CYNOGLOSSE
tion par la muqueuse rectale est peu certaine; restent, en conséquence, les voies périphériques.
C'est aux injections hypodermiques, avec la seringue de Pravaz ou de Lûer, qu'on a recours ordinairement. Il est prudent de n'injecter à la fois qu'un miliigramme de Curare, en dissolution dans l'eau distillée. L'opération peut être répétée plusieurs fois dans la journée, ou même d'heure en heure.
CURCUMA LONG ET ROND, Curcuma Hnctoria, Guib. — Amomacées ou
ZlNGIBÉRAClîES.
Angl. : Longrooted Turmeric. — AU. : Kurkuma, Gelbwurzel.
Composition. — Les racines de cette Amomacée de l'Inde renferment, d'après Vogel et Pelletier, une matière colorante particulière {Curcumine), une huile odorante, très âcre, et d'autres principes inertes.
La Curcumine, d'un beau jaune lorsqu'elle est dissoute et étendue, se colore en rouge par les alcalis, et sert à les reconnaître. Cependant l'acide borique lui fait subir le même changement de coloration. Elle paraît insipide d'abord, âcre et poivrée ensuite. Ses cristaux ont une odeur franche de vanille.
ACTION PHYSIOLOGIQUE ET USAGES. — Hs sont aualogues à ceux des Amomum. Le Curcuma est nn excitant des voies digestives et un stimulant diffusible très énergique. On s'en sert comme condiment, et il entre à ce titre dans le fameux Curry indien; comme stomachique pour arrêter les diarrhées aqueuses. On lui accorde également des propriétés diurétiques et lithonlriptiques, parce que sa matière colorante, éliminée par les rems, communique aux urines une teinte jaune foncée. On se sert, en pharmacie, de cette substance comme matière colorante.
La dose de Curcuma, en poudre, est de 2 à 4 grammes par jour; elle est double quand on n'en prend que l'infusion ou la décoction.
CYNOGLOSSE, Cijnoglossum officinale, L. — BonKAGiNiÏES. Angl. : Il ound'i- longue. — Ail. : Bundszunge.
Composition. - La racine de Cynoglosse renferme, d'après Cened.lla, un principe odorant, vireux, une matière colorante, grasse, une résine du tannin, des substances organiques inertes, et des sels. On y a signalé un principe particulier, la Cynoglossine, doué de propriétés analogues à celles du Curare.
Action i-dysiologique et usages. - C'est à la substance odorante qu on attribue les propriétés problématiques de la racine de Cynoglosse, ou plus spécialement de son écorce. Mais aucune expérience ne démontre rigoureusement les vertus anodines de la plante. Si l'existence réelle de la Cyno- «rlossine était démontrée, on s'expliquerait les propriétés toxiques attribuées anciennement à la plante fraîche, lesquelles font certainement défaut dans la racine desséchée, que l'on considère justement comme inerte.
DAUCUS DE CUÈTE. H 3
Les prétendues Pilules de Ci/noglosse ont, en réalité, pour base l'extrait d'opium dont elles renferment exactement le dixième de leur poids dans la formule du Codex (1884), où elles portent le nom de pilules de Cynoglosse opiacées. Notons qu'elles contiennent la même proportion de semences de jusquiame. Elles sont employées aux mêmes usages que les autres préparations opiacées, et leur nom sert à tromper les personnes qui, par préjugé ou autrement, répugnent à l'emploi de ces dernières préparations.
CYNORRHODON, ROSIER SAUVAGE, ÉGLANTIER SAUVAGE, Rasa canina, L. — Rosacées-Rosées.
Angl. : Bip or Hep. — AU. : Hagebutte.
Composition. — Le fruit du Ro.sier, ou Cynorrhodon, contient, d'après Bilz, une huile volatile et une huile grasse, du tannin, du sucre incrislallisable, delà myricine, deux résines, des acides cilrique etmalique, etc.
Action physiologique et usages. — Les Cynorrhodons possèdent une odeur faible, une saveur acide, légèrement astringente et à peine sucrée. Ces propriétés organolepLiques font deviner leurs vertus médicinales. En effet, ces fruits sont tempérants et un peu resserrants. On en fait une conserve utile contre certaines diarrhées et l'affaiblissement intestinal, et qui se mange sur les tables en Allemagne.
