CHANVRE
purgation, puis les convulsions, le délire et même la mort. Appliquée sur la peau, la Gévadille détermine un picotement pénible. Sur la région précordiale, elle ramène la force des contractions cardiaques. Après un usage interne de quelques jours, elle occasionne une sensation de chaleur et de fourmillement vers la périphérie cutanée et parfois une éruption. La violence de ce poison est telle, qu'onl'avu, en applications externes, produire l'aliénation mentale et la mort.
Usages. — A part les cas d'affections vermineuses dans lesquelles la Gévadille est recommandée, on ne l'emploie guère à l'intérieur. A l'extérieur, on l'applique, non sans danger, sur le cuir chevelu, pour tuer les poux. C'est un moyen auquel il faut renoncer.
Sa teinture sert à produire la rubéfaction sur les jointures atteintes de rhumatismes chroniques, ou sur la région du cœur, dans les cas de palpitations nerveuses. Mais la Gévadille sert principalement à ohlemv la. vératri ne.
Modes d'administration et doses. — On emploie la poudre contre les poux sous le nom de Poudre de capucin ; la teinture en frictions sur la peau ; l'extrait à l'intérieur en pilules, à la dose de 1 centigramme répétée plusieurs fois dans les vingt-quatre heures.
CIIAM^DRYS. — Voy. Germandeée.
CHAM^PITYS. — Voy Ivette.
CHANVRE, Cannabis sativa, L. — Gannabinées. Angl. : Hemp. — Ail, : Hanfkraut.
Composition. — Personne a trouvé dans notre chanvre deux huiles essentielles, et il y a bien longtemps que ï. et H. Smith y ont découvert une matière résineuse, la cannabine ou liaschichine, principe doué de propriétés puissantes.
Les huiles essentielles sont le cannabène et Yhydrure de cannabène.
Action physiologique. — On sait que les émanations du Chanvre sont parfois délétères et produisent des phénomènes d'ivresse et de malaise, du vertige et de la stupeur cérébrale chez ceux qui les ont respirées quelque temps. On suppose que le cannabène peut être responsable de ces accidents. En tout cas Personne le considère comme le principe actif du Chanvre, et lui attribue des qualités stimulantes et narcotiques.
Vinfusion de feuilles est nauséeuse, indigeste et propre à donner mal à la tête. Elle est diurétique et détermine une poussée de sueur fétide (Giliberl).
Les graines de Chanure ou Chenevis ont des propriétés adoucissantes, tempérantes pour les muqueuses enflammées ; elles renferment une huile qu'on a rapprochée des huiles d'amandes douces et de foie de morue (Bouchardat).
La camiobine paraît douée de propriétés enivrantes que nous retrouverons dans le haschisch, et produit généralement un délire gai, de la somnolence ou du sommeil. Elle est en somme stimulante et stupéfiante suivant les doses.
CHÊNE. 7o
Usages. — Les feuilles de Chanvre seraient utiles (Gilibert) contre les dartres et le rhumatisme chronique. Les semences adouciraient l'irritation douloureuse de la blennorrhagie et du catarrhe vésical, prises enémulsion.
Leur huile (Coutinot) rendrait en onction d'utiles services contre l'engorgement laiteux et la galaclorrhée. Feuilles et graines entrent dans la composition de cataplasmes résolutifs.
Les préparations de chanvre ont encore été proposées comme hypnotiques dans les affections fébriles et inflammatoires, au même titre que l'opium qu'elles remplaceraient avec avantage (Fronmiillerj, comme antispasmodiques et même calmantes des états névralgiques.
Mode d'administration et doses. — Les feuilles s'emploient à la dose de 30 grammes en infusion ; les semences à la même dose, en émulsion. On fait encore un extrait qu'on administre en pilules de 0,10 à 0,20 ; une teinture, préparée avec l'extrait (à 4 p. 30 d'alcool (Bouchut), ou avec la cannabine, au dixième, qu'on prescrit par 5 ou 20 gouttes.
CHARDON BÉNIT, Cnicus benedictus, Gsertn. ; Centaurea ùenedicta, L. — Composées ou Synanthérées-Carduacées.
Angl. : Blessed Thistle. — Ali. : Kardobenedicten, Spinnendistel.
Cette espèce, du midi de la France et de l'Europe, doit son épithète aux résultats merveilleux qu'on lui attribuait contre la migraine et autres maladies. Elle renferme, d'après Morin,une matière grasse verte, de l'huile volatile, un principe amer, cristallisé (le cnicm) et des sels.
