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RAIFORT SAUVAGE, CRAN DE BRETAGNE

IS centigrammes, et un Vin de Quinium dont on donne de 30 à 100 grammes comme tonique et une dose doulîle comme fébrifuge.

Le Sirop de Quinquina se prescrit à la dose de 30 à 60 grammes par jour. II en est" de même du Sirop de Quinquina au vin de Madère ou de

Lvnel. . .

On prépare aussi des tablettes et un étectuaire de Quinquina. Le Bolus adquarianam contient 30 grammes de Quinquina Calisaya; 1 gramme d'Émétique, et 100 grammes de sirop d'absinthe. L'émétique est décomposé par le tannin et n'agit plus comme tel. On prend 6 à 20 grammes de celt& préparation dans la journée en plusieurs doses.

Mentionnons encore plusieurs cérats de Quinquina, plusieurs cataplasmes antiseptiques de Quinquina camphrés, un Uniment antiseptique ayant la même composition et une poudre dentifrice.

Enfm, VÉther quinique, en inhalations, a été vanté en Italie contre les fièvres intermittentes.

RAIFORT SAUVAGE, CRAN DE RRETAGNE. — Cochlearia Armora-

cia, L. — Crucifères.

Angl. : Horse-Radish. — Ail. : Meerrettig,— Rettig.

Le Raifort n'est pas rare dans l'ouest de la France, dans les heux humides. . , . .

Composition. - La racine, analysée par Gutret, a fourni les principes suivants • huile volatile âcre, résine amère, extractif sucré, gomme, amidon, ligneux, albumine, acide acétique, acétate et sulfate de chaux.

Vhmle volatile possède un goût d'abord douceâtre, puis âcre e brûlant, avec une odeur excessivement. développée de Raifort sauvage. Une seu e goutte suffit à> infecter une chambre. Légèrement soluble dansleau, elle se dissout aisément dans l'alcool. Elle contient du soufre et de 1 azote, mais pas d'oxygène, et se rapproche beaucoup de l'essence de moutarde. Pas plus que cette dernière elle ne préexiste dans la plante; elle résulte d'une sorte de fermentation (Bussy, Fremy, Boutron) produite par 1 action réciproque de la smigvine {Myronate de potassium) et de la myrosme, lune sur l'autre. Appliquée sur la peau, elle l'enflamme et détermme la vési-

CcltlOIl •

Action physiologique. - De même que son huile essentielle, mais avec moins d'énergie, le Raifort irrite la peau et peut soulever l'épidermc bes émanations odorantes provoquent une abondante sécrétion de armes Mâchée sa racine excite un flux de salive. Son infusion, introduite dans 1 estomac cause une sensation de chaleur et des effets éméto-cathartiques 11 en résulte quelquefois, avec de la transpiration, une diurèse copieuse Au résumé le llaifort est un stimulant âcre et piquant dont laction peut se généraliser après absorption.

RAISINS SECS. ^33 Usages — Le Raifort est usité comme condiment. C'est un excellent masticatoire et un rubéfiant énergique qu'on peut substituer àla moutarde. €n peut en employer ri«/Mseon pour faire vomir. Son s^rop convient à certaines formes d'enrouement. En qualité de stimulant général, de diaphorétique et de diurétique, le Raifort sauvage a été conseillé dans la paralysie, le rhumatisme chronique, la goutte, le catarrhe chronique des muqueuses, l'albuminurie (Martin-Solon) et les hydropisies. C'est le plus puissant de nos antiscorbutiques.

Modes d'administration et doses. — La racine de Raifort sauvage se domie râpée àla dose de 2 à 4 grammes. Veau distillée se prescrivait dans l'affection calculeuse. L'infusion composée, dans laquelle entrent les semences de moutarde, est stimulante, diurétique à la dose de 30 à 60 grammes.

