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ARUM, GOUET OU PIED-DE-VEAU

des contusions, et Planât préconise comme agent abortif des furoncles Vextrait dilué de fleurs fraîches comme topique.

En réalité nous sommes mal fixés sur les vertus de cette plante vantée à l'excès ou bien déclarée sans valeur.

Modes d'administraton et doses. — La racine se donne en poudre, à la dose de 20 à 30 centigrammes ; les fleurs, en infusion, à la dose de 3 grammes dans 500 grammes. Vextrait représente si mal les propriétés de la plante, qu'il a fallu parfois le donner à la dose énorme de 4 grammes par jour. D'ordinaire on emploie la teinture alcoolique pure ou étendue d'eau.

ARROW-ROOT DE LA JAMAÏQUE, Maranta arundinacea, Plum. et L. — Amomacées. Angl. : West Indian Ai'row-root.

Ces longues dénominations, anglaise et française, ne sont pas superflues. Outre VArrow-Root proprement dit, il existe, en effet, plusieurs sortes de fécules qui portent ce nom : ce sont, l'Arrow-Root de Portland fourni par VArum maculatum; celui des Indes orientales, parle Curcuma angustifolia; celui du Brésil, par le Jatropha Manihot; l'Arrow-Root deTaïti, dû au Tacca oceanica.

Composition. — D'après Benzon, la racine de Maranta est formée de : huile volatile, extractif gommeux, amidon, fibre ligneuse, albumine, chlorure de calcium et eau.

Action physiologique. — Les tubercules du Maranta arundinacea passent, aux yeux des Indiens de l'Amérique du Sud et de quelques Européens, pour avoir des vertus alexipharmaques, principalement contre le poison des flèches et celui du Mancenillier. En réalité, la fécule de cette racine, débarrassée de l'huile volatile, n'est autre chose qu'un aliment respiratoire. Elle l'emporte seulement sur d'autres par sa finesse, ce qui en fait un aliment recommandable pour les dyspeptiques, les convalescents et les valétudinaires.

ARUM, GOUET ou PIED-DE-VEAU, Arum maculatum, L. — Aroïdées. Angl. : Cuckoo-pint. — Ail. : Aaronswurz.

Composition. — VArum maculatum, qui croît dans les lieux ombragés, est une plante âcre, caustique et vénéneuse quand elle est fraîche, presque inerte, au contraire, lorsqu'elle est sèche. Elle doit, en effet, ses propriétés à une substance volatile et décomposable , tellement fugace qu'elle ne se retrouve pas dans l'eau distillée de la plante, et ne peut être saisie par l'alcool. Il n'en est pas moins vrai que le suc de VArum maculatum, entre les mains d'Orfila, a fait périr des chiens en un jour, et que des enfants sont morts pour en avoir mangé les feuilles. Ce principe volatil paraît assez voisin de ceux des aconits, et des anémones, qui n'en sont peut-être que des modifications. A part cette substance volatile et un acide végétal, les tubercules d'Arum sont presque entièrement formés de fécule facile à extraire.

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Action physiologique. — A doses modérées, la racine ou les feuilles du Goiiet causent de la brûlure et du gonflement dans la gorge, des vomissements, des coliques, de la diarrhée et des convulsions. Mâchées en petite quantité, elles occasionnent dans la langue des picotements multiples très pénibles, qui durent plusieurs heures.

Substances synergiques, auxiliaires. — Les poissons âcres des Renonculacées et de plusieurs autres Aroïdées agissent probablement dans le même sens.

Substances antagonistes et antidotes. — Les antagonistes des poisons âcres oi-dessus mentionnés seraient probablement ceux de VAi'um. Au dire de quelques auteurs, l'expérience aurait appris que le mille feuille {Achillea millefolium) fait cesser instantanément la douleur de la langue, comparée aux piqûres de milliers d'aiguilles, que produit la mastication de la racine d'Arum. On cite encore comme correctifs de ses effets violents l'absinthe et la sauge, et comme contre-poisons (Martin-Lauzer) les essences de thym et de menthe.