C'est une plante inodore, mais d'une amertume prononcée, ce qui la fait considérer comme stomachique, fébrifuge, sudorifique et conséquemment alexipharmaque et alexitère. Elle est encore prescrite comme vermifuge, béchique, et on en a fait un détersif utile pour modilier les ulcères de mauvaise nature. Ses sommités fleuries se donnent à la dose de 15 grammes en infusion dans 500 grammes d'eau. Le cnicin est émétique à la dose de 0,20 à 0,30 centigrammes et posséderait les mêmes propriétés que la salicine contre les fièvres intermittentes (Bouchardat).
CHARDON ROLAND. — Voy. Panicaut.
CHÊNE (écorce de), Quercus sessiliflora, Sm. Chêne rouvre; Chêne pédoncule Quercuspedunculata, Ehr., deux variétés du Quercus robur, L. ; et du Chêne vert, //ea;, L. - Amentacées-Cupulifèbes.
Angl. : Common Oak. — Ail. : Eiche.
Composition. - L'écorce de' Chênè, selon Braconnot, contient : acvle
r^Tn r"'''.'''^'"'' P«^^«««-' -cide galli,ue, sucre
in ristalhsable pectine et ligneux. Gerber y signale la gu rcin , matière crislallme analogue à la salicine.
cytlTlT^'^'T- ~ ^^'^ ''^ à celle de tous les végétaux
une dt. î ^^'^"'^'^ ^'''^ ™ais plus énergique
que dans la plupart d'entre eux.
76 ÉIIICORÉE SAUVAGE.
Usages. — L'écorce de Chêne est réservée surtout pour l'usage externe ; le tannin (Voy. ce mot) pour l'usage interne. On la donnait autrefois contre les fièvres intermittentes, associée fi la poudre de camomille et de gentiane (quinquina français) ; contre les métrorrhagies et divers flux et encore comme vermifuge, La poudre, succédané de celle de quinquina, sert à saupoudrer les plaies gangréneuses, fétides ou de mauvais caractère, les régions de peau qui s'ulcèrent dans le cours des fièvres graves. La décoction s'emploie dans les mêmes conditions ; elle s'administre aussi en gargan's?/ze dans l'angine chronique avec relâchement delà luette, en injection dans la leucorrhée, en lotion sur les parties relâchées ou herniées. On en donne aussi des bains aux jeunes enfants affaiblis ou affectés de fièvre intermittente. Exceptionnellement, l'eeorce de Chêne ou son extrait seront administrés parla bouche contre la fièvre intermittente,
La médecine emploie aussi les glands du Chêne yeuse {Quercus Ilex) et même ceux du Chône rouvre. Les uns et les autres contiennent une forte proportion de tannin. Torréfiés, pulvérisés et infusés dans l'eau, ils donnent une liqueur tonique, analogue au café, qui convient aux estomacs paresseux, aux sujets faibles et irritables. On donne le café de gla^ids aux enfants délicats et maladifs.
CHÈVREFEUILLE, Lonicera caprifolium, L. — Caprifoliacées.
Angl. : Honey-suckle, Woodbine. — Ail. : Haknenfusslein.
Le Chèvrefeuille des jardins, spontané dans le raidi de l'Europe, est cultivé pour l'odeur délicieuse de ses fleurs, dontles parfumeurs composent des essences. Les pharmaciens en font un sirop estimé cordial et béchique, qu'on peut associer à l'infusion de fleurs préparée avec 4-8 grammes par litre d'eau. On s'en sert aussi en gargarisme dans l'angine inflammatoire simple.
CHICORÉE SAUVAGE, Cichorium Intybus, L. — Composées ou Synantqk-
EÉES-CniCORACÉES.
Angl. : Wild Succory or Chicory. — AU. : Wegwartumrzel.
Composition, — Parmi les principes constituants de la Chicorée (racine), nous citerons un extractif amer, de la résine, du sucre, de l'inuline, et comme substance dérivée accidentellement, la gomme sacchocichorine de Lacarterie.
La Chicorée amère doit â son amertume franche et bien prononcée la réputation dont elle jouit parmi nous contre les langueurs d'estomac, les altérations du sang et les maladies de peau. On emploie la décoction des racines à la dose de 30 à 60 grammes ; des feuilles à dose plus forte, dans 750 "-rammes d'eau. On prend aussi le suc de la plante associé à celui d'autres espèces dépuratives. Les fleurs de Chicorée sont réputées cordiales ; les semences passent pour antiphlogistiques. Eu outre, Vextrait est usité comme stomachique et fondant. La racine entre dans le Catliolicon et les Pilules angéliques. Enfin, depuis le blocus continental, la racine de Chicorée