ACONIT FÉROCE
liqueur en nature absorbent, en même temps que les principes aromatiques de la plante, de fortes doses d'alcool concentré,
Lancereaux émet une opinion un peu différente. Il compare les convulsions de l'absinthisme à celles de l'hystérie, avec lesquelles, en effet elles ont beaucoup de rapport dans sa description. Distinguant deux degrés dans l'empoisonnement, l'état aigu et l'état chronique, il signale dans ce
dernierIeshallucinations,l'hypéralgie,l'affaiblissementintellectuel et moral.
Usages. — L'Absinthe est un stimulant diffusible et un tonique qu'on prescrit assez souvent, associé à d'autres médicaments analogues, pour stimuler la muqueuse gastrique et favoriser la digestion, pour relever les forces générales dans la convalescence et la cachexie paludéenne, et même pour combattre la fièvre intermittente. Elle passe encore pour emménagogue, vermicide et diurétique utile dans les hydropisies. En réalité c'est surtout un stimulant de l'appareil digestif, un stomachique.
Cette plante doit sans doute en partie ses propriétés toniques au principe amer ou absinthine; mais d'après les recherches modernes, ses effets toxiques sont spécialement imputables à l'huile essentielle.
D'après cela la plante entière fraîche convient surtout comme stimulant diffusible, tandis qu'il faut donner la préférence à l'extrait dans la médication tonique.
Modes d'administration et doses. - L'Absinthe se donne en poudre à la dose de 8 grammes au plus ; en infusion, à dose double. On prépare aussi un vm d absinthe et une eau distillée. Sa décoction sert à bassiner les plaies sanieuses. p^aica
Les Absinthes maritime et pontique possèdent des propriétés analogues Une ou deux autres espèces du genre, les Artemisia moxa et indica °fourmssent e duvet dont les Chinois et les Japonais composent de temps im^émorial leurs moxas. «-«"ip^ imme-
te^T.""" *™"™'""' - 0-»='^'fÈB^s. Portion sou-
Angl. : Smallage. — Ail. : Petresilie.
Cette plante à odeur fortement aromatiaue nans.5nncn .\ désagréable, est encore connue sousrnom de r^f ' lyse ancienne de Vogel nous apprend au^ J 7 une huile grasse, une essence Su 0!^^ , ' composition de la gomL, d; l'exti' uf et quelles se s' \T::^^ être, par ses principes aromatiques Umulant; d n f ^7''". r P'"' live. C'est une des cinq racinTaùér ,^ u ' oucarmina-
lément. apenlwes ; elle n'est guère prescrite iso-
ACIIE DES MONTAGNES. -Voy. Livéche.
4 ACONIT NAPEL.
ACOINIT NAPEL, Aconitum Naijellus, L. - Renonculacées-IIelléborées.
And • Wo/rs bane, MonJcshood. - AU. : Eisenhut, Narrenkappe.
L^Acomium ferox et Napellns, ainsi que les A. Anlhora, Cammarum et /(/coc^onm??., sont de Yiolents poisons. -, tvw?
CompositU. -11 n'existe pas d'analyse complète de \Acomt A api Pallas a trouvé dans VAconit tue-loup : huile brune, matière grasse, verte substance analogue aux alcalis végétaux {aconitme impure), alburame végéale amidon ligneux et sels. D'un autre côté, nous savons par les travaux
e BranderPetcbier, Geiger et Hesse, Buchner, etc., que l Acomt Aapel contient un véritable alcaloïde, Yaconitine, un pnncipe volatil âcre, de l'acide aconitique et une huile grasse.
Vaconitlne, principe éminemment actif de la plante, se trouve dans tous ses organes, mais en majeure proportion dans la racme. E 1 e existe à plusieurs étals : amorphe (Hottot) ou cristallisée (Duquesnel) (Voy. Acom-
™l principe âcre volatil, dont l'induction fait admettre l'existence bien qu'il n'ait pu être isolé, se révèle par l'odeur de la plante fraîche. Il dispa-
^t'S:^^!::;f tdraté est représenté par C^W. Il est inodore, d'une saveur acide, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther
Thuile grasse est extraite de la racine par l'alcool, qui en est un bon dissolvan U faut joindre à ces principes la napelline de Duquesnel, extraite de là rac ne, moins active que l'aconitine cristallisée, qm ne paraît pas différer de k napelhrte découverte par Hiibschmann, base énergique, blanrhe nulvérulente, âcre et amère.
