‹ Commentaires th©♭rapeutiques du Codex medicamentarius [electronic resource]Chapitre 90 sur 384 · GAROU OU SAINBOIS · texte numérisé non relu

GAROU OU SAINBOIS

La Noix de Galle, finement pulvérisée, est quelquefois incorporée à de l'axonge ou à du cérat, pour faire une pommade astringente.

On peut rapprocher de la Noix de Galle d'Alep la Galle de Chine, Woopei-tsze, extrêmement riche en tannin, produite par la piqûre d'un Aphidien (Hémiptères) sur les rameaux du Distylium racemosum, Hamamélidées.

GARANCE, Rubia tinctorum, L. — Rubiacées.

Angl. : Duyers Madder, red Madder. — Ail. : Krappfarbenrolh.

Composition. — La Garance, spontanée dans l'Europe centrale et cultivée sur une grande échelle en France, produit de longues racines dont voici la composition d'après Kuhlmann : matière colorante rouge, matière jaune ou xanthine, mucilage, substance azotée et substance amère, gomme, sucre, fibre ligneuse, acide végétal, résine et sels. Decaisne a fait voir que pendant la vie de la plante, la racine contient seulement la matière colorante jaune. Cette substance fondamentale se modifie de manière à devenir orange, rouge et pourpre. Celle-ci prend le nom de purpurine, la précédente celui d'aZezarine.

Action physiologique et usages. — Les effets de la Garance sur l'économie sont à peine sensibles. Néanmoins on a doté cette racine de propriétés diurétiques, emménagogues, astringentes et toniques.

Quelques personnes, à l'exemple de Sydenham, l'ont aussi administrée contre la jaunisse. Ni ces hypothèses, ni cette pratique ne sont justifiées par les faits rigoureusement observés. Le seul service que la Garance ait rendu jusqu'ici à la médecine a été de mettre en évidence le mode d'accroissement des os par couches excentriques formées successivement aux dépens du périoste. Il ne faudrait cependant pas croire qu'en vertu de son action sur les os elle peut guérir l'ostéomalacie ou le rachitisme.

Autrefois on administrait la poudre de Garance (4 grammes), la décoction (30-40 grammes par litre d'eau) &iVexlrait (2 grammes).

GAROU ou SAINBOIS, Dophne Gnidium, L. — Teyméléacées. Angl. : Flax leaved Daphne. — AU. : Seidelbast.

Il y a lieu de croire que l'écorce livrée par la droguerie sous le nom de Garou appartient quelquefois au Daphne mezereum, qui est plus répandu et de plus grande taille.

Composition. — L'écorce de cet arbuste indigène offre une composition analogue à celle du Mézéréon, qui contient, d'après Gmelin et Baer : cire, résine âcre, daphnine, huile volatile, principe colorant jaune, sucre fermentescible, matière azotée, extractif rouge-brun, acide malique et sels.

La résine âcre, composée elle-môme d'une huile essentielle irritante et vésicante, et d'une autre substance, est rendue soluble dans l'eau par les autres ingrédients.

La daphnine, analogue à l'asparagine, est une substance incolore et inodore, cristalline, d'un goût amer et astringent, soluble dans l'alcool et l'éther et sans propriétés physiologiques bien connues .

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L'huile volatile acre possède une vapeur d'une odeur piquante qu'entraîne la vapeur d'eau, mais non celle d'alcool (Squire).

Action physiologique. - L'écorce de Garou produit sur la langue et dans la gorge une sensation d'amertume bientôt suivie d'une brûlure persistante qu'on ressent parfois encorelelendemain. Sur le tégument externe, elle détermine à la longue de la chaleur, de la cuisson, de la rougeur inflammatoire allant jusqu'à la formation de vésicules ou d'ampoules séreuses. Mais ces effets épispastiques sont plus longs à se produire que par les préparations de cantharides.

Parvenue dans l'estomac, cette écorce y produit des effets manifestés par une douleur brûlante, des nausées et des vomissements. L'irritation se produit aux intestins, et donne lieu à des coliques, à des selles liquides ou même sanguinolentes, tandis que la sécrétion salivaire est accrue sympathiquement. Quelquefois il en est de même pour la sueur et l'urine.

Chez les animaux, des doses excessives amènent la fréquence et l'intermittence du pouls, la prostration et la mort. Les principes du Garou pénètrent sans doute dans la circulation sanguine, et passent de là dans certaines sécrétions, mais ils n'exercent aucune influence fâcheuse sur l'appareil génito-urinaire.

Usages. — Les propriétés irritantes et purgatives du Garou ont été rarement utilisées dans la médication interne contre les maladies de peau, et les engorgements vénériens ou squirrheux, à cause des accidents toxiques qui peuvent en résulter. On les met, au contraire, journellement à profit dans la médication révulsive ou dérivative externe, soit pour produire la rubéfaction et la vésication, soit plutôt pour entretenir la suppuration des exutoires obtenus par d'autres moyens. Le Sainbois a sur les cantharides l'avantage de ne pas agir sur les glandes uropoiétiques et les voies urinaires ; mais son action vésicante n'a guère lieu qu'au bout de 48 heures. Toutefois, dès qu'elle s'est établie il en résulte une exsudation abondante de sérosité tout à fait extraordinaire (Gillet de Grandmont). De plus la vésication au Garou ne laisserait aucune trace, même quand elle est entretenue longtemps.

Modes d'administration et doses. — Comme épispastique, l'écorce de Garou s'applique en nature par sa face interne sur la peau, après avoir macéré une heure dans l'eau ou le vinaigre. Plus souvent on emploie la pommade préparée, soit avec \3ipoudre d'écorce, soit avec Vextrait alcoolique; mais mieux vaudrait se servir de l'extrait éthérique, le plus actif (Leclerc) topiquement; c'est d'ailleurs le seul recommandé par le nouveau Codex. L'alcool est le menstrue le plus commode, mais inférieur à l'élher, car le principe actif du Garou est peu soluble dans les corps gras.

Les Pois suppuralifs de Wilslin sont formés d'écorce d'orange imbibée de solution alcoolique d'extrait de Garou.

^ La Pommade de Garou, obtenue par digestion de la pulpe d'écorce dans l'huile, évaporation de l'eau et addition de cire, représente environ la dixième partie de son poids de Garou. La pommade épispastique du

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