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se réduisent à l'état de protosels pendant leur séjour dans le système sanguin (Cl. Bernard). Parvenus dans les différents émonctoires et séparés de l'albumine du sérum, qui en masque en partie les propriétés, le sels de Fer récupèrent alors toute leur puissance sty ptique, ce qui leur permet de diminuer la congestion sanguine des glandes, d'en resserrer le tissu, de modérer les sécrétions et de s'opposer aux hémorrhagies capillaires.
Le Fera été suivi dans le sang de la veine porte et de ses subdivisions; il a été retrouvé dans le lait et l'urine, ainsi que dans la bile. Mais il a encore d'autres voies d'élimination; ce sont les organes caducs : épiderme, ongles, cheveux et poils en général, dans lesquels se retrouvent également les métaux ou métalloïdes normaux ou accidentels.
A forte dose, les préparations solubles de Fer, sans être essentiellement nocives, produisent cependant du malaise, de l'anxiété précordiale, des nausées, des vomissements et quelquefois une purgation. Il n'est pas rare non plus qu'à dose modérée, elles déterminent d'abord, sinon de la diarrhée, du moins une exonération répétée par la stimulation exagérée de la muqueuse et, secondairement, de la tunique musculaire de l'intestin. Les préparations ferrugineuses sont plutôt eccoprotiques que cathartiques. A ce premier effet transitoire succède invariablement une tendance permanente à la constipation. Chez les sujets qui prennent des ferrugineux plus qu'ils n'en peuvent absorber dans l'estomac, les matières alvines sont constamment colorées en noir par le sulfure de fer foruié dans l'intestin au moyen de l'acide sulfhydrique des résidus alimentaires.
Les esprits sont loin d'être fixés sur le mécanisme par lequel les martiaux ramènent le sang à ses qualités normales et restaurent l'économie. La plupart pensent que ces médicaments agissent tout simplement en fournissant l'un des matériaux indispensables à la constitution des globules sanguins et nous pourrions ajouter, en favorisant les métamorphoses des globules de la lymphe en hématies "parfaites. Les autres, après Trousseau et Pidoux, arguant de ce que les aliments renferment toujours une quantité de Fer pour les besoins de la réparation du cruor, admettent comme action fondamentale de la part des préparations martiales une stimulation puissante exercée sur les grandes fonctions. Verdeil a fourni un appui à cette seconde manière de voir en faisant remarquer que des plantes languissantes etétiolées, c'est-à-dire privées de leur chromule à la constitution de laquelle le Fer n'est pas indispensable, verdissent et reprennent de la vigueur, comme feraient des anémiques dans des circonstances analogues, quand on les arrose avec une solution de sulfate de Fer (E. Gris). Il y a cependant une opinion mixte à faire valoir, et l'on peut dire, en invoquant le fait général de l'influence positive des masses sur les actions chimiques, qu'à certains organismes il faut présenter trop deFer si l'on veut qu'ils en prennent assez.
Les études récentes, très remarquables du professeur Hayem, ont éclairé d'un jour tout nouveau cette importante question et démontré que le Fer est certainement un élément essentiel d'hématopoièse. Dans la chlorose
il régénère pour ainsi dire les globules sanguins malades, leur donne plus de valeur physiologique et les rend plus riches en matière colorante.
Également il résulte des recherches de Duncan, Stricker et Quinckeque le Fer augmente considérablement dans le sang des anémiques la proportion d'hémoglobine. On conçoit dès lors facilement que le sang redevenu plus normal relève les fonctions affaiblies par son action stimulante sur les organes, et que le Fer devienne ainsi un agent de reconstitution des plus puissants.
