CASSE DU BRÉSIL
Composition. — Le Crolon d'É lent hère, l'une des Antilles, fournil une écorce médicinale d'une odeur agréable, d'un goût piquant et chaud, dans laquelle la chimie démontre deux huiles volatiles, une résine amère, de la gomme et une substance amère, de l'oxyde de cuivre (Meissner), et une matière voisine des alcaloïdes végétaux : la cascarilline de Duval.
Action puysiologique. — La CascariUe est un amer aromatique, c'est-àdire un tonique stimulant exempt d'astringence. Mêlée avec le tabac à fumer, elle passe pour causer des étourdissements et de l'intoxication. A haute dose, elle est nauséeuse et vomitive.
Usages. — Cette écorce rend des services dans les affections asthéniques du tube digestif et de l'organisme tout entier. Elle convient dans les diarrhées chroniques, le catarrhe pulmonaire, la fièvre hectique, les hémorrhagies passives. On l'a donnée comme galactogène, anthelminthique et antipériodique. Elle s'est montrée utile, en effet, contre les fièvres intermittentes, sans avoir l'efficacité du quinquina, dont elle augmenterait la puissance
(Alibert). ' . . ^
La poudre de CascariUe se donne à la dose de 60 centigr. à 2 grammes. On en prépare extemporanément une infusion; les préparations ofacinales sont le vin, le sirop et la teinture alcoolique. - - CASSE OFFICINALE, Cassia fistula, L. — LéGUMINEUses-Cassiées. Angl • Puddmg pipe tree or purging Cassia. — AU. : Kassie. Le Cassier, ou Cané/îcier, originaire de l'Élhiopie, donne d'énormes gousses cylindriques, connues sous le nom de Casse en bâtons, lesquelles renferment entre leurs fausses cloisons une pulpe noire, sucrée, fade, un peu nauséeuse, quoique assez agréable, dont voici la composition d'après Vauquelin et Henry : sucre, gomme, matière analogue au tannin, gluten, matière colorante soluble dans l'éther.
ACTION PHYSIOLOGIQUE. - Sclon la dose, la pulpe de Casse est un laxatif doux ou un vrai purgatif. La manne semblerait, au dire de VaUisnien, en exalter la puissance c.thartique; mais les effets plus marqués sont en raison composée des deux purgatifs. Au contraire, selon Malouin, elle diminuerait la force de l'émétique.
La Casse est un laxatif excellent dans les affectiôns inflammatoires et fébriles spécialement dans les fièvres rémittentes bUieuses des pays chauds et dans la ffèvre gastrique de ces climats. Son goût agréable la rend précieuse dans la médecine des enfants.
Modes d'administration et doses. — Cette pulpe se donne ;\ la dose de 30 à 60 grammes pour purger un adulte. A un jeune enfant on en donne
dix fois moins. ■ i, a
La Casse préparée, c'est-à-dire purifiée, se prescrit à doses moins élevées.
hu corifecdon de Casse se donne à la dose de 8 à 30 grammes. La Casse associée à l'huile d'amandes douces constitue la Marmelade de
Irunchin.
CASSE DU BRÉSIL, Cassia grandis, L. F.
CASTOREUM. li
La gousse de ce Cassia est beaucoup plus grande encore que la précédente. Elle possède les mômes propriétés, peut-être légèrement atténuées (Martins), et son histoire est identique.
CASSE (PETITE). Cassia moschaia, H.B.K.
Les gousses de ce grand arbre de la Nouvelle-Grenade ont des dimensions plus petites que les précédentes. Leur pulpe, qui aune saveur douceâtre un peu astringente et dégage une odeur de bois de santal, possède des propriétés laxatives.
CASSIS, Ribes nigmm^h. — Saxifragacées-Grossulariacées. Angl. : Cassis, Gazel. — AH. : Aalbee7-slrauck.
