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ECOLE 6N0ST1QUE DE SYRIE

généalogies, les profanes nouveautés et les antithèses de cette fausse gnosis^ ^'^uSwvujxou yvwmwç. » (1) Mais c'est surtout l'apôtre saint Jean qui combattit avec force les doctrines gnostiques, à Ephèse, foyer du gnosticisme de TAsio-Mineure. Ce but manifeste que se proposait Tapôtre explique» en partie» le caractère de son Évangile et de ses autres écrits. Ses principaux adversaires paraissent avoir été les simoniens et les cérinthiens.

Au milieu de cette variété prodigieuse de systèmes gnostiques, nous distinguons trois écoles principales, auxquelles ils peuvent se rattacher : l'école de Syrie, l'école d'Egypte et l'école de l'Asie-Mineure.

L'École de Syrie qui compte, parmi ses principaux adhérents, Saturnin et Bardesanes, doit son origine à l'école de Palestine, qui en peut être considérée comme la mère. Cette dernière, que nous ne séparerons pas de l'école de Syrie, avant laquelle elle se place dans Tordre des temps et des doctrines, a eu pour fondateurs Simon le Magicien et Ménandre. Pour suivre la filiation des idées qui ont passé de l'école de Palestine dans celle de Syrie, c'est-à-dire de Simon et de Ménandre à Saturnin et à Bardesanes, il nous faut d'abord examiner le système des deux premiers.

Système de Siuon le Mage. — Simon le Magicien, ainsi nommé parce qu^il parait avoir pratiqué la magie dans la Samarie, sa province natale, avait acquis, au moyen de ses prestiges, une haute réputation parmi le peuple, qui l'appelait la grande puissance de Dieu, ^ $uva(X(c ToO Ocov ^ {Ac^âXifi; et cette dénomination gnostique nous prouve que la doctrine orientale de l'émanation avait cours dans la Samarie. Il n'y a pas' lieU; d'ailleurs, de s'étonner que le gnosticisme ait eu

(1) Ep. à Thimoibée, 1, 4; vi, 20.

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son berceau en Samarie, quand on considère que ce pays, peuplé d'Orientaux par les rois d'Assyrie, ne pouvait manquer d*offrir un amalgame bizarre de doctrines juives et de rêveries persanes ou chaldéennes. Ce qui frappait Simon dans le christianisme, c'étaient les effets prodigieux qu'obtenaient les apôtres par le don des miracles ; aussi les priait-il de lui communiquer ce pouvoir. Tout en restant en dehors de l'Église, il sut s'approprier certaines idées chrétiennes, qu'il combina avec celles que lui fournissaient l'Orient et la Grèce. Voici quel était son système, d'après saint [renée, saint Epiphane et Théodoret.

L'idoe-mère du système de Simon le Mage, c'est que rÊtrc suprême se manifesta, par voie d'émanation, à différentes époques. La première émanation de Dieu était VEnnoia^ "Ewota, la première pensée de Dieu, mère de tout ce qui existe. C'est TOrmuzd de Zoroastre, l'Adam Cadmon de la Cabale, le Logos de Platon, la. Sophia de Philon.

Mais voici le côté original du système de Simon le Mage. Les esprits créés par ÏEnnoia^ et préposés par elle au gouvernement du monde, devinrent jaloux de sa supériorité ; ils saisirent YEnnoia^ la retinrent captive dans le monde inférieur qu'ils détachèrent du monde supérieur, et, pour n'avoir pas à craindre son retour aux lieux d'où elle était tombée, ils la reléguèrent dans des corps humains. Ennoia^ devenue intelligence humaine, gémissait au milieu des plus cruelles souffrances, quîind l'Être suprême résolut de la délivrer. La révélation du Dieu des Juifs n'avait été faite que par un ange subalterne ; celle du Christ n'avait été que la révélation du Fils de Dieu ; mais le père même del'JFwnotû, l'Être suprême se manifesta aux hommes, et particulièrement aux Sama* ritains, sous la forme de notre philosophe lui-même, de

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