La teinture de Raifort composée, avec de l'écorce d'orange et de la muscade, s'associe comme stimulant à des infusions diurétiques, à la dose de 4 à 12 grammes.

Le Sirop de Raifort composé {Sirop antiscorbutique) comprend outre le Raifort: feuilles de cochlearia, trèfle d'eau, cresson, oranges amères, cannelle, vin blanc et sucre. On l'administre dans la scrofule surtout, à la dose de 30 à 60 grammes.

Le Sirop de Raifort iodé de Bovvanlt est très utilement employé chez les sujets strumeux. Fouruier l'a perfectionné en y introduisant du suc de cresson iodé par le parcage, c'est-à-dire en ajoutant de l'iode à l'eau dans laquelle la plante végète. Il obtient de la même manière du cresson iodoferré servant à la fabrication d'un Sirop de Raifort iodo-ferré, et qui présente les deux agents médicamenteux séparément assimilés et non pas réunis à l'état d'iodure de fer. Cette dernière préparation répond à deux indications thérapeutiques souvent réunies. Une cuillerée à soupe contient 8 centigrammes d'iode et de fer.

RAISINS SECS, Fruits desséchés de la vigne {Vitis vinifera, L.). — Am-

fÉLlDÉES.

Angl.: Dried Gi'apes or Raisins. — AIL: Getrocknete Trauben, Rosinen.

Les Raisins secs usités en médecine sont de deux sortes : i" le Raisin de Corinlhe {Dvx corinthiacx, seu Passulœ minores), extrêmement petits, et exempts de pépins ; 2" le Raisin de Malaga {Uvx malacenses, ou PassuLv majores). C'était autrefois le Jîaisin de Damas ou de Smyrne qui portait cette dernière dénomination.

Composition. — D'après Bérard, le jus de Raisin mûr contient: matière odorante, sucre, gomme, matière glutineuse, acide malique, malate de chaux, bitartrate de potasse et surlartrate de chaux. Les graines contiennent 12 à 18 p. 100 d'huile fixe utilisée parfois pour l'éclairage; et 5 à € p. 100 de tannin.

Par la dessiccation, le Raisin perd, en même temps que son eau, une proportion assez considérable de son acide libre, et gagne du sucre. Action physiologique et usages. — Les Raisins sont un aliment respira-

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toire d'un caractère rafraîchissant, qui, pris en quantité trop forte, peut amener de la Ilalulence et des désordres des organes digestifs. Frais, gorgés de suc et plus fortement acides, ils sont tempérants, antiphlogistiques, et alcalisent les urines, par suite de la transformation de leurs sels alcalins en carbonates des mômes bases. Secs, plus sucrés et moins acides, ils se comportent un peu différemment, mais restent adoucissants, tout en étant d'une digestion assez difficile. Avec les figues, les dattes et les jujubes, ils constituent les Quatre fruits pectoraux. On en donne la décoction dans les rhumes, le catarrhe, les ardeurs de poitrine et d'entrailles qui accompagnent la grippe et suivent les refroidissements. Ils entrent dans la plupart des préparations pectorales et béchiques : pâtes, sirops, etc.

On les retrouve aussi dans les formules de la Décoction d'orge composée, de la décoction de gayac. de la Teinture de cardamome composée, de la Teinture de séné et de la Teinture de quassia composée.

RAISIN-D'OURS. — Voy. Uva-Ursi.

RATANHIA, Krameria Triandra, R. et P. — Polygalacées.

Angl. : Bhatamj. — AU. : Peruvianische Ratanhiawurzel.

Le Krameria iriandra habite la région des Quinquinas, dans les Cordillères des Andes du Pérou et de la Bolivie, et fournit la Ratanhia péruvienne ou de Payta, qui est la plus répandue. Mais il existe deux autres sortes de Ratanhia : lune dite Savanilla, ou de la Nouvelle-Grenade, qu'on rapporte 2.xi Krameria tomentosa, Saint-Hilaire ; l'autre des Antilles, provenant du

Krameria Ixine. ^ , . .

