i" Narcéine ; 2» morphine; 3» codéine; les trois autres dénués de qualités soporifiques et non classés.
Pouvoir tétanique. - l» Théôciine ; 2" papavérine '; 3" narcoline ; 4» codéine; 5» mo7'phine; 6» narcéine.
Pouvoir toxique. - 1« Thébaïne; 2» codéine; 3» papavérine; 4» narcéine; o" morphine ; 6° narcoline.
Un essai de classification a été également proposé par Rabuteau des pnncipaux alcaloïdes de l'Opium, en tenant compte cette fois de leurs effets chez 1 homme, c'est le suivant : *
270 f Pouvoir hypnotique. - Morphine, narcéine, codéine Pouvom ANALGÉSIQUE. - MorfMue, narcéine, thebaine, papavénne, co-
"^'pouvoir toxique. - Morphine, codéine, thébctine, papavérine, narcéine,
narcotine. .. , ■ ■• ^ '
ouvoiR ANE xosMOTiQUE. — Morphine, narceine.
En définitive la plupart des alcaloïdes de l'Opium ont une action profonde «iir tout le système nerveux. .
Les uns le stimulent, exaltent ses fonctions ponr les dépnmer ensa te; les autres, au contraire, ont sur lui une influence paréstante ou paraly-
'°Tous si l'on s'en réfère aux expériences de Fubini, paraissent avoir sur I la nutrition une action excitante, puisqu'ils augmentent l'él,mmal,on de ■urée En représentant par 100 l'élimination normale les a calo.des se classeraient de la façon suivante avecle coeKlcient md.quaut leur pu.s-
"njSri27; codéine, m-, papavéri.e, m ; narcéine, 116; narcoiine,
rToT^rie même expérimentateur a constaté que tous ces alcaloïdes, à l' xception de la thébaïne, diminuent cbe. les animaux l'exahalafon de
''tÎlleÛts tu"point de vue de la pratique, en dehors de la morphine, le
belladone; l'autre relativement à la difficulté d observer les
ritrt Ma'lgré les différences réelles ."■int-^uit dans a sy^ptomato o„,e
ti^fu"::— srt r^m^t^r^fcerS. .es N.sres, .s Saîs eTle^Lana. peuvent être plus -'^s <,ue^s auca.ques a„
• t tnmbpr dans une sorte de fohe passagère, mais cutz eu.v, r. noune " trouve touiours l'ensemble des phénomènes du .norpin-
TolteÏ dlué dTn7srur amére, un peu nauséeuse, et d'une odeur L Opium e i ûou ^^^^^^ ^.^^^^^^ Appliqué
caractéristique ' f ' , „„ la peau excoriée, il détermine
^rseraCr;«eTi:nr:ui,'le d'irritation inllammatoire. ce qui
n'empêche pas la diminution considérable ou l'abolition de la sensibilité et de la motricité de se produire dans la région correspondante, au bout de quelques instants. Mais, selon Miiller, cette paralysie ne se propage pas des extrémités vers le tronc.
Administré à l'intérieur à la dose faible de 1 à 2 centigrammes, l'Opium donne lieu à une légère excitation circulatoire, animation du visage, éclat du regard, sensation de bien-être, alacrité d'esprit, disposition à l'exercice et accroissement de la force musculaire.
A la dose plus forte de 5 à 10 centigrammes, les symptômes de la période d'excitation, plus prononcés que dans le premier cas et accompagnés de fréquence et de plénitude du pouls, sont bientôt suivis de dépression circulatoire, de sécheresse de gorge, de nausées et quelquefois de vomissements avec perte d'appétit, diminution des forces, répugnance pour le mouvement, moindre impressionnabilité des sens et confusion des idées, enfin tendance invincible au sommeil, accompagné de rêves riants ou terribles.
A dose excessive ou toxique, l'Opium détermine, pour ainsi dire d'emblée, les symptômes de la période de collapsus.
Il n'est pas très rare cependant de voir la scène s'ouvrir par des mouvements convulsifs rappelant les effets des poisons tétanisants, et pouvant donner le change sur la nature de l'empoisonnement. Mais presque aussitôt survient la torpeur avec rougeur de la face et des yeux, contraction des pupilles, attitude abandonnée, relâchement musculaire, engourdissement de la sensibilité, somnolence et apparence d'un repos parfait. Et si la proportion du poison est suffisante, le sommeil se transforme en sopor et en coma, en même temps que le visage pâlit et devient cadavéreux, sans que les pupilles cessent d'être contractées et ponctiformes. La mort peut rapidement mettre fin aux accidents, ou, quand l'économie résiste, la stupeur diminue, le coma fait place à un sommeil prolongé, suivi, au bout de douze à vingt-quatre ou trente-six heures, d'un réveil tourmenté par des nausées, des vomissements et des étourdissements, auxquels succède un état saburral avec éloignement pour toute espèce de nourriture.
Il est un symptôme de l'empoisonnement par l'Opium qui a jusqu'ici fixé peu l'attention : c'est l'aslhénopie musculaire par insuffisance des muscles droits internes (Von Gràfe), laquelle est passagère dans l'intoxication accidentelle, mais permanente chez les opiophages.
L'habitude émousse naturellement l'impressionnabilité de l'organisme pour le poison du pavot, et, quand l'usage s'en prolonge, des doses de plus en plus fortes sont nécessaires pour obtenir le môme degré d'excitation ou d'hypnotisme. J'ai connu un pharmacien militaire qui avalait 4 grammes au moins d'extrait gommeux d'Opium à la fois, et j'ai vu un malade, cité par Trousseau comme pouvant ingérer d'énormes quantités d'Opium, qui avait fini par prendre chaque jour la dose fabuleuse de 730 grammes de laudanum de Sydenham. Il croyait en prendre un litre par jour; mais sa femme m'a avoué qu'elle le trouipait, et qu'elle complétait cette quantité par 1 addition d'eau et d'alcool.