Le duvet des Cynorrhodons, analogue au poil à gratter du Dolichos pruriens, a été employé avec succès incorporé à du miel, comme vermicide (Cazin).
DATTE. Fruit du Phœnix daclylifera. L. — Palmiers, Angl. : Date. — Ail. : Dattel.
Le Daliier, commun dans tout l'Orient, l'Algérie, cultivé dans les deux pénmsules méridionales de l'Europe et jusqu'en Provence, fournit des drupes savoureuses, chargées de sucre de Canne, d'une matière gommeuse d albumme, etc., qui servent à l'alimentation et à la médecine
Les Dattes sont classées parmi les fruits pectoraux et considérées comme émollienles, adoucissantes et bonnes contre les maux de gorge, les rhumes les inflammations des voies urinaires. luumes,
phœni^!! ''"'^ ^"^''^"^ ^'-^"^ VÉlectuatre dia-
DATURA. - Voy. Stramoine.
l.nIT'"''" '''' Aikarnantka cretensis. - OMnELLU.-,-.ucs^SÉsÉ^
Angl. : Candy Carrot. - Ali. : Cretiscker Morhcn Kûnvnel.
i.es semences du Daucm de Candie sont chaudes et slimulantes, comme
Ot-DLEH Ot LaDDÉE, 30 6ditio„
X L 1 TTiioc crnt au nombre des Six semences
moise, etc.
DIGITALE, Z)i^i<a/is ;.«rp«rea, L. - ScROFUL..mACÉES.
décomposiUon, etc. (.novenne généralement usitée parmi nous,
La Digilaline de Homolle et ^"'^J^""^; ^^^^^^^^ ,oluble dans l'eau,
est en poudre blanche, à peu P^,^^;"//'; f.f^^ ^Xble dans l'alcool, même bouillante, ainsi que dans l éth ""'"''^^^^^^^^ Vacide sulFurique
teinte verl-pré. înnr^nrp très amère, qui excite de
La Digitaline est, dis-je, une poud e nodore t ès an . q
Violents éternûments. Ingérée dans l^stom c ^ J^J^ f^^j^^ .^cagrammes, elle ralentit le pouls et augmente a «^^^^^^^^^^^^ sionne aussi des effets purgatifs, P^^^^^^^^"^^,^";^;^" l'article offre la Digitale en nature. (Voir pour de plus amples
Digitaline.) rnnniipuse ou sur le derme
ACTION PHYSIOLOGIQUE. - Appliquée sur une ^"q"!; " .^uit de
dénudé, la poudre de feuilles de ^^^^ 1,'^° ^^^^^^^^^ etl'ulcé-
la cuisson, une irritation vive pouvant ^l^^^f^'^";;/^^^^^^^^^^ à un phénoation (Orfila). Cette désorganisation ne doit i^as êt^^^^ mène chimique, à une combinaison des '"^'P ^ J i^^ipes sur
les nerfs de ^^^^ "^^f^^" f ,,ersion fonctionnelles et nutritives, qm comrésulten 1 «^^^ ;;°"^^Va ne pour aboutir au ramollissement, à la gan-
la peau, sans doute d'après des expériences insuffisantes, car certainement la Digitaline est un irritant violent pour les voies respiratoires et le tissu cellulaire.
Ingérée à dose moyenne par l'estomac, la Digitale n'est pas irritante; elle occasionne seulement des nausées et des vomissements.
A dose faible, elle est môme exempte de ces inconvénients, et se borne à produire le ralentissement et la régularité du pouls, en même temps que l'augmentation de la sécrétion urinaire. L'urée augmente selon Brunton, mais les analyses de A. Megevand montrent qu'elle diminue au contraire de 9 à 20 pour 100. Le phénomène varie sans doute avec les doses. Si, du reste, on admet avec Gavazzini que la Digitale augmente la capacité du sang pour l'oxygène, il faudra bien reconnaître qu'elle peut exciter la dénutrition,
A dose excessive, la Digitale donne lieu aux symptômes suivants : nausées, vomissements, salivation, quelquefois lenteur et souvent irrégularité, presque toujours fréquence et faiblesse du pouls en même temps que diminution de la tension artérielle, sueur froide, refroidissement des extrémités, tendance syncopale, céphalalgie gravative, étourdissement, troubles de la vue, perte du sommeil, stupeur ou délire, dilatation de la pupille et convulsions. La mort vient quelquefois terminer la scène.
