ZINC PUR
sont préférables. Seulement, au lieu de 12 pilules, il vaut mieux n'en faire que 10 avec cette masse.
Lorsque la Vératrine est dirigée contre les maladies inflammatoires : pneumonie, rhumatisme aigu, etc., et non contre de simples affections douloureuses, il convient d'en obtenir les effets éméto-cathartiques et par conséquent spoliateurs. Dans ce but, on doit administrer le médicament à doses pressées, de manière à provoquer la révolte des organes digestifs ou tout au moins la nausée. On éloigne ensuite les prises médicamenteuses afin de maintenir l'action nauséante pendant plusieurs heures chaque jour, sinon durant une journée entière. Ou bien, après avoir laissé reposer complètement le sujet à la suite des évacuations, on recommence le lendemain de la même manière.
S'agit-il au contraire de modérer l'élément douleur ou de combattre une affection rhumatoïde, névralgique, il vaut mieux espacer les prises en vue de les faire tolérer et d'assurer l'absorption, la diffusion circulatoire, puis l'intussusception du principe actif dans les éléments du système nerveux. Ces deux procédés méritent parfois d'être associés, si les deux indications coexistent. Contre le tremblement, Féris procède par granules d'un demimilligramme, dont il donne quatre par jour pendant dix jours de suite.
La Teinture de Femfnne (Magendie) : Vératrine, 20 centigrammes; alcool, 30 grammes, est une bonne préparation dont on peut prendre de 10 à 30 gouttes dans de l'eau sucrée ou dans une potion gommeuse.
La Pommade de Vératrine renferme de 20 à 40 centigrammes du principe actif pour SO grammes d'axonge; elle se fait mieux avec l'axonge rance (Cavé). Elle est usitée comme calmant local contre les névralgies.
ZINC PUR, Zincum pwHssimum.
Angl. : Zinc. — Ail. -.Zinck.
Le Zinc, Zn, est dans la nature à l'état d'oxyde, de sulfates et de combinaisons salines. L'eau minérale de Rio-Tinto, en Espagne, renferme une forte proportion de sulfate de zinc. C'est un métal blanc bleuâtre, assez facilement soluble dans les acides minéraux étendus et attaquable par les alcalis.
Action physiologique, — Ce métal est inerte, à moins qu'il ne soit dissous dans un acide, auquel cas le composé possède généralement des qualités styptiques ou irritantes, quelquefois escharotiques (Voy. Sulfate et chlorure DE zinc). L'oxyde de Zinc (voy. ce mot) est absorbant, antacide, antispasmodique, et le métal a passé pour doué de cette dernière qualité. Telle est d'ailleurs l'innocuité du Zinc que, malgré l'attention fixée sur ce métal, surtout depuis que le peintre en bâtiments Leclaire a pris l'initiative de le substituer au plomb dans la composition des couleurs, on n'a pas découvert
ZINC PUR. '0'^* le moindre accident un peu grave à mettre sur son compte dans la santé des ouvriers occupés à la préparation du blanc de Zinc.
Usages. — Les combinaisons du zinc avec l'oxygène et les acides ont reçu des applications nombreuses et diverses qu'il faut étudier à propos de chaque composé, aucune généralité ne pouvant exprimer le mode d'action des substances médicamenteuses dont ce métal est la base.
Le Zinc sert à la préparation de l'hydrogène et conséquemment à la recherche médico-légale de l'arsenic à l'aide de l'appareil de Marsh ou de ses modifications. On ne l'emploie plus d'ailleurs comme ténifuge. Mais il entre dans la composition des piles électriques médicales, et nos fabricants d'instruments de chirurgie l'utilisent dans bien des cas à l'état de maille chort : alliage de Zinc, nickel, cuivre, minium.
Le Zinc a été proposé récemment pour une application aussi curieuse qu'utile par Gorradi, Chéron et P. Aubert, celle de renforcer l'action ca- Ihérétique du nitrate d'argent. En effet, après avoir promené la pierre infernale ou bien une solution d'azotate lunaire sur une surface malade, si l'on vient à répéter cette même opération avec un crayon de Zinc bien décapé^ il arrive qu'une double décomposition se produit aussitôt et qu'il se forme du nitrate de Zinc et du chlorure de Zinc, tandis que l'argent est réduit à l'état métallique.
Les syphilides exubérantes sont remarquablement modifiées par cette méthode, que l'on pourrait peut-être simplifier en se servant tout bonnement de nitrate de Zinc (Aubert).
Nous avons signalé dans le courant de cet ouvrage les principaux sels de Zinc usités en thérapeutique; nous n'avons donc pas à rappeler ici leurs noms. Mais il en est un qui passe en Amérique pour doué de vertus thérapeutiques assez puissantes, le Bromure de Zinc, et qui peut être étudié ici à défaut de place spéciale, par omission du Codex.
Le Bromure de Zinc (Angl. : Bromide of zinc. — Ail. : Zincum bromatum) est un sel blanc, déliquescent, pouvant cristalliser, très solubledans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther.
Son action topique sur les tissus est plus énergique encore que celle du bromure de potassium, car il est véritablement caustique.
Quant à sa pharmacodynamie, elle est mal connue. On a pensé, théori» quement, que le bromure de Zinc cumulerait les vertus sédatives pour le système nerveux de ses composants. Aussi bien a-t-il été essayé dans diverses névroses, l'hystérie et l'épilepsie tout particulièrement. Dans la première, Rosentlial lui attribue quelques ell'ets calmants, qui, suivant lui, ne seraient pas supérieurs à ceux du bromure de potassium ; dans la seconde, bien qu'il n'ait pas été inefficace, il ne paraît pas avoir donné des résultats fort encourageants entre les mains de Charcot et de Bourneville, malgré une très grande persévérance dans son administration.
Par contre, Hammond, qui l'a beaucoup étudié dans les maladies du système nerveux, le recommande avec conviction dans la crampe des écrivains, concurremment avec l'emploi du galvanisme; dans le goitre exoph-
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Ihalniique, associé au pyrophosphate de fer; enfin contre le torticolis et dans le traitement de ralcoolisme.
Les médecins français prescrivent rarement ce médicament, sans doute parce que jusqu'à présent les faits présentés en sa Faveur ne démontrent ni sa réelle efficacité ni sa supériorité sur les bromures alcalins dans les névroses.
On l'administre d'ordinaire, dilué largement, pour éviter toute action topique irritante sur les voies digestives, dans un sirop aromatique, celui d'écorce d'orange amère par exemple, à la dose de 10 centigrammes par prise, répétée plusieurs fois dans la journée, augmentant progressivement jusqu'à 2.50 et 3 grammes par jour.