272 OPIUM. f
A la longue, on voit aussi survenir des modifications nouvelles dans l'économie des sujets qui demeurent sous l'influence de l'Opium. Ces phénomènes, observables chez quelques malades, ont été étudiés sur une grande échelle dans les pays de l'Orient où règne la fatale habitude de manger ou de fumer de l'Opium.
Les thériakis ou mangeurs d'Opium recherchent dans cette substance des effets cordiaux exhilarants, et lorsqu'ils ont obtenu l'animation désirée, ils se croient au comble de la félicité. Mais pour ramener chaque jour cette bienheureuse extase, chaque jour il faut augmenter la dose du stimulant, et si, par hasard, le mangeur d'Opium est privé de sa ration, il tombe dans l'abattement physique et moral, reste muet, immobile, en proie aux idées les plus sombres ou plongé dans une véritable imbécillité. Sous cette double influence énervante, positive et négative, de l'Opium, les grandes fonctions se troublent, les facultés digestives se perdent, la nutrition languit, et les intestins, frappés d'atonie, s'exonèrent à peine une fois par semaine. 11 survient de l'émaciation, de l'impuissance génitale, de la paralysie musculaire ou du tremblement, de l'hébétude, et le malheureux succombe prématurément au milieu de douleurs que l'Opium lui-même ne calme plus, et dévoré par une faim qu'il n'est plus en état d'assouvir.
On reconnaît le mangeur d'Opium à son corps amaigri, à son teint jaune, à sa démarche tortueuse et chancelante, à l'incurvation de son épine, à ses yeux brillants et excavés (Oppenheim).
Les inhalations de la fumée d'Opium sont moins dangereuses que 1 ingestion du poison en substance par les voies digestives, et les fumeurs d OiJium résistent plus longtemps que les thériakis; mais chez ceux-là comme chez ceux-ci, l'excès longtemps continué finit par amener les mêmes résultats. Gela s'explique parce que, malgré leur fixité ou leur non-volatihté, les alcaloïdes de l'Opium sont entraînés mécaniquement par la fumée dans la bouche et l'entrée des voies respiratoires.
Quelques auteurs ont cherché à atténuer l'impression pénible produite en Europe par le tableau navrant que les voyageurs de toutes nations ont tracé de l'état de dégradation des peuples voués à l'abus de l'Opium ; mais leur témoignage est suspect, car ces écrivains sont anglais, et personne n'ignore que c'est la Compagnie des Indes qui favorise de toute sa puissance cette ignoble habitude, et qui bénéficie de l'odieux trafic de l'Opium en Chme et ailleurs.
Cela dit revenons sur les difl'érents effets de l'Opium, pour les mieux analyser et, autant que possible, en donner l'interprétation physiologique.
L'Opium engourdit la sensibilité et la motricité, et diminue la tonicité du système capillaire : telle semble être son action primitive et directe. Par l'anesthésie, il modère les actions réflexes qui ont pour pomt de départ une sensation. Par l'atonie des capillaires sanguins, il amène: 1» l'accroissement du conflit entre l'oxygène et les parois vasculaires, c'est-à-dire 1 calorifique; 2» à la faveur de la diminution de pression, une accéléra ion des mouvements du cœur, qui augmente encore plus tard par l'excitation
calorifique. La précipitation du rhythme respiratoire est liée à cet accroissement des phénomènes de circulation et d'hématose, lequel explique également le sentiment de force et d'activité musculaire, et jusqu'à un certain point la vivacité des opérations intellectuelles, ainsi que l'excitation génésique, dans la première période du morphinisme.
Les convulsions, ordinairement cloniques, qui marquent parfois le début de l'empoisonnement, sont l'exaspération de cette excitation des centres nerveux, à moins qu'elles ne dépendent en partie de l'action propre de la Thébaïne, de la Papavérine et de la Narcotine, devenue prépondérante par le fait de leurs proportions exagérées, ou plutôt de l'impressionnabilité particulière des sujets.
L'atonie gagne aussi les artères et les veines de gros calibre, et le développement du pouls dépend à la fois de la force d'impulsion cardiaque et du défaut de résistance de la paroi artérielle.
