VALÉRIANA.TE DE ZINC, VALÉRATE DE ZINC
l'épilepsie, et Moreaii de Tours a signalé ses bons effets dans l'hystérie el l'hystéro-épilepsie.
On pouri ait encore le prescrire dans la coqueluche avec quelques avantages, vu que ses deux composants, actifs chacun de leur côlé contre cette maladie, pourraient alors unir leurs efforts et triompher plus facilement du mal.
VALÉRIANATE DE QUININE, VALÉRATE DE QUININE, Valeras quinictis.
Angl. : Valerianate of Quinia. — AU. : Baldriansàures Chinin.
Le Valerianate de Quinine (C'»0H24Az2O\Ci"H!»O^HO) cristallise en masses soyeuses dégageant une odeur forte, pénétrante et désagréable d'acide valérianique. Il est soluble dans 110 parties d'eau froide, 40 parties d'eau bouillante, 6 d'alcool à 80°, et très soluble dans les huiles fixes. Il renferme 76,06 de quinine, c'est-à-dire un peu plus que le sulfate officinal : 74,31.
Ce sel possède, selon Devay, la réunion des qualités d'un stimulant énergique et d'un antipériodique supérieur au sulfate de quinine. Il est permis de ne point partager un tel enthousiasme, et de se demander si cette association de vertus pharmacodynamiques quelque peu contraires est toujours aussi satisfaisante qu'on paraît le croire. Toutefois, malgré l'opposition qui existe à certains égards entre ses deux composants, le Valérianate de Quinine peut donner de bons résultats, parce que les effets stimulants de l'acide valérianique se dissipent promptement et cèdent la place aux effets sédatifs, plus durables, du sel quinique.
Le Valérianate de Quinine s'emploie dans le rhumatisme et la fièvre intermittente ; mais on le vante particulièrement contre la migraine, l'épilepsie et les névroses.
On le prescrit à la dose de 20 à 50 centigrammes et même i gramme par jour, dans une potion gommeuse, ou bien dans un lavement d'eau simple. On en fait aussi des pilules de 10 centigrammes, dont on prend de deux à dix en vingt-quatre heures, et Devay prépare un Uniment avec : Valérianate de Quinine, 1 gramme; huile d'olive, 60 grammes, bien inutile.
VALÉRIANATE DE ZINC, VALÉRATE DE ZINC, Valeras zincicus.
Angl. : Valerianate of zinc. — AU. : Baldriansàures Zink.
Le Valérianate de zinc (ZnO.CiWO^; 12 aq.) est un sel neutre en paUlettes blanches nacrées, soluble dans l'eau (^5) et dans l'alcool, mais très peu soluble dans l'éther.
Action physiologique. — Ce sel, d'une odeur spéciale d'acide valérianique, d'une saveur astringente un peu métallique, ne possède vraisemblablement guère d'autres propriétés actives que celles de la Valériane (Voy. page 415), bien qu'on lui attribue des vertus thérapeutiques de beaucoup supérieures à celles de ses deux composants. Au reste, la science réclame de nouvelles expérimentations cliniques pour juger définitivement la valeur de ce médicament. Une légère céphalalgie, quelques vertiges fugaces, un
VALÉRIANÂTlî DE ZINC, VALÉKATE DE ZINC 1021 peu d'incertitude dans la station et de susceptibilité de l'ouïe, tels sont les quelques symptômes mis à son compte par Devay, qui l'a spécialement étudié. Il est superflu de faire remarquer l'analogie de ces phénomènes physiologiques avec ceux qui appartiennent à la plante elle-même. Plus souvent, peut-être, on observera des nausées, des vomissements, rappelant l'action des sels de zinc. Et ceci se comprend aisément si l'on songe à la facile altération de l'acide valérianique dans l'organisme.
Les synergiques et les auxiliaires du Valérianate de Zinc sont les autres préparations de valériane et de zinc, et parmi ces dernières, l'oxyde, lelactate, l'acétate, le bromhydrate, etc., ainsi que les antispasmodiques excitants et les autres stimulants difl'usibles; ses antagonistes sont ceux de cette dernière catégorie d'agents, c'est-à-dire le froid modéré et soutenu, les tempérants, les sédatifs, les toniques.
