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témoins attestent; que des personnages historiques, parfaitement connus dans leur biographie, déclarent avoir vu, en disant : « C’est celui qui a « vu, qui rend ce témoignage, et qui écrit ceci. » Réunis en grand nombre, ils proclament le fait sur les places publiques en répétant toujours : Nous en sommes tous témoins. Dans la plénitude absolue de leur foi, ils consacrent leur vie à proclamer la grande nouvelle, à l’annoncer au monde entier, et à la soutenir jusqu’à la mort, jusque dans les supplices. Et il se trouve en outre, — autre fait non moins solide et non. moins remarquable, —que le monde a reçu leur témoignage, et se transforme à partir de ce fait.
Ce n’est pas tout. De quel fait s'agit-il ? II s’agit du plus significatif des faits : d’un fait « qu'il fau- « drait espérer et attendre s’il n'était déja dans « l’histoire ; » du seul fait qui réponde à l’éternelle question , à l’universel problème de la vie : Etre ou n'être pas. NE
Les choses sont-elles plus et mieux que des appareñces , et les personnes sont-elles des réalités qui subsistent, ou des images qui passent? La mort efface-t-elle tout, ou la vie triomphe-t-elle de la mort, après sa défaite apparente? Faut-il
croire à l'abolition des consciences, à l’anéan-
tissement de la personne intelligente et libre? Vous avez vu, choisi, aimé, senti, souffert, mais ce n’est qu’en passant. Vous. allez être supprimé ! Tout cela était inutile, sans aucun but, et dénué de sens. On s’est moqué de vous. Tout n’est que la stérile fermentation, la sotte oscillation de je ne sais quelle force grossière, impersonnelle, aveugle et méprisable.
Est-ce donc là le fond des choses, et de la vie de l’univers? Non certes. Ce qui est méprisable, c’est l’état d’esprit qui consent à admettre ces horreurs et ces monstres.
Donc la vie triomphe de la mort. Donc les personnes subsistent, et les consciences renaissent. Et le Christ a dit de la vie ce qu'il devait en dire : « J'ai le pouvoir de la quitter, et j'ai le pouvoir de « la reprendre. » S'il est le roi des àmes, le Sauveur, le Consolateur et le Maître, qui répond aux questions éternelles et universelles, sa grande réponse, impliquant tout, devait être celle-ci : « Je suis la « résurrection et la vie : Ego sum resurrectio el vita. « Le père, qui a la vie en lui, donne à son fils « d’avoir aussi la vie en lui, et quiconque croit èn « moi vivra éternellement. » Et s’il devait donner un témoignage décisif de lui-même, un signe con-
cret de sa mission, il devait se montrer vainqueur
du grand ennemi, la mort. Aussi ne cesse-t-il d'annoncer sa mort et sa résurrection !. Ses ennemis savaient cela. « Ce séducteur l’a dit : Après « trois Jours je ressusciterai. » Seductor lle dixit adhuc vivens : Post tres dies r'esur gun.
Quant-à l'Évangile de saint Jean, ce n’est pres-
{ Matth., xvii, 21. Filius hominis tradendus est in manus hominum. 22. Et occident eum et tertia die resurget.
« Le fils de l’homme sera livré aux mains des hommes.
« Ils le tueront et il ressuscitera le troisième jour. »
Ailleurs encore en saint Matthieu :
Matth., xx, 17. Et ascendens Jesus Jerosolymam assumpsit duodecim discipulos secreto et dixit illis : Ecce ascendimus Jerosolymam, et filius hominis tradetur principibus sacerdotum, et scribis, et condemnabunt eum morte, et tradent eum gentibus ad illudendum, flagellandum, erucifigendum, et tertia die resurget.
« Comme il montait à Jérusalem, il prit à part ses douze dis- « ciples, et leur dit en secret : Nous allons à Jérusalem, et le « Fils de l’homme sera livré aux princes des prêtres et aux « scribes; ils le condamneront à mort, et le livreront aux gentils «pour être conspué, flagellé, crucifié , et il ressuscitera le troi- « sième Jour. »
Marc, 1x, 30. Docebat autem discipulos suos et dicebat illis : Quoniam filius hominis tradetur in manus hominum et occident eum, et occisus tertia die resurget. x, 34.
