‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 192 sur 384 · STIUMOINE OU POMME-ÉPINEUSE · texte numérisé non relu

STIUMOINE OU POMME-ÉPINEUSE

plicalion sur une plaie vive, eL les animaux inférieurs, poissons, insectes, en ressentent la funeste influence.

Les anciens employaient la Staphisaigre comme éméto-cathartique. De nos jours on ne s'en sert plus que contre la gale et spécialement contre les poux ; encore est-il prudent de s'assurer de l'intégrité du cuir chevelu, afin d'éviter l'absorption par des surfaces érodées ou entamées par des fissures.

Modes d'administration et doses. — On se sert de la poudre de Staphisaigre pour saupoudrer la tête et, au besoin, le corps des sujets qui portentdes poux. La décoction, à la dose de 30 grammes de graines pour 90 grammes d'eau, a été conseillée contre la gale, et en lotions pour déterger les ulcères.

Autrefois on employait la décoction de quinze semences dans de l'eau miellée, comme éméto-cathartique. En poudre, on ne devrait, selon la remarque de Mérat et de Lens, l'administrer qu'à faible dose, 10 centigrammes, par exemple, dans un véhicule mucilagineux, contre les maladies non inflammatoires, et quand les premières voies n'ont aucune tendance à la phlogose.

La Staphisaigre est la substance active de la Pommade ad pkthiriasim.

STOECHAS, Lavandula Stœchas, h. — Labiées. Angl. : Frenck Lavander. — Ail. : Stœchas.

Cette plante, qui tire son nom des îles d'Hyères [insulas Stœchades), où elle croît en abondance, comme dans les terrains siliceux du Midi de l'Europe, possède les qualités des Labiées aromatiques en général, et spécialement celles de la Lavande offlcinale (voy, ce mot). Elle sent le camphre et son huile essentielle renferme un stéaroptène abondant.

On emploie le Stœchas dans le catarrhe pulmonaire, l'aménorrhée torpide, certaines gastralgies (Alibert). Les sommités fleuries se prennent à la dose de 4 à8 grammes en infusion théiforme. Elles entrent dans le Sirop de Stœchas, le Milhridate, le Sii^op d'Erysimum composé, etc.

STRAMOINE ou POMME-ÉPINEUSE, Datura Stramonium, L. — Solanacées.

Angl. : Thorn Apple. — Ail. : SlechnpfeL

Le Datura Stramonium est une espèce indigène qui vient dans les te rres remuées et les décombres. On fait usage des feuilles et d^s semences.

Composition. — Les /ewiYZes, selon Promnitz, contiennent: résine, extraclif, y compris la daturine, fécule verte, albumine, phosphates et sels végétaux, de chaux et de magnésie, fibre ligneuse.

La DalurtJie est un alcaloïde dont la formule G^^H-^AzO" est identique avec celle de l'Atropine, à laquelle elle ressemble dailleurs extrêmement. Les deux alcaloïdes cristallisent cependant d'une façon différente (Erhardt). D'autre part, tandis que l'atropine n'agit pas sur la lumière polarisée, la Daturine dévie à gauche le plan de polarisation ; enfin les sels d'atropine sont précipités par le chlorure de platine, ce qui n'a pas lieu avec ceux de Daturine, et l'inverse se passe avec l'acide picrique (PohlV

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La Daturine est blanche, cristalline, inodore, d'un goût amarescent comme celui du tabac. A peine soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante, elle se dissout aisément dans l'alcool, moins bien dans l'éther, et se combine avec les acides minéraux pour former des sels.

Gomme l'atropine et l'hyoscyamine, l'alcaloïde du Datura est un poison mydriatique. Seulement la dilatation pupillaire qu'il produit au plus haut degré est, dit-on, moins durable qu'avec la belladone. Toutefois Taylor établit que la mydriase dure plusieurs jours, lorsqu'elle a été déterminée par la solution de Daturine introduite entre les paupières. Ses autres effets sont d'ailleurs fort analogues à ceux de ses congénères. Absorbée et portée par le sang aux différents organes, la Daturine est éliminée par les reins et se retrouve dans l'urine. AUan l'y a constatée trois fois par la méthode de Henry.

11 semblerait, d'après une observation de Ch. Laurent et Oulmont, qu'elle n'agit pas physiologiquement, tout à fait comme le Datura, chez l'homme. Ces expérimentateurs constatèrent àla vérité, après uneinjection de 6 milligrammes, de l'accélération du pouls, de la dilatation pupillaire, de l'aphonie, une respiration irrégulière et suspirieuse, de l'affaissement intellectuel, symptômes que nous allons retrouver dans le Daturisme, mais la face du sujet était pâle au lieu d'être rouge, et il n'y eut pas d'hallucinations comme dans l'intoxication parle Datura.

