‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 148 sur 384 · PARIÉTAIRE · texte numérisé non relu

PARIÉTAIRE

PANAMA (BOIS DE), provenant (?) du Quillaja saponaria. — Rosacées. On connaît sous ce nom une écorce fournie par un grand arbre d'origine chilienne.

Composition. — D'après Boutron-Charlard et Henry fils on y trouve une matière parliculière, très piquante, soluble dans l'eau et l'alcool; une matière grasse unie à la chlorophylle; du sucre, une matière colorante brune, un peu de gomme, un acide libre, du malate de chaux.

Il faut y ajouter, d'après Bucholz et Bussy, de la saponme, le principe le plus important.

Action physiologique et usages. — Cette action se confond évidemment avec celle de son principe, la saponine, glucoside dont il sera parlé plus loin ( Voy. Saponaire).

Le Bois de Panama a surtout des usages domestiques. On s'en sert en guise de savon, pour enlever les taches de graisse sur les étoffes.

Néanmoins plusieurs dermatologistes reconnaissent à sa décoction des propriétés curatives contre certaines affections squameuses de la peau, particulièrement le pityriasis et surtout celui du cuir chevelu. Elle nettoie, en effet, très bien le tégument externe, le débarrasse de ses écailles épidermiques ou des matériaux sébacés, desséchés à sa surface, et permet aux topiques d'exercer plus sûrement leur action sur la région malade.

Enfin, grâce aux intéressantes recherches de Le Beuf, pharmacien de Bayonne, l'alcoolé de Quillaye ou la teinture de Quillaia jouent un rôle important en pharmacie, dans la préparation de certains médicaments qui, n'étant pas miscibles à l'eau, ne peuvent s'administrer d'une façon commode. En les trailant par la teinture de Quillaia et l'eau on les émulsionne avec la plus grande facilité, et c'est sous cet état de division extrême qu'on les offre à l'absorption des voies digestives. D'ailleurs l'émulsion est permanente et ne s'altère que difficilement. Je citerai parmi les produits de ce genre d'un emploi commode les émulsions de Baume de Tolu, de Copahu, de Goudron, etc., et aussi pour les usages externes le Coaltar saponiné.

PANICAUT ou CHARDON ROLAND, Eryngium campestre L. — Ombel-

LIFÈRES ANOMALES .

Angl. : Common Eryngo. — AU. : Brachdistel, Feldmannstreu.

Le Chardon Roland croît abondamment dans les lieux pierreux et stériles. Sa racine, alimentaire dans quelques pays, est inodore, douceâtre et passe pour apérilive, diurétique, fondante. On l'ordonnait en infusion ou décoction, à la dose de 15 à 30 grammes dans 750 grammes d'eau, contre les maladies des voies urinaires, l'hydropisie et les obstructions.

PARIÉTAIRE, Parietaria officinalis, L.

— Urticacées.

^88 PATIENCE (racine DE).

Angl. : Commonwall Pellilory. — Ail.': Nachtkraul, Graskraul, Mauerkraut.

La Pariétaire couvre partout les vieilles murailles humides. Elle leur doit, sans doute, la forte proportion de salpêtre qu'elle renferme, et qui est telle, dit-on, que l'extrait qu'on en préparait aurait un jour pris feu. Ce serait aussi une des plantes qui contiennent le plus de soufre (Planche).

Insipide et inodore, la Pariétaire est estimée adoucissante, rafraîchissante et diurétique. Cette dernière propriété s'explique par la présence du nitrate de potasse.

On donne dans les maladies inflammatoires, dans les hydropisies, mais spécialement dans les affections catarrhales des voies urinaires et la gravelle, soit la décoction, soit le suc exprimé de Pariétaire qui se prend à la dose de 90 à 120 grammes. Cette plante sert aussi à faire des cataplasmes adoucissants.

La Pariétaire fait partie des herbes émollientes.

PAS-D'ANE. — Voy. Tussilage.

PATIENCE (RACINE DE), provient de diverses espèces de Rumex. —

POLYGONACÉES.

Angl. : Garden Patience, Monk's Rhubarb. — Ail. : Mengehvurz, wild Rhabarber.

Sous le nom de Patience, on trouve, en effet, dans les officines françaises les racines de plusieurs espèces linnéennes de Rumex, toutes indigènes, et venant dans les pâturages secs, au bord des chemins et autour des habitations. Ce sont : les Rumex Patientia, R. obtusifolius, R. acutifolius, R. crispus, R. divaricatus et R. pulcher. A l'étranger, au contraire, les espèces usitées de préférence sont aquatiques : Rumex aquaticus et R. Hydrolapathum. Quelles que soient les vertus spéciales qui leur aient été attribuées, toutes ces plantes offrent sensiblement les mêmes usages. Le R. Patientia, exclusivement recommandé autrefois dans nos pharmacopées, est une plante de montagne qui a l'inconvénient d'être plus rare que les autres; le Codex\n\ préfère \e R. obtusifolius, qui vient communément au pied des murs, dans les basses-cours et les lieux ombragés.

