TERRE SIGILLÉE
plus que 0,50 de ce sel dans l'association qui le compose : feuilles de sené, 2 grammes ; fleurs de sureau, 1 gramme ; fruits d'anis, 1 gramme ; fruits de fenouil, 0,50 ; bitartrate de potasse, 0,50. Pour une tasse d'infusion.
On donne souvent la préférence à la Crème de Tartre soluble (Voy. ce mot).
En pharmacie, la Crème de Tartre a des usages importants. Elle sert, en effet, à la préparation de l'acide tartrique, de l'émétique, de la crème de tartre soluble, du sel de Seignette et de beaucoup d'autres tartrates,
TARTRATE DE POTASSE NEUTRE, Tartras potassicus.
Angl. : Neutral or bihasic Tartrate of Potash ; soluble Tarlar. — Ail. : Kalium tar(aricu7n, Tarlarus tartarizatus, Weinsteinsaures Kali.
Le Tartrate neutre de potasse (2K0,C*Ii'*0'"), ou Sel végétal, Tartre soluble, est beaucoup plus soluble que le tartrate acide ou crème de tartre, puisqu'il n'exige que 4 parties d'eau froide. L'addition d'un excès d'acide en trouble par conséquent la solution et doit être évitée. Son goût est faible, mais peu agréable. C'est un léger cathartique qu'on associe aux purgatifs drastiques pour compléter leurs effets en agissant sur les sécrétions séro-muqueuses de l'intestin . On l'a désigné comme le purgatif des hémorrhoïdaires(Vaidy, Récamier, Hildebrand). C'est aussi un agent de diurèse et d'alcalisalion de l'urine, comparable aux carbonates de potasse puisque son acide peut être brûlé dans l'économie et transformé en acide carbonique.
On l'administre seul, à la dose de 16 grammes, comme purgatif; à celle de 2. à 4 grammes seulement, comme diurétique analogue à l'acétate de potasse et seulement moins combustible pendant son séjour dans l'organisme.
TARTRATE DE POTASSE ET DE SOUDE, SEL DE SEIGNETTE, Tor-
tras potassko-sodicns.
Angl. : Tartnrised Soda, Nalron tartarïzatum. — Ail. : Nalro-Kali tartaricum, Tartarus nalronatus, Nalron V^einstein.
Le Sel pobjchreste de Seignette ou de la Rochelle (KO,NaO,C»H*0"' + 8HO), découvert par le pharmacien Seignette, de la Rochelle, est très soluble dans l'eau chaude, et se dissout dans 1,2 d'eau froide. D'une saveur amère, il possède d'ailleurs les mêmes propriétés, sert aux mômes usages et se donne aux mômes doses que le tartrate de potasse.
11 entre dans la poudre gazogène laxative, Seidlitz Powders, de la pharmacopée anglaise: bicarbonate de soude pulvérisé, 2 grammes; Tartrate de Potasse et de Soude pulvérisé, 6 grammes; pour une dose, dans un papier bleu.Acide tarlriqup pulvérisé, 2 grammes; pour une dose, dans un papier blanc. On dissout dans un verre d'eau l'acide tartrique ; l'on ajoute alors le contenu du papier bleu et l'on boit immédiatement.
TARTRE STIBIÉ. — Voy. Tartrate d'Antimoine et de Potasse.
TERRE SIGILLÉE, Terra sigillata.
THYMOL, ACIDE THYMIQUE. '^'1^ Angl. : SealdEarth. — Ail. : Sigelerde.
C'est une argile d'un blanc rosé, en petits pains orbiculaires aplatis, renfermant, d'après Bergraann, de la silice, de l'alumine, des carbonates de magnésie et de chaux, avec de l'oxyde ferrique et quelques autres substances.
L'Argile ocreuse paie, nom qui désigne parfois la Terre Sigillée, fait partie de VÉlectuaire de Safran composé, ou Confection d'Hyacinthes, actuellement peu usitée, tandis que l'argile ocreuse rouge, ou Bol d'Arménie, entre dans la composition du diascordium. L'une etl'autre jouent le rôle d'absorbant, seulement la première est moins astringente que la seconde.
THYMOL. ACIDE THYMIQUE, Acidum thymicum .
Angl. : Thymic acid. Thymol. — AU. : Thymolum cristallisatum, Thymol.
Le Thymol, (C^OHi^Q-^), l'un des principes de l'huile essentielle de thym, est obtenu cristallisé en tables rhomboïdales transparentes. Il est peu soluble dans l'eau : 1 pour 333, d'après le Codex, au millième seulement, suivant quelques expérimentateurs. Au contraire, l'alcool, l'éther et l'acide acétique concentré le dissolvent facilement. On l'obtient en traitant l'essence de thym par une solution de potasse ou de soude dans l'eau, décomposant la combinaison ainsi produite par un acide, et purifiant le Thymol mis en liberté par diverses opérations sur lesquelles je n'ai rien à dire ici. Plus simplement on aurait le Thymol en refroidissant l'essence de thym pendant quelque temps.