Composition. - La racine de Ratanhia (Trousseau et Pidoux écrivent Rotania), renferme, selon Peschier, 42 pour 100 de tannin, un peu d'acide c^allique, de la gomme, de l'extractif, de la matière colorante et de 1 acide kramérique. L'acide tannique de celte racine précipite en gris brun les persels de fer. Vacide kramérique, encore mal défini, jouit également de propriétés stypliques (Peschier). A ces principes, Cotton ajoute une substance volatile odorante et un sucre particulier à la faveur duquel se dissout le rouge extractif qui provient d'un dédoublement incomplet du tannin

Le tannin, appelé aussi acide ratanhia- tanniqw, se rapproche de 1 acide catéchulannique. Sous l'influence des acides dilués, il se convertit en sucre cristallisé et rouge de Ratanhia, celui-ci abondant dans 1 écorce et signalé dans le marron d'Inde. , La Ratanhine a été trouvée autrefois dans un extrait d'Amérique et n a plus été revue depuis. Elle offrait cette particularité tout à fait curieuse H'^tre identique à la tyrosine.

ACTION x>uvsiOL00iQOE.'- Lcs vertus de la Ratanhia résident dans son tannin et son acide gallique, et peut-ôtre un peu dans l'acide kraniérique. C'est un amer astringent, produisant à un degré intense tous les effets des pppnts de cette classe (voy. Tannin, etc.). . Usages - La Ratanhia était d'abord employée par les dames péruvien-

RATANHIA. ^3t> nés pour affermir les gencives et, dit-on, pour se l^lanchir les dénis. On la recommande encore en collutoire ou en gargarisme contre la gingivite scorbutique ou la simple tuméfaction des gencives, ainsi que contre le relâchement de la luette et l'angine inflammatoire légère. Mais ce n'est là qu'un cas particulier d'un usage plus général dans toutes les affections caractérisées par l'atonie des capillaires ou des tissus contractiles et par la débilité locale ou générale. On prescrit la Ratanliia dans les cachexies, les hydropisies passives, les hémorrhagies de même nature, les flux muqueux ou purulents.

Modes d'administration et doses. — On emploie rarement la poudre à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes, plus souvent l'infusion, et surtout Vextrait aqueux, dont la meilleure sorte est V extrait Granval, le seul qui soit entièrement soluble et pouvant s'incorporer en totalité dans une potion.

h'infusion se prépare avec 10 ou 20 et même 30 grammes de racine pour 1,000 grammes, SOO grammes au moins, d'eau bouillante. On en prend de 30 à 60 grammes à la fois, ou bien on s'en sert pour l'usage externe. On la préfère à la décoction parce que, dans celle-ci, le tannin passe en grande partie à l'état insoluble. Cependant la décoction a été recommandée en collyre dans les kératites chroniques.

Vextrait se donne en pilules ou en potion, à la dose habituelle de 2 à A grammes. Trousseau et Bretonneau en prescrivent 1 gramme seulement, dans un quart de lavement, contre la fissure anale. Mais le suppositoire : Beurre de cacao, 3 gram. ; extrait, 1 gram., rend les mêmes services.

La teinture alcoolique de Ratanhia, inusitée chez nous, se donne à la dose de 5 à 20 grammes.

Le sirop de Ratanhia, qui contient 1 gramme d'extrait pour 40 grammes, est conseillé aux personnes affaiblies par des hémorrhagies répétées ou pai* une diarrhée chronique, qui doivent faire un usage prolongé du médicament.

Nous possédons en France, dans notre flore indigène, une plante capable de rendre bien des services qu'on demande à la Ratanhia ; c'est la Sa- LiCAiRE, Lylhrum saiicaria, L., ancien médicament récemment étudié par C;impardon, mais toujours resté dans la médecine populaire. Elle renferme beaucoup de mucilage, et 2,20 p. 1,000 de tannin.