La racine de Patience, au dire de Deyeux, contiendrait du soufre et, d'après Riegal, une résine, une matière extractive analogue au tannin, etc., et la Ihimicine, principe qui paraît identique au Rhabarbarin de la Rhubarbe. Elle est d'un goût d'abord fade, puis amer et astringent, qui n'a rien de désagréable, ni de nauséabond. La matière colorante rouge située entre l'écorce et le meditullium teint quelquefois, selon Lamarck, les matières intestinales et simule le flux de sang. On attribue à cette racine des qualités laxatives comparables à celles de la rhubarbe; et elle peut même devenir émétique à la dose de 4 grammes (Wauters) en poudre.

La décoction de Patience est réputée tonique, apéritive, sudorifique et conséquemment dépurative et antiscorbutique. C'est une des tisanes les plus employées contre les maladies cutanées et dyscrasiques. On la prépare

PAVOT BLANC OU PAVOT OFFICINAL. 289' avec 30 grammes de racine sèche on le double de racine fraîche pour 750 grammes d'eau.

En Suède, on se sert de la racine du Rumex aquaticus, L., et en Angleterre de celle du R. Hydrolnpathnm, Hudson (angl. : great watev Dock; ail. : Wassercumpfer). Cette dernière est inodore, mais possède une saveur âcre et amère. On y a trouvé du tannin, ce qui explique ses usages avantageux contre les ménorrhagies et d'autres pertes utérines.

PAVOT BLANC OU PAVOT OFFICIIVAL, Papaver sumnifevum, album, DG. — Papavi'îracées.

Angl. : S omni ferons White Poppy. — AU.: Weisser Molin.

Cette variété cultivée du Pavot somnifère, qui est originaire de la Perse, se distingue par ses pétales blancs et ses capsules imperforées. Elle fournit les diverses sortes commerciales d'Opium exotique. Ses feuilles et ses capsules laissent également couler le suc laiteux qui, en se concrétant, constitue l'Opium en larmes ; les unes et les autres pourraient donc servir à peu près indifféremment comme calmantes et narcotiques. Les feuilles font pariie de VOnguent populeum. Seulement, comme les capsules sont plus chargées de suc propre, ce sont elles qu'on emploie préférablement dans les autres préparations.

Les Têtes de Pavot doivent être préalablement débarrassées des semences innombrables qu'elles recèlent avant d'être soumises à l'ébullition dans l'eau, à laquelle elles cèdent en partie leurs principes actifs. La décoction se fait avec une tôle dans 500 à 1000 grammes d'eau. On s'en sert habituellement comme de l'Opium pour calmer la douleur et procurer le sommeil, soit en tisane, soit en lavement; sous ces deux formes, on ne doit pas dépasser la dose d'une tête moyenne dans un demi-litre d'eau en vingt-quatre heures, sous peine de voir parfois survenir des accidents de narcotisme. Il faut surtout se défier des grosses capsules des provinces méridionales, dont chacune peut représenter de 45 à 20 centigrammes d'Opium, et des capsules vertes ou récentes, qui sont plus riches en morphine. Pour l'usage externe, ces précautions sont superflues, pourvu que la décoction de Pavot soit appliquée sur la peau intacte et non sur des surfaces dépouillées d'épiderme et capables d'absorber.

Le Sirop diacode était ainsi nommé parce qu'il se préparait avec les têtes de Pavot. Il se donne à la dose de 20 à 60 grammes par jour, en une ou plusieurs cuillerées, comme anodyn et hypnotique.

Bien que le nouveau Codex ne mentionne plus le Pavot pourpre, Papaver somniferum, nigrum, DG, et le Pavot à œillette (sous-variété de ce dernier), nous pensons qu'on peut néanmoins citer leurs noms à la suite du précédent, dont ils partagent les propriétés.

Le premier est riche en morphine (Dumas, Pelletier et Caventou), plus riche môme que l'Opium du commerce. Aubergier avait essayé sa culture en France pour en tirer un Opium indigène, VAffium, comme il l'appelait, renfermant de 10,5 à 1 1 ,2 de morphine. Les préparations d'Affium, qui cor- GuBLEi» et Labdék, 3° édition. 19

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