L'anesthésie des premières voies rendrait compte, dans une certaine mesure, de la diminution des sécrétions, caractérisée par la sécheresse de la bouche et du gosier, par l'enduit épithélial de la langue, par l'oblitération de l'appétit, la langueur des facultés digestives et la constipation. Mais cette anorexie et cet état saburral seraient liés au mouvement plus rapide de dénutrition, en rapport avec l'accroissement d'intensité des actes dont le réseau capillaire est le siège ; et la constipation, explicable par le défaut de lubrification des intestins, serait en partie un phénomène paralytique. La diaphorèse se rattache, d'ailleurs, aux phénomènes circulatoires et calorifiques, et la rareté des urines est la contre-partie de la poussée qui se fait vers la peau. On doit y joindre la diminution de la sensibilité et de la conractihté du réservoir urinaire. Quant aux phénomènes hypnotiques, ils expliquent, selon moi, contrairement à l'opinion de la plupart des physiologistes, par la congestion statique des méninges et de la substance cérébiale, à laquelle nous joignons nécessairement la stupéfaction des centres nerveux, analogue à celle des nerfs de sentiment et de mouvement La con gestion cérébrale se reflète dans les yeux, dont les iris, appar^Hs éi ect les" sont te lement épanouis, que la pupille en est presqu ercée La o1 le h' mortelle qui survient dans les cas graves ne cnnfrpHU ''''^^f ' P^'^ur voir, car elle peut indiquer l'excès mTmTde a co g^^^^^^^^ f""'" une action révulsive sur la nérinhériP , ' „^°"^'';'°"^é^ébrale exerçant
lionnel bien connu des physio ' stt bette in 1" 'r.'^''^"^^™^"^ faits d'intoxication où TardLte^rroc^asion e °î ^^^P""
cérébrales etméningéescomme cons qu^^^^^^^
phalique. ^i-quence extrSme de la congestion encé-
Enfin, l'émaciation et l'altération nrofnnrip h. irellement leur explication dans la déoeHUin t^o"vent natu-
force qu'amène 1 excitation Tournait d m"''"'?^ ^"'^^"^^^ '''' d'une restauration suffisante l'impossibilité
11 y aurait bien des détaik ai j 3itions. Nous n-avon, v„u a éhbri. ' ' P™»"-
Gme. 0. 3. é° il " ''°»"^'=' principales de la
,r , » ohvsiologiques de TOpium , fondée sur la considération de
.-rsod^rni
leurs adversaires Elle nous ^^ ^i - ,„alyse P us app o-
nilion plus rigoureuse de» ; J médicaments. Derrière le résultat f„ndieetplusscient>aque de l acuon d^^^^ „„„„^ apparent, le aérapeutisle do t che cber ^ ^^^^.^^ ^^^^ p^,
au. phénomènes in,t.auz <>' ' \'»;^, ^ Jj„u,s complexes et souvent
de ne rien comprendre aux arts clmmue 3 ^^^^^ contradictoires pour ceux qu, n;^^'""',!^ est la condition ind.spen- L'absorption des P™"P«^,^^'''' ^^3, Cette absorption est démontable de la plupart de, «Ï^P^f »f^Vorri"deur de la substance est souvent
ru:ai™::ia:^>a^^^^^
cane et l'urine
parBarruel. . ...,„.„„„i„.soécialesd'élimination,
Tla traversée des émonctoires qui sont eurs vo p ^,^^ ^^^^
les incipes actif, de ^Opi™ P-^"-;^ Lit 'fé de'.a vessie. La matière cotiques engourdissent la sensrb lité et la "° ,^,„eur est à la fors plus
rd'^ante irfite >-/af ,» ^ "/^ d^ -^^^^^ "'"^ °" """^
LTa:s!rérnrU^^^^^^^^^^^^^ u.a pas de substar^
luBSTANCES AUXILIAIRES ^''^^^^ X^^^ ne saurait le remplacer,
Ma s on peut lui trouver ^es analogues Jro ^^^^ ^^^ ^^^^^ fui grande Pui-nce sopon qu chj^^^^^^ ^.^^ .^^^^ , ,,,eur; des des adiuvants : les alcooliques, les ^timu giupéflants. auxi iaires : les antispasmodiques, ^l'^^T-- Les acidulés, les astnn- '"a .AOO.ISTES. - A.-BOTES, ^ système vaso-moteur
eents les tanniques, en particulier, l^^^^l^^^ rOpium. U en est de
f oid par conséquent, contrarient 1 action ^ /^^,„eetVAtropme
^ ' . 1 pnuel OrQla recommandait de Préférence le ^ ^^-^^ lannm et contreleque U n ^^^^^..^g^3^g^ ^rBusey Voxalate de
r ^ar^tLl r c^Uet^Bue, uUUsable en conséquence contre
-"'--r:::;! appelé . rendre des services lysies toxiques &b f
raloires et d'entretenir momentanément la respiration artindelle, c'est-àdire la vie, jusqu'au moment où la fonction se rétablira spontanément par la réaction de l'organisme avec ou sans l'aide des substances antidotiques Divers appareils ont été mis en usage, et l'on compte déjà plusieurs succès (Bird, Yram, Van Holsbeck).
L'antidote par excellence, parce qu'il est le plus sûr et le plus inoffensif est le Quinquina ou plutôt le sulfate de Quinine (Gubler). J'en ai éprouvé la vertu dans une circonstance mémorable où la vie d'un de nos distingués confrères le professeur K..., de Philadelphie, avait été mise en péril par sui e de 1 erreur d'un élève en pharmacie qui avait délivré de l'Opium en place d extrait de quinquina. Un gramme d'extrait gommeux thébaïque avau été pris d'un seul coup, quelques minutes avant le déjeuner, et avaTt
étiZi r Pi-lement le sJ^
était tombé dans la torpeur et le coma.