Action physiologique. — Le Thymol a une odeur faible de thym et une saveur piquante, âcre ou caustique.
Si, au point de vue chimique, il se rapproche du phénol, physiologiquementilne s'en sépare guère non plus. Voici cependant ses principaux effets. Disons d'abord que c'est un antiputride énergique, prévenantla putréfaction des substances organiques, ou l'empêchant d'évoluer quand elle a déjà commencé ; il serait même,jsous ce rapport, supérieur à l'acide phénique ; Lewin dit quatre fois plus énergique. Ses solutions aqueuses conservent facilement la viande, le lait, etc. Concentrées au dixième elles mettent obstacle à la fermentation alcoolique, mais restent sans action sur la catalyse benzoïlique ou sur la fermentation digesfive. Il est dans l'échelle d'aseptie de Miquel au trentième rang, après l'A. salicylique, qui occupe le vingtième.
Par contre, à dose égale, sa puissance toxique sur les animaux supérieurs est bien inférieure à celle du phénol. C'est ainsi qu'on n'observe guère •d'action physiologique qu'à partir de 2 grammes, et il faut en administrer au moins 5 grammes à un lapin pour le tuer (Husemann). Or, l'on sait que cet animal ne résiste pas à 0,30 de phénol. Les doses faibles continuées longtemps, déterminent de l'amaigrissement sans lésions apparentes des organes (Kussner). Les animaux empoisonnés par l'acide thymique succombent dans l'adynamie, sans avoir passé par cette période convulsive que nous avons décrite comme caractéristique du phénisme (Voy. p. 852). La température s'abaisse, la respiration et le pouls se ralentissent, en môme temps que la paralysie motrice se développe.
1016 THYMOL, ACIDE THYMIQUE.
Al'àulopsie on trouve un certain nombre de lésions importantes. Ce sont principalement des hypérémies des poumons, des reins et du foie. Parfois môme ce dernier a offert une véritable stéatose comparable à la stéatose phosphorée (Husemann), et les reins ont été trouvés enflammés. La muqueuse des voies respiratoires est encore fortement congestionnée, enfin les bronches sont remplies de mucosités.
Chez l'homme, le Thymol est parfaitement bien supporté jusqu'à 2 grammes. A cette dose il donne de la gastralgie avec chaleur à l'épigastre et quelques nausées. Au delà les effets physiologiques deviennent très évidents. Outre les sensations gustatives désagréables, la chaleur vive à l'épigastre, les nausées, qui ne sont que des effets de contact, on note les accidents suivants : bourdonnements d'oreille, surdité, constriction aux tempes (Balz) comme après l'usage de l'acide salicylique, abaissement de la température, ralentissementde la respiration, accélération du pouls d'abord, ralentissement ensuite. Balz a encore observé de la diarrhée, de la sudation plus ou moins abondante, assez rarement de la diurèse excessive et, chez un malade atteint de fièvre typhoïde, des phénomènes decollapsus avec délire prolongé.
Les voies d'élimination du Thymol paraissent être les poumons et les reins, si l'on en juge par les lésions congeslives de ces organes, l'hypercrinie à la surface des bronches et les altérations profondes de l'urine, qui a été trouvée verdâtre ou de couleur foncée, albumineuse, sanguinolente et chargée de débris épilhéliaux (Husemann).
Les effets topiques du Thymol sur la peau sont peu marqués; mais sur les muqueuses ils peuvent être, suivant le degré de concentration des solutions, astringents ou caustiques. De plus, cet agent est mal supporté par le tissu cellulaire.
Ses synergiques et auxihaires, ses antagonistes sont ceux du phénol (Voy. ce mot). A tilre de fait curieux d'antagonisme je signalerai le suivant : chez l'animal plongé dans le coUapsus par le Thymol, la strychnine est impuissante à déterminer des convulsions.
Usages. — Le Thymol est un agent intermédiaire entre l'acide phénique et l'acide salicylique si l'on envisage son action pharmacodynamique. Il pourrait donc avoir les mêmes applications thérapeutiques que ces deux médicaments, à l'intérieur, s'il était mieux toléré par les voies digestives et par les reins, et puis d'action moins insidieuse. On l'a bien administré comme antipyrétique, antiseptique, mais avec des résultats peu encourageants. Cependant Balz ne l'a pas trouvé tout à fait impuissant dans la fièvre typhoïde et dans le rhumatisme articulaire ; d'autre part, Kùssner lui attribue une certaine action contre le diabète, le catarrhe vésical, les diarrhées infantiles, la bronchite tuberculeuse; mais dans tous ces cas il s'est montré bien inférieur à ses deux puissants congénères. Lewin, néanmoms, lui attribue une action spéciale sur les vomissements de la dilatation stomacale, qu'il arrête, tout en rendant à l'estomac sa puissance contractile. Mais nous n'admettons pas avec le môme auteur, ni avec J. Warren qu'il puisse agir efficacement dans la diphtérie.
