‹ Commerce des œufs et des volailles [microforme]Chapitre 6 sur 7 · MINIMA. MAXIMA · texte numérisé non relu

MINIMA. MAXIMA

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Toutefois, il dit que les plus hauts prix étaient de 6d. plus élevés que ceux qu’ils auraient probablement pu obtenir des autres commerçants, vu qu’ils constituent les meilleurs œufs sur le marché, et ne sont vendus qu'aux meilleures boutiques de Londres. Les caisses ici dans lesquelles les œufs sont empaquetés coûtent environ 2s. la

pièce. Les œufs viennent à Londres de toutes les parties

de l’Europe, y compris la Hongrie, l'italie, l'Espagne et la Russie, et en conséquence on ne voit pas pourquoi les œufs du Canada n’atteindraient pas le marché de Londres aussi rapidement et en aussi bon état que les œufs de ces pays-là. M. Lovell attira particulièrement l'attention sur le fait que les œufs devraient être bieu assortis ; qu'ils ne soient pas mélangés ; que les gros œufs ne soient pas mis avec les plus petits, afin que le commerce puisse s'y fier. Un très grand marché pour les œufs existe à Londres, et M. Lovell paraissait plein d'espoir que les œufs canadiens y trouveraient un marché, pourvu qu'on apporte un soin Convenable à l’empaquetage et au transport.

M. Lovell est grandement intéressé dans le fromage Canadien, lequel, dit-il, obtient un plus haut prix que le fromage américain, et que malgré les vastes quantités actuellement expédiées le commerce pourrait être considérablement étendu. Vu aussi que Je beurre de bonne qualité

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trouve un marché facile ici, et que cet article est envoyé de toutes les parties du monde, y compris chaque pays européen et même la Nouvelle-Zélande, rien n'empêche que le beurre du Canada ne soit envoyé 1à en plus grande quantité qu’il ne l’a été jusqu'ici. M. Lovell nous montra quelques caisses de beurre en boîtes de fer-blanc préparé en Belgique par la maison Bretel Frères, et qui est expédié par tout l'univers, surtout ä l'Amérique du Sud. Nous goûtâmes à ce beurre qui était resté pendant quelques mois dans le bureau de M. Lovell, et il était certainement en bonne condition et très bon. C’est une branche d’affaires qu’il vaudrait la peine d'étudier quelque peu au Canada.

Nous nous rendîmes chez M. Lesieur, dont les bureaux sont sur Park st., Borough Market, et qui tient un entrepôt considérable attaché à ses bureaux. M. Lesieur nous dit que récemment il avait commercé sur les œufs Canadiens, et il nous montra quelques caisses d'œufs arrivés du Canada, qui se trouvaient dans son entrepôt. Il les considérait d'excellente qualité, et dit qu’ils obtiendraient sur le marché de 7s. à 7s. 34. le grand cent. Il alla jusqu’ à dire que s’ils avaient été frais au lieu d'être marinés ils auraient rapporté de 9s. à 10s.le cent. Les œufs dans ces caisses étaient empaquetés dans de la paille courte, et M. Lesieur semblait croire qu’il vaudrait mieux les avoir empaquetés dans de la paille longue de la manière ordinaire. Il dit, toutefois, que ces quelques semaines passées, il avait reçu des œufs frais du Canada empaquetés dans des barils. Il parla très favorablement de leur qualité, et dit qu'ils avaient obtenu de 9s. à 9s. 64. le grand cent. Il dit que les œufs du Canada avaient créé une impression favorable sur le marché de Londres, et que s’ils venaient en bonne condition et bien empaquetés, rien n'empécherait qu'un commerce considérable ne fût développé. La commission qu'exige ce monsieur est 3 pour cent. Il commerce aussi sur les volailles au temps de Noël.

Nous nous rendîmes ensuite chez M. Chas. Foucard, dont l'adresse est n° 10, Three Crowns Square, Southwark st., S E. Ce monsieur n'était pas à son bureau, et ces commis ne donnèrent que quelques renseignements en général. Il paraît que des œufs canadiens leur furent envoyés il y à quelques années, empaquetés dans de l’avoine, et ils semblaient sous l'impression que ces œufs s'étaient vendus à d'assez bons prix.

M. Foucard vint plus tard au bureau du Haut Commissaire pour le Canada. Il nous donna pratiquement les mêmes renseignements que ses commis. Il fit observer, toutefois, que les échantillons d'œufs reçus du Canada avaient été jusque là empaquetés dans de la paille courte, ce qui était à son avis une grande erreur, et il dit que tous les œufs devaient être mis dans de la paille longue. Les maisons qui jusqu’à présent, ont reçu des œufs canadiens empaquetés dans de la paille coupée les ont empaquetés de nouveau afin de ies mieux adapter au commerce. La raison de ceci est que s’il se casse des œufs dans la paille courte le liquide ne s'écoule pas à travers, mais se coagule promptement, se gâte et détruit tous les œufs environnants ; tandis que si les œufs sont empaquetés dans de la paille longue, la casse est découverte immédiatement et les œufs peuvent être empaquetés de nouveau avant qu'il n'arrive de dommage sérieux. M. Foucard qui évidemment fait de grandes affaires, dit que les œufs canadiens qui ont été expédiés jusqu'à présent étaient de très bonne qualité, et il est d'avis que si le commerce prend de grandes proportions il dérangera considérablement les importations de France, d'où vienner‘ les meilleurs œufs aujourd’hui. M. Foucard, comme beaucoup d'autres importateurs d'œufs, fait un grand commerce de volailles à Noël, et dit qu'il manie en moyenne environ 40 000 dindons et 50,000 oies par année. Naturellement les facteurs d'œufs peuvent aisément disposer d’une grande quantité de volailles à

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cette saison-là de l’année, car la plupart des gens qui vendent des œufs vendent aussi des volailles en plus ou moins grandes quantités. Cette maison exige une commission de 3 pour cent sur les volailles et 3 pour cent sur les œufs. M. Foucard insista sur la nécessité d'empaqueter les œufs dans de la paille fraîche et de bonne odeur. Si elle est le moindrement moisie les œufs moisissent et leur valeur diminue en conséquence.

M. Cesare Anselmi, dont les bureaux sont au n°5 23-24 Hop Exchange, Southwark st., reçut aussi une visite. Ce monsieur n’a pas fait commerce d'œufs canadiens, mais semble très désireux de s'y engager, et a déjà écrit à ce sujet à M. George Wait, de Montréal, dont il avait vu le nom sur quelques boîtes d'œufs sur le marché de Smithfield. Les renseignements qu'ils me donna corroborent tout ce que j'avais déjà appris des autres maisons. Les œufs qu'il avait vus, étaient arrivés dans ce qu'on appelle carrier cases, Chaque caisse contenant environ 30 douzaines. Il paraît être d’avis que si l’on veut établir un commerce quelconque les œufs doivent être expédiés dans des cuisses telles que le marché auglais approuve, et de la même manière que les œufs de tous les autres pays. L'avantage que les caisses longues ont sur les petites caisses, est que dans le dernier cas un homme peut facilement les manier, etelles sont exposées à l'être négligemment, tandis que pour les caisses longues il faut deux hommes pour manier chaque caisse, et elles sont traitées plus délicatement.

M. Anselmi semblait être sous l'impression que les œufs canadiens qu'il avait vus étaient d'une très bonne qualité, et qu'il ne voyait pas pourquoi un commerce considérable d'œufs ne serait pas établi, pourvu qu’ils soient bien empaquetés et arrivent en bonne condition.

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