L'émétique, d'abord administré, produisit ses effets accoutumés, mais dès lors les vomissements persistèrent opiniâtrément, et rendirent vai^e 1 W ion de tout agent capable de combattre les effets toxiques. Lorsque arr vai. SIX ou sept heures après l'empoisonnement, le malade dW nâW mortel e avec les pupilles punctiformes. était en;ore plongé dLs un cl. profond d où les soins les plus rationnels et les plus acliff ZZ^^ plusieurs excellents confrères, ne parvenaient paf à le àr' Je fs nistrer un gramme de sulfate de quinine, dans un lavement oui" Z .f" es symptômes graves ne tardèrent pas à s'amen er L 1 nd iaif mat' ^ Il ne restait que de la lourdeur de tête, de l'anorexie de 1. f^ M la courbature. Sans doute, il est permis de crore nnp ip 1"/"'^''^^^ de ques auraient pu se dissi;er spontaZ nt ^e te „' dÏr'"" ''''' est également applicable aux cas traités pa; la Bdwlne
D ailleurs, il me paraît démontré maintenant d'une manière irr-sr par les expériences nombreuses et parfaitement conduiTes ie 5 H. r' e prétendu antidotisme absolu de l'Opium par rappor à la BHlfn trevu dès 1570, est complètement illusoire, et j'adhlt à T réserves aux conclusions de l'auteur anglais qui onMr ^ '"^^ gonisme ne ressort pas évidemment des cas cités W i '"T''' ^ y voir la preuve que la Belladone est sans nfl 1 ^«"traire, on peut
après l'intoxication thébaique. Le! p";"^^^^^^^ -tour lence, stupeur, narcotisme et coma snnf rv.A ^^^^^ ' somno-
agirconcurremmentlasolanéev?l;e LaB^t^ ^--1"'°^ /ait
jurer le principal danger de l'Opium c'est à d^l^r !f ''"^"^''""'^ ^ tion respiratoire. Enfin, les résulta^'de î'^Hn de la fonc-
la Belladone sont les mêmes po r es i ' " '"^^^'""^
Toutefois, tandis que la belladone ne 0^^. '^'^''^'^'^^^^^ ou toxiques, comme antidote de l'Opium, et au'à Tin! , ^"f ""^^^^ considérée effets toxiques, elle est apte a. 17. . ^^"^«^ doses ajo utent leurs
d'autres remèdes, et administrée '''rt ^"''^"'^ ''''''''' ^
les phénomènes de rempoisonneLntfh 11' ^ ^^'^^ ^ dissiper
P onnement thébaïque. De môme encore l'oxygène
• 1 1 f.„^ nPiitinlervenii- de la façon la plus avantageuse dans cet em- ;:iro— "rsU^uC la respiration, faci.iUnt rh.matose et dissipant
, ntil/et le Dlus important de toute la matière médicale. On a dit, : "e r on Vue ans lui la médecine serait impossible. Ne plus souto,
' , M . ^moitié snéri, et l'Opiam enlève la douleur presque instantanément dans "p part de; cas; sans parler des autres résultats indirects dont prol en même temps celui qui cherche le calme à l'aide de ce narcotique
'"3ra«orf», l'Opium est indiqué dans la plupart des alTections émi- Oomme °«°''!' • ^ . céphalalgies, névralgies, rhumatisme, goutte, ;Tgre s" sénile e^t symltri^ue des extrémités, carie dentaire coîiques intestinales, hernie étranglée, péritonite, '^fl";; l^^f^^^
l'Opium s'emploie dans les spas- T^n^de ureîères et des conduits biliaires, du rectum, de la vessie, mes locaux des uretèies ei a.a,„rtement ; dans le rétrécissement par ''';"'?rV°dM'u thr dans r a" asthmes' spasmodiques; enBn, dans contracture de 1 urômre, "-^"^ ^ rlplirium tremens, tremblements
pdgntt; u cesser la glycosurie. Pour cela, il iaamims
pium le pouvo.i '^'^^.^J^^^' b„„i ae trois semaines la dose dose croissante, de man c e Y ^ ^^^^ ^^^^.^^^
''""l d^di a?a dë l'ur ne. Pécholier explique cette action de 1 Opium aln's tlahèC en disant qu'il diminue la désassimilation et prodmt la
,al«(ep.« ie '« ,„„i,at aussi avantageusement la polyuri
(H^em"- -ur:r 1 mécanisme analogue sur les fonctions ré
nales.
L'Opium est encore employé dans certaines affections mentales dépressives et dans certains délires symptomaliques des maladies aiguës. On le prescrit tous les jours à titre de palliatif dans les phlegmasies et les fièvres, tantôt pour favoriser la diaphorèse, tantôt pour calmer la douleur, ou bien pour procurer du sommeil.
Dans les maladies du cœur, ce médicament manié avec habileté peut rendre les meilleurs services (Gubler-Huchard), particulièrement lorsqu'elles anémient le cerveau : rétrécissement et insuffisance aortique. Il devient alors un sédatif, un tonique et même un eupnéique d'une grande énergie, grâce auquel les troubles de la circulation sont atténués ou dissipés; l'hématose se fait mieux et les sujets cessent de souffrir.
Également l'Opium réussit bien dans l'anémie aiguë suite d'hémorrhagie, par son action stimulante sur les centres nerveux, en vertu de laquelle il ranime les sujets épuisés.
En outre, dans le traitement de la variole, associé aux injections d'éther (du Castel, Dreyfus-Brissac, Pécholier), il a donné les meilleurs résultats, modérant ou faisant avorter la fièvre de suppuration et hâtant la guérison des malades.
Enfin, on le fait entrer dans les formules comme correctif : 1° des médicaments d'une énergie redoutable pour l'estomac ; des âcres, des caustiques ou au moins des irritants, tels que la teinture de Cantharides (Rayer), le tartre stibié ; 2° de ceux qui, comme le Galomel, tendent à produire des coliques et du dévoiement; 3° des hautes doses de quinine (Anselme Labbée), souvent mal tolérées si l'on ne fait pas intervenir son action stupéfiante sur l'estomac.
Mais l'Opium ne doit pas être administré dans toutes les formes et dans tous les cas des diverses affections qui viennent d'être énumérées. C'est là un point de thérapeutique sur lequel il faut être fixé à favance.