Usages. — La racine de Pied-de-veau, à la dose de quelques grains seulement, a été employée comme éméto-cathartique violent. On l'a conseillée contre la fièvre et les affections accompagnées de débilité et de cachexie, contre le catarrhe pulmonaire et la céphalalgie. Rien de démontré ni même de rationnel dans la plupart de ces applications, d'autant plus que la racine a été d'ordinaire administrée sèche, c'est-à-dire inerte. Dans la poudre d'Arum composée, elle tient simplement la place d'une fécule. A l'extérieur on s'est servi du suc d'Arum ou de la plante broyée comme rubéfiant, vésicant et caustique.

La fécule d'Arum se trouve dans le commerce anglais sous le nom de Portland Arrow-Root ou Sagou; elle est pure et parfaitement comestible.

ASA FOETIDA, Ferula Asa fœtida, L. — Ombellifères-Peucédanées. Angl. : Assa fœtida ferula. — AU. : Teufelsdreck.

Composition. — Cette Ombellifère, qui habite la Perse, l'Afghanistan et le Pendjab, fournit, par l'incision de la partie supérieure de sa racine vivace, une gomme-résine fétide, d'une odeur excessivement pénétrante lorsqu'elle est fraîche, et qui persiste des années dans l'espace confiné où elle est répandue. Cette substance renferme; outre des gommes et différents composés organiques et minéraux, de la résine et une huile volatile spéciales. La résine se décompose en deux espèces : l'une soluble l'autre msoluble dans l'éther. L'huile volatile, d'une odeur exaltée d'Asa fœtida, possède une saveur d'abord douce, puis amère et âcre. Elle renferme du soufre et probablement du phosphore au nombre de ses éléments constituants. D'après Hlasiwetz elle se compose de produits sulfurés du radical C H |. L'Asa fœtida, d'après le travail intéressant de Vigier, ne serait autre que le hmexixLaserpiiium de Pline. Mais on a peine à se persuader qu'une substance si repoussante pour nous soit réellement le Silp/num des anciens, lequel était si recherché des riches amateurs qu'il valait son pesant

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d'or et que les Romains trouvèrent dans la vente d'une provision de ce condiment de quoi subvenir aux frais de la seconde guerre punique. Toujours est-il qu'aujourd'hui encore les Persans le savourent, l'appelant le mets des dieux.

Action pqysiologique. — Dans la bouche et l'estomac, VAsa fœtida cause une sensation de chaleur, sans l'irritation locale des gommes-résines purgatives.

D'après Jôrg et ses élèves, des doses de quelques centigrammes suffiraient à produire du malaise épigastrique et des dérangements intestinaux, une excitation quasi-fébrile du pouls et de la chaleur, avec accroissement de la sueur et d'autres sécrétions, l'excitation génésique dans les deux sexes et des phénomènes d'irritation du côté des organes génito-urinaires. Trousseau et Pidoux n'ont pas rencontré une pareille susceptibilité organique vis-à-vis de VAsa fœtida, car 13 ou 16 grammes de cette substance, pris en une seule fois, n'ont produit d'autre effet que de communiquer, à diverses sécrétions, une horrible fétidité. Ce sont là sans doute des résultats extrêmes dont il faudrait prendre la moyenne pour obtenir la valeur ordinaire du médicament, valeur qui, du reste, doit varier énormément selon les conditions de santé du sujet. En tout cas, l'expérience physiologique et pathologique démontre ce que la composition chimique, la présence d'une essence sulfurée et peut-être phosphorée, faisait pressentir, c'est que VAsa fœtida jouit de propriétés stimulantes diffusibles incontestables et puissantes.

Cette gomme-résine est absorbée et passe dans les sécrétions, ainsi que le prouve l'expérience de Trousseau et Pidoux. Les Orientaux qui en font usage ont une transpiration infecte, ce que savait Aristophane.

Substances synergiques, auxiliaires. -^Toutes les gommes-résines fétides des Ombellifères, les substances aromatiques et balsamiques, et en général les préparations sulfureuses et phosphorées, les alcools, les éthers, sont synergiques ou auxiliaires de VAsa fœtida.