Usages. — Les indications rationnelles du Valérianate de Zinc sont nécessairement les mêmes que pour l'acide valérianique et la racine qui le fournit (Voy. p. 41S), car les effets généraux du Zinc sont probablement d'une faible importance. A mon avis, ce sel, qui est préconisé contre une foule d'états névropathiques,ne convient réellement par son acide qu'à ceux qui s'accompagnent ou dériventde l'asthénie et de l'abincitation ; il serait au contraire inefficace ou nuisible lorsqu'il existe des conditions d'hypersthénie, d'hypéréraie et d'irritation des centres ou des conducteurs nerveux.
Entre les mains de Curtis il a réussi à calmer la prosopalgie, l'hémicrâ nie, le tintouin, l'amblyopie amaurotique, sans doute lorsque ces affections étaient des symptômes de faiblesse et non d'un état congestif. La même distinction est applicable aux cas de mêmes sortes observés également par un grand nombre de praticiens, ainsi qu'à des névroses diverses : crampes d'estomac, irritation spinale, palpitations cardiaques, hystérie, épilepsie, etc., traitées par Namias, Herpin de Genève, Delasiauve, Leriche, Keller, Muratori, Martin-Solon et autres. Mais ce moyen, qui me parait généralement recommandable dans l'hystéricisme, ne m'inspire aucune confiance lorsqu'il s'agit de la maladie sacrée ou de l'éclampsie puerpérale, dans lesquelles le retour des accès se fait sous l'influence d'un état hypérémique et irritatif des centres nerveux; Il n'offrirait de chances de succès que dans les cas exceptionnels otl les convulsions épileptiformes reconnaissent pour condition prochaine l'ischémie cérébro-spinale et la suppression du stimulus indispensable à la régularité de l'innervation.
Modes d'administration et doses, — Le Valérianate de l^inc se donne à la dose moyenne de 10 centigrammes par jour, en deux ou plusieurs prises. Un en prescrit 15 centigrammes en fractionnant davantage. De si faibles doses n'ont sans doute pas les inconvénients ou, si l'on veut, les effets des sels de zinc; mais au point de vue de l'action des préparations de Valériane, elles sont véritablement illusoires, et l'on ne comprend guère qu'elles aient pu donner des résultats thérapeutiques dans les névroses graves contre lesquelles elles ont été dirigées. On l'administre tantôt en poMc/?'e, mélangé avec quantité suffisante de
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sucre, les paquets étant de 25 milligrammes à 5 centigrammes, tantôt en pilules, renfermant aussi chacune 5 centigrammes, au maximum, du principe actif incorporé dans du mucilage de gomme adragante avec une poudre inerte, et additionné ou non d'un adjuvant. C'est l'extrait de jusquiame qui est ordinairement préféré (Devay, II. Green).
On renforce également le sel de zinc par la teinture de valériane lorsqu'on le prescrit en potion. Voici deux formules données par H. Green.
Pilules : extrait de jusquiame, 2 grammes; Valérianate de Zinc, 1 gr.; sous-nitrate de bismuth, 4 grammes. Pour 40 pilules, 3 ou 4 par jour.
Potion: Valérianate de Zinc, 15 centigrammes; teinture de valériane, 12 grammes; eau de cannelle, 48 grammes; sirop simple, 12 grammes; eau de fontaine, 72 grammes.
VANILLINE, ALDÉHYDE VANILLIQUE, Vanillina. Angl. : Vunillïn. — AU. : Vanillinum.
La Vanilline, C^^H^O*', principe odorant de la vanille, est en cristaux prismatiques, incolores, d'une odeur de vanille très caractérisée, d'une saveur piquante, solubles dans 8 parties d'eau froide, très solubles dans l'alcool, l'éther, le sulfure de carbone, les huiles fixes et volatiles.
La Vanilline n'est autre que le givre de la vanille (A. Vée, Gobley). Celleci en renferme de 1,5 à 2,5 p. 100. On peut d'ailleurs la préparer artificiellement soit à l'aide de la coniférine, soit par d'autres réactions.
