‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 50 sur 384 · CADE QU OXYCÈDRE · texte numérisé non relu

CADE QU OXYCÈDRE

2» Cachou de l'Areca, angl. Bétel nul, Catechu. 3° Cachou de Gambir, angl, Gambir Catechu.

Composition. — Il contient un produit spécial, Vacide cachutique, 12 à 60 p. 100, ou catéchine; le tannin de Cachou, 40 à 56 p. 100, onacide cachulannique, lequel précipite en vert noirâtre les persels de fer.

Action physiologique. — Le Cachou de Bombay doit ses propriétés médicales à l'énorme proportion de tannin qu'il renferme. Sa puissance est supérieure à celle dukino.

Substances synergiques. — Barbatimao, monésia, et ses congénères énumérés plus haut.

Usages. — Le Cachou est employé en applications topiques sur les ulcères et il entre dans diverses formules d'injections contre la blennorrhagie et la leucorrhée, au même titre que le tannin ordinaire, et aussi dans la confection d'opiats dentifrices. On le donne comme stomachique, dans la dyspepsie avechypérémie et irritation de la muqueusegastrique; comme resserrant ou constipant, associé à la craie dans les diarrhées et dysenteries chroniques; comme astringent dans les affections de la gorge et de la bouche, le relâchement du gosier et de la luette, dans les hémorrhagies utérines d'un caractère atonique.

Modes d'administration et doses. — On peut laisser fondre dans la bouche un morceau d'excellent Cachou, ou bien l'avaler sous forme de bols ou de pastilles. La dose est de 60 centigrammes à 4 grammes.

On l'emploie aussi en infusion composée, en teinture composée, en électuaii^e et sous forme de poudre composée. Le Cachou, dans ces préparations, est ordinairement associé à la cannelle, quelquefois à la muscade et à l'opium, et au kino. Le Cachou dit de Bologne, aromatisé, est très employé par les fumeurs pour corriger l'odeur du tabac.

Il entre dans la Thériaque, le Diascordium, le Cachondé, et fait partie de presque toutes les formules astringentes.

CADE ou OXYCÈDRE, Juniperus Oxycednis, L. — Conifères.

Vhuile de Cade (AU. Empireumatische Kadeôl) est une sorte de qoudron liquide produit par la combustion du bois Juniperus Oxycedrus arbrisseau qui croit communément dans les provinces méridionales de la France Mais, par extension, on confond sous cette dénomination des produits résineux empyreumatiques, liquides, de tout autre provenance. Uhuile de Cade est pourvue d une saveur âcre et presque caustique. Les vétérinaires s en servent pour guérir les ulcères des chevaux et la gale des moutons.

Les médecms emploient l'huile de Cade contre diverses dermatoses, le lichen 1 eczéma et surtout les affections squameuses rebelles de la peau, spécialemen le psoriasis. A l'aide de quelques frictions les écailles épider-

Tnln ' r ' M ' 'P'^' ^"""'^^ d'irritation, le derme s'anémie aux endrous qui étaien le siège de la lésion ; en un mot, la peau se nettoie momentanément; seulement le mal reparaît, à moins que la dialhèse ne se modihe par un traitement général approprié. J'ai employé aux mômes usages

l'huile de laurier, plus irritante encore, et dont l'application doit être restreinte à de petites étendues de la surface cutanée.

L'huile de Cade est encore utile dans les affections cutanées parasitaires : eale mentagre ; dans certaines formes d'acné ; et on l'associe ordinairement à la'glycérine ou à l'huile d'amandes douces pour atténuer son action topique, irritante à la longue.

Elle n'a aucun usage interne.