Substances antagonistes, incompatibles. — Les acides, les relâchants, les sels neutres, le froid, etc., contrarient l'action de cette gomme-résine.

Usages. — Malgré son odeur repoussante, VAsa fœtida est un condiment fort recherché et fréquemment usité en Perse et dans l'Inde, où il sert peut-être à corriger les effet débilitants du climat sur les organes digestifs. Les brahmes l'emploient expressément comme digestif, carminatif et aphrodisiaque.

En Perse encore il passe pour aborlif et frapperait de stérilité les femmes qui le prennent en excès (Schlimmer). Tandis qu'en Italie on le croit propre à empêcher l'avortement (Giordano-Carzani).

En Europe, VAsa fœtida est donné dans la constipation atonique avec pneumatose intestinale et dans la colique ûatulente. On le prescrit aussi comme emménagogue dans l'aménorrhée torpide de certaines chlorotiques et anémiques. Il est rationnellement indiqué, en qualité de balsamo-sulfureux, dans la bronchite chronique accompagnée de sécrétions muco-

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purulentes, môme lorsque ces symptômes se rattachent à une tuberculisation de forme lente et sans complication inflammatoire.

Et Lombard, qui lui a reconnu des effets sédatifs sur la circulation, la prescrit contre les battements de cœur et la dyspnée.

Mais on en réserve surtout l'usage pour des phénomènes nerveux variés, caractérisés principalement par des spasmes et des convulsions la toux spasmodique, l'angine striduleuse et le spasme glottique, l'asthme, les convulsions infantiles, voir même l'épilepsie ; enfin, et par-dessus tout, pour les manifestations multiformes de l'hystérie et des névropalhies voisines.

Contre-indications. — Seulement on doit renoncer à ce moyen dès que l'hystérie devient fébrile et s'accompagne de symptômes d'embarras gastrointestinal. Il faut éviter de même ses propriétés stimulantes toutes les fois qu'on a affaire à une pyrexie, à une phlegmasie, ou même à une simple phlogose des premières voies.

Modes d'administration et doses. — VAsa fœtida se donne en nature à la dose de 50 à 60 centigrammes, répétée trois fois par jour, plutôt en pilules qu'en émulsion. Pour lavement, la dose est de 4 grammes. La teinture alcoolique se prescrit à la dose de 2 grammes.

VAsa fœtida entre dans les Pilules bénites de Fuller, la Potion antihystérique du Codex, et dans presque toutes les formules contre l'hystérie.

ASARUM ou CABARET, Asai^um europœum, L. — Aristoloceiées. Angl. : Common Asarabacca. — AU. : Haselwurz.

Composition. — Le Cabaret est une plante indigène dont la racine, très active, renferme une huile volatile concrète, une huile grasse très âcre, une substance jaune nauséeuse, contenant peut-être son principe actif, et diverses autres substances peu importantes. — L'huile volatile, très âcre, se rapproche du principe volatil de Y Arum.

Action physiologique. — Toutes les parties de la plante sont irritantes, d'une saveur âcre, d'une odeur poivrée. La poudre récente de racine, portée dans les narines, provoque l'éternument, un écoulement de mucus et quelquefois une épistaxis. Avalée, elle occasionne des douleurs d'entrailles, des nausées, des vomissements et des évacuations alvines quand elle n'est pas trop ancienne. Elle produit aussi quelquefois un flux urinaire.

Usages. — VAsarum est le plus violent sternutatoire que nous possédions. On l'a employé comme tel dans diverses affections du cerveau, des yeux, de la face et de l'entrée des voies respiratoires. — En Russie il entre dans le traitement de l'alcoolisme.

Comme émétique, le Cabaret n'est surpassé que par le tartre stibié et n'est pas inférieur aux ipécacuanhas; 30 à 50 centigrammes de racine fraîche suffiraient pour provoquer les vomissements qu'on obtient qu'avec 50 centigrammes à 2 grammes de racine sèche. On la donne en poudre et en infusion, mais non en décoction, à cause de la fugacité de son principe éminement actif.

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