Action physiologique. — Ingérées dans les premières voies ou appliquées en poudre sur une surface dépouillée d'épiderme, les semences de Stramoine donnent lieu aux symptômes suivants :

A dose faible ou modérée, le Datura émousse la sensibilité et soulage la douleur, dilate la pupille et trouble légèrement la vue ; occasionne un peu de sécheresse de gorge et de soif, ordinairement un peu de relâchement du ventre, quelquefois de la diurèse ou bien de la sueur, en même temps que l'élévation de la température et l'accélération du pouls. A dose élevée, il produit des nausées, des vertiges, un sentiment de faiblesse et d'affaissement général, une slupeur légère; puis de l'agitation, des spasmes, une dilatation énorme des pupilles avec obscurcissement de la vue, céphalalgie, délire furieux avec hallucinations continuelles, insomnie opiniâtre, soif ardente, sécheresse et conslrictionpénibledela gorge, dysphagie, peau sèche et chaude se couvrant parfois d'une éruption scarlatiniforme, 'd'urticaire de pétéchies, etc. On a noté aussi la rareté de l'urine et la fréquence de là miction, ou inversement, une urine plus abondante et de la rétention dans la vessie, quelquefois de la cardialgie, des vomissements et de la diarrhée.

Si le cas doit être fatal, le sujet perd la voix, la sécheresse du pharynx rend la déglutition impossible ; la mydriase est extrême, les yeux demeurent insensibles à la lumière ; le collapsus et la stupeur succèdent à l'agitation déhrante ; ilsurvienldes convulsions ou bien la paralysie, le refroidissement, et enfin la mort. Si 1 organisme triomphe de l'action toxique, on voit les symptômes se calmer peu à peu, tout danger disparaître en quelques GuBLEH et Labbée, 30 édition. 25

STRAMOINE.

heures et bientôt môme toute trace d'empoisonnement s'effacer. Néanmoins on a vu le délire et la cécité, ainsi que la mydriase, persister plusieurs jours et même plusieurs semaines. Cette puissance du Datura pour produire des hallucinations, des visions fantastiques, lui avait valu, au moven âse, les noms à! Herbe aux sorciers, à' Herbe au diable.

Ainsi le Datura est un poison narcotique cérébral qui fait surtout délirer et stupéfie, mais qui ne fait pas dormir. Son action, quoi qu'en dise Yogt, est très semblable, si ce n'est identique, à celle de la belladone.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les Datura ferox, D. fasluosa, D Metel D. sanguinea et surtout le D. Tatula, moins toxique que les espèces précédentes, peuvent être substitués à la Stramoine, dont ils partagent les vertus à quelques nuances près. La belladone est également synergique du Datura Stramonium. Il en est de même de la jusquiame, et jusqu'à un certain point des autres Solanées vireuses, qui ont toutes entre elles une évidente analogie d'action. . . ,

J'ajouterai la Duboisia wyoporoïdes (Salpiglossidées) et son prmcipe, la

Duboisine. ... ,

Mais il me faut surtout mentionner à cette place un médicament nouveau, étudié seulement depuis quelques années et vanté surtout pour ses qualités eupnéiques, le Québracho. „^^^„n VAspidosperma Québracho (Apocynées) est un grand arbre assez commun dans la République Argentine, où son écorce est employée comme succédané du Quinquina. . ,

La partie usitée en médecine est surtout cette écorce, quoique le bois possède quelques propriétés analogues. Il entre dans sa composition beaucoup 1 tannin, ce qui la recommande à l'industrie pour le tannage des peaux, et six alcaloïdes déjà décrits et -mmés, dont deux rée lement mporlants : Y Aspidospermine (Fraude) et la Québrachme CHesse)^ On ctte encore un principe particulier, le Québrachol, qm se rapprocherait des

cllco ois

VAspidosperma Québracho, Québracho blanc, est doué ^'énergiques propriétés physiologiques qui se manifestent chez les animaux par des euas de paralysie motrice, d'origine centrale, d'où résulte la mort par asphyxie dans un état convulsif produit par l'accumulation de l'acide carbonique dans le sang (Penzoldt). • .

L'action cardiaque, la température, l'état de la circulation ne seraient modifiés que secondairement : sédation et abaissement.

