CIGUË OFFICINALE OU GRANDE CIGUË
alcaloïde). Sa formule, G'^H^^Az, montre qu'elle est bien près des hydrures de carbone. V acide conéique lui est associé à l'état de conéate de conicine. L'huile volatile, le conylène, est la substance à laquelle la plante doit son odeur spéciale.
Kékulé et Von Planta envisagent la conicine comme un mélange, en diverses proportions, de deux bases ternaires : la Conicine C'H'" Az, et la méthyl-conine CH'"' Az. A leur tour Crum-Brown et Fraser, faisant de la conine l'alcaloïde véritable de la Ciguë et voulant la distinguer des produits complexes, désignés sous les noms de cicutine ou de conicine, l'appellent conine normale. Cette distinction est en efl'et nécessaire à l'intelligence des faits expérimentaux; avec elle nous pouvons nous rendre compte des différences observées dans l'intensité et la qualité des phénomènes physiologiques à la suite de l'administration des différentes espèces de conicine du commerce, et qui sont en rapport, d'une part avec les manières d'agir particulières de chaque principe et d'autre part avec les variations de leurs proportions relatives (Voy. Cicutine).
Action physiologique . — La plante répand, surtout lorsqu'elle est froissée, une odeur fétide spéciale, comparée à celle de l'urine de chat, et qui peut causer à la longue une sorte de narcotisme.
Ingérée dans l'estomac à dose élevée ou toxique, elle produit l'ensemble des symptômes que nous décrirons dans l'article consacré à son alcaloïde (Voy. Cicutine) et qui en font un poison stupéfiant.
L'usage longtemps continué de la Ciguë amène la sécheresse de la gorge, de la céphalalgie, des coliques, du tremblement général, et parfois une éruption cutanée. Les anciens croyaient que cette plante pouvait tarir le lait, s'opposer chez les filles au développement du sein, et chez les garçons atrophier les testicules. Cette opinion n'est pas confirmée par l'observation rigoureuse des faits, bien que dans un temps peu éloigné de nous, on ait signalé la diminution de volume des mamelles. Une propriété mieux démontrée de cette Ombellifère est celle d'accroître assez souvent la sécrétion urinaire. Slôrck affirme que pendant son usage, les urines déposent un sédiment épais, glaireux, deviennent mordicantes, et exhalent une odeur nauséabonde : ce qui donnerait à penser que la Ciguë favorise le mouvement de dénutrition ou détermine du catarrhe des glandes uropoiétiques.
Usages. — Les usages de la Ciguë officinale se rapportent à deux chefs principaux; tantôt on recherche ses propriétés fondantes, résolutives; tantôt on utilise sa puissance calmante, stupéfiante. Comme fondant ou altérant, la Ciguë a été conseillée contre le cancer, les engorgements strumeux des ganglions, les obstructions viscérales, les hypertrophies {mégalies, Piorry) du foie, de la rate, du pancréas, du corps thyroïde, les tumeurs mammaires ; contre les maladies de la peau, les affections syphilitiques, les hydropisics articulaires.
A titre de calmant, de stupéfiant cérébro-spinal, la grande Ciguë s'emploie dans la coqueluche, la phtisie, la toux spasmodique, la chorée, la