Ses propriétés médicales seraient sans doute bien voisines de celles de la vanille (Voy. p. 419); mais elle n'a pas été employée jusqu'ici par les médecins, de sorte que nous ignorons absolument sa valeur comme médicament. Elle peut remplacer la vanille comme aromatique, mais sans l'égaler, dans ses usages domestiques ou pharmaceutiques.
C'est ainsi que la poudre de vanille sucrée ou sucre à la vanille sera préparée d'après cette formule : Vanilline cristallisée, 2 grammes; alcool à90°, Q. S.; sucre pulvérisé, 98 grammes.
Comme aromatique la Vanilline pourrait être ajoutée aux médicaments dyspepsiants : fer, bromures, etc.
VASELINE. — Voy. Pétrole d'Amérique.
VÉRATRINE, Veratrina.
Angl. : Veratria. — AU. : Veratrin, Veralrium.
La Véralrine (GO^H^^Ak^ 0*6) est en poudre formée de petits cristaux prismatiques très fins, blanche ou verdâtre, d'un goût amer et âcre, ou simplement âcre, qui laisse à sa suite une sensation d'engourdissement et de fourmillement dans la langue. Elle est fixe, insoluble dans l'eau froide et soluble dans l'eau bouillante et l'éther, très soluble dans le chloroforme et l'alcool ; elle sature les acides et donne un sulfate, un nitrate et un chlorhydrate cristallisés. La Vératrine, qui a d'abord été découverte par Meissner et retrouvée par Pelletier et Caventou, s'extrait de la cévadille (Voy. ce mot), ou pliitôtdes fruits et des semences dix Schxnocaulon officinale ; mais
VÉHATKINE. '^^3
elle existe dans les Veratrum album, viride, etc., de la famille des Colchicacées ; seulement ce principe immédiat affecterait, selon quelques auteurs, deux formes distinctes, dans les Veratrum alhum et viride, attendu, disentils, que le premier est un drastique, tandis que le second purge rarement. J'ai pu mettre en doute cette différence en faisant remarquer que les deux races ou espèces botaniques dont il s'agit sont tellement voisines que Michaux les avait confondues ; j'ajoutais que si elle était réelle elle pourrait s'expliquer par la présence d'une substance particulière dans l'ellébore blanc, sans faire intervenir un état chimique différent dans un même alcaloïde. Les analyses de Bullock (de Philadelphie) confirmeraient cette vue, en ce sens que la Vératrine serait un corps complexe formé de deux alcaloïdes associés à une résine, savoir: la Viridine et la Vératroïdine, séparables par l'éther, qui ne dissout que la première. 11 nous paraît plus simple cependant d'admettre que la Vératrine est associée dans le Veratrum viride à deux autres alcaloïdes, ceux que nous venons de nommer, comme elle est unie à d'autres principes dans la cévadille, le Veratrum album, etc. D'après Wood, la Vératroïdine, insoluble dans l'éther, serait émétique et cathartique, sa congénère au contraire ne purgerait ni ne ferait vomir. Suivant le même expérimentateur, la résine serait absolument inerte, tandis que, selon d'autres cliniciens (Oulmont, etc.), la substance neutre résinoïde partagerait les propriétés actives dl l'alcali végétal. J'ai lieu de penser que cette dernière opinion est exacte si elle s'applique à la matière complexe provenant du traitement de la plante, qui a déjà fourni l'alcaloïde cristallisé sans être épuisée de son principe actif subsistant en partie à l'état amorphe, allotropique ou dynamisé (Gubler). Je rappelle ici que dans la cévadille on trouve, outre la Vératrine, la sabadilline et la sabatrine; dans le Veratrum album, la jervine.