Chez l'homme, les petites doses de Québracho rendent la respiration plus facile, à ce point qu'on peut faire une ascension avec J^o^^^/^^J^: tigue, tandis que des doses plus élevées causeraient des vertiges, au uidi de tête et quelques troubles intellectuels (Laquer).

Le Québracho rouge [Q. Lorentztii) agirait de la môme façon.

U Aspidospermine, Q?m^^KzK)\ est un alcaloïde cristallin, solub e dans l'alcool et l'éther, peu solublo dans l'eau, mais formant des sels très solubles dans ce liquide

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Elle augmente, chez les animaux, l'amplitude des mouvements respiraires, accélère ces mouvements, abaisse la température et tue par asphyxie iuchard et Éloy).

La Québrachinc, plus toxique, a des efl'ets paralysants rapides sur les lUscles et particulièrement les respirateurs (Strœbel). Les usages du Québracho résultent de ses propriétés eupnéiques, que - enzoldt attribue principalement à la faculté qu'il possède de rendre le sang plus apte à l'absorption de l'oxygène. C'est pourquoi il est utile dans l'asthme, dans l'emphysème, dans les dyspnées cardiaques, la phtisie même, et dans d'autres circonstances oti la respiration est gênée, en dehors cependant de l'obstacle mécanique. Jusqu'à présent, les indications de ce remède n'ont pas été bien précisées.

On peut dire que préparations de Québracho sont les mêmes que celles du quinquina: décoction, vin, extraits, teinture, etc. Ces deux dernières préparations sont particuhèrement usitées aux doses de 0,50 à 4 grammes (Mariasi y Larriou). L'Aspidospermine se tolère bien à 5 et 8 centigrammes (Penzoldt).

Je reviens à l'étude du Datura.

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes, contre-poisons. — L'opium est vraisemblablement l'antidote partiel de la Stramoine au même titre qu'il l'est de la belladone. On peut présumer que les alcooliques et le café ne seraient pas non plus sans influence sur les symptômes du Daturisme. Le tannin et la noix de galle sont les contre-poisons chimiques de l'alcaloïde, sur lesquels on ne compterait guère en cas d'empoisonnement.

Usages. — Ses propriétés physiologiques recommandent le Datura dans les névroses, les névralgies et les affections douloureuses.

En qualité d'anodin, il est usité dans le tic douloureux, la sciatique et les autres névralgies périphériques ou viscérales, ainsi que dans le rhumatisme, la photophobie, les ulcères irritables, les hémorrhoïdes douloureuses, les brûlures. En qualité d'antispasmodique, on l'emploie contre l'asthme et les dyspnées analogues, contre la coqueluche,la nymphomanie et le priapisme On l'a aussi conseillé, mais avec moins d'avantages, dans certaines névroses accompagnées d'hallucinations et de délire ou bien de convulsions comme dans la chorée et l'épilepsie. Enfin, les oculistes s'en sont servis comme 7nydruitique et Jobert (de Lamballe) lui donne la préférence sur l'atropine plus habituellement employée et dont les effets antiphlogistiques sur l'appaeil de la vision sont si remarquables. C'est dans l'asthme spasmodique et les névralgies que la Stramoine réussit le mieu.x, mais spécialement,'" on sPillé 1 l'r" T/'"'''' r.é..a\sies. De même, elle doit ôt e conseillée préférablement dans les névroses cérébrales liées à un élathvoéré

auseV" ha nZT ''''' anatomique poui'

cTautr nh,T r" r °" ^^<^i^^t"ce. Stôrck, Odhelius, Bretoniieau

D'aut es%";^ ^'^''"^ des guérisons ou des améliorations par ce moyen. D autres chmc.ens ont observé quelques bous résultats dans la folie, et

ggg STYRAX LIQUIDIÎ.

Moreau (de Tours) a posé les indications du traitement par le Datura dans Tette maUdie. Anderson, Sims, Laënnec, Cayol. Trousseau, ont obtenu d'exceUents effets de l'en.ploi du Datura dans l'asthme et en ont vulgarisé

^'"mIc' Vea-h a surtout préconisé contre celte névrose le Datura Tatula comme plut antispasmodique et moins narcotique que la Stramome, ne séchant pas la gorge, et à la fois curalif de l'asthme et de l'accès

En un mot, pour nous servir d'une expression de Trousseau et P.doux, le Datura peut alors tout ce que peut la belladone ; il jouit seulement de

^TataturiiTn'elTgûère employée qu'en oculistique. Jobert la préférait autrefois à l'atropine comme plus active, affectant moins la vue et ag.ssan plus sûrement et longuement que l'atropine. Fano est ^e cet av^s e prescrit dès lors le collyre à la Daturine, principalement dans certaines Ki^ratites vasculo-plasliques chroniques.