Les deux principaux effets de ce médicament singulier sont l'accroissement de la diurèse et le ralentissement du pouls, phénomènes connexes, à en juger d'après leur coïncidence fréquente dans les tableaux symptoraatiques des divers agents de la matière médicale, bien que la diurèse puisse être augmentéepardes médicaments qui, tels que les stimulants diffusibles ou les aromatiques, excitent le cœur et la circulation capillaire. Mais le fait capital dans l'histoire physiologique et thérapeutique de la Digitale c'est son action sur le centre circulatoire, longtemps ignorée et mal comprise jusqu à ces derniers temps.
La Digitale ralentit le pouls d'une manière remarquable et le fait tomber t.n ' pulsations par minute, du chiffre de 100 à l^o ou
130 qu 11 atteignait auparavant. On observe quelquefois la réduction du
?ait de r:nr' r «--P'e de 120 à 60 pulsations, par le
fait de 1 atténuation progressive, puis de la suppression totale d'une p^lsalon sur deux en passant par un rythme formé d'une série de paii' de
e:t:hi:.e"eïrtr;tt" '"^t' ^^^^"^^'^^
.amomètre, s'élève beau p^^^^^^^^^ ^^T'''-
quet) La Diaitale nV«f ^ ^ ^^^^""^ contraction du cœur (Bri-
dyœu.,Boun,aua),u.eneti":r,r: ;:r,B: r^'"""^^
Mais tandis nue des dosp<; mn^A„x , ?• 'M^^du;.
1 aoses modérées ralentissent et régularisent les batte-
ments cardiaques en élevant la tension vasculaire, des doses toxiques ramènent, par un autre mécanisme, la précipitation et le désordre dans ces battements. D'où la nécessité de surveiller la Digitale dans chaque cas particulier, d'autant plus que quelques médecins ont cru reconnaître des inconvénients sérieux, même à des doses faibles, mais longtemps répétées : ce qu'ils attribuaient à Vaccumulation d'action de la substance. A la vérité, ces inconvénients n'ont pas été constatés par la majorité des observateurs et, quand ils existent, on est en droit de les attribuer plutôt aux accumulations de doses lorsqu'on fait usage de pilules renfermant la Digitale en nature.
Nous étudierons (V. Digitaline) le mode d'action de la digitale à propos de ses principes actifs ; nous nous bornons à dire ici qu'à dose modérée c'est un stimulant de l'appareil circulatoire et des muscles à fibres lisses; qu'à dose forte ou toxique elle devient paralysante de l'appareil moteur du cœur : ganglions auto-moteurs et myocarde.
Substances synergiques-auxiliaires. — La Digitale est jusqu'ici le seul poison de son genre, la Caféine et quelques autres substances qui augmentent l'énergie de la propulsion cardiaque ont d'ailleurs une action physiologique un peu différente; toutefois le Muguet des bois, Convallana maïalts, paraît être son véritable succédané avec une action moindre et sans effets accumulalifs (Voy. Muguet). On a parlé encore récemment de Y Adonis vernalis (Renonculacées) comme d'un autre excellent succédané (Botkm) A titre de diurétique, elle a des analogues dans le règne organique : SciUe, Asperge sauvage; et dans le règne minéral : nitrate et acétate de potasse, bromure de potassium, etc., sans compter le froid. Par son action nauséante elle se rapproche de l'ipéca et du tartre stibié.
Substances antagonistes, incompatibles. - Antidotes, contre-poisons. - Les antagonistes de la Digitale sont la chaleur, les aromatiques, les alcooliques, l'ammoniaque et les stimulants diffusibles, l'opium et les agents narcotiques congestionnants. Cependant l'opium peut être associe avec utilité à la Digitale lorsqu'on veut obtenir la narcose sans l'hypérémie encépha-
^'pereira pense que le tannin peut lui servir de contre-poison, comme aux alcaloïdes proprement dits. Les antidotes dynamiques sont les antagonistes indiqués ci-dessus, et spécialement les alcooliques et les stimulants diffu-
Usages — A titre de galvanisants des nerfs cardiaques et du système vaso-moteur en général, la Digitale et la Digitaline sont rationnellement indiquées dans tous les cas où l'atonie paralytique de cet appareil nerveux, complexe, constitue le phéuomène morbide fondamental, ou bien 1 un ûes éléments importants de l'affection. De ce genre sont : les palpitations asme^ Jinues idiopathiques des sujets nerveux, l'asystolie des maladies organi- Zs du cœur, les fluxions sanguines viscérales, l'éréthisme fébrile, qui est 1« nhloKOse légère de tout l'organisme, et même les inflammations bcah- 1^ S^^^^^^^ en diminuant le calibre des capillaires, la Digitale sert : rré en e à rép imer les hémorrbagies qui se font par les petits vais-
IJIGITALE. 117
seaux. On l'a conseillée surtout contre les métrorrhagies. Par son action diurétique, la Digitale rend des services dans les hydropisies et dans les conditions pathologiques : albuminurie, goutte, gravelle, où l'on veut favoriser la diurèse et l'élimination de produits excrémentitiels sans accroître la congestion rénale.