Action PHYSIOLOGIQUE. — La Vératrine est probablement, après l'aconitine, celui de tous les alcaloïdes qui exerce lopiquement l'action la plus irritante. Aspirée par les narines en petite proportion, elle détermine de formidables éternûments (Andral), du coryza et de la salivation (A. Delondre) et parfois une toux fatigante et durable. Appliquée sur la peau intacte, elle produit, à la faveur d'une friction un peu prolongée, une sensation de chaleur etde picotement persistante qu'on a rapprochée des effets du pinceau électrique {électro-stimulation, TurnbuU). Cette sensation de chaleur, qui se produit vivement du côté des muqueuses, devient une cuisson véritable sur la peau dénudée. A la suite de l'injection hypodermique, la douleur est très vive et peut durer plusieurs heures. Elle ne reste pas confinée dans le point touché, mais se propage à distance de proche en proche, ou mieux encore, par l'intermédiaire de la circulation ; et, lorsque le médicament a été ingéré par la bouche, il irrite cette cavité au point de donner lieu à de la cuisson, de l'ardeur du gosier, de la dysphagie; bientôt une sensation très douloureuse se manifeste dans l'estomac, puis se répand jusque dans la poitrine et les extrémités des membres.
Il se produit aussi desnausées et des vomissements (Piédagnel, etc.),
ainsi
1024 VÉIUTRINE.
que des coliques et du resserrement spasmodique des intestins, en môme temps qu'une sécrétion exagérée (diarrhée séreuse) de leurs follicules muqueux et des glandes salivaires. Il s'ensuit un certain degré de coUapsus des forces, de sédalion de l'éréthisme inflammatoire ou nerveux, (les phénomènes dus aux actions topique et réflexe de l'alcaloïde, se continuent ensuite comme symptômes de l'action générale, diQ"usée, du médicament. Ils se produisent également à la suite de l'injection du principe toxique dans le tissu sous-cutané, ou dans le système veineux (E. Faivre et C. Leblanc). Portée dans la circulation, la Vératrine diminue la sensibilité, calme la douleur, occasionne en outre des sensations variées de chaud et de froid dans les diverses parties du corps, et stimule les sécrétions par lesquelles se fait son élimination, tantôt l'une davantage, tantôt l'autre. C'est ainsi qu'on l'a vue provoquer la toux, l'étemûment, le larmoiement, la salivation, la diurèse ou la transpiration cutanée, et, consécutivement à cette dernière, une éruption (Forck) du genre de celle que Linné désignait sous le nom de siidamiria. Quelquefois il se fait d'abondantes évacuations alvines. Pour ce qui est des sueurs et des urines, il est possible qu'elles soient accrues en outre à la faveur de l'état nauséeux et des modifications du système nerveux se traduisant par la lenteur et rarement la tension du pouls, qui descend parfois jusqu'à trente-cinq pulsations par minute (Norwood). La température est peu modifiée : plutôt abaissée.
Mais il est dans l'histoire de la Vératrine un fait des plus extraordinaires, qui a toujours frappé d'étonnement les physiologistes depuis qu'il a été signalé à leur attention par KôUiker, je veux parler de l'action de ce poison sur les fibres musculaires striées. Le système musculaire chez l'animal empoisonné par de faibles doses de Vératrine est dans un état tout particulier qui le rapproche (et cette comparaison donnée par Nothnagel et Rossbach me paraît ingénieuse), des muscles de la vie végétative. C'est-à-dire que ses contractions sont lentes à s'effectuer ou plutôt la détente des muscles contractés devient 40 ou SO fois plus lente que dans l'état normal. Aussi bien les muscles excités à se contracter restentils rigides et durs pendant un temps relativement long, ce qui fait que les tracés obtenus à l'aide d'appareils enregistreurs ont un aspect absolument caractéristique. Diverses explications ont été données de ce phénomène. Disons avant de reproduire les principales de ces théories qu'il s'agit bien dans l'espèce d'un effet musculaire propre et non pas d'origine nerveuse, puisqu'on voit cette action si spéciale de la Vératrine survenir chez l'animal curarisé et chez celui auquel on vient de détruire la moelle. Par conséquent ni ce centre, ni les nerfs moteurs n'interviennent pour le réaliser, et c'est réellement la substance musculaire elle-même qui est influencée par la Vératrine. Voici, d'ailleurs, une autre preuve. Si, à l'exemple de Prévost, on empêche par la ligature d'une artère l'arrivée de cet alcaloïde aux muscles, ceux-ci ne sont plus afl'ectés. Donc la Vératrine est bien un poison musculaire. Elle excite à ce point l'irritabilité des muscles qu'elle la réveille alors que ceux-ci paraissent épuisés par des contrac-
VlîRATRINE. 1025
lions réitérées (Rossbach et HarLeneclc); il semble donc qu'il y ait de sa part intégration de force. Cependant plus l'irritabilité musculaire faiblit, plus l'action de la Vératrine perd de son évidence (Mendelssohn).
