MÉMOIRE DES ENTREVUES À LONDRES
Ai vu M. Brooke, de Brooke Brothers; il dit que les dindons d'assez bonne qualité, valent aujourd’hui environ 7d. la livre, et les oies de 54d. à 6d. la livre. En décembre et vers Noël les prix pour les dindes s’affermissent considérablement, et les prix varient de 8d. à 1s., et atteignent même 1s. 2d. la livre dans certains cas exceptionnels—la grosseur et la qualité des pièces réglant entièrement le prix. Les prix des dindons italiens, hongrois et étrangers valent en moyenne environ 2d. la livre de moins que les meilleurs oiseaux anglais. Les oies qui se vendent le mieux varient entre 10 et 12 livres, tandis que pour les dindons plus ils sont gros plus le prix est élevé, pourvu qu’ils soient jeunes. La meilleure manière de les empaqueter est, dit-on, dans des Caisses d'œufs, c'est-à-dire,
environ 6 pieds de longueur, 2 pieäs de largeur et 11 nouces de hauteur. Ces caisses contiendraient 20 coqs convenablement empaquetés ou 30 poules, L'on conseille d'employer de la paille et du papier, et les oiseaux ne devraient pas être gelés. M. Brooke croyait que si les oiseaux arrivaient en bonne condition rien n'empécherait le développement d’un bon commerce, mais il recommande fortement que de petits envois soient d’abord expédiés afin de pouvoir s'assurer comment ils font le trajet, et si le transport et l’empaquetage ne pourraient pas être améliorés de quelque façon, avant de faire de plus grandsenvois. Les messieurs Brooke exigent une commission de 5 pour cent sur toutes les ventes.
J'ai vu M. Weatheriy, du Central Market, qui me donna à peu près les mêmes renseignements que ceux fournis par MM. Brooke Brothers. Toutetois, il recommande fortement, que les dindons et les dindes soient tenus séparés. Il exprime la même opinion quant à l'empaquetage. Quant au prix, il dit que des dindes de 8 livres rapportaient aujourd'hui environ 4s. 6d., et que les dindons d’environ 10 livres valaient6s. I1 dit, toutefois, que les prix s’affermiraient probablement vers Noël, et que de bons oiseaux commanderaient de 84. à 1s. la livre. Les oies valent aujourd’hui environ 6d. la livre au plus, et il ne croyait pas que les prix s’affermiraient beaucoup pendant les deux prochains mois, grâce aux forts envois attendus de France. Il exige la même commission que les messieurs Brooke (soit 5 pour cent). Il exprima aussi l'opinion qu'il serait désirable d'envoyer d’abord de petits lots, pour les raisons données par les messieurs Brooke, et il semblait croire aussi qu’il serait désirable que les oiseaux arrivassent après Noël plutôt qu'avant, vu qu’ils pourraient alors être mieux maniés, et qu'il y aurait moins de volaille sur le marché, et de plus, ils pourraient possiblement rapporter un plus haut prix. Ceci s'applique au mois de janvier et de février.
Je me suis aussi rendu auprès de M. Leversedge, le gérant des affaires de M. E. Howard, à Leadenhall Market. 11 confirme tout ce que disent les deux maisons précédentes, sauf que Ics prix qu'il donne sont un peu plus élevés. Il dit que les meilleurs dindons irlandais se vendaient actuellement en gros, de 64. à 94. la Ib. selon la grosseur et la qualité, tandis que les oiseaux anglais de Cambridgeshire et des comtés de l’est rapportaient de 10d. à 1s. M. Leversedye se plut aussi à m’informer que les dindons italiens et hongrois, qui viennent en grandes quantités en décembre et janvier, rapportaient généralement environ 25 à 30 pour cent de moins que les dindons anglais de première qualité. M. Leversedge corrobore les dires de Messieurs Brooke et Weatherly, au sujet de l'empaquetage. Il s'accorde avec les autres autorités quant aux prix des oies. A ce sujet il est bon d'expliquer que les oeis destinées au marché anglais sont généralement empaquetées dans des caisses en contenant 10, et peuvent être disposées dans de la paille avec une couche de papier ou de planures de bois entre les deux rangs. L’entrevue avec M. Leversedge a surtout été intéressante, vu que 8a maison avait commercé sur les dindons canadiens. Il dit que l’année dernière il en avait eu à vendre avec leurs plumes, et qu'ils avaient rapporté 8d. la Ib. Les dindes pesaient de 6 à 8 lbs. et les dindons de 9 à 12 Ibs.; quelques fois jusqu’à 14 lbs. Ilsétaient empaquetés dans des boîtes et étaient arrivés en bonne condition, et s'étaient bien vendus Pour s'assurer d’un commerce étendu il faut que les oiseaux soient préparés suivant les exigences du marché. Toutes les maisons que j'ai visitées conseillaient d’expédier de petits lots aux divers commerçants comme essais, non seulement à Londres mais aussi aux grandes villes dans les provinces. De cette facon le marché ne serait pas inondé, et l'on acquiérerait des divers vendeurs une expérience très précieuse quant à la condition dans laquelle les oiseaux sont arrivés, et quant