Substances synergiques, auxiliaires. — Le manganèse est congénère et synergique faible du Fer. Les auxiliaires de celui-ci sont les toniques de toutes sortes, et les acidulés, qui, le cas échéant, en assurent la solubilité et l'absorption. Mais le plus remarquable des adjuvants du Fer est certainement l'oxygène (J. Regnault et Hayem). Qu'on fasse inhaler ce gaz directement ou bien encore que les malades soient soumis à l'action de l'air comprimé et l'inhalent sous pression, le résultat thérapeutique est constant dans la chlorose. L'appétit se réveille, les vomissement cessent, les digestions sont meilleures, l'urée est excrétée plus abondamment, le poids augmente : tout, en un mot, dénote que l'action reconstituante est devenue des plus actives et supérieure à ce qu'elle était avant l'usage de l'oxygène. J'ai vérifié souvent la valeur de cette pratique (E. Labbée). Et je l'ai vue plus satisfaisante encore par l'emploi simultané des eupeptiques : pepsine, diatase, pancréatine, etc. Comme hémostatique, le Fer a pour adjuvants les balsamiques et les résineux, les astringents et l'ergot.
Substances ANTAGONISTES, incompatibles. — Les antagonistes du Fer sont les débilitants et les fluidifiants, les émollients et la nicotine, les alcalins et les mercuriaux. Les incompatibles au moment de l'ingestion sont les alcalins, qui précipitent l'oxyde de Fer insoluble par lui-même, les sulfureux, qui donnent lieu à un sulfure insoluble ; les astringents tanniques, qui forment de l'encre et noircissent les dents.
Bien que le Fer ne soit jamais vénéneux par lui-même, la forme chimique sous laquelle on l'ingère, l'acide auquel il est uni, peuvent avoir des inconvénients plus ou moins sérieux. Le perchlorure ferrique, par exemple, porté dans l'estomac en quantité trop massive sous une forme concentrée, agirait souvent comme irritant coagulant et caustique. En ce cas, il faudrait conjurer les accidents par les évacuants, les délayants, les albumineux, les basiques.
Usages. — Modes d'administration et doses. — Les ferrugineux sont indiqués tour à tour comme astringents, coagulants, toniques hémostatiques, reconstituants, etc. ; mais il s'en faut bien que toutes les préparations soient également bonnes pour rendre ces différents services. L'action styptique appartient aux composés solubles ; l'action coagulante et caustique aux sels à acides minéraux puissants, spécialement au chlorure de Fer Enfm l'action hématinique, exclusivement dévolue aux préparations où les affinités du métal sont incomplètement satisfaites et d'où il peut s échapper aisément pour entrer dans des combinaisons nouvelles, se
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rencontre pure et isolée, dans les préparations insolubles ne pouvant pénétrer que lentement dans la circulation.
Les meilleures préparations hématiniques sont le Fer métallique, les sels de fer à acides organiques au minimum d'oxydation et particulièrement ceux dont l'acide est inolTensif ou peut même jouer un rôle utile. Citons d'abord le lactate ferreux, puis les carbonates, le citrate, le tartrate simple et le tartrate ferrico -potassique ; l'oxyde ferrique tenu en dissolution par une petite proportion d'acide cblorbydrique; enfin l'oxalate ferreux (Girard) et le protocblorure de Fer.
Le Fer à l'état métallique doit être réservé pour la médication reconstituante, parce qu'étant insoluble par lui-même, il est privé de toute action topique immédiate, et ne peut offrir que des effets éloignés, constitutionnels. Il faut d'ailleurs l'administrer avecles aliments pour le faire dissoudre avec eux par le suc gastrique. Mêlé auxpeptones, il est plus apte à devenir aussitôt partie intégrante de l'organisme.
Lorsqu'on recherche par-dessus tout l'action astringente sur la muqueuse digestive, ou quand on veut faire pénétrer rapidement une quantité considérable d'une préparation martiale pour diminuer les hypérémies, resserrer les parenchymes, suspendre les sécrétions ou arrêter les hémorrhagies. il faut s'adresser aux sels solubles, et particulièrement à ceux qui possèdent au plus haut degré les qualités styptiques: les sulfates et les chlorures de fer.
Malgré les éructations d'hydrogène sulfuré auxquelles il expose, le Fer réduit vaudra mieux que le citrate ou le tartrate, toutes les fois qu'on aura affaire à un état d'irritabiUté delà muqueuse stomacale, justifiant en quelque sorte la dénomination de gastrite, ou bien dans les cas d'acor et de pyrosis. Mais, pour tout concilier, je donne la préférence à un carbonate de Fer agissant pai' «on oxyde ferreux ou ferrique très divisé et n'ayant pas l'inconvénient de donner lieu à des éructations nidoreuses.