Les feuilles du Groseillier noir ont une odeur aromatique, assez agréable, et passent pour astringentes, stomachiques, diurétiques, diapborétiques. C'est pourquoi on les a proposées dans les débilités, la dyspepsie, les inflammations légères de la gorge, les hydropisies et la diarrhée.
Il faut surtout compter sur la macération des sommités fraîches comme boisson rafraîchissante (Gazin).
Le suc de baies (les Black currants des Anglais) sert à fabriquer une liqueur de ménage bien connue, le cassis, utile contre les digestions laborieuses. On fait également avec les fleurs une autre liqueur douée des mêmes vertus. Il faut rapporter sans doute à l'huile essentielle des baies et des fleurs leurs qualités stimulantes et stomachiques.
CASTOREUM. Produit sécrété par le Castor Fiber, h. — Mammifères- Rongeurs.
Angl. : Castoréum. — Ail. : Bibergeil.
De même que le musc et la civette oul'hyraceum, le Castoréum est fourni par deux poches qui accompagnent les organes génitaux du Castor (angl Beaver; ail., Biber ; c'est l'ancien mot français Bièvre) '
Composition. - Les Castoréums de Canada et de Russie, diff-érents à quelques égards principalement sous le rapport de la proportion de résine et d huile volatile beaucoup plus forte dans le dernier, renferment cependant tous deux une huile volatile, de la résine, de la castorùie, des matières
fpZrTlT:^ osmazôme, du carbonate de chaux, de l'acide phénique (Pereira), et d autres substances.
Vhuile volaiile a l'odeur du Castoréum et un goût amer âcre La casto nue est une substance grasse crisl«llinp . , ' t ^
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72 PETITE CENTAUHÉE.
Substances synergiques. - Civette, hyraceum, musc, ambre, substances végétales à odeur de musc, plantes aromatiques-fétides, valériane, Asa-fœtida 6tc etc.
Usages' - Le Castoréum était en grande réputation comme antispasmodique, pour modérer les troubles nerveux qu'on supposait liés à un désordre utérin. Il est un peu délaissé maintenant, à cause de son insuffisance
et de son prix élevé.
Modes d'administration et doses. - Cette substance se donne en pilules ou bols, à la dose de 50 centigr. à 1 gramme, répétée, s il y a lieu, plusieurs fois par jour.
La Teititure de Casloréum se donne à la dose de 4 à 12 grammes. Il en est de même de la Teinture de Castoréum ammoniacale qui est plus active.
CÉDRON, Simaba Cedron, Planchon. — Rutacées-Simaroubées. Plusieurs espèces du genre, les Simaba ferruginea, S. Colwnbo et S. hu- milis ont été signalées comme utiles dans les dyspepsies et les fièvres. Bécemment le Simaba Cedron a été introduit dans la pratique par Hoolher et Rayer. Les expériences de ce dernier observateur démontrent l'efficacité des semences (cotylédons) de Cédron comme tonique et antipériodique à la dose de 50 centigr. à 1 gramme par jour. En quantité plus forte, elles donnent des nausées et dérangent le corps. On ne saurait d'ailleurs, accepter cette légende des Indiens que l'amande du Cédron peut guérir la morsure des serpents ou même la rage. C'est tout simplement un lebrifuge d'une action positive, quoique inconstante, dans le traitement des fièvres intermittentes ordinaires. , „ . „
Son principe actif, la cédrine, produit non cristallisé, fluide et fluorescent, découvert par Le^s'y, est toxique pour les lapins et sans efl^ets sur les grenouilles (Respetro et Beaumetz).
11 est doué de vertus fébrifuges certaines, à la dose de quelques milligrammes seulement.
