SUCRE DE CANNE
vénienls signalés tout à l'heure, à propos de l'action physiologique. Dans ce cas on doit préférer les matières sucrées inferrnentescibles, telles que la racine ou le suc de réglisse, ou bien la gomme arabique. Le professeur Piorry a conseillé l'emploi du Sucre à hante dose dans le diabète sucré, et assure en avoir obtenu de bons résultats. Un verre d'eau sucrée, aromatisée ou non avec de l'eau de fleur d'oranger, est souvent un excellent digestif, un palliatif de la pyrosis et de la gastralgie. Le Sucre de Bederave, qui renferme une certaine proportion de saccharate de chaux, est plus utile sous ce rapport que celui plus pur de la Canne. L'usage du sucre est généralement contre-indiqué chez les dyspeptiques et dans les cas de diarrhée.
Gosselin a fait à la chirurgie une application ingénieuse de la propriété que possède le Sucre de se combiner avec la chaux pour constituer un saccharate soluble. Dans un cas où la cornée transparente était imprégnée d'éclaboussures de chaux vive délitée dans l'eau, il a réussi à faire disparaître les opacités cornéales calcaires, en faisant agir à chaque instant un collyre d'eau sucrée. On insuffle du Sucre candi en poudre sur les taies et sur les ulcères de la cornée. On l'applique également sur les aphlhes, les gerçures des mamelons et les ulcères baveux. Brûlé sur une pelle chauiïée au rouge, le Sucre répand des vapeurs épaisses et très odorantes, qui servent à masquer les mauvaises odeurs dans les chambres des malades.
Enfin le Sucre est recommandé comme contre-poison des préparations de cuivre et même d'arsenic.
La Cassonade brune et la Mélasse jouissent de propriétés laxatives qu'on utilise quelquefois, soit en les faisant manger, soit en les administrant sous forme de lavement dans du lait ou un autre liquide émoUient.
Ce même lavement de cassonade m'a donné de bons résultats contre les oxyures, qu'il détruit sur place en les désagrégeant.
En pharmacie, le Sucre est un moyen de conservation pour les substances organiques, facilement altérables, dont on fait des sirops, des robs, des électuaires, des conserves. C'est un adjuvant dans les tablettes, pastilles, pâtes, poudres, etc. Il sert de correctif aux résines et gommes-résmes drastiques, dont il adoucit l'action.
Enfin, sous le nom de Sucre-tisane, Limousin prépare de petites tablettes sucrées chargées d'extrait médicamenteux, dessaccAm«-es en somme, permettant d'obtenir une tasse de tisane aussi rapidement qu'un verre d'eau sucrée.
Mais, à côté des simples mélanges ou saccharures, il existe de véritables combinaisons où le Sucre joue le rôle d'acide par rapport aux substances médicamenteuses qui lui sont associées. Tels sont les saccharates de chlorure de sodium (J. Maumené) et de fer, décrit par Duquesnel. Nous parlerons de ce dernier à l'occasion des préparations ferrugineuses.
Il est bon de savoir que le Sucre altère quelquefois la composition des médicaments avec lesquels il se trouve en contact prolongé. C'est ainsi qu'il transforme le sublimé corrosif en protochlorure hydrargyrique. Si l'on tenait à administrer le premier sel, il faudrait donc éviter de l'incorporer dans un sirop.