On trouvera ailleurs (voy. Sulfate, Lactate, Chlorure de fer), tout ce qui regarde l'histoire thérapeutique des préparations martiales solubles ; il ne sera question ici que du Fer métallique. Il en existe de plusieurs sortes : 1» la limaille de Fer préparée ; 2" la limaille de Fer porphyrisée; 3" le Fer réduit par r hydrogène (Miquelard et Quevenne); 4» le Fer réduit par V électricité {CoWaiS). Ces deux derniers sont probablement équivalents.
Des différences notables existent dans les principales formes sous lesquelles le Fer se présente au praticien: La solubilité, toutes choses égales, étant proportionnelle au degré de division mécanique, la limaille se dissout plus lentement que le Fer réduit, d'où la supériorité de ce dernier, lequel, d'après les expériences si bien faites et si précises de Quevenne, se retrouve dans le chyle en plus forte proportion que toutes les autres préparations chalybées. Cependant la limaille porphyrisée s'éloigne moins du Fer réduit, sous le rapport de la solubiUté. D'ailleurs, à part la résistance peu soutenue qu'elle oppose aux acides de l'estomac, la limaille de Fer prise chez un serrurier agit tout aussi bien que les préparations plus savantes, et ne présente aucun inconvénient.
FEHROCYANHYDRATE DE QUININE, HYDROFERROGYANATE DE QUININE. 767
Le Fer métallique ne pouvant se dissoudre et s'absorber qu'à la faveur des acides des premières voies, il est indispensable de l'administrer à l'approche des repas, c'est-à-dire au moment où le travail digestif va faire affluer le suc gastrique, à moins cependant qu'on ne fasse suivre l'ingestion de la poudre ferrugineuse d'une boisson acidulé, telle que la limonade, susceptible d'en réaliser la dissolution.
La limaille de Fer porphijrisée se prépare en limant un barreau de Fer doux et porphyrisant la limaille obtenue (CotZeo;).
On l'administre à la dose de 0,20 à 0,30 centigrammes, soit en nature, soit en pilules de 10 centigrammes, avec un excipient convenable.
Une lame de Fer bien décapée sert à séparer le cuivre de ses combinaisons salines, et à démontrer la présence de ce métal. En outre, le Fer doux et l'acier (carbure et azoture de Fer) sont très employés dans la confection des appareils et des instruments chirurgicaux.
FER RÉDUIT PAR L'HYDROGÈNE, FER RÉDUIT, Ferrum purissimuin, hydrogenio reductum.
Angl. : L'on by hydrogen, Reduced Iron, — Ail. : Ferrum reductum.
Le Fer réduit par Vhydrogene est en poudre gris de Fer, soluble dans l'acide chlorhydrique. C'est une excellente préparation, malheureusement souvent mal faite et renfermant (Caries) comme impuretés de l'oxyde de ■Fer, du soufre, du phosphore et du silicium.
Le Fer réduit bien pur est un de nos meilleurs médicaments ferrugineux, grâce à son état de division extrême qui facilite sa dissolution dans les sucs digestifs. On l'administre à la dose de 20 à 30 centigrammes aux repas principaux, pur ou associé à un peu de vanille. Parfois une petite cuiller métallique, de la contenance de 0,10, est annexée aux flacons de Fer réduit et sert à mesurer chaque prise, A dose trop élevée, il trouble la digestion.
FERROCYAÎVHYDRATE DE QUININE, HYDROFERROGYANATE DE QUININE, Cyanuretum ferroso-quinicum.
Angl. : Ferrocyanate or Hydrocyanoferrale of Quinia. - AU. : Chiiiùium je7'ro-hydrocyanicum.