Ainsi l'Opium convient à la céphalalgie asthénique et anémique, aux névralgies de même origine, mais ne réussit pas dans les formes hypersthéniqueset congestives, qu'il peut au contraire aggraver, si la paralysie vasomotrice l'emporte sur la narcose des cellules nerveuses. De même, il est très utile dans le délire symptomatique de la pneumonie, de la fièvre typhoïde, de l'érysipèle et d'autres maladies aiguës, lorsque cet accident dit nerveux, se rattache à l'asthénie, et particulièrement au défaut de stimulation du centre nerveux de la part d'un sang appauvri ou altéré ; tandis qu'il est nuisible dans le délire qui est une manifestation de l'inflammation des méninges et de la substance cérébrale. L'Opium est un moyen héroïque contre le dehrmm tremens dans son mode ordinaire, mais il échoue plus tard, et entretient les accidents, si le désordre fonctionnel a fini par se compliquer d un certain degré de phlogose cérébrale. C'est alors la Digitale qm doit mtervenir, ou le sulfate de Quinine, ou encore le bromure de Potassium. Nous en dirons autant du tétanos, dont l'Opium est probablement le meilleur palhatif, tant que la moelle, simplement surexcitée, n'est pas encore le siège d'un travail inflammatoire.
Sans nul doute, l'Opium est le meilleur hypnotique-, cependant il peut manquer son efl'et on même augmenter l'insomnie, car il ne possède pas une vertu dormiiive spécifique. Lorsqu'il facilite le sommeU, c'est en plaçant l'organisme dans des conditions anatomiques semblables à celles qui président au sommeil naturel, à savoir, une certaine sédation nerveuse, et surtout la congestion vasculairede l'encéphale.
Repos des cellules nerveuses et hypérémie statique favorable à la réparation de l'organe, tels sont, en effet (Gubler), les deux phénomènes essentiels du sommeil physiologique, encore niés ou méconnus par un grand nombre d'observateurs. On ne s'est même pas donné la peine de vérifier un fait simple et facile à constater, bien qu'ignoré des physiologistes euxmêmes, à savoir, le rétrécissement de la pupille et l'injection extrême des yeux pendant le sommeil profond. Mais je suis heureux de trouver la confirmation de mes observations et de mes idées sur la Congestion soporale dans une excellente thèse du Langlet, mon disciple, à laquelle je renvoie pour de plus amples renseignements.
Or, si l'insomnie résulte d'un excès d'activité cérébrale avec hypérémie active, la congestion thérapeutique s'ajoutera à la maladie spontanée au grand détriment du sujet. Dans ce cas, c'est le sulfate de Quinine ou le Bromure alcalin qui fera dormir. En conséquence, l'Opium doit être réservé pour les insomnies anémiques, ou plutôt par défaut de réplétion ou de stase sanguine, lesquelles se montrent généralement chez les anémiques, les sujets affaiblis, inanitiés. Ces exemples suffisent pour montrer à des cliniciens, d'ailleurs informés, quels sont ordinairement les motifs des indications des préparations opiacées.
Il existe toutefois une contre-indication importante, sinon à l'emploi de l'Opium, au moins à son usage à doses fortes ou continuées, c'est la lésion des reins. On se rappellera que les albuminuriques supportent mal ce médicament lorsque les altérations du rein sont avancées.
Modes d'administration et doses. — Les préparations opiacées s'administrent tantôt par les voies digestives supérieures ou inférieures, tantôt par les méthodes iatraleptique, endermique et hypodermique. Enfin, le docteur Armand a proposé les inhalations de fumée d'Opium, pratiquées à l'aide d'une pipe semblable à celles qui sont employées au même usage par les Chinois, et cette méthode est aussi préconisée en Angleterre par ïhudicum.
Selon Armand, il faudrait respirer la fumée de 5 à 50 centigrammes d extrait gommeux d'Opium pour se procurer des effets physiologiques notables et conséquemment une action médicatrice efficace. Ces doses seraient probablement trop fortes pour beaucoup de sujets ; car, après avoir aspiré deux bouffées qui m'ont paru désagréables, j'ai aussitôt éprouvé un sentiment de malaise et de vertige. Plusieurs de mes élèves, à qui j'ai fait répéter l'expérience, ont été influencés de même, bien qu'en général un peu moins rapidement. Le docteur Armand croit que la fumée d'Opium conviendrait dans la coqueluche et même dans la période aignfi des laryngites
et des bronchites; nous en admettrons plus volontiers, avec lui les bons effets contre la toux chronique, l'asthme (Thudicum), les névralgies dentaires et trifaciales, peut-être contre les palpitations nerveuses, 1 angme de poitrine et même la migraine. Dans ces différents cas on peut supposer que l'action topique, sans être irritante, peut se montrer plus efficace que l'action diffusée après absorption par la muqueuse digestive; mais il n en est plus ainsi lorsqu'il s'agit des affections rhumatismales des muscles, des tissus fibreux et des articulations, lesquelles seront plus commodément et aussi sûrement traitées par les préparations opiacées introduites dans
les premières voies.
VOpium brut, source des autres préparations pharmaceutiques, est luimême rarement employé. Pulvérisé , il sert quelquefois à saupoudrer les cataplasmes qu'on veut rendre narcotiques.
Débarrassé par dissolution dans l'eau des feuilles et fleurs de Rumex et des autres impuretés, l'Opium brut donne, selon le mode opératoire, différents extraits, la plupart abandonnés, dont l'un, également inusité aujourd'hui, portait du temps de Paracelse le nom de Laudanum solide, et plus tard d'Opium purifié. On ne trouve maintenant dans les officines que l'extrait gommeux ou extrait aqueux d'Opium, renfermant les alcaloïdes, la Morphine et la Codéine à l'état de méconates, mais privé en partie de la Narcéine, de la Méconine, de la Narcotine et de la Thébaine, celles-ci convulsivantes, ainsi que des matières grasse et résineuse. Vextrait gommeux, très fréquemment employé, se prescrit en pilules, quelquefois en potion. Les pilules varient de 1 à 5 centigrammes. On en donne une ou plusieurs dans la journée. Étalé sur du taffetas, il constitue un emplâtre calmant qu'on applique dans les névralgies au niveau du point douloureux. Le Sparadrap d'opium de Schaeuffèle est d'un emploi très commode.