. En saint Luc : « Ils le tueront, et il ressuscitera le troisième joûr. »
Et encore : Luc, xx1v, 6. Recordamini qualiter locutus ést vobis, quum adhuc in Galilæa esset, dicens «quia oportet filium hominis tradi in manus hominum peccatorum et crucifigi, et tertia die resurgere. » — Et recordatæ sunt verborum ejus:
que qu’un discours suivi, pour développer ce texte : Je suis la résurrection et la vie, Æco sum resurrectio et vita.
Il l'avait dit, et il est, en effet, ressuscité ainsi qu'il l'avait dit : Surrexit enim sicut divit.
Mais, je vous prie, pesez encore ceci. Méditez bien ce que j'appelle ici le sens universel du mot évangélique : Surrexit entm sicut dixit, Gil est ressuscité, ainsi qu'il l'avait dit. » Ce n’est pas seulement le Christ, le Verbe incarné, qui a dit ces paroles textuelles , rapportées par les Évangiles. Veuillez comprendre que, comme Verbe éternel, éclairant tout homme venant en ce monde, il a dit les mêmes choses dans tous les temps, à tous les peltples, et à toutes les consciences.
Est-ce que, dans l'Ancien Testament, il ne l'avait pas dit à Job ? Certes, voici la doctrine de la résurrection assez $olennellement proclamée, dans cette Bible de la nature, ce texte sacré primitif :
« Qui me donnèra d'écrire mes paroles avec un « stylet de fer, sur le métal, ou de les sculpter sur « la pierre ?
« Oui, je sais que mon Rédempteur est vivant, «et qu'au dernier jour je ressusciterai de la « térre.
« Je serai de nouveau enveloppé de mon corps,
“et, vivant dans ma chair, je verrai mon Dieu.
« Je le verrai, moi, et non pas un autre. Ce sont «mes yeux qui le regarderont. Ceci est mon es- « poir, l'espoir qui repose dans mon sein. »
Vous le voyez, il l'avait dit aux patriarches primitifs, et, venu sur la terre, bien des siècles après, il est ressuscité ainsi qu'il l'avait dit.
Ne l’avait-il pas dit à tout le peuple juif, qui en conserve partout la tradition ?
Ne lit-on pas au livre des Machabées ces mots : « S'il n'avait espéré que ceux qui venaient de tom- « ber sur le champ de bataille ne dussent ressusci- « ter, il eüt compris qu'il était vain de prier pour « les morts’. » e
Marie-Magdeleine ne témoigne-t-elle pas aussi que telle est la tradition juive, lorsqu'elle dit : « Oui, je sais qu'il ressuscitera au dernier jour? »
Mais où est donc l’idéal religieux d’où le dogme de la résurrection et du triomphe sur la mort soit absent ?
Que signifient les fables antiques de Prométhée,
1 JI Machab., x11, 43. Et facta collatione, duodecim millia drachmas argenti misit Jerosolymam offerri pro peccatis mortuorum sacrificium, bene et religiose de resurrectione cogitans :
(Nisi enim cos, qui ceciderant, resurrecturos speraret, superf'uum viderelur et vanum orare pro mortuis.)
foudroye , attaché au rocher sans mourir, rongé dans ses entrailles, puis délivré ; de Bacchus mort et ressuscité; d'Esculape qui est dieu, mais qui meurt , et puis reprend son corps pour redevenir dieu vivant 1?
Les fables, dans leur fondement universel et naturel, les fables sont des idées, des idées que conçoit notre âme, des espérances et des prophéties naturelles du genre humain.
Les vérités géométriques abstraites soût aussi des idées que la raison conçoit, et qu’elle médite longtemps sans les appliquer à la vie. Mais, à la fin, la science découvre qu’elles sont les lois de
toute la vie réelle de la nature.
! La fable d’Esculape en particulier, telle qu'Ovide la décrit (Mét., liv. Il), est singulière en ses détails : Totique salutifer orbi Cresce puer, dixit : tibi se mortalia sæpe Corpora debebunt : animas tibi reddere ademptas Fas erit, Idque semel, Dis indignantibus, ausus, Posse dare hoc iterum flammä prohibebere avitä, Eque Deo corpus fies exangue: Deusque, Qui modo corpus eras; et bis tua fata novabis. « Croissez, enfant qui serez le salut du monde entier. Nos « corps mortels vous devront la vie hien souvent; car vous saurez « y faire rentrer les âmes. Rendre la vie ! Le Ciel, dans sa co- « lère, punira cette audace par la foudre, et il vous tuera. Vous « étiez dieu, vous voilà corps inanimé. Mais voici que ce corps « se ranime, et vous êtes encore dieu. Vous domptez deux fois « le destin. »