Ac™» PHVSioi G.QUE. - La plante fraîche n,ainten<=e s.r a peau dele mine une chaleur mordicante semblable à celle que produit la renoncule rcé" rate et peut amener la vésication. Comme les Renonculacées âcres et é'dte su^r la langue et dans le gosier une vive ardeur avec engourd.sment et Bichat remarque (Cours mannserit de mafère ■"^d.ca e oté par mvTcl De Lens) que sa racine chauffée dans les mams produit des accidents p^™ ï^''^^""" "'TZ:
âc« parce qu'il produit des ardeurs i l'épigastre, des vomissements, des coîi^ies! la purgalion, des vertiges, la paralysie du senlimeul, le coma,
CntlXr^^HnSt observé la stomatorrhagie à la suite de fem-
^teTp^rrprefftude celte plante étant dus à un alcaloïde spécial, nous renvoTons pour les détails à l'article qui lui est consacré 0 oy. Aco» nous """y" P ,e qui concerne les substances synergiques et
' ^,;,ires Je me borne à noter ici le succès qu'aurait obtenu Bichardson, Tn^Ûn c;s d'Tmpoisonnementpar deu. cuillerées à soupe de teinture d Aconit, en iniecUnt à plusieurs reprises de la liqueur d'ammoniaque
'"ïillar" L'Aconit est employé depuis SlSrck, qui le considérait comme
AGARIC DLANC.
un puissant sudorifique, contre le rhumatisme et la goutte. On l'adonné également dans les affections cutanées herpétiques et syphilitiques, et môme dans le squirrhe et la tuberculose. L'Aconit a été prescrit contre le rhumatisme, la goutte et la syphilis (Stôrck); contre la sciatique (Murray), la névralgie faciale (Aran, Flemming), avec juste raison, car il réussit admirablement dans nombre de névralgies (Pereira, Trousseau et Pidoux); comme mydriatique et contre l'amaurose (Guignon) ; contre les douleurs utérines (Dumas, de Montpellier); comme diurétique (Fouquier); contre la rétention des règles (West); contre l'érysipèle (Tessier, de Lyon). J'ajouterai que Oulmont s'en loue beaucoup dans le rhumatisme aigu et la bronchite aiguë fébrile avec toux spasmodique, et qu'il a été préconisé par Hirtz et Jules Simon contre la coqueluche et l'asthme.
Modes d'administration et doses. — On s'est quelquefois servi de la poudre de racine ; mais d'ordinaire on n'administre pas la plante ni ses parties en nature. C'est plutôt à V extrait aqueux ou à Valcoolature qu'on a recours. L'extrait se donne à la dose de 23 milligrammes à 40 centigrammes par jour; l'alcoolature de feuilles, à la dose de 1 à 4 jusqu'à 8 grammes dans une potion à prendre par cuillerées. On prescrit bien rarenient 2o milligrammes à 1 gramme et davantage, de poudre de racine.
Valcoolature et la teinture de racine, l'extrait de racines sèches, constituent les meilleures préparations; malheureusement elles ne sont pas toujours comparables à elles-mêmes puisqu'elles peuvent varier suivant l'origine de la plante : Suisse, Vosges, Pyrénées, Dauphiné . Elles se prescrivent à la dose graduelle de cinq, dix et vingt gouttes, pour les deux premières, de 0,03 à 0,10 pour l'extrait. Les tiges, les fleurs, les semences n'ont que des effets inappréciables.
ACORE VRAI ou CALAMUS AROMATICUS, Acorus Calamus, L. — Aroïdées-Gallacées.
Angl. : Common sweet Flag.— kW. : Ealmus, Teichlilie.