Quant au mécanisme de cette action, il est mal connu. On a dit (V. Bezold) que la Vératrine augmentait l'excitabilité des extrémités périphériques des nerfs ; mais l'action de cet alcaloïde chez l'animal curarisé renverse cette théorie. D'autre part Pick invoque la stimulation d'un certain processus chimique de contraction, d'après ce fait que le muscule vératrinisé dégage plus de chaleur ; mais ceci est une conséquence et non pas une origine, un fait primordial. Dire enfin avec Mendelssohn que le muscle vératrinisé a une décontraction ralentie, c'est constater l'effet et non pas l'expliquer. Reconnaissons plutôt notre impuissance à interpréter cette étrange action de la Vératrine.
A haute dose celle-ci paralyse le système musculaire à ce point que les muscles ont perdu leur contractilité électrique.
A doses toxiques, la Vératrine amène encore des étourdissements, de l'oppression, de l'anxiété, de la suflbcation, des vomissements violents, la prostration des forces, quelquefois la syncope, l'insensibilité, le refroidissement constant de la périphérie, le pouls fréquent^ dépressible, misérable, des convulsions, le tétanos précédé et accompagné d'une apparente exaltation de sensibilité, enfin l'asphyxie et la mort. Il est malaisé de démêler, au milieu de cette comphcation de symptômes, ceux qui résultent de l'action diffusée du poison, charrié par le sang, d'avec ceux qui reconnaissent pour cause une sorte de traumatisme, c'est-à-dire l'irritation locale et la phlegmasie du tube digestif. Cependant, contrairement à l'opinion de KôUiker, j'attribue à ces dernières lésions le tétanos que les auteurs mettent au nombre des effets directs de cet alcaloïde.
La Vératrine est un poison du cœur (KôUiker, Prévost) ; le cœur, influencé par l'agent vénéneux, s'arrête en diastole, d'après Pécholier et Redier • en systole (Prévost, Hirtz). Ce dernier expérimentateur pense que la Vératrine agit comme excitant du pneumogastrique et du cœur tout ensemble II paraît probable que l'action de la Vératrine s'exerce surtout sur le myocarde lui-même plutôt que sur les nerfs du cœur ; mais nous avouons notre Ignorance sur ce point. Les expériences de Braun démontrent en tout cas qu'elle ne paralyse pas le centre vaso-moteur ; mais, je le répète nous ne sommes nullement fixés sur la façon dont elle peut affecter le nerf vague
Quant aux effets particuliers de ce poison sur le système nerveux en généra , ils sont mal connus. Pour Pécholier, il n'affecte pas l'intelligence mais 11 détermine incontestablement de l'anesthésie et de l'anakésie' Enfin, d après von Bezold, il paralyse le centre respiratoire du bulbe Et von Praag admet que la mort peut provenir d'une paralysie spinale No connaissances se réduisent à ces faits isolés. A l'autopsie, on remarque de plaques rouges inllammatoires, sur la muqueuse gastro-inte tin le ains que les congestions sanguines des viscères qui caractérisent 1 pLyx L
La théorie pharmaco-dynamique de la Vératrine peut, dans l'état a t" i GuDLKn et Labbée, 3» édition.
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de la science, se résumer en ces termes : 1" action irritante topique se traduisant par de la douleur et de l'irritation inflammatoire dont les expressions locales ou d'oi-dre réflexe varient de nom et d'effet selon les lieux d'application ; 2° action du genre de celles dites narcotiques ou stupéfiantes, directement exercée sur le système nerveux sensitif et moteur et sur les muscles, suivant un mode encore indéterminé après diffusion dans l'organisme ; V action spoliatrice, par le moyen des supersécrétions excitées vers la 'muqueuse digestive ou les organes glandulaires ; effets hyposthénisants, sédatifs et, à l'occasion, antiphlogistiques, résultant des modifications physiologiques précédentes.