" M„;: BV»,msLx,oLT .OSES. - La Slramoine - doBne en pou*a : les ftuiHes àla dose de 5 centigrammes, les semences à celle de 2o miu iramme seulement. Ces doses peuvent être portées progressivement maiTrec prudence, du simple an sextuple, dans les vingt-quatre heures. "l „;ln de 8 à ko centigrammes de reuilles dans gram-s d eau se prend en plusieurs fois. VextmU aqmux se donne à la dose de 2 à 20 cen :rg?ammes, et rex,,», a;c„o«,„e à celle de 2J, .0 çent.grammes^ V^xtmit de semences de Stramome se prend à a «io^e * ^ '

grammes seulement. Le .in ie »»™'-;'»''™"f '^f ^^^J^'^donne 2 de même de la teinlure alcoolique et de X'alcoolaiure, dont on

'"lI"::";™ n^le la r^umade de ^-^^^^

frictions. La pommade est formée d une P"^'« * ,f ; quatre parties d'axonge. On prépare auss, un ' de Enfin, dans l'asthme, on emploie tréquemrnent les cgans le

Datura Stramomum qu'on tait f™»"- imbibé d'extrait

Ou bien l'on fume les cigarettes faites avec du papier (0..,05), et mieux confectionnées avec du 'fac ordinal e imp égn d même extrait, d'iodure de potassium et .'^J j „d„re.

Hepp)-, chaque cigarette renfermant 20 cent. ^ fJ'^^^llT.'i^^U ont Les diverses préparations de Stramome, P»"''''^'.''*'=°'i^°' ;,,„,u et Piété appliquées avec succès par la méthode -^-^J^ ^ills doux). Elles paraissent cependant avoir l'mconvénient d eire p que celles de la belladone et de la jusquiame

^ Enfin on pourrait recommander les inhalation *^ ^^^^^

gulièrement par des appareils vraiment nébuhsateu 's ^«"^^ nuages son infusion ou la solution titrée de son principe (Gubler).

STYRAX LIQUIDE. Provenant du Liquidambar orientaUs, Miller. - Amentacées-Balsamifluées.

STYRAX LIQUlDli.

Angl. : Liquid Storax. - AU. : Flûssiger Storax , , -n,.

Ce produi? était attribué naguère au Styrax offianal., arbre de la Pro-

vence et des Alpes-Maritimes.

Le Liguidamôar oriental habite la Grèce, l'Archipel et 1 Asie Mineure CoMPOSlï.o^^ - Le Baumedemi-fluide, obtenu par expression ou

lion de son écorce, se compose, d'après Simon : d huile volatile (styrol), d'acide cinnamique, de styracine, d'une résine molle et d une résine dure.

Le Styrax calamité, Styrax calamita, en diffère principalement par la présence de l'acide benzoïque à la place de l'acide cinnamique.

V/ndle volatile, Styrol ou Cinnamène (G'^H»), est extrêmement volatile, d'un goût brûlant et d'une odeur aromatique spéciale ; soluble dans l'éther et dans l'alcool.

Vacide cinnamique qui existe aussi dans les baumes du Pérou

et de tolu, résulte de l'oxydation de l'hydrure de cinnamyle ou essence de cannelle. Il est faiblement aromatique, d'un goût âcre, peu soluble dans l'eau, mais bien soluble dans l'alcool. Pris à la dose de 4 à 5 grammes, au moment de se coucher, il est absorbé, et, comme l'acide benzoïque, il se convertit dans le sang en acide hippurique qui passe dans les urines.

La Styracine (C2*H"02) est une substance cristallisable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et l'alcool bouillant.

Action physiologique. — Gette composition dénote, de la part du Styrax liquide, des propriétés excitantes communes à tous les balsamiques. Son action se fait sentir sur l'estomac d'abord, et sympathiquement sur l'ensemble de l'organisme; puis, après absorption, sur les émonctoires, et spécialement sur les surfaces muqueuses. Les appareils urinaire et respiratoire ressentent particulièrement son influence, qui se traduit, pour le premier, par de la diurèse, et l'accroissement de l'acide hippurique, aux dépens peut-être de l'acide urique ; pour le second, par la diminution de la sécrétion bronchique, ce qui l'a fait nommer expectorant stimulant.

