ÉCOLE GNOSTIQUE DE SYRIE
a,ttribuer cette signification restreinte et déterminée du mot YvSffiç, qui, dans leur langage, désigna bientôt la partie spéculative ou transcendante de la philosophie, la connaissance du monde intelligible, yvcSatç t5v Svtwv, ou comme dit Platon, tGv ^vtok 8vto)v, des véritables êtres, c'est-à-dire, des idées. La gnose dePythagoreestdonc la science des nombres^ et la gnose de Platon, la science des idées; la gnose des gnostiques consiste dans la science des Jèons^ qui répondent parfaitement aux nombres de l'un et aux idées de l'autre. Mais pour le moment, contentons-nous de constater un résultat, c'est que le mot gnose, dans le sens de philosophie supérieure, de science iranscendantale, est d'origine hellénique, et remonte à Platon et à Pythagore.
Si l'on voulait donner libre cours à l'imagination, on assignerait une date plus reculée, je ne dis pas précisément au mot gnose, mais à la chose même qu'il désigne. Dans toute l'antiquité, il y a eu deux doctrines : l'une populaire et commune était appelée exotérique ; et l'autre, l'ésotérique, renfermée dans un petit cercle de personnes, comprenait des vérités d'un ordre plus élevé, et constituait une espèce de gnose ou connaissance supérieure. Cette idée a fait le tour du monde ; elle se rencontre dans les doctrines reléguées au fond des sanctuaires de l'Inde, de la Perse et de l'Egypte, dans les sentences orphiques et gnomiqucs, aussi bien que dans les mystères d'Eleusis. Partout et dans tous les temps, il s'est trouvé des hommes qui se prétendaient en possession d'une doctrine échappant à la portée des esprits vulgaires.
L'idée du gnosticisme n'est donc pas une idée étrange, extraordinaire, qui n'eut point d'antécédents ; au contraire, il était naturel qu'à une époque d'exaltation religieuse, comme aux deux premiers siècles de l'Église, il
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se produisît, parallèlement au christianisme, une doctrine ayant la prétention de dépasser le simple symbole des Apôtres, par un ensemble de vérités supérieures.
La philosophie grecque, prise dans le sens de connaissance transcendantale, suivant Pythagorc et Platon, est donc un antécédent historique de la gnose alexandrine. Ce n'est pas le seul. L'Orient a fourni un plus large contingent à cette croisade contre le christianisme. Des éléments plus intimes se trouvent dans les doctrines persanes et égyptiennes, mêlées aux systèmes fusionnistes d'Aristobule et de Philon. Le parsîsme, le judaïsme et l'hellénisme sont, à n'en pouvoir douter, les trois antécédents historiques de la gnose. J'y ajoute le christianisme auquel les gnostiques ont emprunté beaucoup de leurs données, pour les altérer et les combiner ainsi avec leurs autres erreurs.
Le gnosticisme se compose donc de cette série de systèmes, issus du parsisme, du judaïsme, de rhellénisrae et du christianisme, qui prétendaient aune science supérieure, à une connaissance transcendantale de Dieu et du monde.
Comme le gnosticisme est plutôt un amas de doclrines qu'une doctrine particulière, on ne saurait lui assigner de fondateur proprement dit. Les éléments, dont il se compose, épars dans tous les lieux, ont trouvé partout des esprits turbulents et inquiets, qui les ont réunis en un corps de système plus ou moins complet. Dans les villes ofi les apôtres venaient prêcher TÉvangile, ils rencontrèrent ces novateurs enflés d'une fausse science, et opposant leurs folles conceptions à la dogmatique simple et profonde du christianisme. L'apôtre saint Paul les caractérise en plusieurs endroits de ses Épîtres, et principalement dans sa première lettre à Timothée, où il prémunit l'évêque d'Éphèse contre « les mythes et les