CAFÉ. Semence du Coffea arabica, L. — Rubiacées-Cofféacées. Angl. : Coffee. - AU. : Kaffee. Le Caféier est originaire de l'Arabie Heureuse, aux environs de Kalla.^ Composition. — Les semences, formées d'un embryon très petit et d'un périsperme corné, contiennent, d'après Payen (outre des substances ternaires dérivées de la cellulose, des matières albuminoïdes et des principes minéraux), delà caféine, CWAz^O^, de Vacide caféique ou chlorogénique, en combinaison avec de la caféine et de la potasse, une essence concrète et une huile volatile aromatique fluide, une matière grasse fixe ; enfin un glucoside Y acide café-tannique (Rochleder), qui ne précipite pas la gélatme et colore' en vert les sels ferriques. La torréfaction modifie notablement cette composition. Elle exalte le parfum de cette graine, soit parce que la matière grasse, fixe, cesse de retenir l'huile essentielle, soit plutôt parce qu'il s'en développe de nouvelles quantités aux dépens d'une autre substance nréexistante, probablement, selon nous, aux dépens de la caféme, qui disparaît partiellement dans le café brûlé, d'après les analyses comparatives de Schrader. D'ailleurs il se forme deux nouveaux principes, 1 un brun et amer l'autre huileux, volatil et brun, appelé ea/ëone.

Personne a aussi démontré qu'en présence du tannin, la toi-réfac tion donne naissance à de la méthylamine CH^Az^, principe auquel Béhier attribue le pouvoir d'accroître la tension artérielle sans modifier le pouls.

Action physiologique. - La caféine étant le principe vraisemblablement le plus actif du Café vert ou cru, c'est-à-dire non torréfié, nous allons commencer par établir ses propriétés physiologiques connues.

Prise isolément à la dose de 10 centigrammes, la caféine produit d abord un léger assoupissement, suivi d'une stimulation circulatoire favorajle à l'exercice des fonctions animales, et particulièrement au travail intellectuel. Selon Lehmann, des doses plus fortes, de 30 à 50 centigrammes par exemple causent une violente excitation des systèmes nerveux et vasculaire des palpitations cardiaques, avec fréquence, irrégularité, intermittence du pouls oppression, douleur de tête, trouble des sens, bruissement d oreilles, sein Eions devant les yeux, priapisme et déhre. A l'intensité près, ces phénomènes représentent les effets du Café cru. Mais il fautle reconnaître, bien des divergences d'opinion se rencontrent

Ir^^nrp' dans l'histoire pharmacodynamique de la caféine. Si, en reaiiie, InoL venonsde l'indiquer, elleslimule, àhautedose.trèsviolemment

LTy'^e neveux e^ va jusqu'à déterminer des convulsions tétaniques chez

les animaux, ce qui démontre qu'elle accroît l'excitabilité motrice de la moelle; si ses principaux effets sur l'appareil circulatoire, sur la respiration, la température, sont classés comme stimulants d'abord, sédatifs ensuite et démontrent son action sur le bulbe; si enfin, nous savons d'une façon certaine qu'elle excite directement la fibre musculaire, facilite la diurèse, nous ignorons par contre ou nous discutons encore d'une part sur son action cérébrale directe et de l'autre sur les modifications qu'elle peut apporter à la nutrition, les unsla rangeant parmi les agents d'épargne ralentissant les échanges nutritifs, les autres assurant qu'elle excite ces échanges et accroii l'excrétion de l'urée, loin de la diminuer, etc.

Quand l'effet stimulant de la caféine a atteint son summum avec les fortes doses, on voit survenir des phénomènes paralytiques : paralysie des nerfs sensitifs, paralysie médullaire, et la mort arrive dans le collapsus, le cœur arrêté en diastole.

Le Café torréfié possède une puissance stimulante remarquable qu'il doit aux principes aromatiques développés par la chaleur, surtout à la caféone (Marchand, Méplain), laquelle posséderait en outre (Rabuteau) le pouvoir toxique d'un grand nombre d'huiles essentielles vis-à-vis des organismes inférieurs. Il ne renferme que très peu de caféine.

La caféine se détruit ou s'altère en partie dans la circulation. Liebig pense qu'elle contribue à la formation de la taurine, l'un des éléments de la bile. D'après les expériences de Lehmann, confirmées par celles de plusieurs autres observateurs, la caféine augmente effectivement la sécrétion de la bile et celle de l'urine avec lesquelles elle s'élimine de l'organisme.

Le Café noir, à doses relativement faibles, occasionne du côté du système cardio-vasculaire des phénomènes d'excitation remarquables et détermine avec une exaltation considérable des fonctions intellectuelles une insomnie redoutée par beaucoup de personnes, et recherchée par ceux pour qui le travail de l'esprit doit se prolonger au delà des limites ordinaires. Ces remarques enlèvent nécessairement une partie de son intérêt pratique à l'emploi séparé du principe actif, ou plutôt de l'un des principes actifs du Café, puisque la caféine ne représente qu'incomplètement les effets du médicament tout entier.

