ÉCOLE QNOSTIQUB DE STRIE
aussi vrai de dire qu'elle a ressenti très particulièrement l'influence de la Phénicie, qui faisait partie du royaume d'Anlioche. La nation cosmopolite des Phéniciens a dû nécessairement importer dans son sein des croyances empruntées à la théologie des peuples divers, avec lesquels son commerce la mettait en rapport; sans cet échange d*opinions religieuses, le culle de Tyr n'aurait pas un caractère de syncrétisme aussi nettement prononcé; or, un système issu de la Phénicie, mais se rattachant évidemment aux différentes doctrines de l'Asie orientale, celui de Sanchoniaton, imprime à la cosmogonie phénicienne une physionomie propre et originale ; et c'est dans ce système que nous chercherons le principal antécédent local et national de l'école gnostique de Syrie.
Système primitif de Sanchoniaton. — Rien de certain sur l'époque à laquelle vécut Sanchoniaton. Les uns en font un contemporain de Sémiramis, d'autres un auteur postérieur au temps d'Alexandre. Sa cosmogonie et sa théogonie nous paraissent se rapporter à un ordre de choses très ancien ; ce n'est point le parsisme raffiné de Zoroaslre qui s'y retrouve comme fond primitif, mais il est facile de reconnaître que l'ancien sabéisme, ou culte des astres, lui a prêté ses plus nombreux éléments. Le principe des choses est le chaos fécondé par l'esprit. Tout provient de là : d'abord la matière, d'où s'échappe chaque semence de création et de génération, les esprits sidéraux, les corps célestes, les hommes. Ces générations multiples se continuent en descendant, et produisent toujours deux à deux les divers êtres. La même descendance de couples mâles et femelles, se rencontre en principe dans le système de Sanchoniaton, et deviendra dans l'école de Syrie une idée principale. Une autre idée, propre à Sanchoniaton , se montrera plus tard égale-
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ment dans une secte de gnostiques, appelée les ophites: c'est celle du serpent, symbole de TÊtre divin, caractérisé parla bonté ; tandis que, partout ailleurs, le serpent était regardé comme Temblème d'une puissance maligne. Sanchoniaton a donc pu frayer les voies aux ophites. Il y a plus : la plupart des symboles religieux des Phéniciens se retrouvent sur les pierres synmboliques du gnosticisme, appelées abraxas ; de sorte que TinflueDce des idées phéniciennes sur le gnosticisme de Syrie me parait évidente.
Système de Saturnin. — Saturnin, né à Antioche, sous le règne d'Adrien, est généralement considéré comme un disciple de Simon le Mage et de Ménandre; il fait le trait d'union entre l'école de Palestine et celle de Syrie. Toutes choses, dit Saturnin, sont des émanations de l'Être suprême, excepté le mal qui provient d'un principe séparé ; si ce principe est éternel ou temporaire, on ne saurait l'affirmer, car Saturnin ne s'explique pas làdessus. Telle estla grande différence entre le gnosticisme syrien et la Cabale : dans celle-ci, le mal provient de rfn- 8oph; c'est la dernière émanation, le rayon de lumière perdant son éclat à force de s'éloigner du centre; chez Saturnin, comme chezZoroastre, le mal est un principe distinct de Dieu. L'une et l'autre opinion est également fausse; et je n'ai pas besoin, Messieurs, de vous rappeler la solution catholique de la question du mal. Le mal ne vient pas de Dieu ; il n'est pas non plus le fait d'un principe éternel, indépendant de Dieu ; il est la triste conséquence de Tabus de la liberté dans un être fini. Au dernier anneau de la chaîne des émanations pures, Saturnin place sept anges ou esprits sidéraux, gouvernant toutes choses. Les sept anges ont créé le monde visible et formé Thomme, dont
ils ne purent faire qu'un ver rampant ; c'est pourquoi, disait- il avec Philon, l'Écriture n'attribue pas à Jéhovah