Le Ferrocyanhydrate de quinine, C'0H2*Az2O\ 2(H2Cy3Pe) • 4 aq est un sel jaune tantôt cristallisé, tantôt amorphe, très peu soluble dans l'eau très soluble dans l'alcool, d'une saveur amère et renfermant 56,23 p 100 de qumme avec 6,25 d'eau. ^*
Ce sel de quinine est à peu près inusité en thérapeutique, et avec juste
mof d " Tr ""^'"^^^^ avantage' ta'nt au poii
Ce le Pi . '^dministrauon qu'à celui de sa puissance médicamenteuse.
?ermë n ' ^^^^^ «el quiuique, étant donné qu'il ne ren-
lerme pas la moitié de son poids d'alcaloïde
le prem";""' "^'"'"^V'";' ^-^P^ri^^W (Bruth, de C-emono,
agent cyan.que ,1 pourrait avoir uac inOuence sur l'àlémeut lièvre et
768 FERROCYANURE DE POTASSIUM, CYANURE FERROSO-POTASSIQUE. joindrait la propriété stupéfiante de l'acide cyanhydrique à l'action fébrifuge de la quinine. Or Briquet s'est assuré qu'à la dose de 0,15 à 2 grammes par jour il ne déterminait que de légers vertiges et de la céphalalgie, in^^éré en nature. Il s'absorbe mal de cette façon car on ne le retrouve pas dans l'urine. Toutefois, dissous dans l'alcool il devient excitant, sans doute parce qu'il s'absorbe mieux. Donc ce dernier liquide est le véhicule désigné pour les prescriptions d'Hydroferrocyanate de Quinine.
FERROCYANURE FERRIQUE, CYANURE FERROSO-FERRIQUE, RLEU DE PRUSSE, Cyanuretum ferroso-ferricum.
Angl . : Sesqui-ferro-cyanide of iron. — AU. : Eisenblau, Berlinerblau.
Le Bleu de Prusse, 2F e'^, 3 (Gy»Fe), est un produit de décomposition des matières animales en présence du fer. Il est insoluble dans l'eau, l'alcool et les acides minéraux dilués.
Action physiologique. — L'action locale est nulle. Les effets généraux du Cyanure ferroso-ferrique,iusensibleschez les sujets bien portants, ne se traduisent, dit-on, que par la cessation ou l'amendement de certains phénomènes morbides.
Usages. — Le Bleu de Prusse sert en pharmacie pour préparer le cyanure de mercure.
En médecine, il est réputé altérant, tonique et fébrifuge.
Zollickoffer, Hasse et d'autres l'ont préconisé contre la fièvre intermittente • Kirkhoff, contre l'épilepsie ; Bridges, contre les névralgies faciales. Aucune de ces applications n'est encore parfaitement justifiée par les faits.
Modes d'administration et doses. - A l'intérieur, le Bleu de Prusse se prescrit en pilules à la dose de 20 à 30 centigrammes et davantage, toutes les six ou huit heures.
FERROCYANURE DE POTASSIUM, CYANURE FERROSO POTASSI- QUE PRUSSIATE JAUNE DE POTASSE, Cyanuretum Ferroso-potassicum.
Angl. : Ferrocyanide of Potassium. - AU. : Galbes Blutlaugensalz. heFerrocya7iure de Potassium, K^Gy^Fe, est en magnifiques cristaux jaunes, sans odeur, d'une saveur un peu amère.
Il se dissout dans 3,5 d'eau froide et dans son poids d'eau bouillante, mais n'est pas soluble dans l'alcool.
On a attribué longtemps à ce sel des propriétés diurétiques comparables à ceUes du nitrate de potasse (Bouchardat). A la vérité il ne serait pas impossible qu'en traversant les reins au moment de son élimination il stimulât quelque peu ces glandes. Toutefois les expériences de Rabuteau et Massai, celles de Regnault et Hayem n'ont pas démontré la réalité de son action diurétique. Pas davantage il n'est doué en tant que sel de fer de vertus reconstituantes. Le Prussiate jaune de Potasse traverse l'organisme sans subir la moindre décomposition ; il n'agit donc pas plus par son fer nue par son cyanogène (Regnault et Hayem). Ces derniers expérimental iteurs le considèrent comme inerte, car à la dose de plusieurs grammes