FÈVE DU CALABAR, FÈVE D'ÉPREUVE
mer delà façon suivante. La paralysie motrice ne résulte pas d'une action sur le cerveau, sur le système musculaire ou sur les nerfs moteurs, il faut la rapporter à un trouble médullaire.
Cette paralysie ne se produit pas quand on empêche le poison de toucher la moelle par des ligatures de vaisseaux.
Il est plus difficile d'expliquer les troubles cardiaques. On peut dire seulement qu'ils ne se produisent pas par l'intermédiaire des nerfs vagues. Et l'on discute toujours sur le mécanisme des effets myotiques. Substances synergiques -auxiliaires. — Comme antimydriatique, et même comme résolutif du système musculaire, l'opium est synergique d& la Fève du Galabar, qui offre des analogies marquées avec le Curare.
Substances antagonistes. — Antidotes. — En ne tenant compte que de la seconde série des symptômes observés chez les animaux, ou de la période de coUapsus, on a cru trouver un antagonisme parfait entre la Fève d'épreuve et les Strychnos. Dans cette vue, la Fève du Calabar et la noix vomique, l'Esérine et la strychnine ont été administrées simultanément ou successivement, mais les résultats n'ont pas été satisfaisants, en ce sens que la rigidité tétanique s'est continuée dans les membres supérieurs, malgré la paralysie dont l'extrait de Fève du Calabar avait frappé le tram de derrière. Ainsi, les deux poisons agissaient chacun de son côté. On ne peut donc compter sur la strychnine pour combattre l'empoisonnement par l'Ésérine. Il vaudrait mieuxs'adresser àl'opium, aux alcooliques, àTammoniaque, au café et aux stimulants diffusibles, après avoir donné le tannm comme contre-poison chimique. Mais tout indique que c'est à la Belladone qu'il faudra surtout recourir. Déjà la Fève du Calabar avait été employée par Sédillot, en France; Klein-Watcher, en Allemagne, suivis parHarley, aux États-Unis, pour combattre l'empoisonnement par cette solanée vireuse, sans qu'il ait été prouvé cependant que la mort est réellement empêchée, car les expériences sur les animaux sont négatives et plaideraient plutôt contre cet antidotisme; lorsque deux physiologistes (Fraser, Bourneville) expérimentant à l'insu l'un de l'autre, à Edimbourg et à Paris, arrivèrent presque en même temps à établir l'anlidotisme de l'Atropine et de 1 Esérine. Le grand travail de Fraser, véritable monument scientifique, prouve presque sans réplique que des doses mortelles de l'un de ces deux alcaloïdes sont combattues efficacement par des quantités équivalentes de son an tagomste et met en relief l'antithèse des deux syndromes caractéristiques àelesérwne et de Vatropùme. Ainsi, tandis que la Fève du Calabar augmente 1 excitabilité des nerfs vagues, l'Atropine la diminue ou la suspend. Celle-ci augmente la tension artérielle, celle-là la diminue. La première accroît la sécrétion des glandes lacrymales, salivaires, intestinales et bronchiques la seconde amoindrit ou supprime ces sécrétions. La Fève d'épreuve lait contracter les veines, la Belladone resserre les artères. L'Esérme produit l'atrésie pupillaire, l'Atropine est mydriatique (Fraser).
Sans doute l'opposition entre les manières d'agir des deux poisons n est pas toujours si complète : l'Atropine, par exemple, ne fait que contracter
FÈVE DU CALABAR, FÈVE D'ÉPREUVE. 141 les artères et n'augmente la tension qu'à la, condition d'être employée à très faible dose; les doses fortes, toxiques, produisent l'effet contraire. Mais, quelle que soit la théorie, le fait de l'antidotisme semble peu contestable, et il est manifestement prouvé par les expériences sur les animaux, de telle sorte que la pratique doit en faire son profit. Elle songera encore à l'hydrate de chloral, dans un cas d'empoisonnement par la Fève du Galabar. C'est, d'après la Commission anglaise présidée par Bennett, l'antidote le plus sûr.
Usages. — Pendant quelque temps, la Fève du Galabar ne fut guère employée que pour son action antimydriatique, soit lorsque la dilatation pupillaire était spontanée et morbide, rhumatismale ou par cause traumatique, soit lorsqu'elle avait été déterminée, accidentellement ou volontairement, par la belladone ou l'atropine. Dans ce dernier cas, l'application ûe l'extrait de Galabar doit être répétée plusieurs fois, pendant que l'appareil visuel reste sous l'influence de la Belladone, et il faut des doses fortes, parce que son action est à la fois beaucoup moins durable et incomparablement moins énergique que celle de l'agent mydriatique.
La Fève du Galabar sert également à rompre les adhérences contractées par l'iris, tant avec la face postérieure de la cornée qu'avec la capsule antérieure du cristallin.
L'Ésérineest appelée à rendre les mêmes services. Déjà Fano, Gallard, A, Dufour, et la généralité des ophthalmologistes, l'ont utilisée dans la mydriase artificielle. De mon côté, je l'ai employée avec avantage dans un cas de paralysie de la troisième paire avec mydriase, et j'ai pu observer chez le sujet, pendant toute la durée de l'action de l'Ésérine, non seulement une vision plus distincte, mais encore un soulagement très prononcé de la gêne douloureuse dont le globe oculaire était le siège. J'ai réussi également à déterminer, par l'introduction dans l'oeil de quelques gouttes de sulfate d'Ésérine au 1/1000°, la rupture d'adhérences filamenteuses de la pupille avec la capsule du cristallin, consécutives à une iritis varioleuse. Enfin j'ai eu l'idée de prescrire et j'ai vu réussir le collyre d'Ésérine dans un cas de presbyopie douloureuse et j'ai pu, à son aide, corriger la presbytie sénile dont l'Ésérine arriverait peut-être à retarder les progrès. De son côté, Galezowski a obtenu d'excellents résultats de l'emploi topique de l'Ésérine dans l'héméralopie endémique et de Wecker la prescrit habituellement contre les vastes abcès de la cornée, dans VUlcus serpens et lorsqu'il y a suppuration de la plaie après l'extraction de la cataracte. Ad. Weber et Laqueur insistent sur sa valeur antiglaucomateuse, et Barbosa la vante contre la blépharoptose et la hernie de l'iris.
En dehors des affections oculaires, la Fève d'Epreuve et son principe ont quelques applications jusqu'ici d'une importance plus secondaire.
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rapporte des faits quon pourrait qualifier de remarquables, dans lesquels la névrose ceaa en moyenne à dix jours de traitement ; tandis que Gadet