La Vératrine s'élimine en grande partie par les reins, ainsi que le prouve l'action toxique exercée sur une grenouille par l'urine d'un animal soumis à l'empoisonnement par l'alcaloïde des Veratrum (Prévost). ■ Substances synergiques, auxiliaires. - Les plantes de la famille des Mélanthacées (hellébores blanc et vert, cévadiUe, colchique) sont les véritables succédanés de l'alcaloïde qui nous occupe, à quelques nuances près : nuances plus sensibles d'ailleurs quand il s'agit du colchique, mais appréciables encore à l'occasion du Veratrmn viride, bien que l'action de 1 hellébore américain soit fondamentalement la même que celle de l'hellébore d'Europe Nous avons établi précédemment (p. 179), d'après les expériences qui nous sont communes avec le docteur Ernest Labbée, et dans lesquelles toutes les précautions ont été prises pour reiidre les résultats précis et certains que les effets de VIndian Poke ne s'éloignent pas notablement de ceux 'de notre hellébore blanc ; néanmoins nous allons insister davantage sur ce point de science et de pratique. Voici nos conclusions :
Le Veratrum viride produit toujours au moins des nausées, le plus souvent des nausées suivies de vomissements et d'évacuations alvines . Ce symptôme se trouve consigné non seulement dans toutes nos observations, mais dans celles des auteurs (Oulmont, Millet-Lacombe, etc.) qui lui reï^s nt toute valeur ou qui même essayent de le rayer du tableau des efl^Bts physiologiques habituefs de l'hellébore d'Amérique pour l'attr.buer exclu- SLent à celui d'Europe. Les phénomènes de sédation se montrent en ZZ temps que les troubles gastro-intestinaux, et sont P-P-^--;^ / nnLsité de ceux-ci. En sorte qu'on serait fondé à en chercher unique ment la raison dans les effets sympathiques engendrés par les désordres d 1 auDareil digestif, et dans les résultats de la spoliation déterminée par les hrerc i^ies de 1^ muqueuse gastro-intestinale. Toutefois, U est vraisem- Srque la portion de Vératrine qui a pu être absorbée exerce également unp certaine influence sur le système sensitivo-moteur.
L con Gérant les courbes sphygmographiques et thermiques obtenues à 1 aide S'ob ervations biquotidiennes, recueillies avec un som extrême par F nèst Libb e on remarque aussitôt que l'action physiologique du méd'amenue^ clans le délai de deux ou trois heures après le com-
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le voit tomber de dix, vingt, trente, quarante pulsations, suivant l'élévation du chiffre initial,
La température ne diminue guère que de 5 à 8 dixièmes de degré, tout au plus de 1 degré centigrade. Quelquefois elle reste invariable. Elle peut même s'élever en même temps que s'abaisse le nombre des pulsations. El je pense que le refroidissement de 3 degrés signalé par Pégaitaz était un symptôme toxique.
Malgré le ralentissement considérable des battements cardiaques, on ne constate pas toujours, tant s'en faut, un accroissement de la tension artérielle; et quand cette augmentation se montre, elle est faible et négligeable. Ce qui prouve, pour le dire en passant, que le ralentissement du cœur n'est pas indissolublement attaché à l'accroissement de la tension vasculaire. Quant aux résultats thérapeutiques, nos observations nous permettent d'affirmer l'influence favorable du Veralrum viride sur les phlegmasies fébriles, en ce sens seulement qu'il diminue l'intensité des phénomènes inflammatoires et conjure de la sorte un certain nombre d'accidents consécutifs. Mais ce médicament n'abrège pas sensiblement la durée de la période d'augment et d'état d'une pneumonie, par exemple, dont la défervescence régulière ne commence généralement qu'au septième jour, quelquefois au sixième ou bien au huitième, conformément à l'évolution naturelle de cette maladie, malgré l'administration soutenue du remède, à dose active.