Ce médicament a reçu à tort d'autres applications fondées sur une mauvaise interprétation de son activité physiologique. Ainsi, on l'a souvent administré à des sujets menacés d'apoplexie ou atteints d'anévrysmes, sous le prétexte de calmer le cœur et de diminuer par là les chances de rupture de l'aorte, par exemple, ou de déchirure de la substance cérébrale. Nous savons maintenant ce qu'il faut penser de cette prétendue asthénie cardiaque produite par la Digitale. Cette substance est hémostatique parce qu'elle agit sur la contraction des capillaires et quoiqu'elle augmente la force d'impulsion du cœur.
La Digitale doit être employée dans la fièvre surtout quand l'excitation circulatoire se trouve hors de proportion avec les autres phénomènes principaux.
Elle convient à de certaines palpitations nerveuses, par défaut d'innervation cardiaque, et non à celles qui dépendent d'une stimulation excessive et désordonnée du centre circulatoire. Aussi manque- t-elle souvent son effet dans les palpitations purement névropathiques (Trousseau et Pidoux). Elle produit, au contraire, presque toujours ses effets physiologiques dans les affections chroniques-organiques du cœur oîi domine Vamyosthénie cardiaque. Seulement cette action physiologique n'amène pas toujours des conséquences thérapeutiques également favorables. Aussi bien la Digitale a-t-elle dans les maladies du cœur ses indications et contre -indications, assez délicates à établir en pratique si elles paraissent simples en théorie. .l'insisté sur ce point, à savoir qu'il n'est pas nécessaire de tenir compte surtout de la lésion d'orifice, mais plutôt de l'état fonctionnel du cœur; d'un symptôme, mais mieux d'un syndrome.
Donc, malgré l'autorité de Corrigan et de Ringer, on continuera de prescrire ce médicament même dans les lésions aortiques si le muscle cardiaque est affaibli, et toutes les fois que la circulation est languissante, qu'il y a diminution de l'urine, dyspnée, hydropisie, etc. Teissier, de Lyon a donc raison de dire que la Digitale peut être indiquée dans toutes les maladies du cœur.
Elle est inutile ou contre-indiquée quand la compensation est complète, quand il y a augmentation de la tension vasculaire
1' ^" ^''.'i'^ '■f^^'"'"'"''' f^'-t -difficile de préciser le cas, et
1 on est réduit à des essais, à des tâtonnements qui, lorsqu'ils sont prudents, n ofrren aucun mconvénient. L'action diurétique, qu'on dosera rigoureusement (Fernet), est déjà un guide qui peut être sûr
«..t r r P^"' «•'"^'^ce dans la dégénérescence grais-
seuse ou atrophie avec dilatation (anévrysme vrai) du cœur. Conseillée avec instance par un grand nombre de praticiens, contre la
phtisie pulmonaire, la Digitale ne trouve pas, dans cette cruelle maladie, inflammatoire et fébrile, d'indications spéciales à remplir, si ce n'est lorsque les tubercules dominant à gauche, il existe, selon la remarque de BouiU laud, une excitation circulatoire de voisinage. Elle apaise la chaleur et quelquefois le délire dans la fièvre typhoïde (Hirtz). Elle rend des services dans le rhumatisme.
Dans la pneumonie, elle peut diminuer l'hypérémie et la fièvre, et favoriser la circulation au travers du poumon condensé. Dans l'aliénation mentale et l'épilepsie, elle agit aussi comme contre-stimulant.
