SAFRAN DE MARS APÉRITIF, SOUS-CARBONATE DE FER
d'acide citrique et d'iodure de potassium, ââ l^^SO; eau 175 grammes, et obtenu sous forme de liquide huileux, cristallisable, soluble à froid et à chaud dans l'eau, médicament puissant comme reconstituant et contre les fièvres intermittentes, la syphilis, le rhumatisme (Rosenthal); le sulfothipnate de quinine (Cozzolino), voisin du salicylate, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'eau acidulée, l'éther et l'alcool; Varséniate de quinine, utilisé contre les fièvres intermittentes et le rhumatisme (Rosenthal) ; le quinate de quinine, proposé par Collier comme propre aux injections souscutanées, en raison de sa solubilité dans l'eau qui est de 1 pour 4, un peu moindre que celle du sulfovinate : 1 pour 2, etc. (Voy. Tannate et (p. 921) Salicylate de Quinine):
Valcool de Quinine (Piorry) se compose de : Quinine brute, 30 grammes; alcool à 83 degrés centésim. et eau, ââ 350 grammes. Deux cuillerées à soupe de cette solution représentent environ 1 gramme d'alcaloïde.
A part ces deux modes d'emploi, nous n'avons rien à dire ici des doses usitées pour l'administration de la Quinine, puisque cet alcaloïde est toujours prescrit à l'état de sel, et principalement de sulfate.
Je renvoie, pour les autres détails, surtout à l'article Sulfate de Quinine, où je traite en même temps des généralités relatives aux graduations des doses suivant les âges et les conditions individuelles, des diverses voies d'introduction du médicament, ainsi que des règles de tactique thérapeutique qui gouvernent l'emploi du premier de nos fébrifuges.
SAFRAN DE MARS APÉRITIF, SOUS-CARBONATE DE FER, Crocus
TYKXTt'tS*
Angl. : Carbonate of bon precipitated. — k\\. : Eisenoxydhydral.
Le Safran de mars apéritif s'obtient par précipitation, en ajoutant à la solution de sulfate de fer pur du carbonate de soude dissous. Le carbonate ferreux ainsi produit est recueilli, puis agité pour lui faire absorber de l'oxygène, et transformé de cette façon en une poudre d'un jaune rougeâtre, sans odeur et d'une saveur simplement un peu styptique, ce qm facilite son administration.
Il possède les propriétés hématiniques des préparations ferrugineuses et se rapproche beaucoup des oxydes de fer quant à ses qualités médicamenteuses. Ce n'est même en réalité que de l'oxyde ou mieux de l'hydrate de peroxyde de fer; aussi bien l'expression de sous-carbonate de fer estelle tout à fait impropre. On l'administre à la dose de 0,50 à 1 ou 2 grammes, associé souvent à des poudres amères ou alcalines. 11 devient, grâce à cela, une bonne préparation dans le traitement de la chlorose et de 1 anémie. A l'extérieur J. Mitschell l'a recommandé dans le traitement des ulcères chroniques. Le Sous-carbonate de Fer entrait autrefois dans la poudre de Grimaldi, la teinture alcaline de Stahl, etc.
SALICYLATE DE SOUDE, 921
Le nouveau Codex le désigne pour la préparation du chocolat ferrugineux : chocolat simple, 990; Safran de mars apéritif, 10 grammes.
On pourrait substituer avec avantage au Safran de mars apéritif le produit désigné par Tanret sous le nom de sucrocarbonate de fer, combinaison du carbonate de fer avec le sucre suivant cet habile pharmacien, simple mélange, d'après le D' Dauvergne et d'autres chimistes, de carbonate ferreux et de sucre. La préparation de Tanret, comme celle de Dauvergne, est agréable au goût, facile à digérer et réellement utile dans la médication reconstituante.
SALICYLATE DE LITHINE, Salicylas lithicus.
Angl. : Salicylate of Lithine. ^ AU. : Lithium salicylicum.
Le Salicylate de lithine, Gi^H^O", LiO, cristallise en aiguilles réunies en masses soyeuses, blanches, inodores, à saveur piquante et sucrée, solubles dans l'eau et dans l'alcool [Codex). Il renferme 38^', 10 0/0 de lithine.