Substances synergiques, auxiliaires. - Le thé et la théine, le cacao et la théobromine, le gmrana et la guaranine, les noix de cola {Cola acuminata) et leur principe, identiques ou presque identiques de composition et d'effets, sont vraisemblablement synergiques du Café et de son alcaloïde. J'en rapprocherai la coca et quelques autres substances. Ses auxiliaires sont certams stimulants diffusibles. Mais, à d'autres égards, le Café trouve des auxiliaires dans les astringents, les amers, le quinquina et la quinine. Les graines d uneRubiacée, le Galium Aparine, ont servi en guise de Café pendant le blocus continental, et Frosini Merlella propose comme succé. dané les noyaux de dattes torréfiés; d'autres citent le café nègre, c'est-àdire la grame torréfiée du Cassia occidentalis (Légumineuses).

Substances antagonistes, incompatibles. — Antidotes. — L'opium et les narcotiques hyperémiants ; à d'autres égards, les acidulés, les émétocathartiques, les délayants, les réfrigérants, sont antagonistes du Café, et ne doivent pas être administrés concurremment. L'alcool, l'opium et les sels de morphine, etc., sont les antidotes du café, et réciproquement.

Usages. — Le Café ou la caféine, et les combinaisons de cette base avec les acides, sont usités depuis longtemps dans la céphalalgie, la migraine (Formey, Rudolphi), la torpeur intellectuelle et nerveuse, la mélancolie et l'hypochondrie ; dans les fièvres continues, adynamiques, les fièvres intermittentes (Grindel, Rasori, Delioux, etc.) ; dans l'asthme essentiel (Musgrave, Pringle , Floyer, Laennec) ; comme emménagogue en Egypte, d'après Prosper Alpin ; comme anlidiarrhéique (Lanzoni). Plus récemment, on a vanté les bons effets du Café à haute dose pour la réduction des hernies. Il agirait alors en diminuant le calibre des vaisseaux (Lamare- Picquot), en favorisant la liquéfaction des matières incluses par l'accroissement de la sécrétion intestinale, ou en excitant la contractihté de l'intestin hernié (Cellarier).

Mais la caféine a reçu dans ces dernières années d'importantes applications, principalement dans certaines maladies cardiaques, où elle a été vantée comme un véritable succédané de la digitale, parfois même supérieure à ce médicament. On utilise ici ses vertus sédatives sur la circulation, toniques sur le cœur, dont elle fortifie l'action, et ses effets diurétiques. . . , • ■,)

Huchard Lépine, Shapter, la recommandent avec msistance comme d un emploi sûr'et inoffensif dans les cas d'asthénie du cœur ou d'asystohe Elle rend enQn de grands services contre les hydropisies (Gubler, Ernest Labbée), et dans les empoisonnements par les poisons narcotiques, iopium, la morphine, l'aconit, etc. ; contre le strychninisme, etc.

Desprès fait encore grand cas de l'infusion de Café pour arrêter les mé-

Et l'on dit que ce breuvage est anaphrodisiaque (Leplee, Marchand), observation qui remonte aux premiers temps de son usage alimentaire. On sait déplus que l'infusion de Café vert est un remède populaire dans la goutte et la coqueluche. Dans celte dernière maladie, j'ai vu souvent d utiles effets du valérianate de caféine (Labbée). Les médecins enfin, qui voient dans le Café un agent d'épargne, le recommandent comme tonique nronre à enrayer la dénutrition dans les affections asthéniques.

Et Binz en fait un fébrigène propre à élever la température. L infusion de Café noir sert à masquer la saveur de plusieurs «médicaments amers ou nauséeux : de l'huile de ricin, du sulfate de Iqumme. Dans ce dernier cas il se fait un trouble qui indique la formation du tannate de qumine, sel auque on pourrait en conséquence s'adresser d'abord. En effet, le tannat r r/nine est loin d'être inerte : il possède seulement, par rapport au

i?.t de au nin une activité très inférieure, d'abord parce que le même ;:rde Unnate:;nferme moins d'alcaloïde, ensuite parce que ce sel est

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