On l'a prescrite contre la migraine, associée au sulfate de quinine (Debout, Gauchet, etc.); contre l'asthme (Ferriar); mais il y a deux espèces d'asthme au point de vue des conditions fonctionnelles du système nerveux (voy. Oxygène), et nous pensons que la Digitale convient à la névrose que calme le bromure alcalin. Elle est également indiquée (L. Corvisart, Duclos, etc.) dans la spermatorrhée d'un caractère irritatif, où le spasme est symptomatique de l'hypérémie. Brughman l'avait conseillée pour combattre l'éréthisme des organes génitaux. Bérenger-Féraud l'a prescrite contre la blennorrhagie sans résultats notables.
Enfin, la Digitale donne d'excellents résultats dans le delirium tremens; mais elle doit être réservée (Gubler) pour cette période du mal où la congestion des centres nerveux a pris la place de l'état asthénique ou d'abincitalion qui réclamaitl'emploi des stimulants diffusibles et des hypérémiants, tels que les alcooliques et l'opium.
Modes d'administration et doses. - La poudre de femlle de Digitale récente se donne en pilules, ou mieux par prises de 5 à 10 centigrammes répétées deux ou plusieurs fois dans les vingt-quatre heures. On emploie des quantités quadruples et même décuples en infusion. Pour arrêter les métrorrhagies, les praticiens anglais ont poussé les doses jusqu'à 15et30 grammes par jour, exemple à ne jamais suivre. Le sirop se donne aux enfants par cuillerées à café, et par cuillerées à soupe aux adultes. Les extraits aqueux et alcoolique sonl peu usités; la teinture éthérée est presque sans action en raison de l'insolubilité de la Digitaline dans l'élher. 11 n'en est pas de même de la teinture alcoolique, dont on donne de 12 à 36 gouttes le premier jour dans une potion. La dose peut être portée rapidement à 4, 6 et 8 grammes dans le délire alcoolique. Valcoulalure s'emploie aux mêmes doses. Pour l'usage externe, on prescrit la teinture, la décoction et la pommade.
Contrairement à ce que ferait présumer l'insolubilité de la Digitaline dans l'eau, Vin/usum est une bonne préparation, très active, qui doil en parlie ses vertus à la Digitaline rendue soluble par l'intervention d'autres principes immédiats de la plante, mais qui est en même temps nauséante au plus haut degré. Il en résulte que, peu recommandable quand il s'agit seulement d'accroître la puissance du cœur, elle est appelée, au contraire, à rendre de grands services toutes les fois qu'on recherchera l'ensemble des effets de la Digitale dans la médication anliphlogislique appliquée par exemple à la pneumonie ou au rhumatisme articulaire aigu. Alors la Digi-
taie convient d'autant mieux que l'appareil fébrile est plus intense et le sujet plus vigoureux. Hirtz, imité par divers praticiens, PJf ^'^''^^ 1^"^^^;°; jl^^ 1 gramme de feuilles de Digitale dans 100 grammes d eau i\ prendre par
cuillerées toutes les heures. , „ ^„ , ^ „ ^-...c
Hérard préconise beaucoup la macéràtion hïvo\à de 0,25 de poudi-e dans 200 grammes d'eau, comme une de nos meilleures préparations diurétiques.
Par la méthode endermique, on a essayé d'utiliser la poudre de digitaline et même celle de feuille de digitale; mais on pourrait se servir également de la décoction, ou mieux de l'infusion et del'alcoolature, ou delà teinture alcoolique étendues d'eau, qui auraient l'avantage de produire moins de douleur. Nous croyons qu'on ferait bien, pour éviter les accidents gastriques de la Digitale, prise par la bouche, et obtenir des effets plus prompts que par l'absorption superficielle, d'administrer, Quinjections hypodermiques, la solution alcoolique de digitaline, très diluée afin d'éviter l'action irritante locale. La digitaline amorphe se donne habituellement en ^ranw/es de 1 milligramme au nombre de 2 à 6 ou 8 par jour, progressivement. Une solution alcoolique de digitaline aux mêmes doses est d'une action plus sûre et constante dans ses effets. Le sirop de digitaline est oublié. Ajoutons que la Digitaline est considérée comme préférable, en raison de la facilité de son administration et de son action sensiblement uniforme, lorsqu'elle sort toujours de la même officine (Voy. Digitaline).