On prépare aussi des dissolutions d'Opium dans des liqueurs spiritueuses ou acétiques .
Le Vin d'Opium composé, ou Laudanum liquide de Sydenham, est une solution d'Opium dans le vin de Malaga, avec addition de safran, de cannelle et de girofle. C'est une préparation stimulante en même temps que narcotique, et dont 20 gouttes, mesurées à l'aide d'un compte-gouttes de Lebaigue, représentent à peu près 5 centigrammes d'extrait gommeux. Ce laudanum, doué d'une action stimulante plus prononcée que les préparations thébaïques pures, est d'un usage pour ainsi dire vulgaire en potion, en lavement, en collyre, en Uniment, en cataplasme. On en met habituellement 20 gouttes dans un julep à prendre par cuillerées, mais on en donne aisément 6 à 10 gouttes à la fois, et l'on doit mettre 12 à 13 gouttes au moins dans un petit lavement, lorsqu'on veut, comme dans le choléra, obtenir une narcotisation prompte et efficace.
Le Laudanum de Rousseau, ou Vin d'Opium obtenu par la fermentation du miel, renferme une proportion d'Opium plus que double de celle du Laudanum de Sydenham; 20 gouttes équivalent à 12 centigrammes d'extrait
gommeux. Il est employé, suivant celte proportion, de préférence à ce dernier, quand on tient à éviter toute action stimulante étrangère.
La Teinture d'extrait d'Opium n'est qu'une simple solution alcoolique d'Opium au i/13°, à peu près inusitée, bien que ce soit la meilleure de toutes les préparations thébaïques liquides. Exempte de l'odeur désagréable que le Laudanum de Sydenhatn doit au safran, débarrassée d'un alcaloïde convulsivant , la narcotine, dont elle ne retient que 0K%001, tandis que le Laudanum de Rousseau en renferme O8',002o et celui de Sydenbam jusqu'à Oe',005 (P. E. Barret), la Teinture d'extrait d'Opium jouit de propriétés purement hypnotiques et narcotiques qui rendent, à cet égard, superflue toute recherche d'une modification des laudanums anciens. Il est bon de se rappeler que 6 gouttes de Teinture d'extrait d'Opium sont à peu près l'équivalent de 10 gouttes de Laudanum de Sydenham et représentent environ 2 centigrammes d'extrait gommeux thébaïque lorsqu'elles sont obtenues à l'aide d'un comptegoultes calibré, de 3 millimètres de section, dit compte-gouttes normal. J'ajoute que dans ces conditions 1 gramme de Laudanum de Sydenham = 33 gouttes; de Laudanum de Rousseau = 35 gouttes; de teinture thébaïque = S3 gouttes.
La Teinture d'opium ammoniacale, ou Elixir parégorique, est une bonne préparation stimulante et narcotique, parce qu'elle renferme en outre de l'acide benzoïque, du safran et de l'essence d'anis. On en donne de 1 à 4 grammes dans une potion.
Le Vinaigre d'opium est la plus chargée de toutes les teintures opiacées ; 4 grammes correspondent sensiblement à 35 centigrammes d'Opium brut, et l'on en prescrit de 7 à 30 gouttes dans les vingt-quatre heures (Monneret). On connaît la Teinture acétique d'Opium sous les noms anglais de hlack Drops on-the Lancaster, or Quaker's black Drops.
Le Sirop d'exti'ait d'Opium, ou Sirop thébaïque, contient 4 centigrammes de substance active par 20 grammes. Additionné d'esprit volatil de succin, il devient le Sirop de karabé.
Le Sirop diacode, qu'on ne prépare plus avec des têtes de Pavot, est quatre fois moins chargé que le précédent, et doit être considéré désormais comme un léger anodyn, utile surtout dans la médecine infantile. Il remplace le Sirop de Pavot blanc de l'ancien Codex.
L'Opium entre aussi dans plusieurs préparations officinales d'un usage habituel.
La Poudre de Dover, composée de sulfate et de nitrate de Potasse, de poudre d'Ipécacuanha, de Réglisse et d'extrait d'Opium sec, contient un peu plus du dixième de son poids de ce dernier, et se donne à la dose de 20 à 60 centigrammes et au-delà.
La masse de Cynoglosse contient le dixième de son poids d'extrait thébaïque, et s'administre en pilules de 5 à 20 centigrammes, dont on donne une ou plusieurs par jour.
La Thériaque, parmi ses nombreux ingrédients, compte l'Opium brut,
OPOPANAX. 281 dont elle renferme S centigrammes (23 milligrammes d'extrait) dans 4 grammes.
Le Diascord'mm contient moitié moins d'extrait d'Opium que la Thériaque ne renferme d'Opium brut, mais sa richesse en principes actifs est équivalente. C'est un électuaire aromatique, astringent et narcotique, fort utile dans les diarrhées et les affections atoniques du tube digestif, à la dose de 1 à 4 grammes par jour.
Les préparations opiacées sont employées à l'intérieur et à l'extérieur, suivant la plupart des modes usités pour l'administration des médicaments, en : poud7'e, pilules, potion, collyre, ga^^garisme, injection, lavement, cataplasme ou Uniment, sans compter que nombre d'hommes mâchent l'Opium ou le fument.