TURBITH NITREUX.
Aussi bien réserve-t-on généralement son emploi pour les usages extr,r^ nés, comme topique astringent, caustique superficiel et surtout antiseptique.
Alvin, en France, a préconisé les solutions de Thymol pour combattre les affections inflammatoires du pharynx et du larynx avec toux quinleuse, et la stomatite, mais ses observations ne sont pas concluantes vu qu'il se servait concurremment du chlorate de potasse et -du borax. En outre, Radcliffe Crocker l'a préconisé contre certaines dermatoses : eczéma subaigu ou chronique, psoriasis, lichen agrius, pityriasis versicolor.
Mais son principal usage résulte de ses propriétés antiseptiques, supérieures, d'après Lewin, à celles de nos meilleurs topiques. Paquet, de Lille, appela l'un des premiers l'attention des chirurgiens sur les propriétés du Thymol pour les pansements des plaies, vers 1868, et depuis lors quelques chirurgiens ont tenté de le substituer à l'acide phénique, même dans le pansement de Lister, Ses avantages sur le phénol sont d'être moins dangereux à manier, d'avoir une odeur agréable et d'être véritablement désinfectant. Malgré cela il n'est guère entré dans la pratique, en France pas plus qu'à l'étranger, soit à cause de son prix relativement élevé, soit que sa supériorité sur l'acide phénique comme topique antiseptique ne soit pas évidente. Fueller a surtout signalé ses propriétés curatives contre les brûlures. Enfin il peut servir à la pratique des embaumements (Wydoseff).
Modes d'administration et doses. — On peut administrer, à l'intérieur, le Thymol dans une potion, à la condition d'ajouter un peu d'alcool ou de glycérine pour faciliter la solution du médicament; en pilules ; en pastilles (Alvin). Les doses varieront de 1 à 6 grammes et seront fractionnées à partir de 2 grammes.
A l'extérieur on emploie les lotions, d'un titre variable suivant les résultats que l'on poursuit. Au millième, les solutions aqueuses sont astringentes, antiseptiques et se prescriraient sans inconvénient en inhalations et en injections; à 4 p. 1000 (on y ajoute 100 grammes d'alcool) elles deviennent désinfectantes et plus astringentes. Au cinquième, dans la glycérine, la solution d'Acide Thymique est cathérétique.
La pommade au Thymol se préparera avec vaseline, 30 grammes ; Thymol, 0,30 à 2 grammes.
Au lieu du Thymol on prescrit parfois les préparations désignées très improprement sous les noms de Thymates de soude, de potasse, de quinine. Ce ne sont pas là des combinaisons définies, mais presque de simples mélanges sur les vertus desquels nous ne sommes nullement édifiés jusqu'à présent.
TURBITIl MINÉRAL. — Voy. SULFATE (sOUS-) MRRCURIQUE.
TURBITH NITREUX, — Voy. AzOTATE (sous-) MERCUREUX.
VALÉRIANATK D'AMMONIAQUE, VALÉRATE D'AMMONIAQUE.
VALÉRIANATE D'AMMONIAQUE, VALÉRATE D'AMMONIAQUE, Voleras ammonicus.
Angl, : Valerianate of Ammonia. — AU. : Baldriansàures Ammonium, Ammonium valerianicum.
Le Valerianate d'Ammoniaque iAzH3,HO,C'«H903) peut être obtenu cristallisé en houppes soyeuses, nacrées, d'une blancheur éclatante; mais c'est une combinaison éminemment instable qui s'altère très rapidement au contact de l'air, attire de l'humidité et perd incessamment de l'ammoniaque. Ce sel est soluble en toutes proportions dans l'eau et l'alcool. L'éther le transforme en un liquide oléagineux qui gagne le fond du vase.
Action physiologique. — Le Valérate ammoniacal présente un goût douceâtre et comme sucré, une odeur qui rappelle naturellement celle de l'ammoniaque qui se dégage, et un peu celle de l'acide valérianique mis en liberté. Ces qualités organoleptiques n'accusent point une action redoutable pour l'économie; effectivement, des expériences faites par Laboureur et Fontaine avec le concours de Vulpian établissent que ce composé n'est pas toxique et peut être administré à des chiens à la dose de 10 grammes sans les incommoder. Le Valérianate d'Ammoniaque possède d'ailleurs la réunion des propriétés de ses deux principes constituants (Voy. p. 477 et p. 506). C'est un stimulant diffusible énergique, et par conséquent un régulateur de l'innervation quand le désordre provient d'un défaut de stimulus.