On confond souvent, avec la semence du Simaba, celle que produit un autre grand arbre de la Colombie également, le Simaba Waldivia (Siniarubées), qui ne s'en rapproche ni par ses effets, ni par sa composition. On y trouve un principe d'une amertume excessive, la waldimie (de Tanret), qui cristallise, beaucoup plus toxique que la cédrine, provoquant des vomissements violents, de la torpeur et un état convulsif précédant la mort. Elle n'agit nullement contre la fièvre intermittente chez l'homme, mais en revanche possède cette curieuse propriété de faire cesser les accès rabiques des chiens, sans empêcher pour cela leur mort, plus douce en réalité sous son action.
CENTAURÉE (PETITE), Eri/l/irœa Ccnlaurium, Pers. — Genïianées. Angl • LesserCer,laur>j.—A[\.: Tausendgiildenh-aiU, FieberkrauL
petite Centaurée, qui émaiUe les pelouses des bois, est l'un de nos meilleurs amers. Sa saveur très austère est exemple d'astringence, ce qm
CÉVADILLE. T3
dénote l'absence du lannin. Aussi les sommités fleuries de la plante ontelles des propriétés toniques très franches sans avoir l'inconvénient d'amener la constipation. Méhu a retiré des sommités une substance cristallisable, rougissant à l'air, à laquelle il a donné le nom à'érylhrocentaurine ; une matière résineuse, la centauri-rétine, et un principe amer.
La petite Centaurée est usitée vulgairement comme stomachique, fortifiante, antigoutteuse et môme vermifuge. C'est le fébrifuge indigène le plus en vogue après la grande gentiane. Cazin a traité par les cataplasmes de centaurée les ulcères atoniques, scrofuleux et scorbutiques, avec beaucoup de succès. Ses sommités fleuries se prennent en décoction à la dose de la à 30 grammes dans 300 grammes d'eau, ^'extrait se prescrit à la dose de 2 à 4 grammes. Elle entre dans le Baume vulnéraire, VEsprit carminaûf de Sylvius, la Théi'iaque, etc.
CERISE et QUEUE DE CERISE. — Fruit et pédoncule du Cerisier cultivé. Prunus {Cerasus) caproniana, D. C. — Rosacées-Prunkes. Angl. : Cherry. — Ail. : Kirsche.
Le délicieux fruit du griottier, d'une digestion si facile, est tempérant, rafraîchissant et diurétique, à l'état frais.
Son suc exprimé dans l'eau forme une boisson rafraîchissante pour les fébricitants, de même que son sirop étendu d'eau. Les cerises sont un peu laxatives et quoique acidulés peuvent rendre l'urine alcaline.
Leur pédoncule desséché, la queue de cerise, légèrement astringent par son tannin, leurs pruneaux sont diurétiques et servent à préparer des tisanes utiles aux sujets dont l'urine est rare et sédimenteuse et peut-être aux hydrupiques, sûrement aux goutteux.
CÉTINE. — Voy. Blanc de Baleine.
CEVADILLE, Verati 'um officinale, Schlecht. — Colcuicacées.
Angl. : Spike floivered, Asagrxa, Jndian caustic Barbey . — Ail. : Lausekraut , Mexikanischer Lausesamen.
La Cévadille croît dans les Andes mexicaines, au voisinage deVera-Cruz.
Composition. — L'analyse de ses semences par Pelletier et Caventou a donné : matière grasse composée d'oléine, stéarine qI acide cévadique ; cire, supergallate de véralrine, matière colorante jaune, plus les éléments ordinaires des tissus végétaux et des cendres. On y a signalé aussi deux autres alcaloïdes : la sabadilline (Couerbe), et la sabalrine (Weigelin). L'«cide céuadique ou sabadillique esl un acide gras, cristallin, fusible et volatil, d'une odeur d'acide butyrique.
La Véralrine est un alcaloïde végétal (voy. Vkratrine).
Action puysiologioug. - De môme que ses congénères, les Vera(nau album et vmde, le V. officinale esl un poison acre et irritant. Introduit par la bouche, il occasionne une sensation de brûlure douloureuse qui se propage du gosier jusqu'à l'estomac, provoque la nausée, le vomissement, la