Il participe, théoriquement, des propriétés de l'acide salicylique et de celles de la lithine et me paraît surtout indiqué dans les affections goutteuses ou rhumatismales, et la diathèse urique. L'expérimentation nous indiquera sa valeur pratique. En tout cas il est certainement comparable au salicylate de soude et se substituerait facilement à lui dans ses applications, mais à doses moindres (1 à 2-3 gram.), si son prix plus élevé n'était pas un obstacle à son emploi.
SALICYLATE DE QUIiNINE BASIQUE, Salicylas guinicus.
Angl. : Salicylate of quinine. — AU. : Chininum salicylicum.
Le Salicylate de Quinine basique, C^OH^'^Az^O*, Qi^H^O^HO ; aq., s'obtient par double décomposition du sulfate de quinine et du salicylate de soude. C'est un sel blanc, cristallisé, soluble seulement dans 900 parties d'eau, un peu plus soluble dans certaines solutions acides et dans l'alcool, et qui contient 68, 79 p. 100 de quinine [Codex), 70, 12 (Antonescu), 1,91 d'eau et 29, 88 d'acide saHcylique.
Ses propriétés sont celles des sels de quinine, surtout du sulfate basique, qui est cepen-dant plus soluble et plus riche en alcaloïde, mais il peut être considéré comme un agent intermédiaire entre les préparations salicylées et la quinine. Il est bien toléré par l'économie, donne peu d'ivresse quinique, manifeste facilement ses propriétés antipyrétiques et passe pour antiseptique. On l'a recommandé dans la fièvre typhoïde (Graham Brown), la fièvre intermittente (Antonescu), et il réussirait sans doute dans le rhumatisme articulaire aigu et la goutte.
On l'administre en pilules, en cachets ou dans le pain azyme, en potion alcoolisée ou acidulée, en lavement, à la dose fractionnée de 1 à 2 grammes ou plus, comme antipyrétique ou sédatif vasculaire.
Les Uniment et pommade me paraissent des préparations sans valeur.
SALICYLATE DE SOUDE, Salicylas sodicus.
922 SAl.lCYLATlî DK bOUDE.
Angl. : Salir.ylale of soda. — AU. : Nalrium sâlicijlicum, Saiicyhàures Natron.
Le Salicylnte de soude, C'^H^O^jNaO, est un sel blanc, cristallisé ou amorphe, inodore, à saveur assez peu désagréable, inaltérable à la lumière quand il est pur {Codex), soluble dans 10 parties d'eau froide et se colorant en violet par les sels ferriques.
Action PHYSIOLOGIQUE. — Ce sel, en grande partie composé d'acide salicylique (4 cinquièmes), reproduit à peu près tous les effets de ce puissant médicament, avec celte différence que son action topique et ses propriétés antiseptiques sont moins énergiques. Ingéré à petites doses il est quelquefois mal toléré par l'estomac et détermine des nausées, des vomissements, des hématémèses même, chez le chien surtout, ou bien son action irritante se manifeste sur l'intestin, et il en résulte de la diarrhée. Le plus souvent cependant il n'y a du côté des voies digestives aucun trouble, et les effets diffusés se montrent chez l'homme dans l'ordre suivant. D'abord l'ivresse spéciale à l'A. salicylique (V. p. 469), puis le ralentissement du pouls, la diminution des mouvements respiratoires et un très léger abaissement de la température.
A dose thérapeutique un peu trop haute on a vu des accidents graves, parfois mortels, sans que cependant la preuve ait été faite d'une façon évidente de l'influence funeste du médicament dans les cas de mort qui lui sont attribués. 11 n'en est pas moins vrai que quand le Salicylale de Soude est pris en trop forte quantité, il trouble violemment la respiration, qui devient bruyante, ronflante, difficile, mais sans fréquence (H. Quincke). En même temps les sujets pâlissent, se plaignent de froid glacial, frissonnent, ont des vertiges, des nausées, des lipothymies, des troubles de la vue, qui est comme voilée, de la courbature générale, du délire, des hallucinations, des sueurs profuses ; leur pouls se ralentit et ils tombent dans un état de coUapsus des plus inquiétants, suivi bientôt d'une réaction vive avec fièvre brûlante (H. Quincke, London, Baruch) ; enfin U se fait un apaisement dans cet orage assez violent, et lout rentre dans l'ordre normal. Plus exceptionnellement on a noté de la polyurie- ou (Watelet) de l'oligurie.