Les AUXILIAIRES et ANTAGONISTES dynamiques du Valérianate d'Ammoniaque sont ceux de son congénère le Valérianate de Zinc, ainsi que ceux de la valériane et de l'ammoniaque.
Usages. — Modes d'administration et doses. — Ce sel, beaucoup plus actif que le valérianate de zinc, s'emploie dans les mêmes circonstances. En outre, les aliénistes, et notamment Mesnet, s'en louent (solution de Pierlot) comme d'un précieux agent de la médecine mentale. E. Devaux a guéri un hoquet essentiel avec quelques gouttes d'une solution de Valérianate d'Ammoniaque dans un peu d'eau sucrée froide, et l'on a vanté outre mesure ce médicament contre les névralgies rebelles.
D'après quelques expériences de Rabuteau, le Valérianate d'ammoniaque se transformerait dans l'économie en carbonate d'ammoniaque; de sorte que ses propriétés ne différeraient pas du sesquicarbonate de cette base.
La forme sous laquelle le Valérianate d'Ammoniaque est le plus souvent prescrit est la Solution de Pierlot, qui, à vrai dire, est loin d'être simple, et doit une bonne partie de ses vertus à l'extrait de valériane dont elle contient une proportion considérable, 2 pour 100. En voici la formule : eau distillée, 95 grammes; acide valérianique, 3 grammes; sous-carbonate d'ammoniaque, quantité suffisante; extrait alcoolique de valériane, 2 grammes.
VÂLÉRIANATE OU VALÉRATE D'ATROPINE. 1019 Si l'on veut savoir à quoi s'en tenir sur les propriétés réelles du composé chimique d'acide valérianique et d'alcali volatil, il faut se servir exclusive ment du Valérianate d'Ammoniaqae solide, neutre, cristallisé, de Robiquel et de Rousseau, ou de Laboureur et Fontaine; seulement on évitera de le prescrire en poudre, à cause de ses propriétés hygrométriques. Ce sel peut être administré en pilules ou en potion, à la dose de 10 à 15 centigrammes
parjour. -u • ^ •
A la dose de 2 grammes, il ne produit même aucun effet physiologique
appréciable (Rabuteau).
La Mixture de Pierlot se prend à la dose de 2 à 8 grammes dans une potion gommeuse.
Elle m'a paru utile dans les petits accidents de l'hystérie et dans le nervosisme excessif; mais par contre je l'ai trouvée plus nuisible qu'utile chez les épileptiques. D'ailleurs le Valérianate d'Ammoniaque lui-même n'a jamais guéri l'épilepsie; tout au plus a-t-il atténué parfois les manifestations de cette grande névrose.
H. Green incorpore 3 grammes de Valérianate d'Ammoniaque dans 24 grammes de sirop de Tolu, dont il fait prendre une cuillerée à café toutes les quatre heures. Mais l'une des meilleures préparations de ce genre est la Teinture de Valériane ammoniacale (Teinture antispasmodique de Kent), composée de : racine de valériane, 123 grammes ; alcoolat ammoniacal aromatique, 900 grammes.
VALÉRIANATE OU VALÉRATE D'ATROPINE, Valerianas Atropinae.
Angl. : Valérianate of Atropia. — AU. : Baldriansàures Atropin.
Le Valérianate d'Atropine (C3*H23AzO°,Gi0H9O3,HO; 2 Aq.) se montre également sous forme d'une poudre blanche, cristalline, très soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool, presque insoluble dansl'éther,
11 renferme 70,66 p. 100 d'atropine et 4,40 d'eau, c'est-à-dire qu'il est moins riche en alcaloïde que le sulfate qui en contient 85,30 p. 100.
L'action physiologique et les propriétés médicales de cette combinaison sont identiques avec celles de l'atropine et de son sulfate, la petite proportion d'acide valérianique qu'elle renferme étant insignifiante. Au reste, il est douteux que cet acide, qui compte parmi les meilleurs stimulants dillusibles, soit jamais un auxiliaire bien efficace des doses thérapeutiques de l'alcaloïde de la belladone, lequel agit tout autrement. L'association de ces deux principes est donc peu rationnelle, et si le composé qui en résulte rend des services incontestables à la thérapeutique, c'est sans doute uniquement à titre de préparation d'atropine.
Le Valérianate d!Atropine ne jouit d'aucune spécialité d'effets, ni d'aucune suprématie par rapport à l'alcaloïde pur, ou bien i\ sa combinaison avec l'acide sulfurique. Ses indications se confondent avec celles de l'atropine (Voy. page 317), et les doses ainsi que les modes d'administration sont les mêmes que pour le sulfate de la môme base.
Cependant il a été plus particulièrement recommandé par Michea dans