La Vératroïdine et la Viridine, alcaloïdes du Veratrum viride, ne pourraient être, suivant moi, classées parmi les synergiques de la Vératrine. D'après les expériences de H.-C. Wood et Jos. Berens, leur action s'exerce surtout sur la circulation, qu'elles ralentissent tout en abaissant la tension artérielle. Ces effets dériveraient, pour la "Vératroïdine, d'une excitation du nerf vague et, pour la Viridine, d'un affaiblissement du muscle cardiaque joint à une action dépressive sur le centre vaso-moteur. D'ailleurs la Viridine détermine du coUapsus musculaire et n'est pas émétocathartique : différences capitales vis-à-vis de la Vératrine. Pasdavantage la Sabadillmeel la Sabcdrine, autres alcaloïdes de la cévadille, IsLjervinedu Veralrum album (que Wood dit être la viridine) ne sont de réels succédanés de la Vératrine. Urpar, en effet, comparant la toxicité propre de chacun de ces quatre alcaloïdes, nous indique comme coefficients : 100 pour la Vératrine, 8 pour la Sabadilline, 6 pour la Sabatrine, 5 pour la Jervine.
Les vertus de l'aconitine sont tellement voisines de celles du principe actif des Va-alrum, que je suis disposé à considérer ces deux alcaloïdes comme formant, avec la dclphine, l'anémonine et la colchicine, une série comparable à celle de la strychnine, de la brucine, de l'igazurine et de la picrotoxme, et dans laquelle la Vératrine serait dix fois moins active que sa congénère l'aconitine, la plus puissante de toutes. La médication antiphlogistique ou les diverses sous-médications dont elle se compose, telles que la médication évacuante ou spoliatrice, voilà les auxiliaires de la Vératrine
SU-BSTANCES ANTAGONISTES, INCOMPATIBLES. - ANTIDOTES, CONTRE-l-OISONS.
1,)08 VÉRATRINE.
— Loin que la Vératrine soit à mes yeux un analogue de la strychnine, je considère les poisons convulsivants et congestionnants, tous les agents de stimulation et certains toniques, comme étant à un degré quelconque les antagonistes de la Yératrine, et dans mon opinion il ne faut pas, sauf exception, les prescrire concurremment avec elle. Les substances astringentes doivent encore être éloignées à cause de leur action chimique.
Les antidotes physiologiques se composent de tous ces moyens réunis. Les contre-poisons chimiques proprement dits sont les tanniques et l'iodure ioduré de potassium. Dans un cas d'empoisonnement, après avoir administré des contre-poisons chimiques et des évacuants, on emploierait les opiacés, l'éther, la respiration artificielle, les inhalations d'oxygène.
Usages. — On pourrait à la rigueur utiliser l'action vomitive de la Vératrine dans les circonstances où les émétiques sont indiqués, son action diurétique dans les hydropisies (Magendie, Bardsley), ses effets sternutatoires dans les affections congestives du cerveau; mais la thérapeutique, qui possède des moyens inoffensifs aussi bons ou meilleurs, n'a que faire de cet agent périlleux ou difficile à manier, pour obtenir ces différents résultats.
On peut aussi se servir de la puissance toxique de la Vératrine contre les parasites cutanés, végétaux ou animaux, notamment contre les poux. Seulement, c'est un moyen dangereux que je réprouve de toutes mes forces. On peut d'ailleurs y renoncer sans regret, puisque la matière médicale nous en fournit plusieurs autres plus ou moins innocents.
