SUCRE DE CANNE
Action physiologique. - Le Sucre, par l'impression vive et agréable qu'il produit sur l'organe du goût, excite la sécrétion salivaire et prépare l'activité gastrique, à laquelle il fournit d'ailleurs un objet. Introduit dans la circulation sanguine, il devient un combustible et contribue à la formation des matières grasses de l'économie. Il entretient donc la respiration et tend à augmenter la surcharge graisseuse, s'il n'est pas employé à la réparation organique. Il se transforme pour cela, dans les voies digestives, en sucre de raisin et en acide lactique, puis il finit par être brûlé et dégage de l'acide carbonique.
Pris en trop grande quantité, le Sucre se transforme partiellement en acide lactique, en présence de l'épithéliumbuccal ou des spores de Mucédinées, fréquentes dans les détritus des premières voies (Gubler), rend la bouche épaisse, pâteuse et acide, agace et corrode les dents, échauffe, constipe, donne la soif, oblitère l'appétit et cause de l'embarras gastrique. Le superflu peut passer dans les urines, et constituer une glycosurie transitoire. A la longue, l'abus de cette substance peut même entraîner des inconvénients plus graves pour la santé, et donner lieu à des altérations scorbutiques, telles que le ramollissement des gencives, les ulcérations de la bouche, et, dit-on, la surabondance de l'acide urique dans la sécrétion rénale. On l'a encore accusé de favoriser le développement des vers chez les enfants. Si le Sucre était le seul aliment ingéré, on verrait, comme chez les chiens de Magendie, survenir l'amaigrissement, la prostration, l'ulcération de la cornée, et la mort.
Quand enfin chez ces animaux on l'injecte dans les veines, il détermine immédiatement la polyurie (expérience de Ch. Richet et R. Moutard-Martin, avec le sucre interverti), la glucosurie et l'azoturie.
En contact prolongé avec la peau, chez les ouvriers sucriers et les épiciers, le Sucre devient irritant et détermine de la rougeur, des éruptions vésiculeuses ou pustuleuses, des gerçures, des tournioles et même des furoncles. Mais la découverte de l'Acarus sacchari, très voisin du Sarcoptes scabiei, dans certains Sucres exotiques, oîi il pullule parfois excessivement, a permis à Meyer de se demander si la dénomination de Gale des épiciers, dont on se sert communément pour désigner les affections cutanées énu mérées ci-dessus, ne serait pas plus vraie qu'on n'aurait cru.
Usages. — Le Sucre, outre ses usages alimentaires, sert à édulcorer les boissons fades et à masquer le goût de celles qui sont répugnantes. Quand on le suce ou qu'on le laisse fondre lentement dans la bouche, il entretient la sécrétion de la salive et du mucus buccal, fait disparaître la sécheresse de la langue et de la gorge, calme la chaleur et les picotements de ces régions, rend la déglutition, l'expuition, l'expectoration et la parole plus faciles, et empêche la toux fatigante des laryngo-trachéites surtout. Aussi est-ce l'un des moyens les plus fréquemment employés dans les angines légères et les rhumes. Chacun sait d'ailleurs qiiele sucre candi est un pectoral très en honneur dans la médecine populaire en pareille circonstance. Mais l'abus est bien près de l'usage, et, pour peu que cela dure, le sujet ressent les incon-