ÉCOLE GNOSTIQUE DE SYRIE
La gnose ; son caractère éclectique et sa signification primitive dans Pythagore et dan» Platon. — Les quatre sources principales du gnosticisme. — Saint Paul et saint Jean s'efforcent de prémunir les fidèles contre cette nouvelle erreur. — Simon le Magicien « la grande puissance de Dieu » invente Thistoire de TEnnoia. — Simoniens et saintsimoniens. — Système de Mênandre : Son rite d'initiation est une parodie grossière du baptême chrétien. — Influence de la religion phénicienne sur les théories gnostiques. — L'ancien sabéisme et le symbole du serpent apparaissent dans la doctrine primitive de Sanchoniaton. — Les abraxas communes aux Phéniciens et aux gnostiques. — Saturnin diffère de la Cabale sur la question du mal, qui provient» d'après lui, d'un principe indépendant de Dieu. — Le travail des Élohim et la mission du Christ. — Docétisme de Saturnin et de Bardesanes. — Condamnation du mariage. — Les hymnes de Bardesanes et celles d'Ephrem le Syrien. — J^otw et syzygies, — Le Saint-Esprit présenté comme la sœur ou l'épouse du Christos. — L'anti 'judaïsme et le dualisme forment les deux caractères principaux de l'école de Syrie.
Messieurs,
La doctrine philosophique de la Cabale, issue du système oriental de l'émanation, appartient évidemment à cette chaîne de doctrines qui se rattachent à l'école d'Alexandrie. Son mysticisme spéculatif et pratique trahit une origine persane ou égyptienne, tandis que, d'un autre côté, plusieurs de ses parties se rapprochent davantage des théories de Pythagore et de Platon. Nous y avons trouvé le panthéisme de Philon, mêlé
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à toutes les rêveries rabbiniques et soudé à la traditioD mosaïque qu^il défigure et méconnaît. Cependant ces idées, quelque accréditées qu'elles fussent parmi les Juifs, ne paraissent pas avoir exercé autant d'influence sur leur époque que d'autres doctrines bien autrement importantes» avec lesquelles la Cabale ne laisse pas que d'avoir beaucoup d'affinité; je veux parler des théories gnostiques ou du gnosticisme.
Le gnosticisme n'est pas proprement un système particulier et unique, le fruit des méditations individuelles ou des recherches d'un penseur isolé, ni même le produit d'une seule école. Ce n'est pas un ensemble ou corps de doctrines nettement formulées, conçues d'une manière uniforme et identique ; c'est un amas de systèmes, dont le caractère est commun, mais qui offrent dans leur développement une variété et une diversité étonnantes. Envisagé à ce point de vue, le gnosticisme comprend à la fois les conceptions les plus riches et les plus bizarres; il y règne un luxe d'imagination tout oriental, une hardiesse de formes et de pensées, que Ton ne retrouve guère dans les systèmes les plus vantés de la Grèce et de l'Occident.
Qu'est-ce donc que le gnosticisme? Quelle en est l'origine et le formulaire doctrinal? La philosophie gnostiquc est ce que nous appellerions aujourd'hui la philosophie transcendante ou transcendantale ; et ce n'est pas l'unique rapprochement que nous pourrions établir entre le panthéisme de la gnose et le panthéisme allemand, importé en France par féclectisme universitaire. Le mot Yvwdiç, chez les anciens Grecs, signiGait simplement connaissance, et le mot f^oi^nixoç, doué delà faculté de connaître. Mais ces deux termes ne tardèrent pas à être pris, en philosophie, dans une acception toute particulière. C'est à Pythagoro et à Platon qu'il faut