Ses efl"ets thérapeutiques sont surtout évidents contre les irritations des voies digestives se traduisant par des diarrhées. Elle calme même l'entérite des jeunes enfants lors de la dentition et les flux intestinaux en général, sous la dépendance d'une inflammation simple du tube digestif. En outre, la Salicaire est utile contre les aphthes, les .gingivites, le coryza au début, la vaginite, le prurit vulvaire, l'eczéma, l'intertrigo, la conjonctivite palpébrale, etc. Elle paraît, en somme, douée d'une action anticatarrhale utilisable surtout lors de la période aiguë des maladies que je viens d'énumérer.

On la prescrit en infusion plutôt qu'en décoction, à la dose de 30 à 40 gr.

336 IlÉGLISSE.

par litre d'eau; en extrait : 2-4 gram. ; en sfro/y, et plus rarement en poudre, 5-6 grammes.

A l'extérieur, la teinture s'emploie pure ou diluée dans l'eau comme topique.

RÉGLISSE, Glycyrrhiza glabra, L. — Légumineuses-Papillionacèes.

Angl. : Common Liquorice. — AU. : Sûssholz, Lakritzenholz.

Le Glycyrrhiza glabra appartient au midi de la France et de l'Europe.

Composition. — La racine de Réglisse contient, d'après Robiquet : glycyrrhizine, amidon, asparagine, huile résineuse, albumine, fibre ligneuse, sels (phosphates et malates de chaux et de manganèse). La Glycyrr/uzine, ou sucre de Réglisse, est incristallisable, soluble dans l'eau et l'alcool. Elle se combine avec les bases, et les sels et les acides la précipitent de ses dissolutions. Vhuile résineuse donne à la racine le léger degré d'âcreté qu'elle possède.

L'analyse plus récente de Roussin est un peu différente et nous montre dans la racine Vacide glycyrrhizique combiné à l'ammoniaque pour constituer la glycyrrhizine de Robiquet. 11 y aurait en réalité deux combinaisons : l'une basique, l'autre neutre, celle-ci représentant le véritable principe sucré de la Réglisse. A l'état de pureté, ce glycyrrhizate est amorphe, en écailles translucides, d'une saveur sucrée très intense, et telle qu'on pourrait s'en servir pour masquer la saveur des médicaments désagréables au goût: quinine, aloès, quassia, sulfate de magnésie, iodure de potassium, etc.

Action physiologique. - La racine de Réglisse est plutôt un ahment respiratoire ou un condiment sucré qu'un véritable médicament; mais elle a sur le sucre de canne et sur les autres matières sucrées un avantage trop peu apprécié : c'est de ne pas se métamorphoser sous l'influence des ferments qui pullulent dans les premières voies chez la plupart des febricitahts et des malades. Tandis que les spores d'Oidium albicans, presque toujours présentes dans le cours des maladies tant soit peu graves et prolongées (Gubler), transforment instantanément les boissons sucrées en matières acides ou âcres et désagréables, elles respectent au contraire la Glycyrrhizine, ce qui épargne aux patients une souffrance réellement fort pénible, ainsi que les inconvénients attachés au mauvais état de la bouche et des premières voies, c'est-à-dire l'inappétence, la dyspepsie et l'insuffisance de la réparation organique.

Usages. — Aussi ne saurai-je trop recommander, lorsque cette lacneuse disposition de la bouche rend intolérables les boissons sucrées, de recourir à la Réglisse comme substance édulcorante. Au reste, c'est un moyen populaire, et la Réglisse fait partie de la Tisa^ie commune des hôpitaux de Paris. C'est aussi la base de celte boisson qui se vend dans les rues de la capitale et ailleurs sous le nom de Coco. La Réglisse est en réalité béchique, rafraîchissante, diurétique.

Modes d'administration et doses. - La racine de Réglisse, ratissée pour

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