Chez les animaux, les troubles respiratoires paraissent également dominants : accélération initiale, puis ralentissement (Kôhler, Chirone et Petrucci, Bûss), avec les doses élevées ; mais la circulation est aussi profondément aO'ectée, de sorte qu'avec une dyspnée intense on constate encore d'abord de l'élévation de la pression sanguine (Oltramare, Blanchier, etc.), puis son abaissement constant et enfin l'arrêt du cœur. U n'est pas rare de voir alors une agitation convulsive, une sorte de tétanos rythmique (Livon), suivi d'une période de coUapsus, et les animaux meurent, soit par suite de l'arrêt de la respiration, soit parce que le cœur cesse de battre, l'organe restant en diastole (Bochefontaine). L'autopsie démontre une congestion très vive des viscères, particulièrement des reins (Oltramare). Les efi'ets sur la température sont généralement très peu marqués (Sée et
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Debove, Danewski, etc.), et consistent plutôt en un abaissement. Les principales sécrétions sont également modifiées par le Salicylate de Soude : activées par les doses moyennes et taries par les doses fortes ou toxiques : tels sont au moins les résultats signalés à propos de la salive, de la bile et de l'urine (Blanchier). Cette dernière subit surtout des modifications importantes à connaître. Tantôt elle est rendue plus abondante, tantôt diminuée (Maure)), mais on peut dire que ses constituants solides sont toujours excrétés en plus forte proportion. C'est ains^, que d'après Byasson on trouve une proportion plus élevée des substances azotées et de l'acide urique; d'après Lécorcbé et Talamon, plus d'urée et d'acide urique; d'après Bouchard, plus de matières extractives ; enfin, suivant Robin, Lécorcbé et Talamon, plus de phosphates. Assez rarement l'analyse chimique a décelé dans cette humeur des substances étrangères à sa composition : albumine (Gubler), sang, ou bien une diminution de l'urée et de l'acide urique (E. Marrot, Bouchard).
Le mode d'action du Salicylate de Soude n'est pas encore parfaitement bien fixé. Il est probable qu'il affecte surtout le bulbe de la même façon que l'A. phénique et la résorcine (voy. Phénol), d'oij les troubles de la respiration et de la circulation; mais il ne serait pas impossible qu'il eût encore une action directe sur la moelle épinière en raison : 1° de certains phénomènes d'aneslhésie signalés par Laborde, dérivant, suivant ce physiologiste, d'un défaut de perception de ce centre nerveux; et 2° de la paralysie motrice habituelle, avec perte des réflexes (Bochefontaine et Chabbert), observée dans les empoisonnements et les expériences physiologiques.
Le Salicylate de Soude s'élimine surtout par les reins, mais on l'a trouvé en faible proportion encore dans la salive (Gubler), dans la sueur (Biiss, Riess, Geissler, Baëlz, etc.), dans la bile et le suc pancréatique (Blanchier et Bochefontaine). Il apparaît dans l'urine déjà au bout de huit minutes (Baëlz) et son élimination par les reins peut durer plusieurs jours (A. Robin). On trouve dans l'urine, après l'ingestion de Salicylate sodique, de l'acide salicylique libre, du salicylate de potasse (Sée), de l'acide salicylurique (Bertagnini) et de la salicine (Byasson).
L'abus du Salicylate de Soude ou son administration trop soutenue.ont donné lieu quelquefois à des troubles de l'ouïe : surdité, vertiges, peutêtre par suite de phénomènes congestifs du côté de l'oreille moyenne. Wilh. Kirchner signale, en effet, dans ses expériences sur les cobayes, des lésions graves, comme inflammatoires de l'oreille moyenne à la suite de l'administration de ce médicament. Toutefois Sachs, dans ses observations chez l'homme, n'a pas vu d'hypérémie du tympan et signale simplement l'abaissement de la température dans le conduit auditif. Un autre accident d'un genre tout différent résulte encore de l'emploi excessif du Salicylate de Soude, je veux parler de l'impuissance chez l'homme: (Dubrisay) • et de la production de métrorrhagie (John Mulhane, W. Ranson) ; bien plus, chez la femme grosse, on a pu voir des effets abortifs (Bucquoy) analogues