Usages. — Le Styrax liquide, comme le calamité et les autres sortes de Styrax, est principalement employé dans les affections catarrhales des voies respiratoires, ainsi que dans celles des organes génito-urinaires pour restreindre ou faire cesser la sécrétion mucoso-purulente. 11 remplacele copahu et le cubèbe dans le traitement de la blennorrhagie et de la leucorrhée (Lhcritier). En application topique sur des ulcères sanieux, il réduitla suppuration, lui fait acquérir de meilleurs caractères, et agit, en un mot, comme détersif.

Le Styrax a pour analogues le Styrax calamita, la résine de Styrax officinal ou storax vrai, la résine à\x Liqnidambar styraciflua, la résine à'Altingia excelsa Noronka {Liquidambar allingia BL), etc.

Modes d'administration et doses. — Le Styrax liquide est donné en pilules à la dose de 50 centigrammes à 2 et 4 grammes par jour. 11 serait commode de l'enfermer dans des capsules gélatineuses de Lehuby.

VExtrail alcoolique de Styrax sert à la parfumerie et fait partie de la Teinture de Benjoin composée, ainsi que des Pilules de Stxjrox composées, dans lesquelles entrent aussi l'opium et le safran.

390 SUCRE DE CANNIÏ.

h'Onguenl de Styrax se compose presque à parties égales de colophane, de résine élémi, de cire jaune, de Styrax liquide et d'huile d'olive. C'est un puissant détersif et siccatif qu'on additionne souvent de laudanum et de cérat.

SUCRE DE CANNE, produit cristallisé retiré de la tige de la Canne à sucre {Sacc/iarum officinarum, L.) — Gbaminées ; et de la racine de Betterave {Bela vulgaris, L.). — GnÉNOPODACÉES.

Angl. : Sugar. — Ail. : Zucker.

La Canne à sucre, ou Cannamelle (angl. Sugar Cane), probablement originaire de l'Inde, est cultivée sous les tropiques, en Asie, en Afrique et dans le nouveau continent. La Betterave, principalement cultivée dans le nord de la France pour l'extraction du sucre, est une variété à racines succulentes d'une espèce indigène dont le type est le Beta maintima.

Le Sucre de Canne (G'^H^iOii) ou saccharose, qu'on représente encore par la formule : C^aQ^^, se distingue des autres principes sucrés par sa belle cristallisation et par son goût exquis. Il se dissout à parties égales dans l'eau froide, en toute proportion dans l'eau bouillante, et seulement dans 50 parties d'alcool. Il est insoluble dans l'alcool absolu froid etdans l'éther.

Les acides étendus le dédoublent en glucose et en lévulose, mélange auquel on a donné le nom de sucre interverti. L'eau bouillante agit de même.

L'acide nitrique fumant et un bon nombre d'acides organiques unis au sucre forment des saccharides ou éthers neutres. J'ajouterai comme faits à retenir les suivants. Le sucre ne se convertit en alcool, sous l'influence de la levure de bière, qu'après s'être transformé en sucre interverti.

En tout cas, il ne réduit pas la liqueur de Fehling et ne brunit pas sous l'action des alcalis. Eufm, sous l'influence du fromage blanc et du carbonate de chaux, il se transforme en acide lactique. Et il peut même subir la fermentation butyrique au contact de ferments altérés.

Le sucre est un aliment dit respiratoire, mais assurément plastique, quand il est brut, dans une certaine mesure, puisque les Nègres s'en nourrissentparfois exclusivement ; mais pur, il n'entretient guère la vie, car les animaux de Ghossat, soumis au régime exclusif du sucre, mouraient du quatrième au seizième jour, et les chiens de Magendie au bout d'un mois. C'est surtout un condiment fort agréable, dont on fait une consommation progressivement croissante dans les pays civilisés, car sa production annuelle dépasse deux milliards de kilogrammes actuellement. Le sucre se présente sous plusieurs formes. La plus ordinaire est le Sucre blanc raffine. Une autre est le Sucre candi blanc ou jaune, en gros cristaux. Puis nous trouvons les sucres plus ou moins impurs, connus sous les noms de Cfl^sonade et de Moscouade, ainsi que les Mélasses, distinguées par les Anglais en Mélasse proprement dite et en Treacle. Dans les colonies on fait usage du Suc

sirupeux de la Canne.

]1 Sucre d'Orge n'est autre que du Sucre de Canne fondu, rapidement solidifié et passé à l'état vitreux. Enfin le Caranœf ou «ucre brûlé, est une substance acide dans laquelle Gelis a trouvé la Caramelane, CHU.

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