Relativement à la posologie, une remarque importante doit trouver place ici, c'est que certains sujets sont très vivement impressionnés par l'Opium et n'en peuvent supporter que des doses extrêmement faibles. Beaucoup de femmes et tous les enfants en bas âge sont dans ce cas. Il en est de même pour les malades disposés aux congestions cérébrales, ou déjà sous le coup d'une hypérémie ou d'une phlegmasie encéphalique. Dans toutes ces circonstances, l'excessive impressionnabilité pour l'Opium s'explique par une seule et même condition anatomique, la vascularité plus grande de l'encéphale et la facile production des fluxions sanguines. Chez le très jeune enfant, par exemple, la substance corticale est normalement d'un rouge violacé très remarquable et qui en impose souvent pour une hypérémie morbide. Le praticien, tenant compte de cette disposition, devra, selon la recommandation de Trousseau, ne donner aux enfants au-dessus de deux ans que des doses très minimes d'Opium, une seule goutte de Laudanum de Sydenham, deux tout au plus, dans une petite potion ou dans un lavement. Il en sera encore très parcimonieux dans les deux ou trois années suivantes.
La môme prudence est de rigueur chez les vieillards apoplectiques ou les jeunes flUes à l'âge de la puberté, chez les femmes à l'époque de la ménopause, lorsque les unes et les autres sont sujettes à des raptus sanguins qui les prédisposent aux congestions des centres nerveux, et, enfin, je le répète, chez les albuminuriques.
Il convient alors de débuter par une dose faible, plutôt au-dessous qu'audessus de la dose supposée efficace; car, si l'on administrait d'emblée une quantité réputée moyenne de substance active, on risquerait de voir survenir des phénomènes inquiétants de narcotisme et de stupeur.
OPOPANAX. Gomme résine supposée extraite de VOpopanax Chironium Koch ; Pastmaca Opopanax, L. — Ombellifères-Peucédanées. Angl. : Opoponax. — Ali. : Heiliuurz Gummi.
L'Opopanax Chironium est une ombellifère du midi de la France et de 1 Europe, dont les tiges laissent écouler par incision une substance gommorésmeuse, analysée par Pelletier.
282 ORANGER VElÂl OU A FRUITS DOUX.
Composition. — L'Opopanax est composé de résine, 42 p. 100; huile volatile (sans doute sulfurée); gomme, 33,4 p. 100.; cire, amidon, et acide malique, caoutchouc et ligneux.
Action puysiologique et usages. — De même que les autres gommesrésines félidés, l'Opopanax est tonique, anticatarrhal et antispasmodique à la dose de 0«\60 à 1 gramme en pilules, et de 2-4 grammes en lavement. Rarement usité, hien qu'on l'associe quelquefois au Galbanum, à la Gomme ammoniaque et à l'Asa fœtida, il fait encore partie de quelques vieilles préparations, notamment du Mithridale et de la Thériaque.
ORANGER VRAI OU A FRUITS DOUX, Cilrus Aurantium, Risso. — Au-
RANTIACÉES.
Angl. : Common or siveet Orange -tree. — AU. : P orner anzenbaum. VOranger est originaire de l'Asie et cultivé dans le midi de l'Europe, en Provence et dans plusieurs autres contrées de l'ancien et du nouveau continent; mais on ignore à quelle époque la variété, ou, si l'on veut, l'espèce à fruits doux, inconnue des anciens, a pu faire son apparition.
Bien que le Bigaradier, à fruits amers, passe pour être en possession de fournir à la médecine ses feuilles, ses fleurs et leurs essences, ainsi que ses fruits verts et le zeste de ses fruits mûrs, à l'exclusion de l'Oranger à fruits doux, il n'en est pas moins vrai que ce dernier donne une quadruple récolte de feuilles, de fleurs, d'Orangettes vertes et d'Oranges comestibles, et que l'eau de fleur d'Oranger est extraite en grande partie de ses fleurs par distillation. + 4A lûc Composition des fleurs de l'Oranger yrai. - Boullay a constaté les principes suivants : huile volatile ou néroli, extractif amer, gomme, acide acétique et acétate de chaux.
Composition des Orangettes ou petits grains (Oranges petites et non mûres). - Elles contiennent, d'après Lebreton : huile volatile, soufre, chlorophylle, matière grasse, hespéridine, chaux, potasse, albumme, hgneux, sels à acides minéraux, fer et silice. • n et
L'analyse exacte du zeste d'Orange mûre n'a pas été faite, mais elle esi probablement très voisine de celle du Citron. L'huile essentielle quon en retire est connue sous le nom à' Essence de Portugal, analogue à 1 essence de Bigarade, mais moins estimée. .
Composition du suc d'Orange douce. - On y trouve : acides citrique et malique, mucilage, albumine, sucre, citrate de chaux et eau. ^
Action physiologique et usages. - Les fleurs, les fruits non murs et l'essence de l'épicarpe du fruit mûr de l'Oranger vrai ont sensiblement es mêmes propriétés physiologiques, et servent aux mêmes usages que les parties correspondantes du Bigaradier (voy. ce mot). . • i j,
Seul le 7US de l'Orange douce mérite une mention tout à fait spéciale a cause de ses qualilés propres et de ses usages. L'Orange est un des fruits es T.l.m délicieux et les plus excellents; sa chair, éminemment rafraichissanie, clnvientTarîiculièrement dans les cUmats chauds et dans l'été des zones
ORGE. 283 tempérées. On en fait sucer le jus aux sujets atteints d'embarras ou de fièvre gastrique, de pyrexies et de phlegmasies fébriles ; à ceux qui sont affectés d'un état aplaslique du sang; aux convalescents, etc. Et ce même jus constitue un véhicule fort commode pour administrer l'huile de ricin et masquer sa répugnante saveur; pour dissoudre le sulfate de quinine, etc.