En déQnilive, l'emploi de la Vératrine doit être réservé pour obtenir les modifications du système nerveux et des sécrétions qu'elle procure mieux que d'autres agents. Or, ses effets anesthésiques ou stupéfiants, moins pro* noncés à la vérité que ceux du sulfate de quinine, de l'aconitine ou de l'opium, mais associés aux effets éméto-cathartiques, diurétiques et diaphorétiques qui la distinguent, désignent particulièrement cette substance dans certaines affections nerveuses, rhumatismales et goutteuses. On l a beaucoup vantée en frictions sur les tempes contre l'amaurose torpide (Turnbull, Terrier), et même contre les amauroses en général, les cataractes; l'iritis (Desgranges, Fl. Cunier, Knapp, Lafargue, Bérard, etc.). Ses effets dans tous ces cas ne peuvent être que palliatifs. Elle a été recommandée contre la surdité nerveuse (Boyd), contre la prosopalgie, les névroses hystérique et hypochondriaque (Ebers), et aussi contre le rhumatisme aigu et la péripneumonie (Trousseau, Aran, Ghilia, Hirtz, etc.) et d'autres phlegmasies thoraciques. Enfin, à l'imitation des anciens qui donnaient l'hellébore en nature, on l'a prescrite dans la manie et lesdilJerentes formes d'aliénation mentale. Mais c'est principalement dans le. affections arthritiques et d'origine a /-ni/ore que la Vératrine et les plantes dont elle provient jouissent d'une faveur méritée (Piédagnel, Trousseau, Aran, Troncin, Hirlz, Bouchut, Oulmont, E. Labbée et Gubler, etc.). Seulement, le praticien ne doit pas attendre de ce groupe d agents ce
qu'aucune médication n'est capable de donner : la Vératrine n est pas
VÉKATRINE. 1029
plus un spécifique du rhumatisme ou de la pneumonie que tout autre moyen antiphlogistique, et ce serait se leurrer que de compter sur un arrêt subit de la maladie ni môme sur une abréviation notable de la durée de ses périodes d'augment et d'état. Appliquée à la pneumonie, par exemple, laVératrine (nous en dirions autant du Veratrum viride) très puissante pour faire tomber instantanément l'éréthisme inflammatoire et fébrile, n'amène cependant un apaisement durable ou définitif que le jour où la défervescence devait naturellement commencer. Ainsi il lui faudra deux, trois ou quatre jours pour décider la chute de la phlegmasie, selon qu'elle aura été administrée plus ou moins loin du début de l'afTection, c'est-à-dire le cinquième, le quatrième ou bien dès le troisième jour. Les faits en apparence plus favorables sont probablement ceux où, par exception, l'évolution du mal livré à lui-même eût été plus rapide. On conçoit pourtant qu'en intervenant au début, l'action énergique de la Vératrine pourrait favoriser la terminaison par délitescence. En tout cas on doit admettre qu'elle exerce une influence favorable sur la période de décours, d'autant plus courte que l'intensité de l'inflammation a été plus modérée, ainsi que sur les suites de l'affection. En définitive, malgré sa grande puissance physiologique, la Vératrine n'offre au praticien aucune ressource importante, car, je le répète, nous sommes suffisamment pourvus de moyens tout aussi efficaces et moins dangereux contre les affections qu'elle a pu combattre assez avantageusement. Néanmoins il est une application bien spéciale, proposée par Féris, et qui à elle seule suffirait à remettre la Vératrine en honneur dans la pratique médicale si de nouvelles observations en confirmaient la réalité et la valeur. Féris a traité avec un succès constant, dit-il, les tremblements par la Vératrine: tremblement alcoolique, tremblement des convalescents et même celui de la sclérose en plaque. L'idée est déjà fort ingénieuse et mérite l'attention de nos confrères.
Modes d'administration et doses. — Le sulfate de Vératrine, très difficile à préparer, est inusité. L'alcaloïde pur se prescrit à la dose de 5 milligrammes répétée plusieurs fois dans les vingt-quatre heures. On l'administre ordinairement en pilules. Il pourrait être introduit dansun julep. On l'emploie aussi en embrocations et en pommade.
Ces formes pharmaceutiques diverses impliquent l'introduction par les voies digestives ou par la peau. La Vératrine a été aussi déposée dans le tissu cellulaire à l'aide d'injections hypodermiques. Ce mode d'emploi donne lieu à une cuisson locale trop vive pour être recommandé.
Les pilules de Vératrine sont ordinairement de 3 milligrammes chacune; le principe actif doit y être associé à des mucilagineux et non à des stupéfiants, comme on le fait généralement, ce qui ajoute aux efi'ets narcotiques, mais présente l'inconvénient de troubler les efi'ets gastro-intestinaux du médicament principal, surtout lorsqu'on prescrit les pilules d'Aran: Vératrine et extrait d'opium, «â, 5 centigrammes; pour 10 pilules.
Les Pilules de Magendie, composées de : Vératrine, 3 centigrammes; poudre de gomme, 3 centigrammes, et sirop simple, quantité suffisante'