La Digitale est l'un des agents principaux du vin diurétique de l'Hôtel- Dieu, formulé par Trousseau, et qui rend journellement de si grands services dans les affections du cœur et les hydropisies ; sa dose ne peut être que de 20 à 30 grammes au plus par jour. Cependant cette préparation, où se retrouvent des substances éminemment stimulantes empruntées à la composition du Vin diurétique des frères de la Charité, m'ayant paru infidèle ou même entachée de sérieux inconvénients toutes les fois que la congestion veineuse du rein tend à passer à la phlogose sous l'influence d'un irritant, j'ai eu l'idée d'exclure absolument tous les diurétiques excitants, et de réunir, dans une formule composée, tous les principaux types des substances capables de resserrer les capillaires et d'agir sur les vaisseaux et le cœur de manière à accroître la tension vasculaire. Voici cette formule : Oxymel diurétique de Beaujon (Gubler).
^Teinture alcoolique de digitale 10 grammes.
Extrait aqueux d'ergot 10 —
Acide gallique 5 —
Bromure de potassium 30 —
Eau de laurier-cerise 30
Sirop de groseille ou de cerise 400 —
Oxymel scillitique 515 —
Total lOOD grammes.
Deux à quatre cuillerées à soupe par jour dans une tisane diurétique. Celle préparation qui a l'avantage d'être moins nauséabonde que les vins
120 DOUCE-AMEUli.
diurétiques a donné quelquefois d'excellents résultats consignés dans la thèse du D"- Verdun (1872).
DITA (écorce de), Alstonia sc/iolavia, R. Brown. — Apoctoées. Angl. : Alstonia Bark. — AU. : Ditarinde.
Composition. — Cette écorce qui nous est fournie par un bel arbre commun aux Grandes-Indes et qu'on retrouve en Australie ou même en Afrique, renferme, d'après Hesse et Jobst, deux alcaloïdes / Ditamine , soluble dans l'élher, et la Ditaïne, soluble dans l'eau ; un acide huileux, deux substances amorphes, dextrogyres, solublesdans l'éther, et trois substances cristallisées, dexirogyres, dont j'omets les noms barbares.
Action physiologique. — La Ditaïne a été étudiée expérimentalement par Harnack, et il lui attribue des propriétés analogues à celles du curare. Elle paralyse les extrémités terminales des nerfs moteurs, mais atteint encore la moelle qu'elle frappe d'impuissance motrice. En même temps elle abaisse la pression sanguine.
Usages. — Il est remarquable que l'écorce de Dita est considérée partout où croît l' Alstonia, comme un bon fébrifuge et douée encore de vertus toniques et vermifuges. On n'a pas vérifié en Europe ces assertions et recherché si réellement nous avons dans cette écorce un succédané du quinquina, suivant la croyance populaire.
DOUCE-AMÈRE, Solanum Dulcamara, L. — Solanacées.
Angl. : Woody Nighlshade,Biitersioeet. — A\\. : Biitersmstengel.Hirschkraut.
Composition. — Les tiges de cette Solanée indigène, analysées par Pfaff, ont offert les principes suivants : extrait amer-doux (picroglycion), extractif gommeux, gluten, cire verte, résine contenant de l'acide benzoïque, sels, et<î. En outre, Desfosses y a découvert la Solanine.
Le picrogb/cion, ou dulcamarine, est une substance cristalline, amère, puis douce, que Pelletier concevait comme formée de Solanine unie à du sucre, et que nous considérons comme un glucoside transformable par le ferment salivaire.
La Solanine est au contraire un véritable alcaloïde, faiblement amer, cristallisable en aiguilles soyeuses, formant des sels définis, à peine soluble dans l'eau et dans l'éther, peu soluble dans l'alcool froid, assez soluble dans l'alcool bouillant. C'est sans doute le plus innocent des alcaloïdes de la famille des Solanées, mais on aurait tort de le croire inerte.
Action physiologique. — La présence d'un alcaloïde explique les effets narcotiques produits par de hautes doses de Douce-amère (Murray, Chevalier). Son extrait alcoolique appliqué autour de l'orbile amène la dilatation de la pupille (Vulpian). Mais, comme on n'administre pas la Douceamère en nature, et que la décoction de ses tiges ne peut renfermer que des quantités insignifiantes de Solanine, tous les effets observés à la suite d'ingestion de celte préparation se bornent à l'augmentation de la sueur, si la décoction est bue chaude et si la température extérieure est élevée, ou