En dilution dans l'eau, il constitue encore, sous le nom d'Orangeade, un breuvage également très usité pour élancher la soif et calmer la chaleur fébrile.
ORANGER AMER. — Voy. Bigaradier. ORANGETTE. — Voy. Bigaradier.
ORCANETTE, Alkanna tinctoria, Tausch; Anchusa tinctoria, L. — BoR-
RAGINÉES.
Angl. : Dyei's Alkanet. — AU. : Fàrbende Ochsenzunge.
h'Alkanna tinctoria croît sur les côtes de la Méditerranée, en Grèce et en Asie Mineure. C'est Y Alkanna spuria des officines, tandis que le Laiosonia inermis, fournissant le Henné {al henna des Arabes), en était VAlkanna ver a.
Comme beaucoup d'autres Borraginées, cette plante offre dans l'écorce de sa racine une matière colorante particulière, nommée par John pseudoalkanm'n, pour la distinguer de la couleur rouge du Henné, laquelle bleuit par les alcalis et se trouve ramenée au rouge par les acides. Pelletier l'a considérée comme une sorte d'acide gras {acide anchusique); on admet généralement que c'est une résine {Anchusine).
La racine d'Orcanetle cède sa matière colorante aux huiles et aux substances grasses, ce qui permet de s'en servir pour donner une couleur rouge à certaines pommades pour les lèvres et le visage, et à différents cosmétiques.
ORGE, Hordeum vulgare, L. — Graminées.
Angl. : Spring Barhy. — Ail. : Gerste.
L'Orge est cultivée dans toutes les contrées de l'Europe, mais surtout dans le Nord et les terrains maigres où le Blé languit ou cesse de croître. Ce sont ses fruits, ou caryopses, qui seuls intéressent le médecin.
Composition. — D'après Einhof, l'Orge mûre contient environ 70 pour 100 de farine et près de 19 pour 100 de son, le reste est de l'eau. L'analyse de Lermer ajoute 3 pour 100 d'huile grasse.
La farine, selon Payen, est formée d'amidon, de gluten et d'autres matières protéiques, de dextrine ou de glycose, de matière grasse, de cellulose, et de matières minérales, entre autres (Pelletier) de phosphates, de silice, de chaux et de fer. Proust avait reconnu sous l'épisperme une substance âcre qu'il avait nommée hordéine; les recherches ultérieures n'en ont pas
284 ORIGAN VULGMHE.
confirmé l'existence. Sous l'influence de la fermentation il se développe dans la semence un principe particulier, la diaslase, ferment puissant.
Action ruYsiOLOGiQUE et usages. — L'Orge est avant tout une substance alimentaire analogue aux autres céréales. Sa farine renferme seulement un peu moins de gluten et un peu plus de matière grasse et sucrée que celle du froment ; elle est donc moins nutritive et plus rafraîchissante. C'est sans doute ce qui l'avait fait choisir par le père de la médecine pour la donner aux malades en proie à des affections aiguës, fébriles. Mais du temps d'Hippocrate, la ptisane ne ressemblait guère à la décoction dont nous faisons usage aujourd'hui : c'était un brouet d'orge plutôt qu'une boisson.
Cependant, la tisane d'Orge^ édulcorée avec du sucre ou du miel, est employée comme délayante et tempérante, à peu près dans les mêmes circonstances que la ptisane consistante d'autrefois. La dose est de 15 grammes d'Orge pour 750 grammes d'eau. Seulement on n'emploie que VOrge mondée ou VOrge perlée, appelée aussi gruau d'Orge / c'est-à-dire le grain débarrassé plus ou moins complètement de ses enveloppes dures et résis-
On emploie aussi la décoction d'Orge en gargarisme et en lotion. La farine d'Orge est l'une des quatre farines résolutives. En outre, l'Orne sert à faire un pain grossier et à fabriquer une boisson fermentée, la bière ou cervoise, à laquelle le Houblon donne son amertume et son arôme. Pour obtenir la fermentation alcoolique, on commence par faire germer le grain dans lequel se développe alors du sucre aux dépens delà fécule. Cette Orge gerraée, ou Malt, a été préconisée pour ses vertus antiscorbutiques, de même que le résidu de la fermentation ou drèche. Les bons effets retirés de ces substances s'expliquent par leur nature végétale d'une part, et d'un autre côte parce que la diaslase qu'elles renferment aide singulièrement à la digestion des f3.nnGU.x«
La Bière de Malt ou Maltine-Gervais est une boisson très concentrée, utile dans la dyspepsie atonique. On en prend un ou plusieurs verres à vm de Bordeaux dans le cours de chaque repas.
Sous les noms de Bière de Malt, Maltine, extrait de Malt, on vend encore aujourd'hui des préparations utiles aux sujets dyspeptiques parla diaslase qu'elles renferment. Ce principe facilite en somme la digestion des substances féculentes et peut suppléer à l'insuffisance des ferments salivaire et pancréatique.
ORIGAN VULGAIRE, Origanim vulgare, L. — Labiées.
Angl • Wild Marjoram. — Ail. : Wohlgemulh, Dostenkraut.
L'Oman est une Labiée commune dans nos bois secs, qm présente une composition chimique, des propriétés physiologiques et des usages théranPnliaues analogues à ceux de toutes les plantes aromatiques de la famille. Paï a saveur amère en même temps que chaude et âcre, il se rapproche pourtant aussi du groupe des Labiées amères-aromatiques, telles que le