V^Acorus Calamus occupe sur l'ancien continent une zone étendue depuis la Chine jusqu'à la Meuse. Son rhizome, d'une odeur aromatique agréable, d'une saveur aromatique chaude et poivrée, renferme une résine visqueuse et une petite quantité d'huile volatile rappelant le goût du camphre (Trommsdorff). Faust y signale Vacorine, principe amer.
On l'emploie comme stomachique, carminatif et sudorifique. Il entre dans la composition de la Thériaque et de V Orviétan.
Doses. — 2 à 4 grammes de poudre en nature; 1 à 2 grammes à' extrait ; 1 à 10 grammes de teinture,
AGARIC BLANC, Polypore du Mélèze, Polyporus of/icinalis, Fries; Boletus Laricis, Jacq. - Ciiampignons hyménomycètes. Angl. : Larch Agaric. — Ail. : Lœrchenschwamm.
Ce champignon, doué d'une saveur douceâtre, puis très amère, contient en abondance unematière résineuse associée à une petite quantité d'extrac-
6 AIGREMOINIÎ.
tif amer, des acides fmgiqne et boléligue, et différents principes organiques ou minéraux.
G. Fleury y signale deux produits nouveaux : une résine amère faiblement purgative, soluble dans l'éther et l'alcool absolu, et un acide cristallisable soluble dans les dissolvants habituels des corps gras.
11 passe pour drastique. Cependant on a pu le donner à la dose de 4 grammes et davantage sans obtenir d'effets purgatifs. On le considère, d'après de Haen, Burdach, Andral et autres, comme un spécifique contre les sueurs des phtisiques. Borris Wolfenden et Youg assurent, en effet, qu'il égale l'atropine contre cette hypercrinie'; de plus il diminue la toux des malades, abaisse la chaleur fébrile et donne un sommeil calme (1882).
L'agaricine, alcaloïde cristallisé, paraît être son principe actif, car il produit les mêmes effets aux doses de 4 à 20 milligrammes (Seifert). Legougeux n'attribue au contraire à l'agaric qu'une action inconstante et fugace.
Joulin, enfin, l'a proposé contre la galactorrhée. Son mode d'action est inconnu ; en tout cas il n'agit pas à titre de purgatif puisqu'il faut, assuret-on, éviter l'action cathaitique pour réussir.
L'Agaric blanc entre dans la Thériaque et VÉlixir de longue vie.
On le prescrit en poudre à la dose de 2 grammes et au delà.
AGARIC DU CHÊNE, Polyporus fomentarius eiP. igniarius, Fries ; Bole» ius fomentarius, B. igniarius, L. — Champignons eyménomycètes.
Celui-ci est l'amadou des fumeurs, le hard amadou des Anglais; le premier est leur real amadou.
Ail. : Zundschvjamm.
V Agaric amadouvier des chirurgiens, vulgairement Agaric du chêne, s'obtient par une sorte de clivage du chapeau de ces deuxPolypores indigènes, dont les lames sont amollies par le battage. Cette substance moelleuse et souple est l'un des meilleurs absorbants physiques. On s'en sert habituellement pour arrêter le sang qui s'écoule des piqûres de sangsues et comme moyen de tamponnement.
Dans l'épistaxis, un morceau d'amadou tordu en spirale à la manière d'une allumette de papier dite alumbrador, et introduit dans la narine qui est le siège de l'écoulement sanguin, avec la précaution de lui imprimer un mouvement de rotation dans le sens du pas-de-vis, pénètre au loin et conslilue un excellent hémostatique. Une rondelle percée au centre sert à préserver les cors enflammés de la pression douloureuse des chaussures.
De petits cylindres d'amadou salpêtré, roulé et serré par un fil, forment des moxas faciles à se procurer et d'une exécution très simple. On renforce ses propriétés hémostatiques en l'imbibant de la solution diluée de perchlorure de fer.
AIGREMOIKE, Agrimonia Fupaloria, L. — Rosacées-Sanguisorbées. Angl. : Agrimony Livenuort. — Ail. : Odennennig.